BreizhCamp 2025
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13e édition, du 25 au 27 juin 2025 : mercredi consacré aux formats longs (universités), jeudi et vendredi aux conférences, quickies et tools in action ; une centaine de sessions sur 5 salles, 96 speakers, près de 700 personnes par jour ; billetterie par loterie (75 € les deux jours, 90 € les trois jours).
Un BreizhCamp résolument artisanal et peu porté sur l'IA (deux sessions seulement) : craft et architecture modulaire, accessibilité, sécurité et sobriété dominent, et la keynote des Restos du Cœur devenus « cloud provider » open source donne le ton, « 1 € dépensé, c'est un repas qui n'est pas distribué ».
19 sessions résumées · 19 vidéos · mise à jour le jeudi 1 octobre 2026 · synthèse à compléter
Sources lues et limites de cette synthèse
Corpus : Programme officiel (JSON du site, 95 sessions hors pauses), playlist YouTube « Breizhcamp 2025 » (91 vidéos), dont 19 transcripts automatiques lus (les deux keynotes filmées du jeudi, 4 universités et 13 talks), un billet de blog de speaker (Estéban Soubiran, 29/06/2025), un article d'Orange Business (Johanna Duigou, 22/07/2025) et la vidéo-récap du sponsor Néosoft.
Limites : Aucun retour d'un participant non lié à l'événement : un blog de speaker, un blog de sponsor, aucun post LinkedIn individuel retrouvé par la recherche web. Les résumés reposent surtout sur des sous-titres automatiques (noms propres parfois incertains), donc sur ce qui a été dit sur scène, pas sur la réception ; les keynotes du vendredi matin et de clôture ne sont pas dans la playlist, et environ 75 sessions filmées restent sans contenu lu.
Synthèse globale
1. Une conférence qui laisse l'IA hors champ
Orange Business (Johanna Duigou) relève le choix le plus marquant de l'édition : sur une centaine de sessions, deux seulement portent pleinement sur l'IA (une université « Bataille de l'IA » et le tool in action de Marie Viley sur la désinformation). L'article y voit une stratégie, laisser l'IA « émerger dans les usages réels, et pas seulement dans les slides », et salue une édition « anti-spectaculaire », sans keynote prophétique sur la disparition des développeurs. L'IA apparaît surtout en creux : comme menace (désinformation, malwares écrits avec des LLM chez Seddiki et Bogrova), comme futur incertain du métier (atelier ADEME), ou comme raison de se recentrer sur la modélisation métier (Thomas Piscitelli).
2. Le retour du monolithe modulaire
Deux talks du vendredi se répondent : Thomas Piscitelli raconte un « monolithe distribué » né de la hype et le démonte avec Spring Modulith, Julien Topçu et Thomas Pierrain proposent le pattern Hive, pour qui les microservices sont « une stratégie de déploiement, pas du design ». Patrice Corteel y ajoute l'angle sobriété : des microservices restés à une instance en trois ans, là où un monolithe modulaire aurait suffi. Le message commun est de modéliser d'abord et de n'extraire un service que pour un vrai besoin.
3. Le craft, de la technique à l'éthique
Le craft reste le cœur de la programmation, avec beaucoup de sessions animées par Shodo : Object Calisthenics en pair programming (coup de cœur d'Estéban Soubiran), Elegant Objects, mob programming. Les speakers tiennent ces règles pour des exercices, pas des dogmes, et le revendiquent sur scène. Le craft s'élargit aussi : pour Cécilia Bossard et Angi Guyard, l'accessibilité est « le sortilège oublié » du Manifeste, et Manon Carbonnel fait de la sécurité psychologique et de l'inclusion le premier critère de performance d'un mob.
4. Accessibilité, inclusion, sobriété : la responsabilité du développeur
L'entrée en vigueur de l'European Accessibility Act, le jour même ou presque, donne du poids à deux talks d'Angi Guyard, nourris de chiffres et d'arguments économiques contre les surcouches « automagiques ». Nathan Castelein pose la question des masculinités dans la tech, Zenika Rennes celle du management par les pairs. Côté environnement, David De Carvalho outille la « dette environnementale » avec creedengo, et l'atelier ADEME fait imaginer le dev de 2050, des communs numériques sobres jusqu'à l'« ouvrier du dev » qui pilote une IA.
