Quatorze éditions, de Gardanne au Grand Palais, disent la même chose sous des angles différents : l'IA amplifie ce qui existe, elle ne décide pas, sa fiabilité vient de l'ingénierie qui l'entoure, et ni un modèle, ni un framework, ni une méthode ne font la transformation. La valeur vient de la qualité interne et des basiques tenus dans la durée, et la souveraineté se ramène partout à la maîtrise de ses dépendances, de ses coûts et de son énergie.
La souveraineté a cessé d'être un slogan pour devenir une discipline d'architecture et de gestion du risque, du data centre (réseau électrique saturé, acceptabilité locale) jusqu'au pipeline DevOps (FinOps, agents, LLMOps), avec la confiance et la gouvernance présentées comme le vrai avantage compétitif européen.
Gardanne · École des Mines de Saint-Étienne, Gardanne
Une dernière édition annoncée comme telle, faute de sponsors et d'inscrits payants, dont le programme (33 sessions) penchait vers l'humain et le collectif : intelligence émotionnelle, sens du travail ensemble, préserver l'agilité quand l'entreprise grandit.
Une journée sur la fiabilité de l'IA en production : typer et contraindre les sorties des LLM (Gupta, Louf), confier aux petits modèles les tâches ennuyeuses (Potencier), faire collaborer des agents qui se vérifient entre eux (Polu), tout en rappelant que l'humain reste dans la boucle et que l'autonomie des agents en production n'en est qu'au niveau 2 (Palcuie).
Une édition resserrée sur le retour aux fondamentaux du craft (qualité interne, TDD, trunk-based development, décision et modélisation) face à l'IA présentée comme un amplificateur qui ne remplace pas la théorie du programme portée par l'équipe, et la dernière avant une pause de NewCrafts en 2026.
Pour ses dix ans, BDX I/O a placé l'IA au centre sans en faire un sujet unique : une keynote sur l'impossibilité de prédire le futur, un développeur qui passe de la syntaxe au jugement, des REX chiffrés sur le coût (réel et carbone) des LLM, et à côté, des sessions très techniques et sans IA (Kafka 4, Kyverno, live coding de labyrinthes) parmi les plus saluées.
Labège · Centre de Congrès et d'Exposition Diagora
Un DevFest généraliste à six salles où les rares retours publiés dessinent un fil conducteur inattendu : la sobriété logicielle, de l'architecture d'Another World (1991) au backend tout-Postgres et à l'IA locale sans LLM géant.
Une édition très fréquentée (1 400 participants annoncés, contre 1 200 en 2024) où le Libre s'est affirmé comme projet politique et condition de la souveraineté numérique, porté par des retours concrets de migration (Échirolles, Restos du Cœur) plus que par la technique pure.
« L'agilité et au-delà » : une édition qui prend ses distances avec l'agilité de façade (frameworks plaqués, métriques détournées, rôles transformés en postes) pour revenir au vivant et au système — robustesse et polarités (Iordanoff), intelligence collective mesurée (Moussaïd), transformations centrées sur le sens et les humains — tandis que l'IA reste un outil au service du jugement humain, abordé avec prudence.
Une journée gratuite et éclectique où l'IA est partout mais regardée sans naïveté (reviewer plutôt que builder en UX, failles des LLM, MCP, assistants open source), encadrée par trois keynotes hors code — pédagogie et agilité (Thomas Chopin), souveraineté numérique (Quentin Adam), handicap et accessibilité (Luca Chapiteau) — et des REX d'équipes qui misent sur les basiques tenus dans la durée (feature flags, découpage, clean archi).
Pour le retour d'Octave Klaba à la direction générale, OVHcloud a fait de l'IA agentique et de l'inférence (partenariat SambaNova, agent SHAI, serveur MCP, CLI) le fil rouge d'une keynote qui se présente en « acteur systémique européen », avec la souveraineté portée par les clients invités (LCH, Commerz Real, Bitdefender, Bouygues) plutôt que par OVHcloud.
