Agile Tour Rennes 2024

Agile & Lean13–14 novembre 2024Rennes, Couvent des Jacobins

Thème : Embarquez dans un monde extraordinaire !

2 jours au Couvent des Jacobins, 4 keynotes (Charline Rageade, Nathan Castelein, Aurélien Morvant Le Roc'h, la troupe Les Discoachs) et une soixantaine de conférences, retours d'expérience et ateliers répartis sur 6 salles. 14 sessions filmées, publiées sur YouTube en janvier et février 2025.

Une édition très humaine et politique, où les keynotes parlent de mots qui braquent, de masculinités dans la tech et de 4 300 km de marche, et où les talks plaident pour ralentir, adapter son vocabulaire et cultiver la sécurité psychologique plutôt que d'appliquer des frameworks.

18 sessions résumées · 14 vidéos · mise à jour le mercredi 7 octobre 2026 · synthèse à compléter

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : Les 14 vidéos de la playlist officielle 2024 (4 keynotes et 10 talks, publiées du 22/01 au 11/02/2025), dont 13 lues via les sous-titres automatiques YouTube (la clôture musicale des Discoachs n'en a pas) ; les descriptifs Sessionize de l'édition ; la page programme officielle (horaires, salles, présentation des keynoters).

Limites : Aucun retour de participant trouvé (6 recherches web LinkedIn, blogs et sketchnotes le 07/10/2026) : les résumés décrivent ce qui a été dit sur scène, pas la manière dont le public l'a reçu. Seules 14 sessions sur une soixantaine ont été filmées (aucun atelier) ; 4 autres ne sont connues que par leur descriptif Sessionize. Les sous-titres automatiques déforment certains noms propres, vérifiés quand c'était possible contre le programme.

Synthèse globale

1. Des keynotes qui parlent d'abord de l'humain

Aucune des trois keynotes transcrites ne porte sur une méthode. Charline Rageade ouvre sur les mots qui braquent les équipes et sur le désamour pour l'agilité ; Nathan Castelein consacre l'après-midi aux masculinités et aux comportements qui excluent les femmes de la tech, en assumant un talk « politique » ; Aurélien Morvant Le Roc'h ouvre le jeudi avec le récit de ses 4 300 km sur le Pacific Crest Trail. La clôture en comédie musicale des Discoachs prolonge ce choix. Les speakers se répondent d'une scène à l'autre : Nathan Castelein remercie pour les « chaudoudous » distribués le matin, Aurélien Morvant Le Roc'h reprend son message sur le droit de pleurer au travail et sa roue des privilèges, Simon Jaillais renvoie aux keynotes du jour.

2. Les mots comme levier ou comme obstacle

Le langage revient comme un fil rouge. Charline Rageade défend l'idée de renommer le « sprint » quand le mot effraie une équipe, contre l'orthodoxie des certifications. Magali Milbergue montre comment le masculin générique et le jargon compétitif entretiennent la toxicité de l'industrie. Marie-Andrée Jolibois a banni le mot « fonctionnalité » pour faire changer de paradigme un éditeur piloté par les appels d'offres. Sylvie Le Bail propose de cesser de parler de « ressources humaines ». Simon Jaillais conclut que des équipes hardware et software ne se parlaient pas faute de vocabulaire commun. Joanne Gouaillier, à l'inverse, applique personas, backlog et MoSCoW à un festival bénévole sans jamais prononcer ces mots.

3. Ralentir, tenir la distance

Plusieurs talks contestent la course à la vitesse. David Laizé rappelle le principe du rythme soutenable du Manifeste et soutient qu'exiger d'aller plus vite autorise à mal faire ; Sylvie Le Bail plaide pour des agendas fluides plutôt que surbookés ; Aurélien Morvant Le Roc'h raconte sa chute après avoir voulu accélérer sous le coup d'une mauvaise nouvelle. Même Spotify, présenté par Rachel Dubois comme obsédé par la vitesse (« speed is everything »), assume des hack weeks et une semaine de repos offerte à tous. La discipline remplace la motivation chez Aurélien Morvant Le Roc'h et chez Amina Bourguiba (répétition, régularité, discipline pour ancrer un nouveau cadre).