5. Open source et souveraineté par l'exemple
La keynote de Julien Briault sur les Restos du Cœur, coup de cœur du seul blog de participant, montre ce que donnent l'open source et l'infrastructure as code quand chaque euro compte : un cloud OpenStack sur trois régions et des millions de repas économisés. La keynote sponsor de CYIM fait écho en défendant un hébergement local rennais. Le collectif e18e, présenté par Estéban Soubiran, et Green Code Initiative rappellent que ces communs tiennent à des contributeurs bénévoles.
6. Tensions et critiques
- Dogmes du craft : un participant juge Elegant Objects dogmatique, et les animateurs lui donnent raison pour un projet industriel. Même nuance pour les Object Calisthenics.
- Outils jeunes : Dagger est présenté avec ses limites (version 0.x, gouvernance faible du Daggerverse), et Quarkus est contesté en salle par un participant qui mesure un facteur 10 en faveur de Go.
- Transposabilité : le mob programming et le management par les pairs sont questionnés par des participants d'ESN multi-clients, et les speakers reconnaissent les limites.
7. Vie de l'événement et biais du corpus
Près de 700 personnes par jour, 96 speakers, une billetterie par loterie à 75 ou 90 €, des captations publiées dès le 14 juillet : le format reste communautaire et accessible, et Estéban Soubiran dit vouloir revenir. Le corpus est toutefois très mince côté réception : un speaker, un sponsor, une vidéo de sponsor. Les résumés décrivent donc surtout ce qui a été dit sur scène, d'après des sous-titres automatiques. Les deux keynotes du vendredi n'ont laissé aucune trace publique retrouvée.
Actions concrètes citées
- Partir en monolithe modulaire (Spring Modulith, pattern Hive) et n'extraire un microservice que pour un vrai besoin, en figeant puis en réduisant le couplage existant avec ArchUnit (Piscitelli, Topçu et Pierrain).
- Choisir sa stack selon le contexte et le coût, pas la hype : OpenStack, Proxmox et open source ont permis d'économiser l'équivalent de millions de repas aux Restos du Cœur (Julien Briault).
- Mettre l'accessibilité dans les stories et la definition of done, outiller la CI (axe-core, Lighthouse, WAVE) et fuir les surcouches « automagiques », qui camouflent les problèmes (Angi Guyard, Cécilia Bossard).
- Pratiquer les Object Calisthenics comme exercices et non comme dogmes, toujours avec des tests avant de refactorer : « faites du pragmatic driven design » (Carbonnel et Salaün).
- Faire tourner le clavier toutes les 2 à 3 minutes en mob, caler le rythme sur le plus junior et donner la parole d'abord aux moins privilégiés (Manon Carbonnel).
- Ne jamais lancer en local un « test technique » reçu d'un recruteur inconnu, et défendre sur les TTP plutôt que sur les hashes (Seddiki et Bogrova, campagne DEV#POPPER).
- Vérifier la plausibilité avant tout outil : les détecteurs de texte IA ne sont pas fiables, le fact-checking et la recherche d'image inversée le sont davantage (Marie Viley).
- Activer un profil qualité creedengo dans SonarQube pour traiter la « dette environnementale » du code, et négocier du temps de contribution open source avec son employeur (David De Carvalho).
- Auditer ses node_modules (node-modules-inspector, pkg-size, module-replacements du collectif e18e) : un paquet comme is-string pèse 160 M de téléchargements par mois sans que personne ne l'ait choisi (Estéban Soubiran).
- Découpler le rôle de manager du poste et le confier à des pairs volontaires, formés et rémunérés, avec environ 5 personnes chacun (Zenika Rennes).
Session par session
Mercredi 25 juin
Atelier▶ vidéo + transcript
« Mais qu'est-ce qu'on va devenir ? » Le métier de dev passé au crible des scénarios de l'ADEME
Jean Paliès, Cécilia Bossard
Retours : Johanna Duigou (Orange Business, mention)
- Sur scène : les quatre scénarios Transition(s) 2050 de l'ADEME (génération frugale, coopérations territoriales, technologies vertes, pari réparateur) servent de cadre ; des groupes imaginent le dev de 2050 (formation, pouvoir, équipement, santé mentale).
