Agile Tour Strasbourg 2026

Agile & Lean29 mai 2026Strasbourg, Epitech Strasbourg

Une journée gratuite (inscription obligatoire), à Epitech Strasbourg, 4 rue du Dôme. 3 tracks en parallèle : Product & User Value, Agilité & Management et, nouveauté mise en avant, une track entièrement Software Craftsmanship. 2 keynotes (Estelle Landry, Frédéric Leguédois), 15 sessions et ateliers. 148 inscrits « going » sur le Meetup de l'événement.

Une édition qui fait entrer le Software Craftsmanship dans l'Agile Tour et confronte l'agilité à l'IA générative : REX d'un atelier de dev passé à l'orchestration d'agents (Gorse), spec-driven development avec SpecKit (Fouraq), personas IA pour la discovery produit (SFEIR), IA qui accélère aussi les dysfonctionnements d'une organisation en silos (Coignard). En contrepoint, un rappel que l'agilité organisationnelle repose d'abord sur les personnes et la simplicité : agilité individuelle face à l'imprévu (Messager), dette assumée par ceux qui la décident (Richard), éloge de la simplicité contre les plannings (Leguédois).

15 sessions résumées · 4 vidéos · mise à jour le mercredi 7 octobre 2026 · synthèse à compléter

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : Programme officiel et page d'accueil du site, qui publie depuis juin les slides de 14 sessions (9 lues en entier, dont le pptx de « Le management des sourires polis » ajouté le 07/10/2026). 4 vidéos de la playlist officielle (publiées les 11 et 15/06/2026), toutes transcrites. 9 posts LinkedIn lus sur la page publique de l'organisation (juin à septembre 2026) : 4 posts de speakers (Mélina Gowsy, Olivier Breda, Alexandre Richard, Salah Fouraq) et 5 posts de l'organisation. En complément indirect, le transcript de la même keynote de Frédéric Leguédois filmée à Devoxx France 2026.

Limites : Les seuls retours écrits viennent de speakers : aucun post d'un participant non-speaker n'a été trouvé, et les profils LinkedIn individuels ne sont pas lisibles sans compte. Le seul post non-speaker relayé par l'organisation (Aurélien Boudoux, sur l'« Éloge de la simplicité ») réagit à une vidéo de la keynote et non à la journée strasbourgeoise. Pour 11 sessions, le résumé repose surtout sur les slides, donc sur ce qui était prévu et non sur ce qui a été dit, ni sur ce qu'en a retenu la salle. Il n'y a aucun contenu pour 3 sessions : Mangel, Leblanc et l'atelier Lego4Scrum (le lien Canva ne laisse lire que le titre « LEGO4SCRUM - simplification »). Les notes OpenFeedback citées par Olivier Breda ne sont pas publiques.

Synthèse globale

1. Une édition qui fait une place au Software Craftsmanship

Le programme ajoute aux tracks Product & User Value et Agilité & Management une track entièrement consacrée au Software Craftsmanship, que le site présente comme la marque de l'édition. Seul le REX de Xavier Gorse a été filmé. Il montre ce que devient le craft quand le code est généré : tests, architecture hexagonale et documentation versionnée deviennent le cadre qui rend l'IA contrôlable, et non un luxe.

Les slides publiées depuis prolongent ce fil :

  • Salah Fouraq défend avec SpecKit l'idée que « l'IA ne tue pas le craft. Elle le déplace » vers la spec ;
  • Mickaël Wegerich raconte une refonte menée sur plus de deux ans sans Big Bang (strangler fig, NoEstimate, 1,2 mise en production par semaine) ;
  • Nicolas Verinaud retrace la vie d'une app construite en TDD et en livraison continue, où « tout est compromis » entre tech et produit.

2. L'IA générative, du code au produit

Les sessions qui parlent d'IA dessinent une même chaîne :

  • côté dev (Gorse, Fouraq) : l'écriture de code s'effondre en coût, et la valeur passe au context engineering, aux specs et à la validation humaine étape par étape ;
  • côté produit (SFEIR) : la discovery s'outille avec des personas IA pour suivre le rythme de devs plus rapides ;
  • côté organisation (Coignard) : accélérer des équipes en silos produit surtout du stock entre elles, un « gaspillage automatisé à grande vitesse ».