4. Incertitude, complexité et sécurité psychologique

Le modèle Cynefin est mobilisé par Antonin Gaunand pour choisir une réponse adaptée à chaque situation, et par Simon Jaillais pour situer le hardware dans le complexe. La sécurité psychologique apparaît chez Charline Rageade (condition d'une rétrospective utile), Antonin Gaunand (projet Aristote de Google, hôpitaux d'Amy Edmondson) et Simon Jaillais (rétrospectives et managers). Antonin Gaunand y ajoute une nuance : l'excès de bienveillance est le signe d'un manque de sécurité psychologique, pas l'inverse.

5. L'agilité hors des frameworks et hors du logiciel

Les retours d'expérience filmés décrivent une agilité sans rituels imposés : chez Spotify, ni PO ni Scrum Master dans les équipes et des chapters abandonnés (Rachel Dubois) ; dans un festival médiéval, un Trello abandonné au profit d'Excel (Joanne Gouaillier) ; dans l'industrie, des démos et un management visuel dont le logiciel devrait s'inspirer (Simon Jaillais). Amina Bourguiba propose de « s'échapper du cadre » tout en reconnaissant qu'on en reconstruit toujours un. Deux sessions non filmées allaient dans le même sens d'après leurs descriptifs : « Pourquoi on aime le cycle en V » (Laurent Laluque) et « Ça va marcher, je l'ai lu dans un livre » (Patrick Roux), sur l'intention perdue des pratiques.

6. Produit et créativité

La veine produit est portée par Marie-Andrée Jolibois (première PM : définir l'impact, parler risque et ROI, de 0 à 5 pilotes en production) et par le duo Céline Merand et Nicolas Giraud, pour qui la créativité est mal placée des deux côtés : trop attendue des designers, refusée aux développeurs. Ils rappellent qu'un peu de contraintes la stimule et que trop la tue, et racontent l'usage de Midjourney pour produire des affiches que personne dans l'équipe ne savait réaliser.

7. Tensions et points de débat

Rachel Dubois ne présente pas Spotify comme un modèle : quatre vagues de licenciements en 2023, une confiance abîmée et un retour à plus de contrôle, qu'elle lit comme un mouvement de balancier. Nathan Castelein et Magali Milbergue assument une prise de position politique (droits des personnes trans, procès de Mazan, critique des usages de 1984) dans une conférence agile. Sylvie Le Bail se heurte aux objections de la salle sur le rôle des managers et le poids des réunions, et son propos reste plus philosophique qu'outillé. Charline Rageade, enfin, défend un vocabulaire adapté au contexte quand d'autres y verraient une dilution des pratiques.

8. Limites de cette synthèse

Elle repose sur 13 transcripts automatiques (la clôture des Discoachs n'est pas sous-titrée), les descriptifs Sessionize et le programme. Seules 14 sessions sur une soixantaine ont été filmées, sans aucun atelier, et aucun retour de participant n'a été trouvé : on sait ce qui a été dit sur scène, pas ce que le public en a retenu. L'absence d'ateliers filmés surreprésente les conférences par rapport aux formats pratiques, nombreux au programme.

Actions concrètes citées

  1. Adapter le vocabulaire agile au public plutôt que l'imposer : une équipe qui renomme le sprint « phase de développement » mais s'approprie le concept vaut mieux qu'une équipe qui subit (Charline Rageade).
  2. Garder une rétrospective régulière comme seul rituel non négociable, et requestionner les pratiques héritées avec les 5 pourquoi pour éviter le cargo cult (Charline Rageade).
  3. Traiter une deadline comme un désir : demander « que se passe-t-il si on livre la semaine d'après ? » et arbitrer entre date et périmètre (David Laizé).
  4. Viser la sécurité psychologique, distincte de la bienveillance, et séparer faits, opinions et sentiments pour communiquer (Antonin Gaunand).
  5. Pour un premier Product Manager, définir ce que « impact » veut dire avant de délivrer, et parler risque et retour sur investissement aux commerciaux (Marie-Andrée Jolibois).
  6. Copier squads, tribes et chapters est la seule partie obsolète du « modèle Spotify » : s'intéresser plutôt à l'alignement, au faible couplage et à la confiance (Rachel Dubois).
  7. Réagir aux propos sexistes, même seul, en testant le propos par inversion des rôles, et partager la charge d'éducation plutôt que la laisser aux femmes (Nathan Castelein).
  8. Préférer la discipline à la motivation et ne pas négocier avec soi-même face à la tentation d'abandonner (Aurélien Morvant Le Roc'h).
  9. En hardware, modulariser le produit et embarquer fournisseurs et contrats dans la démarche agile ; en software, s'inspirer des démos et du management visuel industriels (Simon Jaillais).

