Agile Tour Rennes 2026
Site officiel (nouvel onglet) ↗Programme (nouvel onglet) ↗Chaîne YouTube (nouvel onglet) ↗Synthèse de juin 2026 →
2 jours à Askoria, environ 300 participants par jour annoncés. 3 keynotes (Houleymatou Baldé, Christophe Keromen, Mehdi Moussaïd), environ 50 conférences, ateliers et tables rondes sur 5 salles, et un plateau « Agile Rennes TV » avec des sessions d'approfondissement filmées.
Une édition centrée sur l'humain plus que sur les méthodes : non-changement et récits qui coincent (Keromen), responsabilité des managers et du codir dans l'échec des transformations (Chopin, Ploquin), sécurité psychologique et handicaps invisibles (Gaunand), intelligence collective mesurée en direct (Moussaïd). L'IA y est traitée comme un révélateur qui exige plus de discernement humain, pas comme un sujet d'outillage.
17 sessions résumées · 15 vidéos · mise à jour le vendredi 9 octobre 2026 · synthèse à compléter
Sources lues et limites de cette synthèse
Corpus : Programme officiel (Sessionize, 54 sessions avec descriptifs) et 14 vidéos de la playlist officielle publiées entre le 12/06 et le 24/09/2026, dont les 13 talks filmés transcrits et lus en entier (sous-titres automatiques), plus la première interview du plateau Agile Rennes TV (REX Post Agile Forum, publiée le 28/09/2026, transcrite) et l'interview « coulisses » de l'équipe organisatrice (publiée le 07/10/2026, transcrite) et l'interview de Sébastien Goodwin sur son talk Kanban (publiée le 08/10/2026, transcrite). S'y ajoutent l'article de blog de Kim Dang (Néosoft, 27/07/2026, speaker et participant) et les posts de la page LinkedIn Agile Rennes (annonces de replays, tribune inter-associations).
Limites : Aucun post LinkedIn de participant n'a été trouvé, malgré deux recherches (25 et 26/09/2026 : nom de l'événement, hashtags, noms des keynoters, blogs d'ESN) qui ne remontent que des annonces et des posts d'éditions antérieures. La seule voix de participant est celle de Kim Dang (Néosoft), lui-même speaker. Les résumés restituent donc surtout ce qui a été dit sur scène (sous-titres automatiques, noms propres parfois incertains), et la réception du public n'est connue que par les questions en fin de talk. Les ateliers, non filmés, sont presque tous sans retour.
Synthèse globale
1. Le vrai sujet, c'est le système humain, pas la méthode
Le fil rouge est posé dès l'appel à orateurs : « On a changé trois fois de méthode, mais jamais les problèmes » (post LinkedIn d'Agile Rennes). Plusieurs talks filmés y répondent en déplaçant le regard des frameworks vers les personnes et le système :
- Keromen propose d'écouter le non-changement au lieu de le combattre ;
- Chopin fait remonter la responsabilité des équipes jusqu'au codir, puis jusqu'aux coachs eux-mêmes ;
- Ploquin ouvre son talk sur le même aveu : « La résistance, c'est un signal. C'est pas le problème. » Il désigne le système de management comme le levier oublié du Lean, chiffres de quatre accompagnements à l'appui ;
- Rodriguez Pardo interroge la place du management dans Scrum, à partir de l'effet Hawthorne : un manager présent change le comportement de l'équipe ;
- Moreau ajoute l'angle de la structure, que les coachs évitent faute d'outil : « une mauvaise organisation conduira à de mauvais produits ». Il propose Org Topologies pour la cartographier, et note que distribuer des assistants IA à tous n'accélère rien si le goulot est organisationnel. Point commun : la « résistance au changement » est une information sur le système, pas un défaut des individus. Ploquin et Rodriguez Pardo arrivent à la même image, par des chemins opposés : le manager comme « architecte du système ». Chez le premier, il va sur le terrain et questionne ; chez la seconde, il garde ses distances et traite les obstacles hors de portée de l'équipe. Le même réflexe revient côté outillage : interviewé sur le plateau Agile Rennes TV après son talk sur les métriques Kanban, Goodwin reprend l'argument de Chopin et conseille de ne jamais commencer par installer Kanban ou ses métriques, mais par verbaliser les sources d'insatisfaction (management, clients, équipe) qui donnent une raison de changer.
2. Défiance envers les récits de transformation clés en main
Les deux talks transcrits sur la transformation convergent sur ce point :
- Keromen critique le consultant-sauveur et le « récit messianique » : « À chaque fois que vous promettez un résultat, vous niez la complexité. »
- Chopin refuse désormais de « décliner des frameworks » et met en garde les coachs contre la posture haute. Dans le même esprit, le fishbowl « Là gît l'agilité ? » de Kim Dang (Néosoft) prenait acte des discours sur la « mort de l'agilité ». L'animateur en retient une salle d'agilistes expérimentés qui constatent l'essoufflement des valeurs agiles, mais qui continuent d'y trouver du sens. Fallet part du même désenchantement (l'agilité de 2026 « me fait pas rêver ») et le met en regard de ses projets au forfait des années 2015, où la contrainte ouvrait un espace de liberté ; il plaide pour une performance « régénérative ».
3. L'agilité hors de ses terres : association, école, produit
Trois talks transcrits sortent du cadre de l'entreprise tech ou reviennent aux fondamentaux du produit :
- Bouché raconte une discovery produit pour le Secours Populaire 44, en mécénat de compétences : entretiens, sondage de 149 réponses, et deux convictions de départ invalidées. C'est la session qui a le plus marqué Kim Dang (« peut-être une des meilleures discovery produit » qu'il ait vues).
- Roquel présente les enseignants comme de « super agilistes » pris dans un système qui ne l'est pas, et le collectif bénévole « Nous sommes tous le système » qui les accompagne depuis 7 ans.
