Adopt AI 2025

IA & data25–26 novembre 2025Paris, Grand Palais1re édition

Thème : Adoption de l'IA en entreprise, secteur par secteur

Première édition (« Adopt AI Grand Palais »), présentée par Artefact comme la suite business officielle de l'AI Action Summit (sommet gouvernemental de février 2025, qui n'est pas une édition d'Adopt AI). Visite d'Emmanuel Macron ; ~20 000 participants, 1 300+ CEO, 600 intervenants.

Pour sa première édition, Adopt AI a posé un diagnostic partagé : la technologie est prête, le goulot d'étranglement est l'adoption (processus à refondre, données, formation, dialogue social), le tout porté par un fort discours politique de « préférence européenne » et de souveraineté.

23 sessions résumées · 23 vidéos · mise à jour le lundi 5 octobre 2026 · synthèse à compléter

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : Transcripts automatiques (anglais) de 23 vidéos de la chaîne YouTube officielle (≈ 300 vidéos publiées du 2 au 9 décembre 2025), discours d'Emmanuel Macron (Élysée), un compte rendu de presse critique (CIO, 28 novembre 2025), un article d'avant-sommet (Maddyness), le compte rendu de la scène voyage par un participant (Tech & Travel Café), le rapport « AI for Retail & Consumers » d'Artefact (version web), les pages de synthèse des autres rapports Artefact et un post LinkedIn de participant lu en entier, complété par des extraits de recherche d'autres posts.

Limites : Corpus dominé par la parole officielle : keynotes de CEO du CAC 40, ministres et fournisseurs (Celonis, AWS, Dataiku, LightOn, Dust), sur une scène organisée par un cabinet de conseil (Artefact), dont les rapports sont eux aussi des documents d'organisateur. Très peu de retours de participants (LinkedIn inaccessible, HTTP 999 ou connexion) ; les scènes voyage et retail sont couvertes par quelques sessions, les scènes santé, finance, industrie, planète, société et sport pas du tout.

Synthèse globale

1. Un sommet d'« après-sommet » : de l'annonce à l'exécution

Adopt AI se présente comme la suite business de l'AI Action Summit de février. Bouverot en rappelle les annonces (plus de 100 Md€ en France), Macron en fait le bilan chiffré (23 sites sécurisés, nouveau site de plus de 700 MW à Dunkerque) et Luciani justifie le nom : l'IA est devenue une technologie généraliste, le défi n'est plus technologique mais d'adoption. Le format est à la hauteur de l'ambition : ~20 000 participants selon l'organisateur (25 000 annoncés), environ 600 intervenants, une scène CEO et des scènes sectorielles (santé, finance, industrie, retail, voyage, planète, société, sport). L'Allemagne était invitée d'honneur.

2. Consensus : « la technologie est simple, le changement est difficile »

Presque tous les dirigeants filmés disent la même chose sous des formes différentes. Heydemann : « le défi technologique de l'IA est en fait très simple », le difficile est la transformation des processus et la conduite du changement. Cédric O : « il n'existe pas d'IA d'entreprise plug and play ». Zhao : nous en sommes à « l'ère du moulin à eau », avant la refonte des usines. Rinke et Douetteau (Celonis, Dataiku) citent l'étude du MIT sur les 95 % de pilotes sans impact. Le code et le support client sont les seuls métiers déjà transformés en profondeur (Zhao, Heydemann, Cédric O), parce que leur contexte est unifié.

3. Le playbook d'adoption des grands groupes

Les REX (BPCE, SNCF, Air Liquide, Sodexo, Renault, Engie, Orange) convergent vers un même schéma :

  • un assistant généraliste sécurisé pour tous (Maya chez BPCE, SNCF GPT, Gemini chez Air Liquide), multi-modèles ;
  • une formation massive (45 000 personnes chez BPCE, 35 000 à la SNCF, 60 000 places chez Air Liquide), jusqu'au CEO ;
  • des relais de proximité : champions, ambassadeurs, « AI catalysts », managers intermédiaires (Sodexo, repris par CIO) ;
  • peu de cas d'usage « transformants », suivis au comex (10 à la SNCF ; Namias : « je ne crois pas aux milliers de cas d'usage ») ;
  • le dialogue social en amont (accord BPCE avec un chapitre IA, instances SNCF depuis 2024). Hudson (Sanofi) pousse plus loin, avec la mesure systématique du ROI (« ROAI ») et un CEO qui « ne délègue pas la révolution ».

4. Données, contexte, processus : le modèle n'est pas le sujet

Autre fil rouge, surtout porté par les fournisseurs mais confirmé par les industriels : la valeur dépend du contexte que l'on donne à l'IA. C'est la couche de contexte de la « process intelligence » (Rinke), le « le LLM n'est que la voix » de LightOn, la « couche de raisonnement » gouvernée de Douetteau, le jumeau numérique de Renault et l'approche « data first » d'Engie. L'agent transverse de Sanofi, qui croise finance, qualité et RH pour prédire une rupture de stock, en est l'exemple le plus parlant. Plusieurs intervenants (Pouyanné, Hudson, Randery) insistent : l'IA doit d'abord créer du revenu, pas seulement des économies.