Session par session

Mercredi 13 novembre

Keynote▶ vidéo + transcript

Keynote d'ouverture : les mots et les maux de l'agilité

Charline Rageade

  • Point de départ : une perte d'engouement pour l'agilité et des détracteurs de plus en plus nombreux, que la speakeuse situe dans la « redescente » de la courbe de diffusion de l'innovation de Rogers.
  • Elle liste les préjugés hérités de trente ans d'accompagnements ratés (« aucune documentation », « s'adapter aux changements d'avis du patron », « agile égale Scrum ou SAFe ») et des témoignages : un développeur qui voit le coach comme son « ennemi juré », des BA renommés PO sans accompagnement, des équipes « traumatisées des post-it ». Le cargo cult est illustré par la fable des singes et de l'échelle.
  • Thèse centrale : les mots peuvent braquer. Le mot « sprint » évoque l'épuisement ; une équipe l'a rebaptisé « phase de développement », choix qu'elle assume contre l'orthodoxie des certifications Scrum.
  • Sa boîte à outils : l'Agile Benefit Explorer (cartes inspirées des Moving Motivators pour savoir ce que les équipes attendent d'une transformation), une rétrospective régulière non négociable, et les 5 pourquoi appliqués à un sprint non terminé jusqu'à revoir la Definition of Done.
  • Conseils de clôture : ne pas être dogmatique sur le vocabulaire, installer la sécurité psychologique, être patient, multiplier les canaux de communication, laisser les équipes s'approprier le changement à leur rythme.
  • La keynote se termine par la distribution de « chaudoudous » à échanger contre un mot gentil, un objet repris ensuite par d'autres speakers.

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Keynote : masculinités, inclusion et tech

Nathan Castelein — Shodo Lille

  • Un talk ouvertement politique : le speaker pose comme cadre qu'une femme sur deux quitte la tech avant 35 ans et que 46 % déclarent y avoir subi du sexisme (chiffres qu'il cite), et appelle à soutenir les personnes trans après l'élection américaine.
  • Fil rouge : le collectif lillois de pom-pom boys qu'il a cofondé en 2016 pour supporter le roller derby, devenu une vingtaine d'hommes qui questionnent les injonctions masculines.
  • Il s'appuie sur la hiérarchie de Raewyn Connell (masculinités hégémonique, marginalisée, subordonnée) et insiste sur la masculinité complice, la plus répandue : on n'incarne pas le modèle dominant mais on en tire des privilèges.
  • Dans la tech : la figure du « brogrammeur » (héros de la prod à 3 h, excusé pour son comportement) et la code review comme terrain de compétition ; il cite une étude de 2014 sur GitHub où les pull requests de femmes sont mieux acceptées tant que leur genre n'est pas visible.
  • Pistes proposées : la roue des privilèges, s'éduquer sans faire porter la charge aux femmes (podcasts, Brotopia, L'informatique a-t-elle un sexe ? d'Isabelle Collet), réagir aux propos sexistes en inversant les rôles, surveiller sa prise de parole, sortir de la « précarité émotionnelle » en s'autorisant la vulnérabilité.
  • Il conclut par une règle du boy-scout appliquée à l'inclusion et une mention du procès des viols de Mazan.