- Gouaillier défend le questionnement comme compétence produit, du modèle de Kano au MVP : « les bonnes questions construisent le sens ».
4. Sécurité psychologique, santé mentale et inclusion
C'est une part inhabituellement forte du programme :
- Gaunand livre un témoignage sur le TDAH et les handicaps invisibles, adossé au projet Aristote et aux travaux d'Edmondson ;
- Baldé, en keynote d'ouverture, parle de rôles modèles et de la place des femmes dans la tech ;
- d'autres sessions, sans retour trouvé, portaient sur le burn-out, la neurodivergence, les biais inconscients, le fait de savoir dire non et le Radical Candor. Les questions du public chez Gaunand en montrent l'écho. Les rituels agiles « tous ensemble » y sont décrits comme peu inclusifs pour les introvertis, les personnes autistes (TSA) ou les aidants. Le feedback ascendant reste difficile dans la culture hiérarchique française.
5. L'intelligence collective se mesure
La keynote de clôture de Mehdi Moussaïd a donné des preuves expérimentales à des intuitions d'agilistes :
- le collectif bat le meilleur individu, à condition d'agréger correctement les avis (vote plutôt que discussion libre) ;
- la diversité des erreurs compte plus que l'expertise homogène ;
- trois biais plombent les discussions : l'inégalité du temps de parole, l'ancrage et l'autorité. Le format a marqué la salle : vote en direct, prédiction du résultat, et la salle qui lance des réponses à voix haute.
6. L'IA en arrière-plan, sous l'angle du discernement
Contrairement à d'autres conférences de 2026, l'IA n'est pas au centre du programme. Elle revient pourtant partout comme un révélateur :
- Auzillaud : « l'IA optimise la direction mais ne la questionne pas », et cinq intelligences humaines à cultiver ;
- Keromen : un excès de techné, et un pitch de sa propre keynote rédigé par une IA ;
- Moussaïd : des IA qui améliorent un groupe de médecins parce qu'elles font des erreurs différentes ;
- Moreau : des assistants de code pour tous, une « Ferrari » individuelle qui ne fait pas livrer plus vite une organisation mal structurée. Les réactions du public chez Auzillaud montrent une inquiétude réelle : se sentir « substitué plutôt qu'augmenté », fragilité cognitive des étudiants, agents qui imitent l'écoute active. Les sessions plus opérationnelles sur l'IA (agents de codage, Battle Royale des user stories) n'ont pas de retour public trouvé.
7. Vie de l'événement et formats
- Plateau « Agile Rennes TV » : des sessions d'approfondissement filmées qui prolongent un talk (IA et agilité, sécurité psychologique, feedback, implication du management). La première interview publiée (28 septembre) revient sur le Post Agile Forum : une quinzaine d'agilistes réunis en janvier 2026 pour penser « l'après-agilité », qui reconnaissent leur propre entre-soi (« on est principalement des coachs agiles », Delachaux) et rebaptisent la démarche FOHP pour s'éloigner du mot agile. Un écho direct au fishbowl « Là gît l'agilité ? » (section 2). Une interview de Sébastien Goodwin (publiée le 8 octobre) prolonge son talk sur les métriques Kanban, dont aucune captation rennaise n'est publiée (il renvoie à la vidéo du même talk à Agile Lyon 2025).
- Replays publiés au compte-gouttes : 13 talks entre fin août et fin septembre, relayés un par un sur LinkedIn, puis les interviews du plateau.
- Difficulté à tenir des événements présentiels : les invités du PAF la soulignent aussi (événements sans sponsor, annulations ailleurs en France), en écho à la tribune ci-dessous.
- Kim Dang (Néosoft) décrit un cadre « plus modeste » qu'auparavant, une communauté bretonne accueillante et une soirée informelle au Thabor.
- Le regard des organisateurs (interview « coulisses » du plateau, publiée le 7 octobre) : une 16e édition d'une quarantaine de sessions, revenue au format conférence après l'Open Forum de fin 2025. L'équipe dit avoir débattu en interne de la place de l'IA et l'avoir laissée venir via le CFP plutôt que d'en faire le thème, pour recentrer l'événement sur la connexion entre humains et sur des retours d'expérience concrets (« reconnecter l'agilité au réel »). Elle décrit des sponsors moins présents, donc moins de participants et de propositions, assume le mot « agile » comme marque d'une communauté et envisage deux temps forts par an (Open Forum en décembre, Agile Tour en juin) nourris par les meetups et des apéros (organisateurs).
- Contexte économique : Agile Rennes a cosigné en septembre une tribune de plus de 60 associations tech qui alertent sur une crise du sponsoring et appellent au sponsoring, à la billetterie et aux adhésions.
8. Limites de cette synthèse
Faute de posts de participants accessibles (deux nouvelles recherches, les 25 et 26 septembre, n'en ont pas trouvé), cette synthèse restitue surtout ce qui a été dit sur scène (les 13 talks filmés, tous transcrits) et peu la réception par le public, connue seulement par le blog de Kim Dang, lui-même speaker. Seules les questions posées en fin de talk donnent une idée des réactions. Les ateliers, non filmés, sont presque tous absents du corpus. Les noms propres issus des sous-titres automatiques ont été vérifiés quand c'était possible, et omis sinon.
Actions concrètes citées
- Écouter le « non-changement » comme une information sur le système au lieu de le combattre comme de la « résistance » (Keromen, Chopin).
- Faire du codir la première équipe agile de l'organisation : un vrai collectif aligné sur une vision, qui expérimente vite et tient des rétros (Chopin).
- Poser un cadre explicite de sécurité psychologique (« pas de jugement de valeur »), repérer les signaux faibles et la mesurer par un questionnaire anonyme régulier (Gaunand, d'après Edmondson et le projet Aristote de Google).