- Scénarios technologiques (S3, S4) : un « ouvrier du dev » peu formé qui pilote une IA, du low-code, des profils de vérification et de test, une fracture ville-campagne.
- Scénarios sobres (S1, S2) : devs rattachés à des guildes locales ou à l'économie sociale et solidaire, communs numériques développés une fois et partagés, open source obligatoire, appareils standardisés et réparables, IA spécialisée voire réservée à la recherche.
- Phrases de participants : « le but c'est pas d'aller vite mais d'aller bien » ; « il y a peut-être pas besoin d'une app pour aller commander ma pizza ». Un groupe juge que le monde frugal n'arrivera que « si on se prend un gros mur ».
- Le temps a manqué pour débriefer les votes. Cité par Orange Business comme l'atelier écoconception de l'édition.
Atelier▶ vidéo + transcript
Des Objets Élégants dans votre code
Yann Bouvet — Shodo, Jérémy Chauvin — Shodo
Retours : Johanna Duigou (Orange Business, mention)
- Sur scène : un kata Java (une todo list à refactorer) d'après Elegant Objects de Yegor Bugayenko, pour qui les développeurs produisent des structures de données plutôt que des objets.
- Étapes : value objects qui portent leur validation, bannir les
getet les setters au profit de méthodes métier, objets immuables, constructeurs métier à la place des builders, langage du domaine. - Plus radical : pas de
null(un objetNotFoundTaskplutôt qu'un Optional), polymorphisme à la place desif, décorateurs, « règle des 4 » attributs et méthodes. - Débat assumé : un participant juge l'approche dogmatique, et les animateurs le rejoignent, « de là à tout appliquer au pied de la lettre, je pense que c'est pas souhaitable dans un projet industriel » ; l'idée à garder est de remettre du comportement dans les objets.
- Cité par Orange Business dans le volet craftsmanship de l'édition.
Conférence▶ vidéo + transcript
Enter the Daggerverse !
Julien Haumont — Zenika, Emeric Martineau
Retours : Johanna Duigou (Orange Business, mention)
- Sur scène : Dagger, une CI/CD exécutable en local, écrite dans son langage (Go, Python, TypeScript, Java…) via une API GraphQL, avec le Daggerverse comme index de modules réutilisables entre langages.
- Démo : fonctions build et publish chaînées, terminal dans le conteneur, traces OpenTelemetry, module communautaire qui simplifie le code, Dagger Shell pour mettre au point sans coder, intégration progressive dans une GitHub Action existante.
- Limites listées sans fard : version 0.x avec breaking changes, virtualisation souvent bloquée en entreprise, pas de support Kubernetes natif, gouvernance faible du Daggerverse (doublons, risque de backdoor, pas de gestion des CVE) : « Aujourd'hui le Daggerverse c'est pas ouf. »
- Débat entre les deux speakers : Dagger complète ou remplace les Dockerfiles multi-stage ?
- Lu par Orange Business comme la CI/CD pensée en écosystème cohérent.
Conférence▶ vidéo + transcript
Quarkus & programmation réactive : quand la performance rencontre la sobriété
Patrice Corteel
Retours : Johanna Duigou (Orange Business, mention), Vidéo-récap Néosoft (sponsor)
- Sur scène (format université) : la sobriété se joue d'abord dans la conception produit et l'architecture, loin devant l'algorithmie et le langage ; « la feature la plus écoresponsable, c'est celle qui n'a pas été codée ».
- Témoignages de la salle : un audit de VM qui divise les ressources par 2 à 4, et 18 microservices restés à une instance chacun en 3 ans, là où un monolithe modulaire aurait suffi.
- Quarkus face à Spring : mêmes recettes mais standards JSR, dev mode à chaud, pièges de migration (beans
@ApplicationScopeden proxies) ; les virtual threads ne sont pas du réactif, Mutiny et Vert.x évitent les threads bloqués en entrées-sorties. - Image native GraalVM : environ 100 Mo et démarrage au dixième de seconde, mais builds longs et réflexion piégeuse ; rejouer les tests sur l'image native en CI.