Conférence▶ vidéo + transcript

Spotify, de l'intérieur

Rachel Dubois

  • Retour d'expérience de trois ans comme coach agile puis product manager dans la R&D de Spotify (plateformes mobiles, release, design system), raconté à travers « Anna », une ingénieure fictive inspirée d'une collègue réelle.
  • Une culture d'onboarding très investie : recrutement de 5 à 7 semaines, programme Work From Anywhere, intro days à Stockholm, buddy, objectif de deux ou trois « fikas » par jour, bootcamp technique et golden paths recommandés mais non imposés.
  • Les équipes n'ont ni PO ni Scrum Master formels ; les chapters ont été abandonnés au profit d'un management vertical jugé moins coûteux cognitivement, et les tribes rebaptisées « studios ».
  • Mécanismes décrits : priorités P0/P1/P2 où la plateforme passe avant tout, bets transverses, RFC ouvertes à tous (« darwinisme des idées »), release train hebdomadaire du jeudi au lundi avec feature flags, hack days et hack week (937 projets l'an dernier selon elle).
  • Sa thèse : sur les deux posters de 2012, seul le schéma squads/tribes est obsolète, et c'est souvent la seule chose que les entreprises ont copiée.
  • Lecture critique assumée : quatre vagues de licenciements en 2023 (environ 27 à 30 % des effectifs), érosion de la confiance, recentralisation (un seul outil, Jira) ; elle y voit un mouvement de balancier prévu par la culture maison.

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Comment j'ai transformé une organisation de festival en agilité

Joanne Gouaillier

  • Retour d'expérience bénévole : la speakeuse, coach agile, rejoint en septembre 2023 l'organisation de Fenrir, festival médiéval fantastique gratuit à Liffré, comme responsable communication, trésorière et sponsoring.
  • Son diagnostic : une vision et des valeurs partagées, une équipe pluridisciplinaire passionnée, mais un backlog dans la tête du président, pas de roadmap, des dépendances non gérées et aucune donnée de satisfaction.
  • Elle applique l'agilité sans en prononcer les mots : personas, parties prenantes, backlog, grille de décision (échéances, valeurs, budget, sécurité Vigipirate, disponibilité des bénévoles), MoSCoW pour la communication. Le Trello est abandonné au profit d'Excel, « valeur commune » de l'équipe.
  • La grille sert à accepter un invité vedette à dix jours du festival, malgré le budget, parce qu'il sert les valeurs et la fréquentation.
  • Résultats collectés par QR codes à la buvette et aux toilettes : 7 500 visiteurs, 83 % des exposants et 73 % des bénévoles prêts à revenir, mais des bénévoles en sous-effectif qui « ont pris cher ».
  • Pour la 4e édition : un Scrum Master, des binômes de backup, un pôle bénévoles, un point toutes les deux semaines et des démos aux institutions ; et une leçon personnelle, demander à l'équipe de la stopper quand elle tire trop sur la corde.

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Quels défis et enjeux pour un·e premier·ère Product Manager ?

Marie-Andrée Jolibois

  • Retour sur onze mois comme première PM d'un éditeur de logiciel issu de rachats successifs, où les décisions produit se prenaient au fil des appels d'offres, avec un produit lancé depuis quatre ans sans market fit.
  • Elle refuse la logique des « 90 jours pour avoir de l'impact » : d'abord définir ce que « impact » veut dire et vérifier que c'est le même pour tous, en soignant l'entretien d'embauche et l'onboarding.
  • Face à l'injonction de délivrer vite, elle parle risques aux commerciaux (faisabilité, usage réel, retour sur investissement) et pratique les « choix en conscience » avec le CODIR ; elle a banni le mot « fonctionnalité » de son discours.
  • Autres leviers d'impact que la livraison : discovery continue en emmenant des commerciaux, documentation produit, newsletter produit, mentoring des chefs de projet, expérimentation et prototypage.
  • Pour la vision, elle bute sur l'écart entre temporalité produit (3 à 5 ans) et temporalité business (le trimestre), et défend une posture de leader : lancer elle-même l'analyse de marché faute de réponse du marketing.
  • Résultat montré : un club utilisateurs et de 0 à 5 clients pilotes en production. À refaire, elle demanderait un coach produit, miserait plus tôt sur la data et ferait plus vite un feedback sur le cadre de sa mission.