- Avant une décision collective, recueillir des avis indépendants (vote ou sondage anonyme), puis discuter en équilibrant les temps de parole et en faisant parler le chef en dernier, pour limiter l'ancrage et l'autorité (Moussaïd).
- Constituer des groupes de décision diversifiés : des experts formés de la même façon font les mêmes erreurs (cas des dermatologues, Moussaïd).
- Face à l'IA, cultiver cinq « intelligences » humaines : situationnelle, collective, relationnelle, discernement critique, éthique (Auzillaud).
- Désapprendre coûte plus cher qu'apprendre : prévoir du temps et de la sécurité pour abandonner les anciens réflexes (démonstration du vélo inversé, Chopin).
- Pour la diversité : montrer des rôles modèles et fixer des objectifs mesurables et réalistes plutôt qu'une parité de façade (Baldé).
- Même face à une demande « évidente », faire une vraie discovery (entretiens, sondage, observation) : elle a invalidé les deux convictions de départ au Secours Populaire 44 (Bouché).
- Traiter la structure de l'organisation comme un objet de travail à part entière, en partant d'un backlog de ses problèmes plutôt que d'un framework, par petits pas (Moreau, avec Org Topologies).
Session par session
Mardi 2 juin
Keynote▶ vidéo + transcript
De villageoise à IT Woman… Quelles actions pour faire de mon rêve une réalité ?
Houleymatou Baldé
Retours : Kim Dang, blog Néosoft
- Récit autobiographique en forme de conte :
- une enfance dans un village du nord de la Guinée, orpheline à 6 mois ;
- une école suivie d'abord par la fenêtre, faute de pouvoir payer les frais ;
- une troupe de théâtre militant contre l'excision et le mariage précoce, où elle apprend à argumenter ;
- l'arrivée en France avec 100 € en poche, puis l'entrée dans la tech, où elle se retrouve seule femme d'une équipe de 12.
- Quatre leçons annoncées : saisir les opportunités, les provoquer, s'appuyer sur des rôles modèles (« On ne peut pas devenir ce qu'on ne voit pas »), prendre la parole.
- Elle milite « pour et pas contre » à travers une association passée en 2 à 3 ans de 5 personnes à plus de 3 000 femmes et alliés.
- Appels à l'action :
- aux entreprises : mesurer, quantifier, fixer un objectif réaliste plutôt qu'une parité de façade ;
- aux hommes : écouter et partager les opportunités ;
- aux femmes : la sororité.
- Chiffre avancé sur scène : 24 % de femmes dans la tech en France.
- Questions de la salle, notamment d'une intervenante de l'association Elles Bougent : pourquoi se méfier de l'injonction à « oser », qui fait porter le problème aux femmes plutôt qu'au manque d'opportunités ; quel conseil donner à une collégienne attirée par la tech. Longue ovation finale.
- Réception : Kim Dang (Néosoft) parle d'une keynote « digne d'un feel good movie » qui a lancé sa journée « sur une belle trajectoire ».
Conférence▶ vidéo + transcript
Au-delà des a priori. Rex Discovery Produit pour le Secours Populaire Loire Atlantique
Céline Bouché — Conserto
Retours : Kim Dang, blog Néosoft
- Contexte : la speakeuse, product manager chez Conserto, intervient en mécénat de compétences. Le Secours Populaire 44 compte, selon elle, plus de 20 000 personnes accompagnées, 1 600 bénévoles, 8 salariés et 25 structures locales. Les responsables de structure passent jusqu'à 80 % de leur temps à gérer le planning des bénévoles (papier, WhatsApp, formulaires, tableurs). Une seule antenne, Nantes, a un outil, codé par un bénévole retraité autodidacte et difficile à maintenir.
- Choix de départ : face à une demande apparemment cadrée (« reprendre » cet outil), faire une vraie discovery plutôt que foncer en delivery.
- Méthode : entretiens semi-directifs (4 responsables, 3 bénévoles dans trois antennes), sondage papier et numérique (149 réponses), observation de l'outil existant. Synthèse avec personas, Value Proposition Canvas et experience map, puis le framework FOCUS du livre Discovery Discipline, découvert en cours de route au moment où elle se sentait noyée sous les livrables ; itératif, pas linéaire.
- Deux convictions invalidées : l'enjeu n'était pas de remplacer l'outil nantais mais d'équiper les 24 structures sans outil ; la fonction clé n'est pas la création d'activités mais un gabarit de semaine qui s'ouvre seul aux inscriptions (environ 70 % des activités sont récurrentes).
- Besoins non exprimés : communiquer au-delà des bénévoles déjà impliqués (dans 73 % des cas, il faut être « connu ou sur site » pour savoir qu'une activité a lieu) ; des responsables sollicités le week-end par des bénévoles mécontents du planning. Anecdote : l'utilisateur principal de l'outil existant s'en sert surtout… pour renouveler des mots de passe.
- Questions de la salle : faisabilité et budget (croisés avec des développeurs en intermission, eux aussi en mécénat) ; le mécénat comme atout pour aller à l'essentiel, sans contraintes internes ; subjectivité assumée de l'experience map.
- Réception : pour Kim Dang (Néosoft), « peut-être une des meilleures discovery produit » à laquelle il ait assisté, appréciée pour son contexte éloigné des grandes entreprises.
Conférence▶ vidéo + transcript
Agilité augmentée : les 5 intelligences clés pour orchestrer humains et IA
Olga Auzillaud — Onepoint
- Fil rouge Game of Thrones : « l'hiver » renvoie aux hivers de l'IA et aux peurs qu'elle suscite. Elle en nomme trois : perdre le contrôle, perdre la collaboration, perdre la valeur humaine.