Point de convergence : le goulot se déplace, vers le client et le besoin (Gorse), vers le produit (SFEIR), vers les files d'attente entre équipes (Coignard). Gorse et Fouraq arrivent à la même conclusion : sans spec, on génère « 10× plus de dette ».

3. Dette, qualité et flux : des sujets rendus à toute l'organisation

Plusieurs talks sortent des sujets « techniques » du seul périmètre des développeurs :

  • Alexandre Richard fait de la dette « un artefact de management », créé par des décisions de tous les rôles, et pose une règle : ceux qui la créent en assument la gestion ;
  • Olivier Breda replace le QA en amont, dans l'écriture des stories et le tri des bugs, au lieu d'en faire un testeur de fin de chaîne ;
  • José Coignard, dans ses 7 péchés Kanban, pousse aux prévisions probabilistes plutôt qu'aux dates promises.

Ces trois sessions ne sont connues que par leurs slides et par le récit des speakers.

4. Le contrepoint humain

Côté Agilité & Management et en keynotes, l'édition recentre sur les personnes :

  • Véronique Messager : l'agilité organisationnelle suppose des individus capables de décider face à l'imprévu ;
  • Pierre E. Neis : l'agilité « émerge » d'un système, elle ne s'installe pas avec un framework ;
  • Cindy Schlaufmann : le pouvoir « (parfois vital) de dire non », selon Mélina Gowsy ;
  • Noam Msellek et Nelly Margotton (d'après leurs slides) : les non-dits d'une équipe SAFe très performante, expliqués par ce que le système valorise et mesure. Ils plaident pour une « parole juste », qui consiste à jouer pleinement son rôle, contre un vocabulaire managérial mécanique ;
  • Estelle Landry, en ouverture : la conception de Pix Junior pour apprendre aux enfants à se protéger du numérique, avec un rappel que « vélocité » n'est pas « impact utilisateur » ;
  • Frédéric Leguédois, en clôture : un « éloge de la simplicité » contre les plannings, jugé « mémorable » par Mélina Gowsy. Son contenu n'est connu que par la version filmée à Devoxx France.

5. Tensions et questions ouvertes

Les questions du public et les récits des speakers sont les seuls reflets disponibles de la réception :

  • Compétences et juniors : « on apprend en faisant, or maintenant on ne fait que regarder ». Xavier Gorse reconnaît qu'ELAO n'a pas encore traité l'accompagnement des juniors.
  • Charge cognitive : l'orchestration d'agents supprime les moments de respiration (« on va griller l'équipe »).
  • Fiabilité des personas IA : la salle interroge SFEIR sur la représentativité et l'origine des réponses.
  • Un public qui challenge : Olivier Breda raconte avoir été interrompu plusieurs fois par une salle pleine de QA, au point de faire évoluer son talk ensuite. Alexandre Richard évoque des « remarques pointues ». La démo SpecKit a planté en direct, ce qui rappelle que l'outillage IA reste fragile.
  • Modèle économique : la fin du TJM au profit d'un prix à la feature, justifiée par un coût de l'IA « volatil » (Gorse).

6. Vie de l'événement et biais du corpus

L'événement était gratuit, et 148 personnes s'étaient déclarées « going » sur Meetup. Aucun chiffre de fréquentation réelle n'a été trouvé. Après l'événement, l'organisation a publié les slides de 14 sessions, « comme on nous l'a beaucoup demandé ». En septembre, elle a relayé une lettre ouverte, cosignée avec plus de 30 associations, sur la crise de financement des événements tech français.

Côté corpus :

  • tous les retours écrits lus viennent de speakers, et l'image de la réception est donc probablement flatteuse ;
  • la plupart des sessions ne sont connues que par leurs slides, qui disent ce qui était prévu plutôt que ce qui a été dit ;
  • trois sessions restent sans aucun contenu (Mangel, Leblanc, l'atelier Lego4Scrum).