Conférence▶ vidéo + transcript

Des leçons mutuelles : enrichir le monde du Software et du Hardware

Simon Jaillais

  • Le speaker part de son parcours : ingénieur de production (industrialisation de scanners 3D), passage au logiciel en 2009, puis coach agile pour des équipes hardware de Schneider à Shanghai.
  • Les contraintes propres au hardware : cycles longs, prototypes coûteux (« mon moule ne passe pas dans un sprint »), normes, logistique, qualité rattachée à une direction séparée, culture waterfall et équipes rarement dédiées.
  • Ce que le software devrait emprunter au hardware : des démos sur du tangible, une rétrospective héritée du kaizen, un vrai management visuel (aller voir une ligne de production ou un hôpital), une qualité non négociable.
  • Ce que le hardware devrait emprunter au software : modulariser le produit (Joe Justice et WIKISPEED), l'intégration continue (exemple de Tesla), des équipes dédiées, et embarquer fournisseurs et contrats dans la démarche.
  • Il rappelle aussi la proposition d'Alistair Cockburn et Jim Highsmith de remplacer « software » par « value » dans le Manifeste, qui ouvre l'agilité hors du logiciel.
  • Conclusion : un vocabulaire commun, humilité et pragmatisme, investir dans les humains ; et une pique sur l'arrivée annoncée d'un SAFe for hardware.

Conférenced'après le programme

De la dette technique à la dette émotionnelle, portrait d'un frein trop souvent négligé

Emmanuel Paul, Maryline Estival

  • Retour d'expérience non filmé, connu par son seul descriptif Sessionize.
  • Annoncé comme élargissant la dette technique au-delà du code : un fardeau financier sur les budgets et un poids émotionnel qui érode la motivation des équipes.
  • Promet des exemples concrets et des stratégies pour équilibrer rapidité et qualité, puis un temps d'échange sur la valorisation de la résorption de la dette.

Lightning talkd'après le programme

Le coût du Mob Programming

Hadrien Mens-Pellen

  • Format court non filmé, connu par son seul descriptif Sessionize.
  • L'équipe du speaker a travaillé exclusivement en mob programming pendant deux ans, sur un seul ordinateur relié à un grand écran, avec une rotation au clavier toutes les 4 minutes.
  • Promesse : des mesures comparatives de l'intérêt financier du mob face au binômage et au développement en solo, pour répondre à la question « ça vaut le coût ? ». Les résultats ne sont pas connus ici.

Jeudi 14 novembre

Keynote▶ vidéo + transcript

Keynote d'ouverture du jeudi : 4 300 km sur le Pacific Crest Trail

Aurélien Morvant Le Roc'h — KōKan

  • Récit de sa traversée du Pacific Crest Trail en 2023, du Mexique au Canada (environ 4 300 km), une année d'enneigement exceptionnel où il ne restait selon lui que 600 randonneurs sur le sentier.
  • Avant le départ, le plus dur est de convaincre (associé, clients, famille) ; à un message lui disant que « le chemin compte plus que la destination », il répond qu'en agiliste il veut voir le poteau d'arrivée.
  • La solitude lui apprend le droit d'être soi : rire ou pleurer seul, et refuser l'idée que pleurer au travail ne serait « pas professionnel », en écho à la keynote de Nathan Castelein la veille.
  • La discipline plutôt que la motivation : le même repas lyophilisé pendant 90 jours, la même routine de campement, et la règle de Kobe Bryant « je ne négocie pas avec moi-même ».
  • Les tentations d'abandon : un trail angel qui l'invite à arrêter, des commentaires alarmistes dans l'application qui l'empêchent de dormir trois nuits (leçon : valider ses hypothèses plutôt qu'écouter trop d'avis), puis une chute après avoir voulu accélérer à l'annonce de la rechute de sa mère, avec une omoplate cassée à 1 150 miles de l'arrivée.
  • Parallèle professionnel : un design sprint prévu chez un client n'avait pas été lancé à son retour ; « ne pas choisir, c'est aussi choisir ». Il termine en demandant au public quelle est sa montagne.