Un DevFest à taille humaine et très communautaire (~300 personnes chez Epitech), au programme éclectique plutôt que tout-IA : une keynote « bidouille » sur un ordinateur 8 bits construit transistor par transistor, de la sécurité des applications LLM, de l'accessibilité et des « méta-lois » de l'organisation, avec une IA traitée en outil plutôt qu'en remplaçant.
Pour sa première édition, Adopt AI a posé un diagnostic partagé : la technologie est prête, le goulot d'étranglement est l'adoption (processus à refondre, données, formation, dialogue social), le tout porté par un fort discours politique de « préférence européenne » et de souveraineté.
Une journée généraliste et très « craft » où l'IA s'invite partout sans tout dévorer (revue de code, tests, agents, LLM locaux, sécurité des LLM), aux côtés d'un fort bloc observabilité / troubleshooting de prod et d'un fil numérique responsable (smartphones réemployés, keynote Fairphone × Commown).
Une première édition saluée à l'unanimité pour son organisation (complète un mois avant, 314 propositions pour 16 créneaux), au programme dominé par l'IA appliquée à des cas concrets et par un web qui se rapproche du natif (View Transitions, WebGPU).
Décembre fait passer la souveraineté numérique du discours au chantier (cartographier ses dépendances, migrer, acheter européen) et place les agents en production sous condition : le contexte, la gouvernance et l'identité comptent plus que le modèle, et le métier de développeur glisse vers la relecture et l'intention.
Une édition entièrement consacrée à l'IA vue par les CTO, « de la hype à la réalité » : géopolitique et souveraineté, transformation du métier de développeur par les agents, retours d'expérience de scale-ups et grands groupes, et une forte dose d'éthique et d'impact, avec la promesse d'un discours « zero bullshit » ; les rares retours (invités du podcast enregistré sur place) retiennent surtout qu'il faut être acteur, sans viser de petits gains.
Une 3e édition placée sous le signe « Smarter, Faster, Everywhere » : Yann LeCun y a martelé que les LLM ne suffiront pas et que l'avenir est aux world models, pendant que la scène parisienne présentait robotique (UMA, Mirokaï), voix (Gradium) et agents en production (Dust, Mirakl, Mistral), le tout sur fond d'annonces Scaleway pour une IA européenne souveraine.
Une édition entièrement tournée vers l'IA agentique vue par la lorgnette des API : le message dominant de la scène principale est que concevoir des outils MCP, c'est toujours faire du design d'API — et que l'identité, la gouvernance et le contexte, pas les modèles, sont les vrais freins en entreprise.
Une 6e édition 100 % REX et en français où la souveraineté devient un critère de choix d'infrastructure assumé (quitter AWS, S3NS, Scaleway, Clever Cloud, SecNumCloud) et où l'IA passe du POC à la production (plateformes, code review, RAG, LLMaaS), le tout sur fond de pragmatisme : standardiser plutôt qu'empiler des outils, et ne pas mettre du Kubernetes partout.
Une édition entièrement tournée vers la souveraineté numérique européenne : les keynotes ont martelé que le problème n'est plus l'offre mais la demande (achats publics et privés), que l'open source est nécessaire mais pas suffisant, et que l'Europe doit proposer des offres intégrées capables de rivaliser avec les bundles américains.
Un mois connu par une seule édition synthétisée, le Snowcamp, qui fête ses 10 ans avec une IA abordée par le concret (standards d'agents, données préparées pour les LLM, guardrails en production), des REX d'architecture très commentés et deux keynotes qui ramènent à l'humain et à l'esprit scientifique.
Une 10ᵉ édition anniversaire dans un nouveau lieu, très orientée IA « concrète » (agents, MCP, LLM en prod, données pour l'IA) mais ouverte par deux keynotes sur l'humain : protéger les enfants du numérique et sortir la tech de la « pop culture » pour renouer avec l'esprit scientifique. Les organisateurs en tirent un format simplifié sur deux jours pour 2027.