- Position : migrer une base Spring saine vers Quarkus « ça a pas de sens » ; un participant oppose un facteur 10 en faveur de Go, question restée ouverte.
- Mis en avant par le sponsor Néosoft dans sa vidéo-récap et cité par Orange Business.
Atelier▶ vidéo + transcript
Redécouvrir la coopération : atelier de Mob Programming
Manon Carbonnel — Shodo
Retours : Johanna Duigou (Orange Business, mention)
- Sur scène : toute l'équipe sur une seule story, métier et testeurs compris ; échauffement avec le jeu Baba Is You, puis kata Mars Rover en TypeScript et TDD.
- Trois rôles : le driver au clavier ne décide pas (il a « trop de pouvoir »), le navigateur tranche, les mobbers proposent ; rotations de 2 à 3 minutes, 3 à 6 personnes, consignes au plus haut niveau d'abstraction pour ne pas infantiliser.
- Coût : pas de chiffres, mais suppression des code reviews, réunions et changements de contexte, et moins de bus factor ; décisions rapides avec le Decider des Core Protocols.
- Inclusion : caler le rythme sur le plus junior, donner la parole d'abord aux moins privilégiés ; « le premier critère de performance dans une équipe, c'est la sécurité psychologique ». Remote oui, hybride non.
- Débat : un participant d'ESN juge le mob réservé aux éditeurs ; réponse : « 15 priorités en parallèle, c'est déjà un problème ».
Conférence▶ vidéo + transcript
Management libéré : et si votre collègue développeur·euse était votre manager ?
Marie Gigon — Zenika, Nicolas Leport — Zenika
- Sur scène : le constat (un manager sur deux jamais formé, peu de feedback) et la situation de départ chez Zenika, où directeurs d'agence et commerciaux suivaient près de 20 personnes chacun, parfois sans entretien depuis plus de 6 mois.
- Management par les pairs depuis janvier 2024 (Rennes pilote, puis toutes les agences) : rôle découplé du poste, sur candidature, environ 5 personnes par manager, 8 jours par an dédiés, rôle rémunéré ; lors de la première vague, chacun a choisi son manager.
- Rituels : one-to-one mensuel, suivi technique par un autre manager, arbre de compétences open source (Career Path), comité d'augmentation mensuel et collégial sur grille salariale publique.
- Formation de 2 jours (CNV, feedback sans « sandwich », droit à la déconnexion, burn-out). Bilan à 18 mois jugé très bon par sondage anonyme.
- Débat en Q&R : modèle transposable hors ESN ? Enveloppe d'augmentation épuisée en fin d'année ? Les speakers reconnaissent les limites. « Faire grandir les gens même si la suite de leur carrière c'est ailleurs. »
Conférence▶ vidéo + transcript
La réactivité et les signaux : démystifions la magie du frontend
Estéban Soubiran
Retours : Estéban Soubiran (speaker, blog)
- Sur scène : UI = fn(state), illustré par une cellule Excel ; dissection d'Alien Signals (base de la réactivité de Vue), deux fichiers d'environ 150 lignes.
- Théorie : graphe orienté acyclique, signal, computed, effect ; propagation push-pull (flags « dirty » poussés, recalcul paresseux).
- Révélation : tout repose sur une variable globale,
activeSub, « qui leur permet de communiquer entre eux ». - Granularité : au composant dans Vue, au nœud du DOM dans Vue Vapor, Solid ou Qwik ; React n'a pas de signaux et ses hooks « n'ont rien à voir ».
- Talk déjà donné à Devoxx France et MiXiT 2025 (blog du speaker).
Jeudi 26 juin
Keynote▶ vidéo + transcript
Comment transformons-nous les Restos du Cœur en cloud provider ?
Julien Briault — Restos du Cœur (bénévole)
Retours : Estéban Soubiran (speaker de l'édition, blog)
- Sur scène : 163 millions de repas, 78 000 bénévoles réguliers, 113 associations départementales ; au départ, l'informatique d'une antenne, c'était « le fameux PC qui traîne dans un coin », sans sauvegarde ni doc.