Actions concrètes citées

  1. Traiter la documentation comme un actif au même niveau que le code : versionnée dans le repo, spec et code dans la même pull request (Gorse).
  2. Garder une validation humaine à chaque étape d'un workflow d'agents (brief, draft, archi, plan, dev, recette) : « c'est l'antithèse du vibe coding » (Gorse).
  3. Repenser le modèle économique quand le code coûte moins cher : vendre à la story ou à la feature plutôt qu'au TJM (Gorse).
  4. Surveiller la charge cognitive des équipes qui orchestrent des agents : moins de moments de respiration, plus de changements de contexte (Gorse).
  5. Utiliser des personas IA alimentés par de vrais verbatims pour tester des hypothèses produit, les mettre à jour tous les 3 à 4 mois et rester critique sur leurs réponses (SFEIR).
  6. Avant d'accélérer avec l'IA, chercher les files d'attente hors du contrôle de l'équipe : si la production doublait, qu'est-ce qui s'effondrerait sous le stock ? (Coignard).
  7. Nommer le changement et nommer ses émotions : « une émotion non nommée nous pilote, une émotion nommée devient une information » (Messager).
  8. Traiter la dette, technique, produit ou organisationnelle, comme une décision partagée et une partie du coût de livraison : « Ceux qui choisissent de créer de la dette en assument la gestion » (Richard, slides).
  9. Mener une refonte par petits pas, sans Big Bang, en livrant en continu avec la strangler fig : « Ralentir aujourd'hui pour accélérer demain » (Wegerich, slides).
  10. Remplacer les dates promises par des prévisions probabilistes (Monte Carlo, percentiles) rejouées à chaque nouvelle donnée, et limiter le WIP (Coignard, slides).

Session par session

Vendredi 29 mai

Keynote

Grandir avec le numérique : et si on apprenait aux enfants à s'en protéger ?

Estelle Landry — Tutteo

Retours : Mélina Gowsy

  • Source : le résumé s'appuie sur les slides publiées et sur leurs notes d'oratrice. La keynote n'a pas été filmée. D'après ces notes, elle était co-animée avec Émilie Goubin, l'enseignante avec qui le produit a été conçu.
  • Ouverture sur un récit : la voix off de « Maya », 10 ans, victime de cyberharcèlement. Le phénomène y est décrit comme rapide, immuable et omniprésent.
  • Quiz avec la salle sur les usages des enfants, avec les chiffres des slides :
    • 99 % des enfants se connectent chaque jour dès 11 ans ;
    • premier smartphone à 9 ans et 9 mois en moyenne ;
    • plus de 90 % sont exposés à des contenus choquants avant 15 ans. Message : « Le “digital native” n'existe pas ! »
  • Cas produit, Pix Junior, un outil pour les classes de CM1-CM2 :
    • partir d'une page blanche, avec une équipe pluridisciplinaire autonome ;
    • vision co-construite (proposition de valeur, Business Model Canvas) ;
    • immersion en classe et personas ;
    • matrice risque/valeur et User Story Mapping.
  • Hypothèses pédagogiques traduites en produit :
    • partir des pré-acquis (zone proximale de développement) et maintenir la motivation ;
    • entretenir le sentiment d'auto-efficacité (Bandura), avec 9 personnages variés contre les biais auto-dévalorisants ;
    • un parcours validation → entraînement → didacticiel.
  • Impact annoncé : l'entraînement fait progresser 82 % des élèves, le didacticiel 62 %. Les notes reconnaissent que ces indicateurs ont été calculés après un an de fonctionnement, au lieu d'être suivis dès le départ.
  • Leçons : « Vélocité != Impact utilisateur » ; des roadmaps d'expérimentation plutôt que de delivery (approche DIBB).
  • Réception : « une keynote très instructive » (Mélina Gowsy).