5. Souveraineté et « préférence européenne », le fil politique

La dimension politique est très présente : Macron (« l'UE est le seul endroit au monde où l'on a de facto une préférence non européenne »), Lescure (valeurs et souveraineté comme « avantage compétitif »), Bouverot (adopter « avec une préférence européenne »), Heydemann (fragmentation réglementaire qui empêche de profiter de l'échelle européenne). Côté entreprises, la souveraineté se traduit surtout par l'agnosticisme de modèle (BPCE, SNCF, Orange) et des partenariats avec Mistral (TotalEnergies, SNCF, CMA CGM). Énergie et data centers ne sont pas un sujet marginal : nucléaire (Macron, Lescure), « clean firm power » (Pouyanné), financement des infrastructures (BPCE).

6. Emploi et société : optimisme officiel, incertitude assumée

Aghion défend un optimisme prudent : l'IA crée plus d'emplois qu'elle n'en détruit dans les entreprises qui l'adoptent, à condition de la concurrence et de la flexisécurité. Sa vraie crainte porte sur les institutions, pas sur la technologie. Heydemann répond franchement « je ne sais pas » sur l'effet net en emplois ; Arbola (Engie) décrit des salariés « déstabilisés par le rythme ». Lescure met en garde : Adopt AI doit convaincre au-delà du Grand Palais, les citoyens et pas seulement les acheteurs B2B.

7. Sur les scènes sectorielles : du POC à la production, côté voyage et retail

Les quelques sessions sectorielles exploitées descendent d'un cran, vers l'exécution. Amadeus raconte la mise en production d'un agent vocal pour un centre d'appels : 80 % du temps de l'équipe n'a rien à voir avec l'IA (téléphonie, API pensées pour des écrans, voix traitée comme donnée biométrique, tests à inventer). Nicolas François (Tech & Travel Café), présent sur la scène voyage les deux jours, en tire sa conclusion : « On ne peut pas automatiser le chaos », il faut d'abord des processus clairs, des données propres et des systèmes qui communiquent. Club Med revendique 85 % de projets passés en production grâce à une règle « scale or fail » et crée un rôle de « process designer ». Côté retail, Pernod Ricard limite son portefeuille à 8 projets et refuse les POC au profit de MVP mesurés au P&L, Back Market montre une équipe fraude qui construit seule son agent, et LVMH encadre son plan « AI for All » par ses valeurs (« quiet tech », créativité préservée). Le rapport retail d'Artefact résume la tendance par un modèle « central enablement, decentralized execution ».

8. Tensions et critiques

  • « Grand Palais, petits pas » (CIO) : derrière l'affichage, les entreprises peinent encore à obtenir des bénéfices tangibles ; l'usage professionnel des assistants internes reste inégal, et les techniciens de terrain résistent.

  • Bulle ? Maddyness s'interrogeait avant l'ouverture sur les contrats XXL entre géants américains et la solidité des valorisations.

  • Côté participants, Eric Bounyavath (Jamespot) retient que « les gens pensent encore que l'IA est magique » et sous-estiment la préparation des données. Il relève aussi la déception sur les déploiements Copilot, l'inquiétude sur les données RH et clients hébergées sur des plateformes américaines, et la lutte contre le shadow IT.

  • Douetteau lui-même dénonce la « pensée magique » autour des agents, et Zhao prévient que ceux qui prétendent savoir où vont les agents « bluffent ».

  • Forme : scène CEO très institutionnelle, beaucoup de keynotes de fournisseurs (Celonis, AWS, LightOn) aux chiffres non sourcés. Plusieurs orateurs évoquent le froid dans la nef (« I see that some of you are quite cold », Macron ; « it's warm compared to the rest of the Grand Palais », BPCE).

  • Adoption sous-estimée : même les plus avancés l'avouent. Pierre-Yves Calloc'h (Pernod Ricard) dit avoir sous-estimé la complexité de l'adoption face à des marketeurs qu'un outil peut « contredire » ; Chatterjee (Club Med) prévient que 49 % de tâches automatisables impliquent un reskilling massif, pas du temps libre.

9. Biais du corpus

Cette synthèse repose surtout sur des transcripts de la scène CEO et de quelques sessions, donc sur la parole de dirigeants, de ministres et de vendeurs, dans un événement organisé par un cabinet de conseil (dont les rapports de synthèse sont aussi des documents d'organisateur). Les retours de participants restent rares (deux comptes rendus lus en entier, Eric Bounyavath et Nicolas François), et la plupart des ~250 vidéos des scènes sectorielles (santé en particulier, très fournie) n'ont pas été exploitées. La deuxième édition est annoncée les 3 et 4 décembre 2026, au Grand Palais.

Actions concrètes citées

  1. Refondre les processus de bout en bout plutôt que « donner de l'IA à tout le monde » : c'est là que se crée la valeur (Luciani, Heydemann, Rinke, Cédric O).
  2. Mesurer un retour sur investissement dès le départ (le « ROAI » de Paul Hudson) pour sortir de la culture des pilotes sans lendemain.
  3. Le CEO ne délègue pas la révolution IA : il mène par l'exemple, se forme lui-même et accepte l'échec (Hudson, Heydemann, Bompard).
  4. Déployer un assistant généraliste sécurisé pour tous, puis concentrer l'effort sur une poignée de cas d'usage transformants suivis au plus haut niveau (BPCE, SNCF : 10 cas suivis en comité exécutif).
  5. Faire des managers intermédiaires et de réseaux d'ambassadeurs (500+ chez Air Liquide, « AI catalysts » chez Renault) les relais de l'adoption.
  6. Associer les syndicats tôt : BPCE a signé un accord emploi-carrières avec un chapitre IA, SNCF organise un dialogue social structuré depuis 2024.
  7. Rester agnostique vis-à-vis des modèles (multi-LLM) pour préserver la souveraineté et la marge de manœuvre (BPCE, SNCF, Orange).
  8. Soigner données et contexte avant de choisir un modèle : jumeau numérique des processus, RAG, « le LLM n'est que la voix » (Rinke, LightOn, Renault, Engie).
  9. Garder l'esprit critique face aux réponses assertives de l'IA et former au prompt jusqu'au comité exécutif (Heydemann).