- L'IA n'est « pas un outil comme les autres » : elle touche tous les niveaux du changement, jusqu'aux croyances et à l'identité. Formule clé : « L'IA optimise la direction mais ne la questionne pas. »
- Chiffres tirés de rapports 2024-2026 (sources peu précisées à l'oral) :
- peu de dirigeants jugent leur adoption mature, peu d'organisations ont redessiné leurs workflows ;
- shadow AI très répandue ;
- « paradoxe du novice » : l'IA fait plus progresser les juniors que les experts, mais ce sont eux qui acquièrent le moins de compétences.
- Cinq intelligences à cultiver, adossées à Gardner et aux valeurs agiles : situationnelle, collective, relationnelle, discernement critique, éthique. Le coach agile pourrait devenir celui qui les « orchestre ».
- Questions de la salle : un participant se sent « substitué plutôt qu'augmenté » (exemple de Waze) et s'inquiète d'une fragilité cognitive chez les étudiants ; un autre voit les agents conversationnels remplacer l'écoute active ; une philosophe conteste l'expression « intelligence artificielle ». La speakeuse va dans leur sens.
- Sujet prolongé l'après-midi par une session d'approfondissement filmée sur le plateau Agile Rennes TV.
Table ronde
Fishbowl : là gît l'agilité ?
Kim Dang — Néosoft
Retours : Kim Dang, blog Néosoft (speaker)
- Question de départ : depuis fin 2025, on parle de la « mort de l'agilité » et du retour du cycle en V. Faut-il « fuir ou combattre » ?
- Format : deux cercles de chaises concentriques, « un peu plus d'une vingtaine » de participants selon l'animateur, « l'heure est passée très vite ».
- Ce qu'en retient l'animateur (speaker) : une salle d'agilistes expérimentés qui constatent la perte de vitesse des valeurs agiles, mais continuent de trouver du sens à leur travail malgré la pression du marché.
Conférence▶ vidéo + transcript
Lean en action : les managers comme architectes de la transformation Lean à l'échelle
Nicolas Ploquin — OCTO Technology
- Thèse : « La résistance, c'est un signal. C'est pas le problème. » Le speaker, coach Lean, avoue avoir longtemps parlé de « résistance au changement » ; il y voit désormais un problème de système, donc de management. Il cite Deming (94 % des problèmes seraient dans le système) et une étude Ipsos de 2019 sur des managers qui ne trouvaient plus leur rôle avec l'agilité.
- Le Toyota Way comme système de management : aller sur le terrain (gemba, la phrase magique étant « montre-moi »), questionner plutôt qu'imposer (kaizen), fixer un challenge clair, respecter ceux qui connaissent le travail, faire travailler les équipes ensemble. L'A3 sert de support pour apprendre au manager à résoudre un problème, défini comme « un écart de performance chiffré du point de vue du client » (et non « un problème de communication », qui est une cause).
- Quatre REX en banque et retail, toujours avec le même geste (mesurer, aller voir, valider ou rejeter les hypothèses de cause avec l'équipe). Chiffres annoncés sur scène :
- une équipe dev de 6 : lead time passé de 97 à 32 jours et 46 % de livraisons en plus après limitation réelle du WIP, flux tiré et objectifs quotidiens ; un affinage « de 5 jours » s'expliquait par une réunion le lundi et l'autre le vendredi ;
- une équipe de 13 : tickets de run réduits de 56 % ; la documentation jugée obsolète était en fait à jour, mais jamais diffusée aux clients ;
- une équipe observabilité : coût du run réduit de 54 % grâce à la qualité des demandes entrantes ;
- un CTO : outils en self-service pour les scripts et MongoDB, inutilisés tant qu'un mentoring n'a pas rassuré les utilisateurs.
- Aux coachs : « si vous travaillez qu'avec une équipe, vous travaillez que sur 6 % du problème » ; aux dirigeants : quel mandat donnez-vous à vos coachs ?
- Questions de la salle : comment faire passer un manager de ses « soucis » à un problème mesurable (en l'interrogeant sur ce qui fera dire, dans six mois, que la mission est réussie) ; pourquoi passer par le manager plutôt que par l'équipe (parce qu'il diffusera le geste à ses autres équipes).
Conférence▶ vidéo + transcript
Transformation Agile : Et si le vrai problème, c'était Vous ?
Thomas Chopin — FlowMinds
- Une « chasse au coupable » qui remonte d'un cran à chaque étape : les équipes, les managers, le codir, les coachs… puis « c'est nous tous ». Le speaker, coach depuis 15 ans, présente cela comme un point de vue personnel et discutable.
- Démonstration du vélo à direction inversée : deux volontaires échouent à le conduire. Message : « ce n'est pas le geste qui est difficile, c'est de désapprendre ». Il relativise les « 28 jours » censés suffire pour changer une habitude.
- La résistance au changement remise en cause (il s'appuie sur un ouvrage de neurosciences) : les changements échouent quand ils sont mal conçus, imposés ou jugés inutiles.
- Managers : il cite la première loi de Larman (les organisations préservent le statu quo, surtout celui du management) et la solitude du middle manager. Remèdes proposés : codéveloppement, coaching.
- Formule centrale : « Le codir doit être la première équipe agile de l'entreprise ». Cela veut dire un vrai collectif, aligné sur une vision tournée vers le marché, qui décide par expérimentations courtes, délègue et fait des rétros. Pistes citées : Beyond Budgeting, Flight Levels, Product Operating Model.
- Coachs : il met en garde contre la posture de sauveur et parle de l'éthique du freelance. Il refuse désormais de « décliner des frameworks ».
- Questions de la salle : que faire sans accès au codir ? (« commencer par l'équipe, mais il va falloir que ça monte ») ; des coachs « bouffés par l'orga » et au service du top management.