- Genèse : seul dans l'antenne d'Eure-et-Loir, des serveurs dans d'anciennes toilettes de l'entrepôt, puis un datacenter à Chartres monté avec du matériel récupéré.
- Principe directeur : « 1 € dépensé, c'est un repas qui n'est pas distribué », d'où le refus d'AWS et de VMware et le choix de l'open source : tout en infrastructure as code (Pulumi), pas de SSH direct, infra immuable, runbooks obligatoires.
- Le « Cloud du Cœur » : OpenStack conteneurisé dans Kubernetes, 20 clusters Proxmox, trois régions en cours (Chartres, Paris, Marseille), un outil maison qui éteint les nœuds inutiles et a quasiment divisé par deux la consommation électrique du site.
- Impact chiffré en repas : sondes de chaîne du froid maison (6 millions de repas par an), Passbolt, RustDesk, un « Linux du Cœur » pour 15 000 à 22 000 postes incompatibles Windows 11 ; environ 12 à 20 millions de repas économisés au total.
- Position : le context driven development contre le hype driven development ; seul pendant 4 ans, l'équipe compte désormais 11 personnes et vise à ouvrir ce cloud à d'autres associations.
- Réception : coup de cœur d'Estéban Soubiran, « amusant, informatif et technique », la preuve que la tech peut servir le bien commun.
Keynote▶ vidéo + transcript
Keynote sponsor du jeudi soir : CYIM
Deux intervenants de CYIM (prénommés Mathieu)
- Sur scène, après la remise des trophées sponsors : CYIM, société rennaise d'environ 80 personnes qui assure la captation vidéo et l'application mobile du BreizhCamp, travaille à 99 % pour des sociétés savantes médicales (congrès, abstracts, examens).
- Souveraineté : tout est hébergé dans un datacenter rennais dupliqué, avec leurs propres adresses IP.
- Stack : legacy .NET et SQL Server en monolithe, event-driven avec Kafka et Flink, microservices GraphQL fédérés sur Kubernetes, applis Flutter en marque blanche ; jusqu'à 30 salles captées sur les plus gros congrès.
- Projets : buzzers sur Raspberry Pi, migration des bornes de posters vers Linux, IA pour la traduction en direct et la recherche dans 15 à 20 ans d'archives, démarche RSE (label Lucie, ombrières solaires).
- Point de friction rapporté : les clients veulent « du Netflix ou du YouTube », sans les budgets ni la publicité qui les financent. « Même si on fait de l'audiovisuel, on est une boîte d'informatique. »
Conférence▶ vidéo + transcript
« Make the change easy » : apprivoiser le legacy avec les Object Calisthenics
Manon Carbonnel — Shodo, Gaël Salaün — Shodo
Retours : Estéban Soubiran (speaker de l'édition, blog)
- Sur scène : une saynète de pair programming sur une bibliothèque de jeux vidéo en Kotlin ; Manon veut « rendre le changement facile » avant de contribuer, en suivant les neuf règles de Jeff Bay.
- Un seul niveau d'indentation, pas de
else(early return), polymorphisme et Null Object à la place deswhen. - Lutter contre la primitive obsession : des types comme détrompeurs (poka-yoke), first class collections, un seul point par ligne (loi de Déméter : « on ne doit jamais jouer avec les jouets de nos jouets »).
- Nommer sans abréger, garder les entités petites (anecdote d'une classe de 12 500 lignes), pas de getters ni setters, Tell, don't ask.
- Position : des exercices, pas des dogmes, et des tests avant de refactorer ; « On critique le code, pas les gens », « faites du PDD, du pragmatic driven design ».
- Réception : second coup de cœur d'Estéban Soubiran, « un mélange parfait de perspicacité technique, de conseils pratiques et d'humour ».
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Réinventer les masculinités, un chemin vers plus d'inclusion dans la tech
Nathan Castelein — Shodo
- Sur scène : une femme sur deux quitte la tech avant 35 ans, une sur deux déclare avoir subi des comportements sexistes.
- Cadre : la pyramide des masculinités de Raewyn Connell (hégémonique, marginalisée, subordonnée, complice), illustrée par son expérience de pom-pom boy dans le roller derby.