Session par session

Mardi 25 novembre

Keynote▶ vidéo + transcript

Opening

Anne Bouverot — Envoyée spéciale de la France pour l'IA, Vincent Luciani — Artefact, Damien Gromier — Adopt AI

  • Récit du sommet de février (Bouverot) : Stargate et DeepSeek ont montré que « la course reste ouverte » ; l'AI Action Summit a annoncé plus de 100 Md€ d'investissements privés en France.
  • Pourquoi « Adopt » (Luciani) : l'IA est devenue une technologie généraliste, comme l'électricité, dont la valeur vient de la façon dont les entreprises transforment leurs processus. L'adoption est un voyage, pas du « plug and play ».
  • L'adoption repose sur la confiance (Bouverot) : une équation en trois parties, technologie, cas d'usage et surtout les personnes. L'usage individuel (« shadow AI ») est élevé, l'adoption collective beaucoup moins.
  • Luciani se dit « un peu fatigué d'entendre que l'Europe est en retard » : en retard sur les modèles de frontière, pas sur l'adoption. Trois défis : culture de l'expérimentation, passage à l'échelle, refonte des processus de bout en bout avec l'humain dans la boucle.
  • Lancement d'un manifeste pour une adoption conforme aux valeurs européennes, et appel à une « préférence européenne » (Mistral, Pigment, Black Forest Labs, H…).

Keynote▶ vidéo + transcript

Exceptional Keynote: AI & Prosperity

Philippe Aghion — Prix Nobel d'économie 2025

  • Rappel du paradigme schumpétérien (croissance par destruction créatrice) et de sa contradiction : les rentes d'innovation motivent l'innovation, mais les innovateurs d'hier s'en servent pour bloquer les suivants.
  • Optimisme prudent : l'IA automatise aussi la production d'idées, donc a un fort potentiel de croissance, à condition d'une politique de concurrence (open source, DMA étendu au cloud, contrôle des fusions) pour éviter la domination des « superstar firms ».
  • Emploi : les entreprises qui adoptent l'IA deviennent plus compétitives et embauchent davantage ; il faut une flexisécurité à la danoise pour accompagner les transitions.
  • Environnement : exemple de Veolia, qui réduit de plus de 6 % les émissions de CO₂ de stations d'épuration avec une IA consommant moins de 1 % de l'énergie économisée.
  • Crainte principale : non pas la technologie mais les institutions, avec un avertissement sur un possible gouvernement populiste en France ; appel à une « DARPA européenne » incluant l'IA.

Keynote▶ vidéo + transcript

Exceptional Keynote: France's AI Strategy

Emmanuel Macron — Président de la République

Retours : Élysée (communiqué), CEO Stage report (Artefact)

  • Clôture de la première journée, en anglais, devant un public « qui a froid ». Quatre atouts français : talents (de 40 000 à 100 000 personnes formées à l'IA par an), écosystème (Allemagne invitée d'honneur), énergie bas carbone pilotable (90 TWh exportés), infrastructures (109 Md€ annoncés en février, 23 sites sécurisés, nouveau site « fast track » à Dunkerque de plus de 700 MW).
  • Priorité à l'adoption, en particulier « en aval » (services, applications) : objectif du plan « Osez l'IA » d'ici 2030 = 100 % des grands groupes, 80 % des PME/ETI, 50 % des TPE, avec un réseau de 300 ambassadeurs.
  • Secteur public : acheter des solutions privées françaises et européennes plutôt que « le fait maison », en multi-sourcing ; 50 000 agents formés d'ici fin 2026 ; la DINUM devient le « CTO de l'État ».
  • Agenda européen en trois piliers : simplification, innovation, protection (DMA appliqué aux services IA des gatekeepers, critères de souveraineté pour les gigafactories).
  • Phrase forte : l'Union européenne serait « le seul endroit au monde où l'on a de facto une préférence non européenne » ; appel aux grands groupes à adopter les solutions européennes compétitives. Il souhaite faire d'Adopt AI un rendez-vous international annuel.

Table ronde▶ vidéo + transcript

From Hype to Impact: How Club Med are unlocking the benefits of AI

Siddhartha Chatterjee — Club Med, Responsable go-to-market IA international — Asana (nom non relevé de façon fiable), Senior director consulting — Artefact (modération, nom non relevé de façon fiable)

Retours : Nicolas François (Tech & Travel Café)