Atelier
Simplifiez vos transformations, pensez filtres de décisions !
Haja (Yadz) Rambelontsalama, Vincent Boulanger — Approch'Agile
Retours : Kim Dang, blog Néosoft
- Atelier construit sur le Kanban Maturity Model et ses 90 filtres de décision. Des équipes y résolvent collectivement des dilemmes de transformation (d'après le compte-rendu de Kim Dang).
Conférence▶ vidéo + transcript
Les enseignants, des agilistes pas comme les autres…
Damien Roquel — Brique24
- Thèse : « Les enseignants, ce sont des super agilistes. C'est juste pas des agilistes comme on rencontre ici. » Ils s'adaptent en permanence, mais dans un écosystème qui n'a rien d'agile : réformes incessantes, sept ministres depuis mai 2022 (mis en scène par un jeu de chaises), image publique dégradée, arrivée brutale de l'IA.
- Récit personnel : le speaker, coach agile et non enseignant, part de son vécu d'élève (un lycée très insécurisant à la fin des années 1990), puis de parent d'élève. Une animation Lego avec des CP en 2011 lui fait découvrir l'apprentissage par le jeu. Une conférence à l'Agile Tour Nantes 2018 donne naissance au collectif bénévole « Nous sommes tous le système », hors institution.
- Bilan annoncé du collectif : environ 150 enseignants accompagnés en 7 ans, 12 journées en présentiel, un bootcamp, une learning expedition dans 10 entreprises, une centaine de visios pendant le Covid.
- Chiffres cités sur le métier (sources pas toujours audibles) : 43 h de travail hebdomadaire en période scolaire ; plus de 90 % des enseignants du primaire paient des fournitures de leur poche ; un baromètre sur l'épuisement émotionnel des enseignants et le stress des élèves. « En 40 ans de carrière aujourd'hui, un enseignant, il va avoir trois fois un entretien professionnel. »
- Format très interactif : exercices debout, souvenirs d'école partagés entre voisins, et des Kudo cards (Management 3.0) distribuées en fin de talk pour écrire un mot à un enseignant marquant. Pas de temps de questions capté.
Mercredi 3 juin
Keynote▶ vidéo + transcript
Postures narratives : l'outil qui transforme les récits qui coincent
Christophe Keromen — coach, superviseur, auteur
- Thèse : parler du non-changement plutôt que du changement. « Le non-changement, c'est pas quelque chose qu'il faut supprimer, c'est quelque chose qu'il faut écouter. » Il précise que ce n'est pas un procès des transformations agiles.
- Ouverture : il décortique le pitch de sa propre keynote publié sur LinkedIn, qu'il n'a pas écrit et qu'il attribue à une IA. Il y voit la posture du consultant-sauveur et un « récit messianique » des transformations. « À chaque fois que vous promettez un résultat, vous niez la complexité. »
- Modèle des « strates narratives » (ou « récits fossilisés ») :
- les comportements visibles ;
- le récit sous-jacent ;
- l'« autrui généralisé » (ce qu'on croit attendu d'un bon manager, d'un bon agiliste) ;
- l'idéologie, « ce qui paraît indiscutable ». Exemples : le Scrum Master devenu identité professionnelle, les rituels qui se rigidifient. « Un récit même libérateur, ça devient forcément normatif. »
- Grilles mobilisées : les « mondes » de Boltanski et Thévenot (le Manifeste agile serait « un pack de mondes », SAFe en réintroduisant d'autres), les polarités, la phronesis d'Aristote contre un excès de techné, IA comprise.
- Questions de la salle : son propre agacement vu comme signal faible ; l'IA utilisable pour analyser les récits, avec une question éthique (contrôler ou rendre l'organisation plus robuste ?) ; la notion de robustesse, via Olivier Hamant.
- Le sujet « postures narratives » du titre n'est qu'effleuré : il est renvoyé à une masterclass le lendemain.
Conférence▶ vidéo + transcript
Les bonnes questions font les bons produits
Joanne Gouaillier — coach en organisation produit
- Thèse : « Les bonnes réponses construisent des produits et les bonnes questions construisent le sens. » Le questionnement comme démarche continue (équipe, utilisateurs, marché, valeur), plutôt que la course aux réponses toutes faites.
- Contre-exemple d'ouverture : les Google Glass (2013, arrêtées en 2015), un échec attribué à l'absence de questions sur les vrais utilisateurs et sur l'éthique, avant une réorientation vers des usages professionnels.
- Pourquoi on questionne mal : biais de conformité, d'autorité, de confirmation, et une pensée divergente qui s'effondre avec l'âge (test du trombone popularisé par Ken Robinson). Elle présente la questiologie et ses conditions : lâcher prise, choisir le moment, laisser le temps de répondre ; et ses limites : surcharge cognitive, intrusion.
- Exemple filé, une application pour un festival breton : questionner l'équipe (compétences et aspirations plutôt que fiches de poste), puis le marché ; classer les fonctionnalités avec le modèle de Kano (programme en ligne attractif, informations de sécurité obligatoires) ; interroger la valeur (gain, coût, risques, dépendances) jusqu'à un MVP qui teste une seule fonctionnalité mesurée ; boucler par le feedback (démos, interviews, NPS).
- Question de la salle : que faire d'un client d'ESN sûr de sa solution ? Questionner avec bienveillance (référence à la CNV), accepter un moment de friction, s'appuyer sur le collectif et tester petit pour démontrer progressivement.
Conférence▶ vidéo + transcript
Quand on veut, on peut ?
Antonin Gaunand — conférencier
- Témoignage personnel : une surcharge de travail en 2025, puis un diagnostic de TDAH. Il décrit le masking, la « taxe TDAH » et la charge des handicaps invisibles. Chute : « je suis conférencier et je suis handicapé », « hors norme, et fier de l'être ».