Février réunit une grosse conférence cloud native, une conférence dev régionale et une journée agile sur un même constat : l'humain est le maillon fragile (héros de la prod, focus, feedback, inclusion). En parallèle, la souveraineté prend une forme concrète et frugale, et l'IA est abordée avec prudence.
Kubernetes n'est plus le sujet, c'est l'infrastructure : l'édition 2026 a parlé souveraineté (Kubo, Scaleway, contribution open source), plateformes internes à l'échelle (Capsule, Cluster API, IDP) et REX de production massifs (Mistral AI, Winamax, CERN) — avec un rappel appuyé que l'humain (astreintes, héros de la prod, doc) reste le maillon fragile.
Une 10e édition anniversaire placée sous le signe de la « Célébration », dont les supports et sketchnotes montrent un programme très centré sur l'humain et les relations dans l'équipe (feedback, gratitude, dire non, prendre le temps de parler, inclusion) plus que sur les frameworks — avec en contrepoint quelques sessions sur le flux, le BDD et un projet d'IA ; seule participante à avoir publié un retour, Sheli Cress salue la qualité des conférences et un format accessible (15 €).
Une édition « tech et société » : ouverte sur la guerre informationnelle et la sécurité d'un réseau social ado, elle a mêlé IA agentique abordée avec prudence (agents, MCP, vibe coding, legacy), infra souveraine et frugale, accessibilité et facteur humain — le tout salué pour son organisation et son ambiance, avec un passage réussi à deux jours.
En mars 2026, les événements agiles se sont surtout interrogés sur eux-mêmes : l'agilité doit apprendre le business, mieux décider et arrêter de déployer des frameworks par réflexe, en remettant l'humain au centre. L'IA n'est au cœur que de FlowCon, de SymfonyLive Paris, de React Paris, de La Duck Conf et du FIC, avec un message commun : elle amplifie l'existant, l'humain valide et reste responsable, et les devs l'encadrent par des garde-fous déterministes et un contexte soigné. Côté architecture, on simplifie et on mesure plutôt que de réécrire. Le FIC y ajoute la souveraineté, vue comme une mesure des dépendances, et une résilience qui dépend autant des personnes que des plans.
Le PIAF 2026 a pris son thème à rebours : ce n'est pas au business d'apprendre l'agilité, c'est aux agilistes d'apprendre le business (coût de l'erreur, options, valeur mesurable). Les retours d'expérience ont montré que l'agilité rejoint le business par la gouvernance, le modèle opérationnel et la proximité avec le terrain, plus que par les rituels.
Une Duck Conf plus pragmatique que prospective : l'IA y est surtout un accélérateur de modernisation sous contraintes humaines (contexte, méthode, fatigue), au milieu de REX très concrets sur le legacy, la sobriété logicielle (EROOM chez Decathlon) et le passage à l'échelle chez Michelin.
Sous le thème « Tenir le cap de l'agilité », le Printemps Agile 2026 (≈ 500 participants, gratuit) a surtout programmé des sessions sur l'humain et la posture (questionnement, feedback, neuroatypie, réunions, changement personnel) et très peu sur l'IA, avec 8 conférences en replay sur Canal-U.
Le front React à l'ère des agents : l'IA écrit de plus en plus de code, si bien que la valeur se déplace vers le jugement, les garde-fous déterministes (types, lint, tests de perf, Knip) et le retour à la plateforme web native, sur fond de montée en puissance de l'écosystème TanStack et de Vite/Rolldown.
Paris · Maison internationale, Cité internationale universitaire de Paris
Symfony se met à l'heure des agents de code : nouveau composant Terminal (TUI) écrit largement avec des LLM, coding agent maison en PHP, FrankenPHP qui absorbe le poste de dev et les sidekicks, avec un fil rouge répété par tous les comptes-rendus : l'IA produit, l'humain valide et reste responsable.