Keynote▶ vidéod'après le programme

Keynote de clôture (Les Discoachs)

Les Discoachs

  • Clôture en spectacle (16h50-17h50) : une troupe amateur d'une dizaine d'« artistes agiles passionnés » qui veut « marier la comédie musicale à la vie d'une équipe agile » (programme officiel).
  • La captation (près d'une heure) est en ligne mais sans sous-titres : son contenu n'a pas pu être lu.
  • Charline Rageade remercie la troupe à la fin de sa keynote d'ouverture et annonce qu'on la retrouvera en clôture.
  • Un format rare dans les conférences agiles, cohérent avec le thème « Embarquez dans un monde extraordinaire ! ».

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Mots à maux : comment le langage reflète et entretient la toxicité dans notre industrie

Magali Milbergue

  • La speakeuse part de Roland Barthes (la langue comme pouvoir) et se présente en assumant des identités marginalisées, dont le fait d'être grosse : elle explique pourquoi elle préfère ce mot à « obèse » ou « en surpoids », pour montrer que les mots comptent.
  • Elle démonte les usages abusifs de 1984 : créer un pronom neutre n'est pas de la novlangue, qualifier une grève de « prise d'otage » s'en rapproche.
  • Le langage inclusif ne se réduit pas au point médian ; elle rappelle la masculinisation du français au XVIIe siècle et montre, par l'exercice des « acteurs préférés », que le masculin générique fait penser à des hommes.
  • Ses stratégies : doublets avec le féminin en premier, termes neutres en complément, mots-valises, point médian avec parcimonie, sans rendre le discours incompréhensible (et pas de « speakerine »).
  • Dans la tech, elle critique le jargon utilisé pour écraser, le langage guerrier et compétitif, le « métier passion » et les posts « un bon dev… » qui entretiennent le gatekeeping.
  • Sa conclusion : une industrie progressiste sur la technique mais conservatrice sur le social, alors que les LLM rendent la question du langage encore plus centrale.

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S'échapper du cadre pour en apprécier un autre ?

Amina Bourguiba

  • Ouverture par un exercice : « dessinez un cadre » donne surtout des rectangles, « dessinez le cadre de votre vie » des formes très variées.
  • Le cadre est comparé à un jean préféré devenu trop serré ; elle propose de passer du think out of the box à l'act out of the box, entre Nemo, « aventurier occasionnel », et James Bond, « warrior de l'adaptabilité ».
  • Constat de terrain dans les transformations : des équipes qui répondent « c'est le cadre » ou renvoient au Target Operating Model de 200 pages.
  • Elle propose un circuit d'autorébellion en 5 étapes : ressentir la prison du cadre, s'exercer à l'évasion (intelligence collective, mini-expérimentations), explorer de nouveaux cadres, trouver l'équilibre (répétition, régularité, discipline), puis vérifier si l'on « kiffe ».
  • Sa conviction : s'échapper d'un cadre revient à en construire un autre, et un minimum de cadre reste rassurant.

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De l'égo à l'éco : le jeu des 7 différences pour apprendre à surfer

Sylvie Le Bail

  • Point de départ : un schéma attribué au MIT décrivant un changement de paradigme, de l'ego-système à l'éco-système, face à trois crises (écologique, sociale, de sens).
  • La complexité n'est pas « manageable » par le contrôle ; sa formule : « il n'y a rien à faire, il y a à défaire » nos schémas de pensée.
  • Les différences passées en revue : contribuer plutôt que marchander, résonance plutôt que seul raisonnement (Hartmut Rosa), agendas fluides plutôt que surbookés, synchroniser plutôt que planifier, unicité plutôt que différence, action plutôt que réaction, collectif plutôt que séparation (triangle dramatique), joie plutôt que plaisir.
  • Proposition concrète : cesser de parler de « ressources humaines », car « l'humain n'est pas une ressource », et faire des DRH les garants de l'intelligence collective.
  • Le talk est très dialogué : la salle objecte sur le rôle des managers et sur le temps de réunion, et la speakeuse précise qu'il faudra toujours organiser, mais en partant du « pourquoi ».

