Agile Tour Strasbourg 2025

Agile & Lean23 mai 2025Strasbourg, Epitech Strasbourg

Vendredi 23 mai 2025 à Epitech Strasbourg (4 rue du Dôme), gratuit sur inscription. Pas de thème central (appel à orateurs Sessionize ouvert du 24/02 au 11/04/2025, toutes conférences en présentiel). 13 sessions dans 3 salles (Allium, Acacia, Alysse), dont 2 plénières de Jean-Pierre Lambert et un atelier unFIX de 90 minutes, plus 2 créneaux de speed coaching. Sponsors : Groupe SII (gold), Chargemap, HARA Consulting, Reboot Conseil, Davidson (silver). 95 inscrits « going » sur le Meetup de l'événement.

Une édition agile « généraliste », tournée vers les personnes et l'organisation plutôt que vers l'IA : redonner leur place aux managers (Lambert), une équipe qui survit un an sans PM ni QA (Breda), des CFD pour prévoir sans se raconter d'histoires (Goodwin), Org Topologies pour outiller le design d'organisation (Moreau), le tout dans un format gratuit d'une journée avec speed coaching.

6 sessions résumées · mise à jour le samedi 3 octobre 2026 · synthèse à compléter

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : Programme officiel (page « Edition 2025 » et PDF), page Sessionize de l'appel à orateurs et page Meetup (95 inscrits). Slides officielles de Sébastien Goodwin (deck daté du 23/05/2025, publié sur kudja.fr) et résumé Sessionize d'Olivier Breda. 4 transcripts de vidéos du même talk donné dans d'autres conférences (Agile en Seine 2024 et 2025, Codeurs en Seine 2025, Agile Tour Rennes 2026), lus en entier. Aucune vidéo de l'édition strasbourgeoise n'a été publiée.

Limites : Aucun retour de participant : ni post LinkedIn, ni article de blog, ni sketchnote retrouvés, et la chaîne YouTube de l'événement ne publie qu'à partir de 2026. Les résumés de Lambert, Breda et Moreau reposent sur des versions données ailleurs, avant ou après Strasbourg, qui ont pu évoluer (la version rennaise d'Org Topologies, un an plus tard, intègre un exemple sur l'IA). Pour 8 des 13 sessions, on ne dispose que du titre et du speaker.

Synthèse globale

1. Un programme agile « généraliste », sans thème imposé

L'appel à orateurs annonçait l'absence de thème central : tout sujet était accepté, « tant qu'il offre à l'Agilité une place de choix ». Le programme qui en sort est centré sur l'humain et l'organisation : les managers (Lambert), la vie d'équipe et ses rituels (Davidson Est sur le daily et sur le fait de « ralentir pour mieux produire », Lesage sur les réunions et les missions déléguées), le coaching systémique (Lesage), le design d'organisation (Moreau avec unFIX et Org Topologies) et des contre-pieds assumés (Thuet sur « l'anti-agilité », Kakpeyen sur le parallèle avec le handicap). Une seule session parle d'IA (GitHub Copilot, Microsoft). C'est le contraste le plus net avec l'édition 2026, où l'IA générative et le craft occupent une track entière.

2. Changer de regard sur le management et l'organisation

Les sessions qu'on a pu documenter, toutes à partir de sources indirectes, partagent une même idée : le levier n'est pas seulement l'équipe, c'est le système autour d'elle.

  • Lambert demande aux coachs de cesser d'accuser les managers, qui subissent leurs propres plafonds de verre, et de construire un mandat tripartite qui inclut le manager.
  • Moreau reproche aux coachs de travailler les processus et les personnes en laissant de côté la structure. Il propose Org Topologies pour en faire un sujet de travail collectif.
  • Goodwin fait du CFD un outil de conversation avec les sponsors, pour « désamorcer l'émotionnel » et laisser les décideurs choisir entre des options chiffrées.
  • Breda montre une équipe qui absorbe les rôles de PM et de QA. Il insiste sur ce qu'a rendu possible l'organisation : un seul sujet à la fois, un staff engineer en renfort, un manager qui fait tampon.

3. Les basiques plutôt que les frameworks

Les intervenants convergent sur un autre point : tenir les fondamentaux compte plus qu'ajouter un cadre. C'est le cas des petites stories verticales, d'un WIP très bas, du pair et du mob programming (Breda, Lambert dans « Immersion »), d'un CFD fait dans un tableur (Goodwin) et des cercles d'influence (Lambert). Moreau prend la même position sur l'organisation : partir des problèmes plutôt que d'une « étagère » de frameworks (Spotify, SAFe…). Deux nuances apparaissent dans les sources. Goodwin présente lui-même sa méthode comme une simplification, valable pour un système stable. Breda raconte aussi ses échecs, dont une migration en big bang.