  • Sur scène (scène AI for Travel), Chatterjee décrit un changement de posture dès 2023, de « smart adopter » à pionnier, avec une règle : « scale or fail ».
  • Résultats annoncés : un agent WhatsApp qui traite plus de 30 % des conversations entrantes (de 30 à 50 % selon les marchés, 15 marchés), un agent de rédaction aux couleurs de la marque utilisé par des centaines de marketeurs, « Geo Match » qui propose les affectations saisonnières des GO (plus de 40 000 rôles, 75 % des affectations, sous supervision humaine), 75 % des tickets de support IT traités par un agent, et +25 à 30 % de productivité pour ses 300 développeurs.
  • Contre les hallucinations, un premier assistant conçu dès le départ en multi-agents (compréhension, recherche RAG, rédaction, contrôle de pertinence) ; il revendique un taux de passage en production de 85 %, face aux 5 % de l'étude du MIT.
  • Prochaine étape : refondre le modèle opératoire du travail intellectuel, avec un nouveau rôle de « process designer » (une première promotion de 25) et environ 1 100 ambassadeurs IA. Une analyse de 9 200 tâches fait ressortir 49 % d'automatisation potentielle, d'où un chantier massif de reskilling.
  • Conseil à ses équipes : ne pas concevoir une solution sur l'état actuel de la technologie, qui aura changé dans six mois. Asana insiste sur trois conditions : contexte, transparence, contrôle.
  • Nicolas François retient surtout l'architecture multi-agents et l'avertissement sur le reskilling, et approuve l'exigence d'un humain dans la boucle.

Mercredi 26 novembre

Keynote▶ vidéo + transcript

Special Keynote: Scaling in the Agentic AI Era

Tanuja Randery — AWS

  • Contre la « tyrannie du ou » (Jim Collins) : innovation et efficacité, coûts et croissance.
  • Trois cas d'usage à fort impact : développement logiciel (Amazon dit avoir économisé 260 M$ et 4 500 années-développeur), expérience client (coaching des conseillers), travail intellectuel.
  • Les transformations échouent faute de culture, pas de technologie. Leadership à l'ère agentique : décloisonner (mode « système immunitaire », équipes « two pizza », single-threaded leaders), des garde-fous plutôt que du contrôle, décisions réversibles (« two-way doors ») déléguées, risque géré « comme une salle de marché » avec des protections intégrées.
  • Keynote de fournisseur (Bedrock, Quick Suite), riche en chiffres de marché non sourcés.

Conférence▶ vidéo + transcript

Beyond the AI hype: how Amadeus transforms the traveler experience at scale

Yannick Devaux — Amadeus, Olivier Kuffler — Amadeus

Retours : Nicolas François (Tech & Travel Café)

  • Thèse d'ouverture : le buzz et les démos ne transforment pas l'expérience du voyageur ; seul compte résoudre de vrais problèmes à l'échelle (3 milliards de transactions par jour). Trois catégories : optimisation de l'existant, nouvelles opportunités, et un « point d'interrogation » (les voyageurs délégueront-ils tout à des agents autonomes ?).
  • REX d'un agent vocal (voice-to-voice) pour le centre d'appels d'une compagnie aérienne, du POC de l'été à une mise en production visée en trois mois, avec Microsoft. « Un POC qui marche en quelques jours » est facile ; la production, non.
  • Constat central : 80 % du temps de l'équipe n'a rien à voir avec l'IA (connexion à la téléphonie, jamais faite chez Amadeus).
  • Les API conçues pour des interfaces graphiques ne conviennent pas à un agent : impossible de lire à voix haute un écran de disponibilités, épeler un nom de plus de 20 lettres pose problème ; il a fallu enrichir les API.
  • Surprises : aucun outil de test du fournisseur, d'où un LLM-as-a-judge maison ; la voix est une donnée biométrique, qu'il a fallu distordre, et des échantillons ont dû être générés faute de pouvoir échanger des enregistrements.
  • Nicolas François (Tech & Travel Café) en retient la règle des « 80/20 » et le fossé entre démo et réalité (RGPD, connexions, tests). Il ajoute, sans que ce soit relevé dans le transcript, la nécessité de réévaluer les choix technologiques tous les 3 à 6 mois.

Date non précisée

Keynote▶ vidéo + transcript

Exceptional Keynote: Sovereignty

Roland Lescure — Ministre de l'Économie

  • Parallèle historique : la CECA puis le marché unique et l'euro étaient des projets économiques porteurs d'une vision politique ; l'IA serait le nouveau projet européen.
  • Europe = « cerveaux et réseaux (serveurs) » + valeurs : les valeurs ne sont pas un frein mais un avantage compétitif ; la souveraineté numérique aussi (message franco-allemand du sommet de Berlin).
  • Engagements de l'État : électricité décarbonée et bon marché (nouveau nucléaire et renouvelables), union des marchés de capitaux, règles (DMA, DSA) appliquées à tous, européens ou non.
  • Appel à la salle : Adopt AI ne doit pas rester un slogan B2B mais convaincre ceux qui sont hors du bâtiment, les citoyens, en montrant ce qu'ils y gagnent malgré les craintes sur l'emploi ; le manifeste signé par les CEO doit « devenir réalité ».

Keynote▶ vidéo + transcript

Special Keynote: Solving the AI Adoption Crisis

Alexander Rinke — Celonis

  • Constat : les entreprises ne voient pas encore le ROI, avec l'étude du MIT (~5 % des pilotes ont un impact mesurable) et IDC (11 % constatent un bénéfice).
  • L'IA d'entreprise a besoin de trois choses : comprendre le contexte réel du travail (dispersé entre systèmes, Excel et e-mails), être déployée là où l'impact est maximal (« pas là où crie la voix la plus forte »), et s'intégrer aux processus existants, mi-humains, mi-agents.
  • Réponse vendue : la process intelligence comme « couche de contexte manquante », un jumeau numérique des processus (méthode analyser / concevoir / opérer).
  • Exemples cités par l'orateur : Renault (15 M€ de valeur la première année), un chimiste américain 40 % plus productif sur l'order-to-cash, Novo Nordisk avec 28 agents sur les essais cliniques.
  • Lecture critique : keynote de fournisseur, chiffres non vérifiés, mais le diagnostic (contexte et processus avant les modèles) rejoint celui de nombreux autres intervenants.