- Dans la tech : l'« énergie masculine » prônée par Zuckerberg, le rockstar programmer, une étude GitHub où les PR de femmes sont moins acceptées dès que leur genre est visible, la code review comme terrain de compétition.
- Pistes : comprendre ses privilèges, s'éduquer soi-même (bibliographie fournie), réagir à plusieurs, surveiller manspreading et manterrupting, sortir de la précarité émotionnelle.
- Message : « C'est normal et c'est OK d'être complice aujourd'hui », pour une performance vécue comme « une aventure collective ».
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Développeurs, votre code façonne le monde de demain !
David De Carvalho — Capgemini
- Sur scène : selon la mise à jour ADEME 2025, le numérique pèse 4,4 % de l'empreinte carbone française (60 % fabrication, 40 % usage) ; les développeurs agissent sur la part usage.
- Notion de « dette environnementale » à côté de la dette technique ; distinction green coding et green architecture.
- Outils open source : creedengo (ex-ecoCode), plugins SonarQube par langage fondés sur les 115 bonnes pratiques Green IT, le RGESN et le GR491 ; API Green Score pour les architectures backend.
- Histoire du collectif Green Code Initiative : de la recherche (2019) à l'association loi 1901 et au marketplace Sonar, plus de 200 contributeurs, hackathons passés de 40 à 120 participants.
- Démo : profil qualité Python, puis écriture en direct d'une règle Java qui détecte les
SELECT *. - Débat en Q&R sur l'efficacité réelle des règles : désormais justifiées par la documentation ou une mesure CodeCarbon, certaines ont été dépréciées.
Conférence▶ vidéo + transcript
Et si on parlait de « malware craftsmanship » ?
Sonia Seddiki, Nailya Bogrova
Retours : Johanna Duigou (Orange Business, mention)
- Sur scène : la campagne DEV#POPPER, de faux recruteurs LinkedIn qui font lancer un repo Node.js « de test technique » piégé (3 antivirus sur 64 le détectaient), attribuée avec prudence au groupe Lazarus.
- Histoire (ILOVEYOU, Stuxnet, NotPetya) et cadre légal français (loi Godfrain, LCEN qui punit la détention d'outils sans motif légitime).
- Méthode : matrice MITRE ATT&CK et Pyramid of Pain ; changer un hash ou une IP est facile, changer ses TTP beaucoup moins, d'où une défense à viser sur les comportements.
- Techniques d'évasion (détection de sandbox, exécution retardée, living off the land, process hollowing) et analyse en direct d'un dropper .NET caché dans une calculatrice, qui extrait une DLL des pixels d'une image.
- Mise en garde : ce qu'on envoie sur VirusTotal devient public. Conseil (sur le ton de la blague) aux devs en recherche d'emploi : « refusez les tests techniques ».
- Lu par Orange Business comme une approche pédagogique de la sécurité.
Conférence▶ vidéo + transcript
Mais pourquoi je me ferais ch**r avec l'accessibilité ?
Angi Guyard — Shodo
- Sur scène : le cadre légal (RGAA fondé sur les WCAG, European Accessibility Act applicable « ce weekend » au B2C dès 10 salariés ou 2 M€ de chiffre d'affaires) et un état des lieux sévère (34 erreurs par page en moyenne sur les sites publics, moins de 1 % de sites conformes selon la Fédération des aveugles).
- L'argument économique : 29 % des 15 ans et plus handicapés ou en perte d'autonomie (DREES 2024), un bug 30 fois plus cher après livraison, exemples Tesco, Barclays et un assureur britannique.
- Risques : outils internes inaccessibles assimilables à de la discrimination à l'embauche, procès Domino's et Target aux États-Unis.
- Position tranchée : « les outils de surcouche, ça corrige pas tous les problèmes d'accessibilité, ça les camoufle » ; un participant ajoute qu'un code propre est avant tout un code accessible.
Lightning talk▶ vidéo + transcript
En JavaScript, il y a un paquet pour tout... et souvent pour rien
Estéban Soubiran
Retours : Estéban Soubiran (speaker, blog)
- Sur scène (quickie) :
is-stringdépasse 160 M de téléchargements par mois, plus que React, sans que presque personne ne l'ait installé volontairement ; il amène 15 sous-paquets dont 5 à 10 % de JS utile. - Outils : node-modules-inspector (Anthony Fu), pkg-size, npmgraph, et le collectif e18e (PR vers des API natives, forks allégés, table module-replacements).