4. Vie de l'événement et limites du corpus

L'édition reste gratuite, sur une journée, chez Epitech, avec 3 salles, 95 inscrits sur Meetup et un format de speed coaching (3 × 15 minutes avec des coachs) proposé deux fois dans la journée. Le corpus est très mince : aucun retour de participant n'a été trouvé, aucune vidéo de l'édition n'existe et 8 sessions ne sont connues que par leur titre. Quatre des cinq talks résumés le sont à partir de la même conférence donnée ailleurs (Agile en Seine, Codeurs en Seine, Agile Tour Rennes), avant ou après Strasbourg. Ce qu'en a retenu le public strasbourgeois reste donc inconnu.

Actions concrètes citées

  1. Partir d'un a priori positif sur les managers : ils subissent leurs propres plafonds de verre (budgets d'augmentation contraints, réorgs, budget annuel) et l'agilité qui existe déjà passe aussi par eux (Lambert).
  2. Faire du mandat d'accompagnement un contrat tripartite (coach, équipe, manager) avec des critères de succès explicites, et gagner la confiance du manager par des feedbacks factuels et actionnables (Lambert).
  3. Aider l'équipe à trier ses problèmes avec les cercles d'influence (contrôle, influence, préoccupation) plutôt que de tout attribuer à l'environnement (Lambert).
  4. Sans PM ni QA, répartir leurs responsabilités dans toute l'équipe : interviews utilisateurs, découpage vertical, testing croisé, et un manager « en frontal » sur les bugs pour protéger le focus des devs (Breda).
  5. Garder un WIP de 1 ou 2 tickets pour une équipe de 3 développeurs : cela impose pair et mob programming, fait tomber le bus factor et raccourcit la boucle de feedback (Breda).
  6. Construire un Cumulative Flow Diagram dans un simple tableur : compter les items par étape à intervalle régulier suffit pour commencer (Goodwin).
  7. Utiliser le CFD pour anticiper un retard et présenter des options aux sponsors (heures sup, staffing, scope, jalons), puis les laisser choisir (Goodwin).
  8. Commencer un atelier de design d'organisation par le backlog des problèmes à résoudre, cartographier l'existant (Org Topologies), puis faire évoluer l'organisation par petites itérations (Moreau).

Session par session

Vendredi 23 mai

Keynote

Arrêtons de tout mettre sur le dos des managers !

Jean-Pierre Lambert — Scrum Life

  • Source indirecte : session plénière d'ouverture, non filmée à Strasbourg. Le résumé s'appuie sur le transcript du même talk donné à Agile en Seine 2024 (vidéo publiée le 26/11/2024). Il peut différer de la version strasbourgeoise.
  • Constat de départ : les transformations (agiles, produit, DevOps) restent souvent « de façade », et le réflexe est d'en accuser les managers. Le speaker explique ce biais par le profil des accompagnants : souvent d'anciens contributeurs individuels, rarement d'anciens managers.
  • Les managers ont leurs propres plafonds de verre, illustrés par trois mises en situation : un budget d'augmentations contraint à répartir, l'absence aux sprint reviews en pleine période budgétaire, la réorg annuelle qui doit jongler entre projets, compétences et départs. « Ce manager, à son niveau, il est pas mal vecteur d'agilité dans un monde qui est pas agile. »
  • Changer d'a priori : le biais de confirmation et l'influence du coach sur son groupe font qu'on trouve ce qu'on cherche. « Si vous n'aimez pas les managers, faites comme si. »
  • Le mandat de mission doit être tripartite (coach, équipe, manager), alors qu'en pratique il est à sens unique : le coach ne coache surtout pas le manager. Pistes : construire ou mettre à jour son mandat avec des critères de succès, et accompagner « sans le dire » en proposant de travailler la communication, avec des feedbacks factuels et actionnables (trois exemples détaillés).
  • Démontrer sa pertinence dans le cadre donné : les cercles d'influence aident l'équipe à agir sur ce qu'elle contrôle, ce qui range le coach dans la case « allié du manager ».
  • Point de vue défendu en questions : le rôle de Scrum Master pérenne décrit dans le Scrum Guide, « en fait c'est le manager ».