- Idée démontée : que la volonté suffise. Il cite le projet Aristote de Google (180 équipes), selon lequel le premier facteur de performance est la sécurité psychologique, et les travaux d'Amy Edmondson : les meilleures équipes médicales déclaraient plus d'erreurs, parce qu'elles osaient en parler.
- Formule : « La performance n'a jamais créé de sécurité psychologique. Par contre, la sécurité psychologique crée de la performance. » Et : « Parler à son manager, c'est prendre un risque. Se taire, c'est pas risqué. »
- Pique à l'intention des agilistes : le premier rituel abandonné est la rétro, le premier rôle supprimé est le Scrum Master.
- Trois leviers : poser un cadre explicite, repérer les signaux faibles, rédiger un « manuel de soi-même ».
- Questions de la salle : les rituels « tous ensemble » ne sont pas inclusifs pour les introvertis, les personnes autistes (TSA) ou les aidants ; le feedback ascendant dans la culture hiérarchique française ; comment mesurer la sécurité psychologique (questionnaire anonyme régulier, échelle d'Edmondson).
- Prolongé par une session d'approfondissement filmée sur la sécurité psychologique.
Conférence▶ vidéo + transcript
Quand 'Big Brother' rejoint l'équipe Scrum : empowerment ou illusion ?
Almudena Rodriguez Pardo — Rodriguez Pardo & Assocs
- Point de départ : un manager qui entre dans une rétrospective et s'assoit, puis explique qu'il doit bien savoir ce que font ses collaborateurs pour les évaluer. Le Scrum Guide parle de leadership et de servant leader, mais pas de la place du manager dans les événements ni les artefacts. La speakeuse, basque installée en Allemagne, ex-Ericsson, fait le talk en français, une première pour elle.
- Constat : dans une équipe Scrum, les autorités opérationnelle, technique et organisationnelle passent en grande partie à l'équipe. Le manager peut le vivre comme une perte de pouvoir et de statut. S'installe alors un cercle vicieux : plus l'équipe dépend de lui, plus il contrôle, et moins elle devient autonome.
- Argument central, l'effet Hawthorne : on change de comportement quand on se sait observé. Un manager présent transforme le daily en reporting ; des métriques comme la vélocité, utilisées pour évaluer, finissent manipulées ; l'amélioration due à l'observation disparaît au bout de quelques semaines. D'où son « non » à un manager qui serait aussi Scrum Master.
- Conseils aux managers : rester à « portée de voix » (un mot allemand qu'elle cite), assez loin pour la sécurité de l'équipe, assez près pour être appelé ; agir sur les obstacles hors de la sphère d'influence de l'équipe ; faire des one-to-one réguliers ; évaluer l'équipe, pas les individus.
- Conseils aux équipes : la confiance se mérite. Rendre le travail visible et faire de la sprint review, seul événement public, une vraie démonstration (« pas un PowerPoint »).
- Conclusion : la vraie question n'est pas de savoir si on a besoin de managers, mais comment ils aident sans bloquer l'autonomie ; ils deviennent des « architectes du système ».
- Questions de la salle : les frameworks formalisent-ils ce rôle ? (pas vraiment ; selon elle, SAFe comme Scrum peuvent coexister avec un management traditionnel) ; que faire d'un problème disciplinaire que l'équipe ne sait pas gérer (escalader au manager une fois que l'équipe et le Scrum Master ont tout essayé) ; comment aider une équipe nouvelle à demander de l'aide (poser la question de l'escalade à chaque daily).
Conférence▶ vidéo + transcript
Découvrez Org Topologies, le « Google Maps » de votre transfo !
Thomas Moreau
- Thèse : « une mauvaise organisation conduira à de mauvais produits ». Les coachs travaillent les process et les personnes, mais évitent la structure, jugée politique et chasse gardée des RH et des directions, faute d'outil pour la penser. Le speaker est delivery manager, passé par Décathlon et la Société Générale.
- Cadre : le Star Model de Jay Galbraith (stratégie, structure, process, récompenses, personnes). La culture en est une résultante : elle ne se change pas directement.
- Org Topologies (Roland Flemm et Alexey Krivitsky) : une carte à deux axes, le mode de collaboration (expert solo, groupe fonctionnel, équipe multicompétente) et le périmètre de travail (tâche, feature, partie du produit, produit entier). Utilisable sur un périmètre d'environ 30 à 150 personnes.
- Exercice avec la salle pour placer des cas types (feature factory, groupe d'architectes, centre d'appel, start-up), puis un exemple filé avec un Change Advisory Board obligatoire avant mise en production. Sur l'IA : donner Copilot ou Claude à tous, c'est offrir une « Ferrari » à chacun sans accélérer la livraison globale, car le goulot est organisationnel.
- Conseils : partir d'un backlog des problèmes de l'organisation plutôt que d'un framework ; avancer par petits changements (« l'organisation bonne du premier coup n'existe pas ») ; rester discret, car ces sujets touchent aux carrières et aux instances représentatives du personnel.
- Questions de la salle : passage à l'échelle (200 équipes : découper en sous-ensembles sous le nombre de Dunbar) ; pertinence pour la R&D exploratoire (modéliser des équipes de prototypage dont la valeur est d'écarter des hypothèses) ; passer de la vue équipe à la vue département en s'appuyant sur l'analyse des backlogs.
Conférence▶ vidéo + transcript
Créer un espace de liberté sous contrainte
Julien Fallet — coach agile, formateur
- Point de départ : l'agilité de 2026, « elle me fait pas rêver », dit le speaker, coach agile qui constate que son métier est moins valorisé. Il la compare à celle qu'il pratiquait vers 2015 en forfait agile, où la contrainte (délai, budget, périmètre) ouvrait au contraire un espace de liberté et d'initiative.