- Exemple : Storybook passé d'environ 400 dépendances transitives (8.2) à une vingtaine (8.4).
- Débat : un participant « très haut niveau » ne se sent pas concerné ; réponse, contribuer en amont, surveiller ses propres choix et, comme mainteneur, assumer ce qu'on fait installer.
Conférence▶ vidéo + transcript
IA et désinformation : affûtez votre bullshit detector !
Marie Viley
- Sur scène (tool in action, l'une des deux seules sessions de l'édition consacrées à l'IA) : l'IA est « un accélérateur à fake news », réalistes et personnalisées, sur tous les formats.
- Indices dans un texte (style lisse, connecteurs typiques, ni auteur ni source) ; les détecteurs de texte IA ne sont pas fiables (faux positifs et négatifs, faciles à piéger) : « je vous conseille de pas vous fier à ça ».
- Indices visuels et sonores : doigts, texte déformé, ombres, anachronismes, décalage son et lèvres, intonation plate ; outils TinEye, InVID, recherche d'image inversée.
- Cas réels : la fausse explosion au Pentagone qui a fait chuter la bourse, un faux « Macron démissionne », les faux appels robotisés de Biden en 2024.
- Première question à se poser : « est-ce que c'est possible ? », avant tout outil.
Vendredi 27 juin
Conférence▶ vidéo + transcript
Modular monolith : la dernière croisade des architectures ?
Thomas Piscitelli
- Sur scène, en fil rouge un Jurassic Park fictif : trois microservices nés de la hype, et le constat « Oh mon dieu, nous avons fabriqué un monolithe distribué » (code freeze, mises en prod groupées, coûts d'infra et de latence).
- Démo Spring Modulith : découpage vertical, sous-packages privés, test de modularité, documentation générée depuis le code.
- Migration d'un vrai microservice : ArchUnit fige le couplage existant (33 dépendances pour un module) puis le seuil baisse à chaque sprint ; événements entre modules.
- Couplage par la base de données : cinq options sans silver bullet (UUID, requêtes en lot, dénormalisation par événements, module shared assumé, re-fusion).
- Position : extraire un microservice seulement pour un vrai besoin business ; modéliser le métier est la valeur du développeur face à une IA qui « code bien ». Objection en Q&R : autoriser des couplages explicites, est-ce « la porte ouverte » ? Réponse : cela oblige à les justifier.
Conférence▶ vidéo + transcript
On n'aurait pas oublié un truc dans le craft !?
Cécilia Bossard, Angi Guyard — Shodo
- Sur scène, sous forme de conte : du cycle en V aux « Magilistes » (Manifeste agile) puis aux artisans du code (Manifeste craft), avec une critique de l'agile dévoyé (daily-reporting, vélocité, rétros sans suite, micro-management) et de l'élitisme du craft.
- Le sortilège oublié, c'est l'accessibilité : « le craft en fait c'est absolument pas une question d'outillage » ; TDD, DDD et hexagonal ne garantissent pas un produit utilisable par tous.
- REX d'un site ministériel : gros effort sur la navigation clavier, contrastes oubliés, charte graphique refaite en fin de projet.
- Leviers : personas en situation de handicap, axe-core, Lighthouse et WAVE en CI, tests avec des personnes handicapées, audits externes, RGAA dans les stories et la DoD.
- Votes de la salle : environ trois quarts ont connu l'effet tunnel, les personnes formées à l'accessibilité « se comptent sur les doigts d'une main ». En Q&R : « On peut être 100 % conforme sans être vraiment accessible. »
Conférence▶ vidéo + transcript
Le pattern Hive : une stratégie de modularisation pour votre monolithe modulaire ou vos microservices
Julien Topçu — Shodo, Thomas Pierrain
- Sur scène : rétrospective du big ball of mud aux microservices de 2015 et aux « monolithes distribués » ; un découpage en bounded contexts n'est vérifiable qu'en prod, et les microservices sont une stratégie de déploiement, pas du design.