Un forum ouvert de jeux sérieux où l'absence de programme est la force de l'événement : les participants retiennent moins des jeux isolés qu'une expérience d'auto-organisation, d'inclusion et de débriefs où l'on apprend surtout comment on fonctionne vraiment.
À FlowCon 2026, l'IA a été passée au crible du flux. Le constat revient de talk en talk : c'est un outil arrivé sans pratiques, qui amplifie les systèmes et les cultures en place, les bons comme les mauvais. Aucun intervenant ne propose de nouveau framework. Les réponses mises en avant sont le diagnostic de la nature du travail, la qualité des décisions collectives et les fondamentaux lean et sociotechniques : jidoka, standards, gemba, découplage.
Sous le thème « Maîtriser nos dépendances numériques », le FIC 2026 a acté un consensus (la souveraineté n'est pas l'autarcie mais la capacité de choisir ses dépendances) et un constat inquiet : face à un monde qui se durcit, l'Europe dépend à 70-80 % de clouds américains, perd « la bataille des vulnérabilités » et doit passer de la régulation à une politique industrielle (préférence européenne, commande publique) tout en se préparant à fonctionner sans SI.
En avril 2026, trois conférences de développeurs ont regardé l'IA avec plus de recul que d'enthousiasme : récits critiques, sécurité des LLM, productivité perçue mise à l'épreuve des études, et surtout une inquiétude partagée sur ce qu'il reste du jugement et de l'expertise du développeur quand l'IA produit le code. En contrepoint, un appel à revenir à la preuve et des sujets humains et organisationnels très suivis.
Une édition où l'IA domine les keynotes sans faire consensus : outillage agentique officiel (Android Studio, Gemini Nano, Claude Code) d'un côté, mises en garde chiffrées sur la productivité réelle, l'érosion des compétences et la place de l'humain de l'autre, le tout au milieu de talks très techniques (KMP, Compose, performance, réseau, ADB) qui restent le cœur de la conférence.
Une édition très « éthique » où l'IA est abordée surtout par la critique — récit idéologique de l'AGI, coût caché des tokens, sécurité des LLM, dette cognitive des développeurs — à côté de keynotes sur les communs numériques (Wikipédia) et l'indépendance des médias, et de retours d'organisation (Alan, Energy Pool).
L'IA a colonisé le programme (65 talks sur 259) mais l'édition marque son passage de la démo à l'ingénierie : agents, protocoles, évaluation, sécurité et plateforme — tandis que les keynotes et les talks les plus appréciés rappellent que le vrai sujet reste humain et organisationnel.
En mai 2026, produit, design, développement et agilité disent la même chose : l'IA amplifie ce qui existe déjà, qualité comme dette, et rend les fondamentaux plus nécessaires (prioriser, spécifier, tester, structurer). Elle déplace les goulots, recompose les rôles de PM, de designer et de développeur, et fait monter la charge cognitive des équipes.
Pour ses 10 ans, LPC a parlé d'IA du matin au soir. Le fil rouge : l'IA ne tue pas le product management, elle en rend les fondamentaux plus nécessaires. Il faut prioriser, viser l'impact plutôt que le volume, et orchestrer l'adoption collectivement. Sinon on obtient une feature factory sous stéroïdes, des équipes en surchauffe (« AI Brain Fry ») et des goulots qui se déplacent, alors même que les agents deviennent des utilisateurs à part entière de nos produits.
L'IA n'est pas une solution miracle mais un amplificateur : elle multiplie la qualité — ou la dette — de ce qui existe déjà (accessibilité, données, contenus) ; le rôle du designer devient plus critique, déplacé vers la structure, le jugement, l'éthique et la décision.