- Trois histoires vécues : une migration vendue mais jugée infaisable sur le terrain, où l'équipe et la direction acceptent de renoncer pour répondre au vrai besoin du client (sortir d'une relation dégradée avec son ancien prestataire) ; puis deux projets chez un même client, l'un réussi grâce à la confiance (une démo ratée pardonnée), l'autre échoué par excès de confiance, avec 150 points de non-conformité en fin de parcours faute de recettes intermédiaires.
- Grilles proposées : faire coexister trois histoires (celle de l'équipe, de l'organisation, de l'utilisateur) ; trois paliers d'agilité (opérationnelle, mission, stratégique), la dernière étant la plus exigeante en énergie et pas adaptée à toutes les entreprises.
- Emprunts à la biologie : la stigmergie (coordination par les traces laissées dans l'environnement, comme chez les fourmis) et l'habitabilité. D'où la formule « La performance elle doit être régénérative » : une organisation est robuste si elle génère plus de capacité collective qu'elle n'en consomme.
- Il conclut sur l'adaptation du Toyota Production System en France (usine de Valenciennes, nom du dirigeant cité incertain dans les sous-titres) et le poka-yoke. Pas de question de la salle.
Keynote▶ vidéo + transcript
La science des foules et l'intelligence collective
Mehdi Moussaïd — chercheur en sciences cognitives (Fouloscopie)
- Keynote entièrement interactive : la salle vote en direct sur téléphone. Premier jeu : se coordonner sans communiquer pour classer quatre animaux par taille. Il réussit, ce qui illustre la loi des grands nombres : on ne prédit pas un individu, on prédit un collectif.
- Expériences de coordination à 100 personnes : des leaders émergents apparaissent spontanément, et les participants détestent qu'on les leur retire. Coupez la parole, et le groupe devient « stigmergique », comme les fourmis ou Wikipédia, avec une performance comparable.
- Pas de méthode magique : la bonne fonction d'agrégation dépend du groupe et du problème. Il dit disposer d'un répertoire de 40 à 50 méthodes.
- Cas des matrices de Raven :
- la discussion libre échoue, car 90 personnes sur 100 se taisent et prendre la parole reflète la confiance en soi plus que la compétence ;
- choisir « l'expert » bute sur l'effet Dunning-Kruger ;
- le vote l'emporte : score individuel moyen de 61 %, meilleur individu à 87 %, vote collectif à 100 %. « Le collectif va plus haut que le meilleur. »
- Contre-exemple : 40 dermatologues, tous formés de la même manière, ne gagnent presque rien à voter. Ajouter des IA améliore le résultat, parce qu'elles « ne font pas les mêmes erreurs ».
- Trois biais de discussion et leurs remèdes :
- l'inégalité du temps de parole ;
- l'ancrage sur la première personne qui parle (faire un sondage indépendant préalable) ;
- l'autorité (dans son laboratoire, le chef parle en dernier).
- Questions de la salle : vote secret et autocensure (les brainstormings où le manager participe sont les moins efficaces) ; taille de groupe (au-delà d'environ 15 personnes, la discussion devient ingérable).
Date non précisée
Session▶ vidéo + transcript
Retour d'expérience sur le Post Agile Forum (PAF)
Gwendoline Cartier, Alain Delachaux
- Interview filmée sur le plateau Agile Rennes TV, animée par Clément Soulier (Liventure) ; le programme annonçait aussi J. Dufour, président de l'association Keiken Chiba, absent à l'enregistrement.
- Genèse : une question posée au forum ouvert d'Agile Grenoble 2021 face à l'« agile bashing ». Un premier « Post Agile Festival » sans programme est annulé faute d'inscrits ; l'idée est relancée en 2023 par Nicolas Tondeur, Alain Delachaux et Alexis Monville, rejoints par Gwendoline Cartier et d'autres.
- Format : une « non-organisation », un financement participatif avec un quorum d'une dizaine de personnes, puis deux jours et demi en janvier 2026 au centre géographique de la France avec une quinzaine de participants venus de toute la France. Fishbowl, puis ateliers auto-organisés (charte de l'accompagnement, proposition de valeur aux clients, sémantique du mot « agile »), discussions enregistrées et synthétisées par une IA sous licence garantissant la confidentialité.
- Constat lucide sur l'entre-soi : « on est principalement des coachs agiles », en majorité des hommes blancs d'une cinquantaine d'années ayant les moyens de financer leur venue ; « des coachs, ça produit pas forcément beaucoup, mais ça a beaucoup d'intention » (Delachaux).
- Suite : le PAF devient FOHP (« futur des organisations humaines et performantes »), pour prendre un pas de côté vis-à-vis du mot agile. Chantiers ouverts et sans échéance, portés par l'association Keiken Chiba (réflexion sur le futur du management, non centrée sur l'agilité), rapprochement avec les Agile Tours et Agile France. Rien n'est encore publié ; l'entrée se fait par la discussion.
- Présentiel difficile : les deux invités souhaitent une nouvelle rencontre, plus diverse (pas seulement des agilistes) et toujours sans sponsor, alors que les événements communautaires peinent à se tenir.
Conférence▶ vidéo + transcript
Planification et prévisions : les métriques Kanban à la rescousse
Sébastien Goodwin — Kudja
Le talk lui-même n'a pas de captation rennaise publiée : la vidéo est une interview de 10 minutes sur le plateau Agile Rennes TV, enregistrée le jour du talk et animée par Clément Soulier (Liventure). Le speaker renvoie à la vidéo du même talk à Agile Lyon 2025.