- Le pattern Hive : un module = un bounded context = une mini-architecture hexagonale, avec son propre datastore ; les modules communiquent par un port et un « InProc adapter », remplacé par un client HTTP le jour où l'on extrait un module.
- Usage : partir en monolithe modulaire en greenfield, « ruchifier » le legacy par extract and move en brownfield.
- Pièges : modules trop bavards (imaginer l'autre module « sur GCP en Australie »), suite de tests monolithique, plusieurs équipes sur un même monolithe comparé à une copropriété.
- Mot d'ordre : « modéliser d'abord et déployer comme vous le voulez » ; pas contre les microservices, mais pour en rationaliser le choix.
Sessions sans retour trouvé (77)
- Keynote du vendredi matin (non filmée, intervenant non annoncé)
- Keynote de clôture du vendredi (non filmée)
- Bataille de l'IA (Héloïse Dano, université, non filmée)
- Dis papa, c'est quoi un audit d'applications ? (Eric Siber)
- 1re règle du code club : il est interdit de trop coder (Ali El Amrani)
- ProgramAtion in Franglais (William Bartlett)
- HTMX, ou le retour de l'AJAX (Stéphane Trebel)
- Le DDD, c'est compliqué ? Attendez de mal l'appliquer ! (Nathan Castelein)
- Décodons nos pipelines (Hafsa El Maizi)
- Rendre ses tests concis et évolutifs grâce à JUnit 5 (Juliette de Rancourt)
- Vous pouvez venir à cet atelier les yeux fermés (François-Xavier Lair, Henri Gauffriau)
- Démystifions nos clean architectures (Yann Schepens, Nicolas Giraud, Thomas Blaisot)
- Sortir des ORMs avec jOOQ (Sylvain Decout, Samuel Lefebvre)
- Klean Code en Kotlin (Mathieu Durand)
- Booster le démarrage des applications Java (Olivier Bourgain)
- Détection d'anomalies avec Apache Flink et Kafka (Ludovic Boutros)
- Indiana Jones et la Malédiction des Commons (Thomas Piscitelli, non filmé)
- Le monde merveilleux des claviers mécaniques (Romain Blazeix, David Blanchet)
- Systèmes distribués, pour le meilleur et pour le pire (Sébastien Lecacheur)
- HTTP/3 : 36 ans d'histoire du protocole HTTP (Chris Navas)
- L'ensaignement vu par la data (Maxime Odye)
- Social Engineering, techniques de manipulation (Pierre Chesneau)
- Anonymiser ses données de prod avec DbToolsBundle (Pierre Rineau, Simon Mellerin)
- À la découverte du code golf (Sonia Seddiki)
- Mob code review : merger sa PR en 10 secondes (Thibaut Cantet)
- RFID, MIFARE et Flipper Zero (Nicolas Ledez)
- Le quantique, c'est fantastique (Damien Hackett)
- OSINT : l'art de trouver ce qui ne devrait pas être trouvé (Marie Viley)
- Faire évoluer une application legacy sans (trop) souffrir (Raphaël Luta)
- Repérer les requêtes lentes avant la prod (Emmanuel Quincerot, Inigo Mediavilla Saiz)
- Amusons-nous avec jj, une alternative à git (Harold Favereau)
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Sources
- Site officiel BreizhCamp 2025 (nouvel onglet) ↗
- Programme officiel BreizhCamp 2025 (nouvel onglet) ↗
- Playlist YouTube « Breizhcamp 2025 » (91 vidéos) (nouvel onglet) ↗
- Estéban Soubiran — BreizhCamp 2025: My First Time in Brittany as a Speaker (29/06/2025) (nouvel onglet) ↗
- Johanna Duigou (Orange Business) — BreizhCamp 2025 : la technique en scène pour un buzz hors champ (22/07/2025) (nouvel onglet) ↗
- Néosoft — [RENNES] Retour en images sur le BreizhCamp 2025 (vidéo sponsor) (nouvel onglet) ↗
- Slides de la keynote de Julien Briault (Speaker Deck) (nouvel onglet) ↗
- Posts LinkedIn : aucun post individuel retrouvé par la recherche web