Conférence

Une année dans le désert : comment notre équipe produit a survécu sans PM ni QA

Olivier Breda — Ogury

  • Sources : le résumé Sessionize du speaker et, en source indirecte, le transcript du même talk donné à Codeurs en Seine 2025 (vidéo publiée le 18/12/2025). Aucune vidéo ni aucun retour pour la version strasbourgeoise.
  • Le contexte (Sessionize) : en janvier 2023, une équipe déjà privée de QA perd son Product Manager, non remplacé pour raisons budgétaires pendant presque un an. Elle hérite d'un périmètre de 70 bugs ouverts, avec 3 développeurs.
  • Répartir le rôle du PM (transcript) : tout le monde fait des interviews utilisateurs et lit la data produit, challenge les designs, découpe en user stories verticales (13 points = « no go », il faut redécouper) et prépare les releases.
  • Répartir le rôle du QA : sessions de test croisées entre développeurs, smoke testing partagé, et le manager « en frontal » pour trier et reproduire les bugs, afin de protéger le focus des devs. Tri drastique du backlog de bugs : 3 bugs ouverts en fin d'année.
  • Focus et flux : un seul gros sujet (la refonte de la visioconférence), un WIP de 1 ou 2 tickets, donc du pair et du mob programming. Les développeurs front et back sont devenus full stack « aux trois quarts », ce qui a réglé le bus factor. Le speaker cite l'article Maker's Schedule, Manager's Schedule de Paul Graham.
  • Les échecs assumés : une feature entièrement raffinée puis jetée (un lien vers l'existant suffisait), et une migration de la messagerie en big bang décrite en interne comme « la pire release de l'histoire de l'entreprise ».
  • Message : pas de pratiques extraordinaires, mais des basiques tenus dans la durée et de la sécurité psychologique. Après la fusion avec une autre équipe, la nouvelle QA et la PM ont constaté des devs qui testent et parlent produit.

Conférence

Planification et prévisions, les métriques Kanban à la rescousse !

Sébastien Goodwin — Kudja

  • Source : le deck de la session (42 slides, daté du 23/05/2025), publié sur le site de Kudja. Il ne dit rien de ce qui a été dit à l'oral ni de la réception. Avertissement en ouverture : une approche qualitative et simplifiée, à but pédagogique.
  • Le problème : la difficulté humaine à estimer et à prévoir (Kahneman, Taleb, Savage, Hubbard). « Un plan est une intention, pas une prévision » : il faut instrumenter l'avancement réel.
  • Construire un CFD (Cumulative Flow Diagram) : méthode basique en comptant les items par étape chaque jour ou chaque semaine, ou méthode avancée à partir des dates de transition des tickets. Un tableur suffit : « Les équipes qui n'analysent pas leurs données ne peuvent pas s'améliorer ! »
  • Trois cas réels : une équipe infra de 4 personnes passée au Kanban, une équipe Scrum de 15 personnes, un programme « Water-Scrum-Fall » de 150 personnes. Exemple de lecture : 228 fonctionnalités, livraison attendue le 18/02, projection au rythme actuel le 29/04, donc 10 semaines de retard déjà visibles en novembre. « Enquêtez, puis agissez !!! »
  • Que faire des alertes : présenter les options aux clients ou sponsors (heures sup, staffing, outillage, façon de travailler, scope, jalons) et les laisser choisir. Le CFD sert à désamorcer l'émotionnel et à réaligner les parties prenantes (#NoWishfulThinking).
  • Limites : une ligne de tendance reste une régression linéaire simplifiée, valable pour un système stable. Les variations de WIP annoncent un changement de débit, et les simulations Monte-Carlo sont la suite logique.

Conférence

Découvrez Org Topologies, le « Google Maps » de votre transfo !

Thomas Moreau — Freelance

  • Source indirecte : non filmée à Strasbourg. Le résumé vient du transcript du même talk donné à l'Agile Tour Rennes 2026 (juin 2026, vidéo publiée le 18/09/2026), soit un an plus tard. L'exemple sur l'IA décrit ci-dessous n'était peut-être pas dans la version strasbourgeoise.
  • Thèse : « une mauvaise organisation conduira à de mauvais produits ». Avec le Star Model de Galbraith (stratégie, structure, processus, récompenses, personnes ; la culture en est une résultante), le speaker constate que les coachs agissent sur les processus et les personnes mais délaissent la structure, faute d'outils.
  • Org Topologies (Roland Flemm, Alexey Krivitsky) : une carte à deux axes, de l'expert solo à l'équipe multicompétente, et de la tâche à la vision globale du produit. Elle fournit un langage commun pour situer des groupes de 30 à 150 personnes. Exercice avec la salle : où placer un directeur commercial, des architectes, une équipe support, une équipe agile en mode « feature factory » ?
  • Méthode : cartographier l'existant, choisir une cible, puis peser les gains et les coûts de chaque déplacement (acculturer une équipe au produit, rendre un change advisory board local plutôt que transverse…).
  • Conseils : démarrer par le backlog des problèmes de l'organisation, en faire une « rétro de l'organisation » ouverte à tous plutôt qu'un design en comité fermé, et itérer : « la target operating model figée, ça existe pas ». Le travail demande discrétion et diplomatie (carrières, instances représentatives du personnel).
  • En questions-réponses : limites pour 200 équipes (raisonner par sous-ensembles, nombre de Dunbar) et pour les équipes de R&D qui ne visent pas un objectif fixé.