Keynote▶ vidéo + transcript

Special Interview: The Future of Knowledge Work

Ivan Zhao — Notion

  • La limite des applications IA n'est pas le modèle mais la « plomberie » : l'agent a besoin que tout le contexte soit réuni, ce que Notion consolidait déjà avant l'IA.
  • Signal avancé : son cofondateur, ingénieur « 10x », ne code plus et pilote 3 à 4 agents de code, ce qui en fait un « 40x ». Le code et le support client sont les deux premiers métiers transformés, parce que leur contexte est unifié (dépôt GitHub, fil d'e-mails).
  • Analogie de la machine à vapeur : on l'a d'abord branchée à la place de la roue du moulin, et les gains n'ont été réels qu'en repensant l'usine. « Nous en sommes encore à l'ère du moulin à eau des modèles de langage » ; les organisations seront repensées dans les cinq ans.
  • Du travail intellectuel « à échelle humaine » (Florence) à une échelle machine (Dallas) : Notion veut fournir « le volant », garder l'humain aux commandes.
  • Sur les agents : « si quelqu'un vous dit qu'il sait exactement où ça va, c'est du bluff ».

Keynote▶ vidéo + transcript

Fireside Chat: Retail Transformation

Alexandre Bompard — Carrefour

  • La qualité clé d'un dirigeant est la curiosité : pas besoin d'être ingénieur, mais il faut provoquer l'innovation et en assumer la responsabilité, y compris les échecs (plateforme musicale de la Fnac « sans abonnés »).
  • « Je me moque de mettre de l'IA partout dans mes discours » : seul compte l'outil de transformation. Trois usages : assortiment local et prix (data lake de 10 milliards de transactions), décisions d'implantation (des études de 6 à 9 mois, fausses dans 80 % des cas, remplacées par une réponse « en deux minutes »), et agents clients qui vont bouleverser l'expérience d'achat.
  • Le changement n'est jamais linéaire : on annonçait la fin des magasins, des caissiers, les magasins sans employés, et Carrefour n'a jamais ouvert autant de magasins. Le rôle du CEO est de tenir la tension entre effet de mode et révolution à ne pas manquer ; les robots seront testés.
  • Europe : pas sûr de gagner la course technologique, mais elle peut devenir le continent où l'usage de l'IA est le plus développé.

Keynote▶ vidéo + transcript

Special Interview: Europe's AI Sovereignty

Christel Heydemann — Orange

  • Orange estime que plus des deux tiers du trafic de ses réseaux sera piloté par l'IA en 2030, avec une question ouverte : bots malveillants ou usages humains ?
  • Frein européen : la fragmentation réglementaire (protection du consommateur, sécurité, déclinaisons nationales du RGPD) empêche de profiter de l'échelle des 450 millions de consommateurs.
  • Stratégie ouverte : OpenAI, Meta, big tech et Mistral, avec des modèles propres, entraînés sur ses données, pour les usages critiques (gestion du réseau). « Mieux vaut tester vite et échouer vite que rater quelque chose. »
  • La technologie est « simple » ; le difficile est la transformation des processus et la conduite du changement. Plus de la moitié des salariés utilisent les outils internes, mais pour des usages encore basiques.
  • Méthode : l'exemple par le haut (formation des dirigeants au prompt), des agents du changement, pas de conversion forcée des sceptiques, et un esprit critique face aux réponses assertives.
  • Sur l'emploi : « je ne sais pas » ; on perdra son poste non pas à cause de l'IA mais face à des collègues formés à l'IA. Et, avec humour : « l'IA ne va pas chercher mes enfants à l'école ».

Keynote▶ vidéo + transcript

Fireside chat: The future of AI with Health

Paul Hudson — Sanofi

  • Sanofi est « all-in » depuis quatre ans ; Hudson se dit surpris qu'on en débatte encore.
  • Deux formules : le « ROAI », un retour sur investissement exigé pour arrêter les pilotes (« trop de gens jouent avec l'IA en pensant faire quelque chose »), et « ne déléguez pas la révolution » au CIO/CTO, qui voudra construire son propre LLM.
  • Construire transverse, pas en silo : son « agent CEO » a croisé finance, qualité et Workday pour prédire une rupture de stock en France dans 18 mois (50 à 100 M€ d'impact). Budget : de 3 000 slides à 12. Un manager voulait « décider comment ne pas lui donner les données ».
  • Agent d'atelier avec wearable : anticipe les micro-arrêts, qui coûtaient jusqu'à 20 % de capacité ; les opérateurs sont « ravis ».
  • R&D : l'IA ne va pas « guérir le cancer » par les données seules, et « la biologie avance à son propre rythme » ; elle peut faire passer le taux d'échec en phase 1 de 90 % à 80 %, ce qui changerait tout.
  • « L'IA ne remplace pas les humains, elle remplace les humains qui n'utilisent pas l'IA » ; « si vous vous demandez encore s'il faut adopter l'IA, il est déjà trop tard ».