- Rappel du talk (par le speaker) : des dates de fin fixées par le management ou un program manager, du wishful thinking, et des équipes qui peinent à dire « ce n'est pas possible ». Le diagramme de flux cumulé (CFD) sert à objectiver où en est vraiment le projet et à détecter l'écart le plus tôt possible, « avant la veille de la mise en production », pour nourrir la discussion avec les parties prenantes. La description de la vidéo cite la « malédiction des 10 % restants » et le syndrome HiPPO.
- Question reçue après le talk : comment introduire Kanban dans une équipe ? Sa réponse : ne pas commencer par Kanban ni par ses métriques, mais par verbaliser les sources d'insatisfaction (management, clients, équipe), qui donnent la direction et la raison du changement. Exemple : un concurrent qui livre en 9 mois quand on livre en 18.
- Chaque pratique, même un tableau, doit répondre à la question « à quoi ça va servir dans cet objectif ? » (par exemple rendre visibles les blocages). Une visualisation imposée sans explication « ne marche pas » : les gens peuvent même avoir intérêt à ce qu'elle échoue.
- Il cite le talk de Thomas Chopin, entendu juste avant, sur la « résistance au changement » vue comme un changement sans sens ou mal expliqué. Une personne réfractaire peut faire échouer une démarche si elle est en position d'autorité ou d'influence.
- Slides publiées sur son site (Kudja).
Sessions sans retour trouvé (37)
- L'impact psychosocial de l'IA sur nos métiers (R. Yharrassarry — salle comble selon Néosoft)
- REX Agilité & Infra (F. Degrigny)
- Face à l'inconnu : les biais qui flinguent l'innovation (T. Buvignier)
- Équipe multiproduit : hérésie ou nécessité ? (M. Morin)
- Ce qui freine vraiment nos équipes (H. El Maizi)
- Cauchemar en agile : c'est quoi ton (bon) problème ? (C. Swierkowski)
- Ma traversée du désert (P. Baumont-Gutierrez)
- Le Transition Canvas (S. Jaillais)
- Communautés de pratique chez Ericsson (A. Rodriguez Pardo)
- Transformez vos mises en production difficiles (E. Julia)
- Misez sur vos talents (B. Couet)
- Mission impossible pour agilistes (D. Roquel)
- Le manager, catalyseur d'agilité (S. Jaillais)
- Pourquoi parler de développement personnel aux Agile Tours ? (P. Ogil)
- Devenez le manager toxique de l'année (F. Bloch)
- Les avis des utilisateurs sans les subir (B. Pilorget)
- Cartographier pour mieux naviguer (W. Bartlett, G. Garreau)
- L'atelier des briques magiques (A. Delachaux, J.-B. Le Goff)
- La Roadmap Narrative (C. Addinquy)
- Burn-out.exe (P. Fervel)
- Neuro-Crash : simuler la neurodivergence (L. E. Delgado)
- Faire la place à la place (L. Thernier, R. Schneider)
- Savoir dire NON (G. Cartier)
- Quand mesurer rend plus agile : Lean chez BPCE SI (L. Loizeau)
- À quand remonte votre dernier daily efficace ? (K. Kueny — seulement mentionnée par Néosoft)
- Quand la cybersécurité vient troubler un long fleuve agile (S. Zuk, F. Toulemont)
- Triangle cherche carré : biais inconscients et inclusion (A.-L. Gros)
- Théâtre forum pour débloquer les tensions (D. Daviet, A. Dacié)
- Concevoir des moments collectifs de qualité (S. Vandenbussche)
- Performance durable et qualité du lien (M.-L. Hisette)
- Battle Royale Agile — Humain vs IA : la meilleure user story (C.-O. Maud, A. Anoh — seulement mentionnée par Néosoft)
- Agents IA de codage : repenser nos cadres de travail (S. Evers)
- Désacraliser la facilitation graphique (S. Zuk)
- Radical Candor à la française (I. Talbot)
- Agilité en 2026 : problèmes persistants, pratiques indispensables (Sopra Steria)
- Transformer la CNAF en mode mycélien (V. Viou, I. Catherine-Oger)
- Sessions d'approfondissement Agile Rennes TV (IA et agilité, sécurité psychologique, feedback, implication du management)
Sources
- Programme officiel (Sessionize) (nouvel onglet) ↗
- Site Agile Tour Rennes (nouvel onglet) ↗
- Playlist YouTube « Agile Tour Rennes 2026 » (15 vidéos au 28/09/2026) (nouvel onglet) ↗
- Vidéo micro-trottoir « On a posé les questions ultimes aux agilistes… PARTIE 2 » (chaîne Agile Tour Rennes, 27/09/2026) (nouvel onglet) ↗
- Vidéo micro-trottoir « On a posé les questions ultimes aux agilistes… PARTIE 3 » (chaîne Agile Tour Rennes, 30/09/2026, transcript très court) (nouvel onglet) ↗
- Vidéo « Dans les coulisses de l'Agile Tour Rennes : comment organise-t-on un tel événement ? » (plateau Agile Rennes TV, chaîne Agile Tour Rennes, 07/10/2026, transcript gm1JLfuuRP0) (nouvel onglet) ↗
- Kim Dang (Néosoft) — « Agile Tour Rennes 2026 : comment transformer son CFP en expérience collaborative ? » (27/07/2026) (nouvel onglet) ↗
- Page LinkedIn Agile Rennes (annonces de replays, tribune de 60+ associations tech sur le sponsoring) (nouvel onglet) ↗
- Transcripts auto YouTube (13 vidéos : 1JBs-mAXekI, YgO5YIFpY3w, 3QNRxfu6Qmw, 4xqpneu8e84, BL5QLYEFyXU, mMxI3ZH9ECc, 6vZ3NdGmwe4, 0zfBvLBJrwQ, xaRc9evVQ3Q, tS8P8PiK-HU, 5srPyGOOS9A, EFLIpkh1cw8, qxEnBXGzeH4) dans transcripts/