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Soyez créatifs ! Ou pas...

Céline Merand, Nicolas Giraud

  • Un duo designer UX/UI et tech lead part de deux phrases vécues : « on n'est pas des pisseurs de code » et « les designers, c'est là pour nous faire rêver ». Dans les deux cas, la créativité est mal placée.
  • Ils s'appuient sur les cinq types de créativité de Jeff DeGraff (mimétique, analogique, bisociative, narrative, intuitive) : on attend des designers de l'intuitive, alors que les devs pratiquent surtout la mimétique et l'analogique.
  • Sur les contraintes, ils citent Samah Karaki : un peu de contraintes stimule, trop tue la créativité, et le pire est la contrainte qui arrive au dernier moment.
  • Évaluer la créativité est un piège : le test de Torrance leur donne des profils proches, et juger un résultat sur le « beau » reste superficiel (exemple du rebranding de Deezer).
  • Pour la cultiver, ils racontent leurs jeux mobiles conçus pour un stand au DevFest Nantes : design thinking, event storming, user stories et story mapping, MVP ajusté (de 4 à 2 joueurs), et 6 affiches générées avec Midjourney en 3 semaines.
  • Leur conclusion : l'ouverture, valeur de Scrum, comme posture entre designers, développeurs et métier.

Conférence▶ vidéo + transcript

Ralentir pour aller plus loin. (Plus vite ?)

David Laizé

  • Le speaker part du 8e principe du Manifeste (rythme soutenable), qu'il juge systématiquement ignoré, et oppose approches fast et slow.
  • Demander d'aller plus vite, c'est autoriser à mal faire ; le multitasking nuit à l'apprentissage et à la capacité de finir. Il propose un modèle de mail pour décliner une réunion en expliquant pourquoi.
  • Une vélocité fixée par contrat pousse à tout surestimer ; le rôle du manager est de poser un cadre clair puis de laisser l'équipe se tromper à l'intérieur.
  • Plus d'outils de productivité peut créer plus de pression (notifications Jira dans Slack) ; il emprunte à la course à pied l'idée de s'entraîner sous le seuil, pour une performance durable.
  • En équipe : « une deadline, c'est un désir », à challenger en arbitrant date et périmètre (son conseil n°1), et le mob programming pour réduire le travail en cours.
  • À titre individuel : s'autoriser l'ennui, téléphone en silencieux, traiter les outils de messagerie comme asynchrones, signaler son besoin de focus, mieux écouter, et dire « je n'ai pas pris le temps » plutôt que « je n'ai pas eu le temps ».

Conférenced'après le programme

Pourquoi on aime le cycle en V

Laurent Laluque

  • Retour d'expérience non filmé, connu par son seul descriptif Sessionize.
  • Après sept ans comme Scrum Master et coach, le speaker a participé à un projet en cycle en V et en tire ce qui rassure clients et parties prenantes dans ce cadre.
  • Annoncé comme une discussion sur la manière de collaborer avec des partenaires « qui ne jurent que par des diagrammes de Gantt ».

Conférenced'après le programme

Ça va marcher, je l'ai lu dans un livre

Patrick Roux

  • Conférence non filmée, connue par son seul descriptif Sessionize.
  • Sujet annoncé : comment les cadres agiles se transforment en processus rigides éloignés de leur intention initiale, à travers le « Dark Scrum » de Ron Jeffries, les rétrospectives d'Esther Derby, les story points.
  • Promet un canevas pour adapter ses pratiques en respectant leur esprit, entre agilité dogmatique et « modèle maison » trop beau pour être vrai.