Keynote▶ vidéo + transcript

Visionary Keynote

Patrick Pouyanné — TotalEnergies

  • TotalEnergies se décrit comme « une entreprise de données depuis des décennies » (sismique, HPC) ; sa digital factory parisienne compte 300 data scientists et ingénieurs IA, a produit plus de 100 applications et plus de 10 000 modèles en production en cinq ans.
  • L'IA doit d'abord augmenter les revenus plutôt que baisser les coûts : maintenance prédictive (3 000 équipements suivis, bientôt des dizaines de milliers), suivi des émissions de méthane (13 000 capteurs, satellites, drones).
  • Laboratoire commun avec Mistral AI, et réflexion sur l'usage de son infrastructure européenne pour la souveraineté.
  • L'IA est aussi un marché : les data centers passeraient de ~4 % à 8-12 % de la demande électrique ; TotalEnergies vend du « clean firm power » (Amazon, Microsoft, Data4, Google).
  • Deux actifs stratégiques : les données et les personnes.

Keynote▶ vidéo + transcript

Visionary keynote: A banking perspective on AI

Nicolas Namias — Groupe BPCE

  • « L'âge n'est pas une résistance au changement, c'est l'expérience du changement » : BPCE (fondée en 1818) veut se transformer pour être transformatrice.
  • Rôle de banque : financer l'écosystème tech, les clients dans leur transition et surtout les infrastructures IA, dont les data centers.
  • En interne, deux jambes : « AI for all » (l'assistant Maya, avec 50 % des salariés utilisateurs un an avant l'objectif 2026) et « transformative AI » sur peu de cas d'usage (conseillers, application client, lutte contre la fraude) ; « je ne crois pas aux milliers de cas d'usage ».
  • Accord social emploi-carrières avec un chapitre IA, signé en juillet, présenté comme une première pour une grande entreprise.
  • Souveraineté par l'agnosticisme : approche multi-LLM, sans dépendance à un modèle.

Keynote▶ vidéo + transcript

Industrial AI Insights

Nabil Al-Nuaim — Aramco Digital, Cédric O — Mistral AI

  • Aramco annonce un bureau d'Aramco Ventures à Paris et étudie un hub d'innovation à Sophia Antipolis. Atouts européens cités : talents en mathématiques, cadre réglementaire, écosystème.
  • Cédric O : « en affaires, il n'y a pas d'amour, seulement des preuves d'amour ». Selon Jeffrey Ding, les pays qui gagnent les révolutions industrielles sont ceux qui adoptent le plus vite, pas ceux qui inventent. L'Europe doit être « un acteur, pas seulement un régulateur ».
  • « Il n'existe pas d'IA d'entreprise plug and play » : l'adoption est rapide dans le code, très lente dans l'industrie (les 95 % d'échecs du MIT). D'où les forward deployed engineers de Mistral, assis à côté des métiers. Exemple CMA CGM : processus portuaire entièrement réinventé, avec 12 à 15 logiciels peu compatibles.
  • Al-Nuaim : les meilleurs cas viennent des opérateurs (prédiction de la qualité d'un flux de raffinerie) ; l'IA doit aller au plus près des sites (edge) pour des raisons de cybersécurité.

Keynote▶ vidéo + transcript

Building trusted intelligence

Florian Douetteau — Dataiku

  • Ouverture à contre-courant : « J'ai une confession : je ne fais pas confiance à l'IA », alors qu'il en vend.
  • Construire un agent en 2025, c'est comme construire un site web en 1995, avant l'invention du e-commerce : on n'a pas encore conceptualisé ce qui créera la valeur. Le même mot « agent » désigne un outil sans valeur et un agent de finance à 20 M$ de ROI.
  • +10 % de productivité sur moins de 10 % de l'entreprise, c'est moins de 1 % au total.
  • Il dénonce la « pensée magique » selon laquelle de meilleurs modèles régleront seuls les processus, l'orchestration et les données : c'est nier ce qu'est une entreprise (arbitrages, gestion du risque, conduite du changement).
  • Proposition : formaliser une « couche de raisonnement » gérée par l'entreprise (règles, prédictif, génératif, humain dans la boucle), rendue observable et responsable, pour y avoir confiance. Le rôle de l'IT va évoluer en ce sens.

Table ronde▶ vidéo + transcript

AI for All: How Industrial Leaders Empower Their Workforce

Alice Guéhennec — Sodexo, Emmanuel (nom complet non relevé) — SNCF Réseau, Fabien Mangeant — Air Liquide

Retours : CIO (Reynald Fléchaux)

  • Sodexo : prévision de fréquentation et réaffectation du personnel entre sites (« Powerchef »), « Menu AI » pour créer des recettes sous contraintes (régimes, carbone). L'impact de l'IA sur la marge brute double chaque année (« des dizaines de millions d'euros »). Clé citée : embarquer les managers intermédiaires comme ambassadeurs, pas seulement le comex, ce que CIO a retenu.
  • SNCF Réseau : dix ans de ML prédictif, un lab GenAI depuis deux ans, une approche bottom-up avec les agents de terrain, un GPT interne, de la traduction conducteurs ↔ aiguilleurs. Défis : l'IA sur mobile pour des équipes 24/7, et 5 000 nouveaux embauchés par an face à des milliers de pages de règlements.
  • Air Liquide : Gemini pour les 65 000 salariés, 60 000 places de formation en six mois délivrées par plus de 500 champions locaux (« les gens connaissent leur formateur »), puis des équipes produit sur les cas complexes. Une charte IA (sûre, centrée sur les personnes, responsable) et l'explicabilité (Confiance.ai) : la confiance conditionne l'adoption.