Conférence

L'Agilité comme comportement d'un système complexe : une lecture systémique au-delà des méthodes

Pierre E. Neis — Menschgeist

  • Source : slides seulement (55 slides, surtout des schémas, souvent en anglais). Aucun retour de la salle.
  • Thèse : l'agilité n'est pas une méthode mais « une propriété du système », vu comme un système adaptatif complexe. « On ne peut pas implanter l'agilité — on peut seulement créer les conditions de son émergence. »
  • Démarche :
    • départ sur « Structure n'est pas Organisation » ;
    • trois schémas de processus (ticketing, flux bancaire, Scrum) pour demander au public comment il travaille ;
    • une grille de lecture en 13 états, de la hiérarchie aux swarms ;
    • l'« AO Method » de l'orateur, avec ses dimensions de mesure (EX, OX, SX, CX, PX).
  • Cas réel : une organisation d'environ 500 personnes passée de Scrum (2014) à SAFe (2024), avec 52 équipes et 6 ARTs. Elle est analysée avec la VSM, un modèle culturel et le Gallup Q12.
  • Conclusion : opposer « Installer SAFe → espérer l'agilité » à une approche systémique :
    • des conditions limites claires ;
    • 3 à 5 règles simples ;
    • des expérimentations safe-to-fail.

Conférence

Le pouvoir de dire Non

Cindy Schlaufmann — DXC Technology

Retours : Mélina Gowsy

  • Aucun support ni vidéo publiés. Le seul retour trouvé est une ligne de Mélina Gowsy, qui salue « l'intervention nécessaire » de Cindy Schlaufmann « sur le pouvoir (parfois vital) de dire non » et la remercie pour leurs échanges.
  • Le contenu du talk n'est pas documenté au-delà de son titre.

Conférence

Salade composée : Tech & Produit

Nicolas Verinaud — Ryfacto & Batchii

  • Source : slides seulement (79 slides). Aucun retour de la salle.
  • Récit de Batchii, une app de batch cooking. Point de départ : une utilisatrice ne voit pas les nouvelles recettes, parce que « nos recettes sont dans le code ».
  • Lancement : la méthode Running Lean d'Ash Maurya, puis une beta à 10 € achetée par 5 personnes. Ensuite, un MVP natif iOS/Android (Kotlin Multiplatform, Swift, Firebase) développé en TDD, en livraison continue et en pair programming : environ 700 h de dev à temps partiel.
  • Chiffres partagés :
    • 6 760 inscrits, 549 achats et 130 premiers renouvellements ;
    • un nouveau paywall qui fait passer la conversion d'environ 6 % à environ 9 %.
  • Traversée du désert, puis relance en 2025. Un leitmotiv revient : « La dernière chose qu'on a envie de faire, c'est de coder », décliné ensuite aux levées de fonds, aux migrations de base ou aux paiements.
  • Conclusion : « Tout est compromis », entre tech et produit, « les bons compromis, au bon moment ».

Conférence

Let's Talk About Debt, Baby!

Alexandre Richard — Senior Engineering Manager (freelance)

Retours : Alexandre Richard (speaker)

  • Première de ce talk, sur un sujet qui « me passionne et me ronge depuis près de 15 ans » (Alexandre Richard, speaker).
  • Redéfinir la dette : après Ward Cunningham et Martin Fowler, il la définit comme « la conséquence de faire quelque chose sans avoir les ressources nécessaires ». Elle n'est pas que technique : elle peut aussi être produit, design ou organisationnelle.
  • Pourquoi on la gère mal : elle coûte cher à rembourser, elle est vue comme un échec et elle est déchargée sur « la technique ». Or « la dette est le résultat de décisions. C'est un artefact de management. »
  • Zéro dette est une fausse bonne idée : cela produit rigidité et surqualité. Les slides donnent 5 raisons valides d'en créer, parmi lesquelles livrer vite pour un gain supérieur aux intérêts, ou vendre la dette au client (« c'est possible, mais c'est plus cher »).
  • Que faire : impliquer toutes les parties prenantes, rendre la dette visible, lui donner une valeur et la comptabiliser dans le coût de livraison. Règle finale : « Ceux qui choisissent de créer de la dette en assument la gestion. »
  • Réception : selon le speaker, beaucoup de questions et de « remarques pointues » de profils variés. Sur l'ensemble de l'événement, il note que « les retours du public étaient sacrément bons ».

Conférence▶ vidéo + transcript

Pas d'agilité des organisations sans agilité individuelle !