Bordeaux, Lille, Lyon, Paris · Ynov Campus (Bordeaux), Théâtre de la Comédie (Lille), CPE (Lyon), ESGI (Paris)
Une journée PHP très pragmatique dans quatre villes : qualité (PHPStan, mutation testing, Closed-by-Default), architecture (FrankenPHP, Kafka, OpenSearch) et une IA qui entre dans l'écosystème par Symfony AI, les patterns d'agents et le pair programming assisté, sans prendre toute la place.
Une édition qui fait entrer le Software Craftsmanship dans l'Agile Tour et confronte l'agilité à l'IA générative : REX d'un atelier de dev passé à l'orchestration d'agents (Gorse), spec-driven development avec SpecKit (Fouraq), personas IA pour la discovery produit (SFEIR), IA qui accélère aussi les dysfonctionnements d'une organisation en silos (Coignard). En contrepoint, un rappel que l'agilité organisationnelle repose d'abord sur les personnes et la simplicité : agilité individuelle face à l'imprévu (Messager), dette assumée par ceux qui la décident (Richard), éloge de la simplicité contre les plannings (Leguédois).
Juin 2026 a opposé deux discours sur l'IA. Côté scène business, la souveraineté est devenue le fil rouge après la coupure Fable/Mythos. Côté praticiens, agilistes, lean et devs ont répété que l'IA amplifie ce qui existe : le vrai levier reste le système humain (management, flux, fondamentaux d'ingénierie, accessibilité). Tout cela sur fond de fragilité économique des conférences agiles locales, avec une dernière Agi'Lille sous ce format, un Agile Tour Rennes qui voit ses sponsors reculer et un Agile Tour Toulouse vraisemblablement annulé.
Une édition centrée sur l'humain plus que sur les méthodes : non-changement et récits qui coincent (Keromen), responsabilité des managers et du codir dans l'échec des transformations (Chopin, Ploquin), sécurité psychologique et handicaps invisibles (Gaunand), intelligence collective mesurée en direct (Moussaïd). L'IA y est traitée comme un révélateur qui exige plus de discernement humain, pas comme un sujet d'outillage.
Au 10ᵉ Lean Summit, dirigeants et opérationnels ont présenté le lean comme un système d'apprentissage et de développement des personnes (gemba, exercices, chaîne d'aide, cas unitaires). Il y apparaît comme le prérequis, et non l'alternative, à une IA qui crée vraiment de la valeur, avec le jidoka comme grille de lecture du partage entre l'humain et la machine.
Une édition dominée par l'IA générative vue par des praticiens prudents : on sort du « vibe coding » pour revenir aux fondamentaux (specs, tests, DDD, accessibilité, humain dans la boucle), l'IA étant présentée comme un amplificateur (des bonnes pratiques comme des mauvaises).
Pour ses 10 ans, VivaTech a basculé du « qui a le meilleur modèle ? » au « qui garde le contrôle ? » : la suspension de l'accès aux modèles Fable 5 / Mythos d'Anthropic pour les non-Américains a fait de la souveraineté (open weights, infrastructure, énergie, cybersécurité) le fil rouge d'une édition où l'IA passe des assistants aux agents en production et où l'espace s'impose comme second grand thème.
Lille · Université Catholique de Lille (bâtiment Michel Falise)
Une dernière Agi'Lille dense et nostalgique, où l'IA reste en toile de fond : le fil rouge est de sortir du pilotage par l'activité (livrables, vélocité, frameworks) pour piloter le flux, l'impact et la robustesse, en assumant ses choix, ses renoncements et ses « non ».
Une édition « Matrix » sous la canicule et un budget serré, qui a conjugué conscience critique du numérique (enshittification, souveraineté, IA de défense, tech « pop culture »), artisanat du dev (Rust pour le métier, livrer directement en prod, dev containers, event sourcing), une IA abordée par ses coûts et ses limites (tokens, contexte, autonomie du développeur) et une forte veine sécurité (supply chain CI/CD, OAuth2 + DPoP, passkeys), portée par une communauté qui appelle à monter sur scène l'an prochain.