Table ronde▶ vidéo + transcript

Executive Roundtable: Leading the AI Transformation in Industry

Sébastien Arbola — Engie, Julien (nom complet non relevé) — Groupe SNCF, Frédéric (nom complet non relevé) — Renault Group

Retours : CIO (Reynald Fléchaux)

  • Engie : approche « data first » (3 000 sites, prix de l'électricité fixés toutes les 5 à 15 minutes). Le comex attend un changement des processus métier, pas seulement « la même chose en un peu plus rapide ». Organisation en binôme data scientist / métier (« two in the box »), académie et studio IA.
  • Selon Arbola, l'adoption par les techniciens de terrain est « vraiment pas facile ». Les gens sont « déstabilisés par le rythme » : le management doit fournir une vision rassurante sur « le bout du tunnel » (citation reprise par CIO).
  • SNCF : quatre piliers (gouvernance et partenariats, dont Polytechnique et Mistral ; IA pour tous ; valeur ; éthique). Multi-fournisseur (OpenAI, Anthropic, Mistral) avec un SNCF GPT pour les données sensibles, 35 000 personnes formées, 10 cas d'usage transformants suivis au niveau exécutif et un dialogue social structuré avec les syndicats depuis 2024.
  • Renault : plusieurs centaines de millions d'euros par an de valeur sur les processus, jumeau numérique de l'entreprise dans le cloud, Renault University, « AI catalysts » dans les métiers, avatar « Reno » dans la R5. Attente : que l'IA (MCP, agent-to-agent) simplifie l'intégration de 3 000 applications.

Conférence▶ vidéo + transcript

From Curiosity to Adoption: How we made AI everyone's business within Groupe BPCE (100k+ people)?

Luc Barnaud — Groupe BPCE (orthographe issue du transcript automatique, à vérifier), Katherine Manet — Groupe BPCE (orthographe issue du transcript automatique, à vérifier)

  • Masterclass REX : data et IA sont une fonction transverse comme la RH ou la finance.
  • Maya, un « ChatGPT sécurisé » interne lancé à l'automne 2023, hybride (cloud et on-premise) et modulaire, avec une quinzaine de modèles de quatre fournisseurs (agnosticisme LLM) et un coût par utilisateur suivi de près.
  • Leviers d'adoption : acculturation (émission interne « AI Backstage »), formation à plusieurs niveaux (45 000 personnes ont suivi l'e-learning, y compris le CEO, à sa demande), réseau existant de data managers devenus relais, communautés spontanées d'ambassadeurs non tech, « Radio Maya » et « Café Maya », bibliothèque de prompts partagée.
  • Résultats annoncés : 80 000 utilisateurs sur 100 000, 50 % d'usage quotidien (objectif 2026 atteint en avance). Validation d'une campagne marketing ramenée de ~10 allers-retours avec la conformité à 2 ; analyse de 4 000 verbatims de 3 semaines à 4 jours.
  • Agentique : expérimentations prudentes (crédit, back-office, contrôle interne), jugées sur la valeur mesurable avant tout déploiement.

Conférence▶ vidéo + transcript

LLM Is Not as Important as You Think

CPO — LightOn (nom non relevé de façon fiable)

  • Contre l'« illusion du modèle » : sans accès aux documents de l'entreprise, le meilleur LLM est un consultant brillant qui « devine », c'est-à-dire qui hallucine. « Le modèle n'est que la voix. »
  • Pédagogie du pipeline RAG (OCR, découpage, embeddings, reranking) et de ses pièges (un découpage fixe qui coupe une règle en deux).
  • « Le RAG est mort, place au MCP » ? Non : MCP connecte les outils mais ne comprend pas le contenu des documents.
  • Chiffres cités par l'orateur : 66 % des cas d'usage GenAI ne dépassent pas le POC faute d'accès aux données ; une centaine de sources de données en moyenne par entreprise.
  • Talk de fournisseur (RAG multimodal, on-premise pour les secteurs sensibles).

Conférence▶ vidéo + transcript

AI at Enterprise Scale: Lessons from Pernod Ricard's Transformation

Pierre-Yves Calloc'h — Pernod Ricard

  • Entretien (animé par Retool) sur deux cas en production : depuis 2020, une recommandation hebdomadaire pour 5 000 commerciaux (quels points de vente visiter, quels produits pousser), qui aurait apporté selon lui l'équivalent de trois ans de croissance en deux ans dans les pays déployés ; et un outil de marketing mix utilisé dans plus de 20 pays.
  • Discipline de portefeuille : 8 projets IA au maximum en parallèle ; en 2020, 72 idées ramenées à 6. « Nous ne faisons pas de POC, nous faisons des MVP », directement dans deux pays pour vérifier la réplicabilité.
  • Exigence d'un impact sur le P&L dès le départ : additionner 0,5 % de temps gagné ici et 0,3 % là ne fait rien apparaître au compte de résultat, alors que le coût du projet, lui, est réel. En Turquie, des commerciaux plus efficaces ont conduit à en recruter davantage.
  • Interface en low-code (Retool) pour itérer le jour même pendant les formations, puis intégration au CRM plus tard ; le vibe coding est jugé bon pour une démo, pas pour la production (sécurité, authentification).
  • Sa surprise : il avait sous-estimé la complexité de l'adoption. Exemple en Espagne : l'outil recommandait d'aller en discothèque un vendredi, ce qui ne se fait pas ; il faut intégrer les règles métier tacites, et demander aux marketeurs de ne suivre que 80 % des recommandations pour nourrir l'algorithme.