Véronique Messager — executive coach et coach d'équipe

  • Fil rouge : une traversée de nuit en catamaran vers Maupiti, avec une passe étroite à franchir dans un créneau horaire précis. Houle, panne du pilote automatique et du GPS, cartes différentes de la réalité : un enchaînement d'imprévus.
  • Définition : l'agilité individuelle est « l'aptitude à décider et à agir face à l'imprévu ». C'est « l'unité de base » d'un système composé d'individus.
  • Quatre agilités interdépendantes, illustrées par des personas face à une réorganisation « produit » :
    • cognitive : Système 1 et Système 2 de Kahneman, biais de confirmation et de statu quo. Clé : nommer le changement.
    • émotionnelle : communication non violente de Rosenberg. « Une émotion non nommée nous pilote alors qu'une émotion nommée devient une information. »
    • relationnelle : des relations construites avant d'en avoir besoin. L'agilité individuelle « reste fragile si elle reste solitaire ».
    • d'apprentissage : l'essai-erreur, et une première action imparfaite dans la semaine.
  • La démarche NAVI (« naviguer en incertitude ») est esquissée. Un livre sur l'agilité individuelle est annoncé.
  • Exercices avec la salle : premières pensées face à une réorganisation annoncée, émotions à nommer à partir d'une liste, agilité dominante de chacun. Question du public sur la manière dont les managers formulent le changement. Réponse : la forme compte, mais eux aussi sont stressés, et le sens se co-construit.

Conférence

Refonte technique : la formule magique pour ne plus en souffrir

Mickaël Wegerich — 3 Lights Technology

  • Source : slides seulement (56 slides). Aucun retour de la salle.
  • Réponse au titre : « Il n'y a pas de Silver Bullet ! » Une refonte réussit quand elle est incrémentale, transparente et livrée en continu, en même temps que les nouvelles fonctionnalités.
  • Étude de l'orateur (novembre 2024, environ 80 réponses, 60 % de profils CTO) : pour 35 % des répondants, c'est le coût des nouvelles fonctionnalités qui déclenche une refonte.
  • Cas réel : une application B2B de planning, avec une équipe d'1 PO, 1 QA et 4 à 6 devs.
    • Migration de HAPI/JavaScript vers Express/TypeScript en DDD, dans un monolithe modulaire.
    • Pattern strangler fig, avec les API v5 et v6 en parallèle.
    • Pratiques : NoEstimate, CI/CD, mob et pair programming.
    • Premier « Hello World » en production deux jours après la création du dépôt.
  • Maximes : « Ne pas vendre une refonte Big Bang, ça fait peur et ça ne fonctionne jamais » ; « Ralentir aujourd'hui pour accélérer demain, sans engagement de temps ».
  • Bilan 2020-2022 :
    • 161 mises en production, soit environ 1,2 par semaine ;
    • environ 5 jours pour qu'un ticket arrive en production ;
    • peu de bugs et plus d'API legacy. Revers : beaucoup d'organisation, plus de 2 ans pour le seul back, et pas de KPIs.

Lightning talk▶ vidéo + transcript

Kanban, IA… et si le plafond de performance était votre design organisationnel

José Coignard — Caisse des Dépôts

  • Format court de 15 minutes. Situation de départ : une équipe passée en Kanban améliore son temps de cycle et son débit, mais la valeur et le chiffre d'affaires stagnent. C'est une optimisation locale dans un système d'équipes interdépendantes.
  • Org Topologies comme carte de l'organisation : Kanban visualise le travail, Org Topologies visualise l'organisation. Un axe mesure le périmètre de responsabilité (de la tâche au business entier), l'autre les compétences (de la spécialité unique à l'apprentissage permanent).
  • Trois problèmes que l'IA aggrave :
    • elle accélère les problèmes structurels : « gaspillage automatisé à grande vitesse », avec des stocks qui grossissent entre silos ;
    • elle n'agit que sur le temps actif, alors que le travail attend environ 80 % du temps (loi de Little) : « c'est peut-être un super marteau mais ça n'en reste qu'un outil » ;
    • des équipes plus petites ont besoin de profils « M-shaped » capables de challenger l'IA.
  • Trois questions à emporter :
    1. Où sont les files d'attente hors du contrôle de l'unité ?
    2. Si la production doublait, voire triplait, quelle partie du système s'effondrerait sous le stock ?
    3. Quelle prochaine étape, justifiée par les données ?
  • Le speaker donnait aussi l'après-midi « Les 7 péchés capitaux dans l'utilisation de la stratégie Kanban » (voir plus bas).