Keynote

Immersion dans le quotidien d'une équipe produit hautement performante

Jean-Pierre Lambert — Scrum Life

  • Source indirecte : session plénière de clôture, non filmée à Strasbourg. Le résumé vient du transcript du même talk donné à Agile en Seine 2025 (octobre 2025, vidéo publiée le 15/12/2025). Le speaker y précise que les usages de l'IA évoquent un état de l'art qui bouge vite.
  • Le format : la journée fictive mais réaliste d'une équipe produit de 5 à 6 personnes (PO/PM, tech lead, deux devs dont un à Maurice, coach qualité, engineering manager), au mandat orienté objectifs et OKR : « l'autonomie, c'est pas l'autarcie ».
  • Une journée type : 5 heures de synchronisation forte pour concevoir, construire et déployer une expérimentation par jour, le reste en asynchrone (monitoring, outils, formation, communautés de pratique). L'après-midi se passe en mob programming en TDD, puis en swarming.
  • L'IA en appui, jamais à la place : des personas IA nourris de verbatims utilisateurs qui testent maquettes et parcours, l'analyse de logs assistée, la génération de jeux de test. « On prend, on jette ou on intègre en toute nuance. »
  • Réponses aux objections : l'IA n'est qu'un accélérateur (« si vous travaillez comme des pieds, mettez de l'IA… ») ; le mob programming vient d'XP et ressemble à un hackathon ; l'autonomie d'équipe existe et le management d'équipes autogérées s'apprend. Il faut mesurer le lead time, le WIP et la distance entre les ingénieurs et les utilisateurs.

Sessiond'après le programme

Speed Coaching (2 créneaux)

  • Source : le descriptif de la page officielle de l'édition. Aucun retour sur le déroulé.
  • Format inspiré du speed dating : 45 minutes, soit 3 échanges de 15 minutes « montre en main ». D'un côté un coach ou un consultant, de l'autre une personne qui arrive avec un besoin, une question ou un blocage. « Pas de théorie, pas de slides. Juste de l'écoute, du challenge et des déclics. »
  • Deux rôles ouverts sur inscription : venir faire coacher une problématique concrète (conseil de l'organisation : la préparer à l'avance, car 15 minutes passent vite), ou tester sa posture de coach dans un format « ultra-exigeant ».
  • Jauge : 3 porteurs de problématiques et 3 coachs par session, sur 2 créneaux de 45 minutes (12 h 30 et 15 h 30), salle Alysse, pendant la pause déjeuner et la dernière pause café.

Sessions sans retour trouvé (8)

  • Ralentir pour mieux produire (Luc Dehand, Jimmy Rundstadler, Mathias Oberti, Davidson Est)
  • Partez à la conquête du monde avec unFIX !!! (et des cookies aussi…), atelier de 90 min (Thomas Moreau)
  • Comment transformer un « Deadly meeting » en un véritable « Daily meeting » ? (Luc Dehand, Jimmy Rundstadler, Mathias Oberti, Davidson Est)
  • L'Anti-Agilité : Et si le chaos était la clé ? (Pascal Thuet, ARTE.TV)
  • Au-delà du code : Comment GitHub Copilot révolutionne chaque étape du développement agile (Philippe Didiergeorges, Microsoft)
  • De l'Agile au Handicap : Le parallèle auquel vous ne vous attendiez pas (Jonathan Kakpeyen, Ippon Technologies)
  • L'approche Systémique en Agilité : Repenser l'Accompagnement des Equipes (Jérôme Lesage, JLE Conseil)
  • L'Art de Mener des Réunions Efficaces : Libérer l'Intelligence Collective avec les Missions Déléguées (Jérôme Lesage, JLE Conseil)

Sources