Sessions sans retour trouvé (46)

  • De l'oubli à la maîtrise, comment gérer ses connaissances ? (M. Sciare)
  • Résolutions de Product owner (J. Fallet)
  • Rinse-less brushing : une histoire de pratiques (R. Moura)
  • Devenir un·e meilleur·e allié·e, trouver la bonne posture (M. Milbergue, atelier)
  • Fearless Journey, un jeu pour sortir de l'impasse lors d'un changement (S. Lammert, atelier)
  • Dynamiques de pouvoir : comment vos biais sabotent l'intelligence collective (S. Dufour)
  • DORA : libérez l'agilité Lean pour une performance DevOps (V. Jobard)
  • Onboarding 2.0 : réinventer l'intégration des devs (H. El Maizi)
  • Découvrons le Product Operating model ensemble (N. Vikesh)
  • Le conte chaud et doux des chaudoudoux (C. et F. Rageade, atelier)
  • Tout ce qu'on peut faire avec 6 pièces de LEGO (M. Esposito, atelier)
  • Just Say No to Your PO (J. Bembnister)
  • De l'idée au Creative Commons : création d'un atelier d'éco-design (D. Legendre, REX)
  • L'agilité dans des environnements techniques et transversaux (C. Tealdo)
  • Quand les RH postulent à l'agilité... (L. Cruaud, T. Chopin)
  • Un cadre posé avec intention pour passer de l'implicite à l'explicite (C. Cousin)
  • Les Tests : ces saboteurs de l'agilité (N. Fourmy)
  • Change management au Gazouilleur : ferez-vous mieux que Léon Musc ? (F. Vandeschrick, G. Raulet, atelier)
  • Tous ensemble : atelier de l'inclusion (L. E. Delgado, atelier)
  • De la vision à la valeur : mes triomphes et défis en tant que Product Owner (P. Baumont-Gutierrez, REX)
  • Le Leadership est mort, vive le Leadership ! (B. Couet, M. Cohen)
  • Design Thinking : notre potion magique pour transformer vos projets (S. Froger, L. Josset, REX)
  • Révélez le potentiel de vos équipes grâce au coaching des talents (O. Auzillaud, atelier)
  • Osons l'émotion au service des équipes (M. Morin, S. Pichard)
  • Product peoples, qui sont ces gens qui vous veulent du bien ? (S. Zouaoui, M. Marguerite)
  • Scrum Master anti-gaspi : boostez votre efficacité avec le lean ! (C. Swierkowski)
  • Partager et construire sa vision produit : Opportunity Tree Mapping (M.-A. Jolibois, atelier)
  • Droit à l'erreur : enjeu personnel ou d'organisation ? (D. Roquel, atelier)
  • Le feedback, et si on allait le chercher ? (G. Salaün, H. El Maizi)
  • Arrêtez de croire que vos équipes sont stables !!! Cultivez la flexibilité (T. Moreau)
  • Parcours sociodynamique dans les modèles organisationnels (N. Lesieur)
  • Optimiser vos réunions ! (L. Mathys)
  • Comment s'organiser pour ressusciter un projet legacy critique (G. Taquet Gasperini, A. Boutros, REX)
  • À la découverte des Liberating Structures (T. Zinsou, atelier)
  • Les tests agiles : un jeu pour progresser en équipe ! (F. Degrigny, N. Abdoun, atelier)
  • Le mentorat, cet outil catalyseur de carrière ! (S. Chazelles)
  • Ralentir pour mieux accélérer ! Transformer les défis en succès (R. Wafi)
  • L'icebreaker, bien plus qu'un jeu (C. Carpentier, REX)
  • Les leçons du sport : comment les principes sportifs renforcent les équipes (M. André)
  • Kanban, ce n'est pas juste un tableau avec des colonnes et des post-it ! (S. Goodwin)
  • L'extinction des dinosaures : entre comportement toxique et manque de sens (R. Sarraillon, M. Esposito)
  • Apprendre sans frontières : un voyage entre éducation et agilité (T. Chopin)
  • Voyage au cœur de l'agilité, une aventure immersive (C. Trémoureux, M. Perojo)
  • Les strokes, pourquoi s'en priver ? (M. Guyaux)
  • Marre de subir certains contextes ? Et si vous décidiez vraiment ? (K. Kueny, atelier)
  • No Bullshit Product Management (K. Sabatier, atelier)

Sources