Conférence

Tes QAs ne font que tester ? Faut qu'on discute

Olivier Breda — Olivier Breda Consulting

Retours : Olivier Breda (speaker)

  • Point de départ : une équipe cliente qui réclame un QA, face à un manager qui craint « even more bugs we can't fix ». Le talk critique le QA vu comme dernier maillon qui « casse des choses » en bout de chaîne.
  • Proposition : un QA (« Anna ») impliqué dès l'écriture des stories avec le PO et le tech lead, pour les cas limites et la testabilité. Les devs testent aussi leurs stories, en s'appuyant sur la pyramide des tests.
  • Protéger le flux : le QA évalue l'impact des bugs avant d'interrompre l'équipe. Les slides donnent une matrice de priorisation : % d'utilisateurs touchés, fonctionnalité impactée, impact sur le revenu et effort, avec un score qui fixe une priorité de P0 à P3.
  • Automatisation : elle coûte à concevoir, à maintenir et à exécuter, « like any feature of your product ». N'automatiser que les tests au meilleur retour sur investissement : régressions fréquentes, contrats d'API, calculs. Laisser de côté l'UI instable et l'exploratoire.
  • Réception, racontée par le speaker :
    • beaucoup de QA dans la salle et de nombreuses interruptions (questions, retours d'expérience) qui ont « cassé le rythme » ;
    • des échanges jugés « très enrichissants », qui l'ont conduit à faire évoluer la conférence ;
    • un participant venu proposer d'y ajouter son expérience de terrain ;
    • de bons retours OpenFeedback, non publics.

Conférence

Les 7 péchés capitaux dans l'utilisation de la stratégie Kanban

José Coignard — Caisse des Dépôts

  • Source : slides seulement (77 slides). Aucun retour de la salle.
  • Thèse : Kanban, « c'est plus qu'un simple tableau de post-it ! » Il faut une Définition du Workflow explicite, la respecter et agir dessus.
  • Les 7 péchés :
    1. le minimalisme : un tableau qui oublie les types d'éléments, les critères de passage, les limites de WIP ou le SLE ;
    2. l'irrespect de la Définition du Workflow ;
    3. l'attentisme : laisser vieillir des éléments au lieu de les découper, d'aider ou d'abandonner ;
    4. le silotage : avancer du travail dans une étape future au lieu de faire traverser les éléments au plus vite ;
    5. l'ignorance : en contexte incertain, on se trompe sur la valeur ; limiter le WIP réduit le temps vers l'apprentissage ;
    6. le déterminisme : « Il n'y a pas qu'un seul futur possible », d'où des prévisions probabilistes (Monte Carlo, percentiles) ;
    7. un septième « de croire qu'il n'y en a que 6 », le sur-optimisme : trouver l'équilibre entre efficience et prédictibilité.
  • Mot d'ordre : « Kanban ce n'est pas magique, il faut mouiller le maillot pour optimiser son flux. »

Conférence▶ vidéo + transcript

REX : Gen AI et développement logiciel, récit d'une mutation profonde

Xavier Gorse — ELAO

  • Contexte : ELAO, atelier lyonnais de développement sur mesure de 13 personnes, culture craft. Pendant l'été, trois personnes testent Claude Code en orchestrateur, avec du spec-driven development. En octobre, environ 80 % de l'équipe bascule sur de nouveaux projets. Huit mois plus tard : « on reviendra pas en arrière ».
  • Clé technique, le context engineering : donner au modèle la bonne information au bon moment. La documentation devient un actif au même niveau que le code : en Markdown dans le repo (le présent, les décisions via des ADR et des « tech debt records », le passé, le backlog), avec le diff de spec dans la même pull request.
  • Workflow de skills avec validation humaine à chaque étape : brief, draft analysé par des « experts » (accessibilité, RGPD…), archi, plan de 30 à 40 tâches sans une ligne de code, dev, recette, capitalisation. « C'est l'antithèse du vibe coding. »
  • Impacts annoncés :
    • écriture du code « divisée par 10 », temps total d'une feature « divisé par deux ou trois » ;
    • un seul dev par projet, avec revue et recette croisées ;
    • le goulot passe côté client (besoin, disponibilité) ;
    • fin du TJM au profit d'un prix par story ou feature indexé sur la valeur : « On peut pas vendre du TJM quand on a un coût d'IA qui est volatil. »
  • Revers : une charge cognitive forte, « si on continue comme ça, on va griller l'équipe ». « L'IA prendra pas notre place. Par contre, elle va nous forcer à en trouver une autre. »
  • Questions de la salle :
    • la perte de compétences quand « on ne fait que regarder » ;
    • la formation des juniors, où le speaker admet : « on n'a pas pu encore y aller » ;
    • l'abandon de Jira, avec des stories qui migrent vers le repo.