L'Agile Tour Toulouse 2026, annoncé les 25 et 26 juin en forum ouvert sur le thème de l'IA, n'a vraisemblablement pas eu lieu : un agenda communautaire le donne annulé, l'association consultant sa communauté sur la suite du format, et aucune trace de déroulé n'existe.
La plus ancienne conférence de hacking française a réuni plus de 3 500 personnes autour d'un message simple : les outils changent, les erreurs beaucoup moins, et l'IA de pointe n'est pas indispensable pour trouver des failles sérieuses.
Juillet 2026 a surtout parlé d'IA en dépendances, en coûts et en responsabilité. Les sommets parisiens ont débattu de souveraineté par l'open source (poids ouverts ou ouverture complète), les conférences de devs du Sud ont appris à cadrer les agents et à préserver les compétences humaines, et Agile Lyon a rappelé que le système compte plus que le framework.
D'après les vidéos et deux blogs, Sunny Tech 2026 a mêlé une keynote très critique sur les mythologies de la tech et l'AGI, des retours d'expérience concrets sur l'IA en production (astreintes, legacy, vibe coding) et une solide piste sécurité et Cloud (failles des LLM, supply chain, chaos engineering), avec un même message : l'IA amplifie l'expertise existante, à condition de préserver les compétences humaines et de prouver plutôt que supposer.
Sous la bannière du Petit Prince, Agile Lyon 2026 a interrogé le suivisme agile (« moutons de Panurge », agilité de surface) et plaidé pour une agilité plus simple, plus humaine et plus systémique, avec l'IA en appui plutôt qu'en vedette — un programme riche, mais quasiment sans retour public de participants à ce jour.
Selon les vidéos, Riviera DEV 2026 a surtout été une édition « IA et responsabilité » : dette cognitive et « shadow knowledge » (keynote du 8 juillet), architecture où l'IA évalue mais où l'humain décide, cadre juridique de la PI face à l'IA, souveraineté du cloud. Des REX très concrets l'ont complétée (migration Kafka chez Michelin, chaos engineering secret chez Amadeus).
Un sommet de décideurs où l'IA se discute en mégawatts, en tokens et en dépendances : infrastructure et énergie, open source comme levier de souveraineté après l'affaire Fable/Mythos, et passage de l'expérimentation à la rationalisation des coûts et à la sécurité des agents. Paris s'y vend comme capitale européenne de l'IA.
Une journée « pour ceux qui font » l'IA ouverte, où le consensus est clair : les open weights ne suffisent pas. Sans données, recettes et code ouverts, pas de confiance. Le goulot d'étranglement européen n'est pas le talent mais la donnée et le calcul, que les acteurs (LINAGORA, Fraunhofer, Apertus, GENCI, BAAI) proposent de mutualiser en communs.
En septembre 2026, agilistes, data, AI engineers, devs Java et devs web ont fait le même constat : générer ne coûte plus rien, le goulot passe à la revue, à la validation et au jugement humain. L'enjeu devient de concevoir le système humains + agents (contexte, garde-fous, sandboxes, gouvernance, coûts). En contrepoint, Paris Web a mis l'humain au centre, et plusieurs événements communautaires ferment un chapitre.
Une édition très orientée IA agentique, racontée en chiffres et en ratés : Nicolas Martignole ne tape plus de code mais divise la facture d'agents de Back Market par cinq, Doctolib fait ouvrir la moitié de ses PR d'équipe par un « Autopilot » ; à côté, des fondamentaux solides (JIT, io_uring, PostgreSQL, tests aléatoires, plateforme Doctolib) rappellent ce qu'il y a sous les frameworks.