Table ronde▶ vidéo + transcript

AI for ALL: LVMH's plan to scale AI in luxury, guided by our values

Maud Alvarez-Pereyre — LVMH, Gonzague de Pirey — LVMH

  • « AI for All » : un plan d'engagement, de formation et de cadrage pour les 215 000 collaborateurs du groupe (boutiques, hôtels, entrepôts, ateliers), lancé « il y a un mois et demi » avec le comex. Trois piliers : mobilisation des maisons, passage à l'échelle des cas d'usage (commerce, marketing, opérations), évaluation de l'adoption et de l'impact.
  • Le but affiché est de développer le business, pas un plan de restructuration déguisé (de Pirey).
  • La discussion est d'abord culturelle : en RH, enregistrer les entretiens de carrière serait « un rêve », mais n'est pas prévu car cela changerait la relation entre les personnes (Alvarez-Pereyre).
  • Principe de « quiet tech » : une technologie partout mais invisible, au service de l'humain, le luxe étant « fondamentalement humain ».
  • Créativité, règle des trois P (passion, prudence, pragmatisme) : le risque est que toutes les maisons suivent les mêmes tendances prédites par l'IA. Une expérimentation avec l'IFM en dégage trois conditions : rôles clairs (l'humain choisit), un créateur qui maîtrise son propre outil (pour qui l'hallucination peut être « un paradis »), et un dialogue exigeant avec l'IA.
  • Formule de clôture : « les humains resteront les maestros du groupe ».

Conférence▶ vidéo + transcript

AI Agents for Retail: Back Market's Fraud Detection Agent in Practice

Aurélien Gervasi — Back Market, Alban Dumouilla — Dust

  • Problème : la fraude logistique (colis déclaré non reçu ou vide, étiquette retour falsifiée) touche environ 0,3 % des articles. Un contrôle trop lourd a déjà valu à Back Market une polémique publique sur la difficulté de se faire rembourser.
  • Avant : règles SQL, agents BPO, puis une équipe d'experts dont les enquêtes prenaient de plusieurs heures à plusieurs jours.
  • Solution construite par l'équipe fraude elle-même sur Dust, en une semaine environ : un agent orchestrateur et des sous-agents spécialisés (historique client, incidents de suivi, paiements, motifs de premier message typiques des fraudeurs), chacun donnant un niveau de risque et une explication.
  • Quand un nouveau modèle de message frauduleux apparaît, l'équipe met à jour une page Confluence, sans passer par l'ingénierie. Gain estimé par l'orateur : plus d'un million d'euros de fraude évitée sur l'année à venir.
  • Démo de Dust (perturbée par un problème vidéo) : un agent de support client créé en deux minutes. Le passage des « assistants » aux agents qui agissent est présenté comme le changement de l'année ; talk en partie promotionnel.

Sessions sans retour trouvé (25)

  • Introductory remarks — Damien Gromier (Adopt AI)
  • Anne Bouverot & Vincent Luciani — échange CEO Stage
  • Special interview: AI in Aerospace Manufacturing — Guillaume Faury (Airbus)
  • Special Interview: People-Centric Transformation — Sophie Bellon (Sodexo)
  • Putting humans at the center of the game — Stéphane Pallez (FDJ United)
  • Special interview: GenAI for the ecological mission — Estelle Brachlianoff (Veolia)
  • AI-Powered Supply Chains — Marie-Christine Lombard (GEODIS) & Thomas Larrieu (Upply)
  • Fireside Chat: The Netflix of Insurance — Marie-Aude Thépaut (CNP Assurances)
  • Keynote: Scaling AI for Business Transformation — Alexander Vollert (AXA)
  • Keynote: Investing in Intelligence — Éric Petitgand (Crédit Mutuel)
  • CEOs Vision on AI Adoption — Crédit Agricole, Caisse des Dépôts & Salesforce
  • Data Centers — Anne Le Hénanff (ministre de l'IA) & Olivier Micheli (Data4)
  • Special Interview: The Data Center Revolution — Bernard Fontana (EDF)
  • Special Interview: Sustainable AI Infrastructure — Benoît Coquart (Legrand)
  • Keynote: AI Strategy & The Automotive Revolution — Christophe Périllat (Valeo)
  • Special Keynote: The Future of Intelligence — Sriram Raghavan (IBM)
  • Special Keynote: GenC Hub in Paris — Howard Wright (NVIDIA)
  • Visionary Keynote: Embodied, Safe and Secure AI — Najwa Aaraj (TII)
  • Trusted AI — Hélène Bringer (S3NS) & Anthony Cirot (Google Cloud)
  • Special Interview: Delivering Actual ROI in AI — Bruno Vaffier (Cegid)
  • AI Adoption in Europe — Dell & CoreWeave
  • Business in the Age of Agents — Mirakl & OpenAI
  • From Disruption to Adoption: The Secure GPT Journey at AXA
  • Scène AI for Travel : SNCF Connect & Tech (Anne Pruvot), VINCI Airports, Air France-KLM / Navan, Skyscanner (connues seulement par le compte rendu de Nicolas François)
  • Scènes sectorielles AI for Health, Finance, Industry, Retail, Travel, Planet, Society, Sport (≈ 250 autres vidéos)

Sources