Conférence▶ vidéo + transcript

L'IA au service du quotidien des Products

Mélina Gowsy — SFEIR, Kamécol Sylva — SFEIR, Paul Chevalier — SFEIR

Retours : Mélina Gowsy (speaker)

  • Intention : on parle beaucoup d'IA côté développeurs, peu côté PO et PM. « Votre métier c'est pas juste de créer des tickets sur Jira. »
  • Rappel des étapes de la discovery : interviews, parcours utilisateur, empathy map, benchmark, personas tenus à jour, analytics.
  • Outil présenté, un « Meta Gem » : un agent Gemini qui génère les prompts système de personas IA, en trois temps :
    1. collecte de verbatims et de sondages dans NotebookLM ;
    2. conception via une structuration Jobs to be done ;
    3. activation en agent conversationnel pour tester des idées de features. Environ 45 itérations sur quelques semaines.
  • Démo : un persona d'étudiante en journalisme interrogé sur l'utilité du Touch ID sur un Mac d'entrée de gamme.
  • Arguments : valider des hypothèses sans attendre un panel réel, résister aux features poussées par le management, rééquilibrer le goulot qui se déplace vers le produit depuis que les devs vont plus vite. Garde-fou : « Il y a ce qu'il dit, ce qu'il pense et ce qu'il ne voudra pas que tu saches. Et ça, l'IA, elle en a aucune idée. » Conclusion : « L'IA ne remplace pas le product manager et lui permet de redevenir un stratège. »
  • Salle critique : comment valider que l'IA n'entraîne pas sur de fausses pistes, sans représentativité statistique ? D'où viennent les réponses ? Un participant apporte un avis nuancé (NotebookLM ne répond qu'à partir des sources fournies). Débat sur la radiologie et la vidéo générée.
  • Côté speakers : Mélina Gowsy, engineering manager, présente la session comme un pari managérial. Deux membres de son équipe, Paul Chevalier et Kamécol Sylva, sont sortis de leur zone de confort pour « pitcher devant un public d'experts », après des répétitions pour tenir le timing.

Conférence

Le management des sourires polis

Noam Msellek — SII, Nelly Margotton — Phédon

  • Source : slides seulement (17 slides, pptx publié sur le site). Aucune vidéo ni aucun retour de la salle. Le talk est porté à deux voix : un consultant PO et coach agile (Noam Msellek), une consultante en philosophie appliquée au management (Nelly Margotton).
  • Point de départ : une équipe agile « très à l'aise et performante » dans un train SAFe, avec de belles courbes de productivité, des engagements tenus et des clients satisfaits. Pourtant, des blancs suivent les interventions de certains membres. « Pourquoi on ne parvient pas à se dire les choses qui fâchent ? »
  • Au-delà des explications individuelles (manque de confiance, peur de blesser, manque de légitimité face aux plus expérimentés, aux internes client ou au lead tech), une lecture systémique : ce qu'un système de production performant valorise (courbes, respect des artefacts, livraison continue) freine la capacité à dire « stop, on a un souci ». « La valorisation c'est ce qui est finalement mesuré. »
  • Illustration par le Titanic : une alerte non transmise au commandant, une salle des machines qui ne donne pas l'alerte, des canots qui partent à moitié vides, lus comme des effets de la valorisation imposée par un système performant.
  • Travail avec l'équipe : analyse des impacts sur le produit et sur l'équipe, ateliers sur les réticences individuelles et la communication non verbale, étude d'un texte philosophique.
  • Seconde partie, philosophique : « Des équipes compétentes peuvent devenir expertes dans l'art de ne pas se dire les choses », et il est parfois plus simple de compenser que de parler. Critique du vocabulaire mécanique du management (« optimiser », « fluidifier », « réaligner ») : « Une équipe ne se réduit pas à un mécanisme. »
  • Jouer son rôle (Shakespeare, Pascal, Nietzsche, Goffman) : le non-dit vient moins d'un manque de courage que de questions de rôle (« Est-ce mon rôle ? Suis-je légitime ? »). « Parler vrai n'est pas dire tout ce que je pense », c'est une parole adressée, exigeante, qui fait le pari que l'autre peut apprendre. Conclusion : le dialogue est « moins une technique qu'une pratique » et une construction collective.