L'IA agentique a éclipsé la data : le salon a entériné le passage « de la promesse à la preuve », où le vrai sujet n'est plus la performance des modèles mais le passage à l'échelle — gouvernance, contexte métier, coûts, souveraineté et contrôle des agents.
Une journée sur l'IA qu'on maîtrise vraiment : évaluer sans vérité terrain et de bout en bout (Doctolib, Mirakl), lire l'intérieur et l'incertitude des modèles, choisir le bon modèle (tabulaire, spécialisé, embarqué, ouvert) plutôt que le plus gros, et protéger l'attention humaine, devenue le goulot, face à des agents qui produisent plus vite qu'on ne relit (Polu, Vernade).
D'après les 14 vidéos et un compte rendu d'agence, une édition partagée entre une plateforme web « abondante » qui allège l'outillage sans le supprimer (no-build progressif, Temporal, API de performance, IA dans le navigateur décidée tâche par tâche) et la confiance dans le code à l'ère des agents (npm 12, analyse du codebase entier, portes TypeScript, code généré traité comme non fiable).
L'IA accélère la production et démocratise la construction ; la valeur se déplace donc vers le cadrage, l'alignement, la validation et le jugement — et l'enjeu central devient de concevoir des systèmes de travail humains + agents où l'humain décide et reste assez expert pour bien décider.
Le goulot n'est plus la génération (code, images, voix) mais tout ce qui l'entoure : revue, garde-fous, évaluation, sécurité des agents, latence et coût de l'inférence ; en parallèle, Mistral pousse une IA européenne souveraine de bout en bout, du datacenter au harness.
Une 15e et dernière édition autonome, resserrée sur une matinée, sous le thème « L'agilité en mouvement ». Au programme : retour aux fondamentaux du flux (Kanban, lead time), réhabilitation de rôles et pratiques décriés (Scrum Master, gestion des exigences), transformations vues comme des processus organiques (CNAF « mycélienne ») et agilité hors du logiciel (industrie automobile circulaire).
Paris Web 2026 a pris le contre-pied du tout-IA : sur le thème « l'intelligence du web, c'est l'humain », l'édition a mis au centre l'accessibilité réelle (RGAA 5, coût, sanctions absentes), l'inclusion systémique et le web libre, dans un format resserré dicté par des finances fragiles.
Octobre 2026 est en cours : ses trois premiers événements, tous dev et tenus les 1er et 2 octobre, disent la même chose. Les agents de code sont en production, et le travail se déplace vers la spec, le contexte et les garde-fous déterministes, avec des retours d'expérience qui chiffrent autant les ratés que les gains et un agent qui gagne aussi le run. Volcamp rappelle que les leçons du passé (donnée, mesure, déterminisme) valent pour l'IA, et souveraineté, open source, coût des tokens et charge cognitive complètent le tableau.
Un Volcamp dominé par le développement assisté par agents, raconté sans enthousiasme naïf : specs et documentation redeviennent le code source, les retours d'expérience (CGI, Michelin, Ralph) chiffrent gains et mensonges des agents, tandis que les keynotes de la DINUM et des Restos du Cœur rappellent que chaque choix technique est un choix politique.
Pour sa première au Vélodrome, WAX a réuni plus de 800 inscrits autour d'un programme « 100 % retours d'expérience » où l'IA (agents de code, IA souveraine ou auto-hébergée, risques cyber propres aux LLM) côtoie la souveraineté cloud et la conformité (SecNumCloud, NIS2, CIS Benchmarks) ; les replays confirment une tonalité très concrète (REX d'incidents, démos live, chiffres d'adoption), mais les retours de participants restent à venir.
Trois ans après son édition IA de 2023, le DevFest de la Côte de Granit Rose a dressé un état des lieux très concret du développement agentique : les gains sont réels (jusqu'à 80 % de tickets résolus automatiquement chez Mycom), mais la valeur du développeur se déplace vers le contexte, les garde-fous déterministes et le jugement.