Atelier

L'IA au service du Craft : le Spec-Driven Development avec SpecKit

Salah Fouraq — Hager

Retours : Salah Fouraq (speaker)

  • Atelier de 60 minutes. Conviction de départ : « l'IA ne tue pas le craft. Elle le déplace. » Le savoir-faire consiste désormais à capturer l'intention assez clairement pour que l'IA fasse son meilleur travail (Salah Fouraq, speaker).
  • Problème : « Sans spec claire, on génère 10× plus de code… et 10× plus de dette. » Trois symptômes du code généré sans spec : l'avalanche, l'amnésie, la dérive. Une bonne spec est explicite, vérifiable, vivante et exécutable.
  • SpecKit (open source, GitHub) : « 4 commandes, 1 boucle ».
    • /specify pour l'intention ;
    • /plan pour l'architecture ;
    • /tasks pour le découpage (« 1 tâche = 1 PR mentale ») ;
    • /implement, où « l'IA exécute, vous arbitrez ».
  • Quand ne pas l'utiliser : un script jetable, un bug fix isolé, un POC d'une semaine. Le critère : si quelqu'un devra comprendre ce code dans 3 mois, la spec vaut l'investissement.
  • Réception, selon le speaker :
    • la salle s'est reconnue dans les trois symptômes ;
    • la démo live a « fait tilter pas mal de monde », malgré un /tasks qui a planté devant toute la salle ;
    • des échanges de Q&R qui rejoignent la phrase de fin : « les meilleures specs, c'est celles qu'on écrit ensemble ».

Keynote

Éloge de la simplicité

Frédéric Leguédois — Ex Novo

Retours : Mélina Gowsy

  • Source indirecte : la keynote n'a été ni filmée ni publiée à Strasbourg. Le contenu ci-dessous vient du transcript de la même keynote donnée à Devoxx France 2026 (vidéo publiée le 12/05/2026). Il peut différer de la version strasbourgeoise.
  • Thèse : plannings, estimations et ROI sont des prédictions sans valeur dans un contexte imprévisible. « Il y a aucune corrélation entre la performance et la prédictibilité. » « Le planning, c'est un doudou organisationnel. »
  • Les transformations agiles dévoyées : un backlog avec des dates n'est qu'un « planning vertical ». Le ROI, estimation divisée par estimation, donne un résultat « farfelu ». À la place, prioriser à partir des irritants des utilisateurs, choisir la solution la plus simple et itérer.
  • Modèle des urgences médicales : une organisation très performante et totalement imprévisible, synchronisée avec la radiologie par un backlog et le dialogue, pas par un planning commun. Un planning imposé par une équipe rend toutes les autres prédictives.
  • Conclusion : l'alternative à l'agilité à l'échelle « s'appelle l'agilité », à condition de cesser de lui poser les vieilles questions (« comment faire des plannings agiles ? »).
  • Réception à Strasbourg : « une keynote de fin mémorable » (Mélina Gowsy).

Sessions sans retour trouvé (3)

  • Workshop Lego4Scrum (Louise Pidancier, SII)
  • L'agilité comme rempart contre « l'IA slop » (Edouard Mangel, La Crafterie Tech)
  • Comment développer un produit qui a de l'impact ? (David Leblanc, Dassault Systèmes / Outscale)

Sources