FlowCon 2025

Agile & Lean1–2 avril 2025Montrouge, Le Beffroi

1er et 2 avril 2025, Beffroi de Montrouge (place Émile Cresp), d'après le programme Sched. Environ 37 sessions sur 4 salles (Fast Flow, Feedback Loop, Limit WIP, Small Batch), dont 6 ateliers. Keynote d'ouverture de Pierre Pezziardi (présentée comme telle par les participants) et keynote de Nick Tune le 2e jour. 22 talks filmés et publiés sur YouTube les 14 au 18 avril 2025. Talks en français et en anglais.

FlowCon 2025 a déplacé la question du flux vers celle du pouvoir et des systèmes : qui décide, qui garde le code, qui dépend de qui. Les retours d'expérience chiffrés (Cdiscount, Esker, Evaneos, Zalando) côtoient des talks plus politiques (Bayart, Dufour, Harmel-Law, Pezziardi), avec un fil commun : mesurer l'impact plutôt que l'activité, et confier la conception du travail à ceux qui le font.

26 sessions résumées · 22 vidéos · mise à jour le dimanche 4 octobre 2026 · synthèse à compléter

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : Programme officiel sur Sched (37 sessions). Les 22 transcripts YouTube des talks filmés ont été lus intégralement (sous-titres automatiques, en langue originale sauf pour Pezziardi et Dubois, lus en traduction française). Retours participants : deux comptes-rendus de blog, celui de Benjamin Seillier sur Medium (un article par jour, publiés les 1er et 3 avril 2025) et celui de Jonathan Kakpeyen sur le blog Ippon (7 mai 2025), plus trois posts Mastodon (Thomas Lissajoux, Seb Rose) et un post de speaker (Thierry De Pauw).

Limites : Corpus participant très mince : aucun post LinkedIn n'a pu être lu, et les deux blogs ne couvrent qu'une dizaine de sessions chacun. La plupart des résumés reposent donc sur ce qui a été dit sur scène, d'après des sous-titres automatiques (noms propres souvent déformés, chiffres à prendre avec prudence). Les talks non filmés (Clavier, Seb Rose, Michelin, atelier Fiche) ne sont connus que par un blog. 11 sessions, dont 5 ateliers, n'ont aucun contenu.

Synthèse globale

1. Le pouvoir, sujet central d'une conférence sur le flux

Plusieurs talks, sans s'être concertés, posent la même question : qui a le pouvoir de décider, et comment ce pouvoir se fige dans les systèmes.

  • Andrew Harmel-Law voit le code comme « du savoir et du pouvoir solidifiés », gardé par des « swamp guides » qui deviennent gatekeepers. Il propose l'advice process.
  • Trond Hjorteland prolonge dans le créneau suivant : « the team must design themselves ». Il rejette le mot « empowerment », parce qu'un pouvoir donné peut être repris.
  • Sara Dufour montre comment les biais et les privilèges sabotent l'intelligence collective.
  • Matthew Philip décrit des managers qui « s'effondrent » d'un niveau et étouffent l'autonomie des équipes.
  • Benjamin Bayart porte la question au niveau géopolitique : qui peut éteindre notre informatique ?

C'est l'apport le plus singulier de l'édition, et c'est ce que Jonathan Kakpeyen (Ippon) retient en conclusion : une identité d'organisation qui naît « par le collectif » et « dans le respect des individus ».

2. Mesurer l'impact, pas l'activité

Les retours d'expérience convergent sur un même déplacement, de la production vers l'effet.

  • Pezziardi demande à chaque startup d'État de « prouver que le monde est meilleur » avec son produit. Il le fait avec une seule mesure, qu'on change quand elle est atteinte.
  • Rachel Dubois juge la vélocité « totalement inutile » si elle n'infléchit pas la croissance. Cansel Sörgens veut des OKR qui testent des hypothèses plutôt qu'un plan de livraison.
  • Chloé Lemarié raisonne en appétit et en ROI à la betting table.

La tension apparaît chez Cdiscount : des progrès DORA spectaculaires (une mise en production toutes les 7 minutes), mais un lien avec le business que les speakers eux-mêmes ne savent pas démontrer. Benjamin Seillier le relève. Chez Michelin, d'après lui, on suit l'évolution des métriques DORA plutôt que leur niveau.

3. Le lean comme socle, au plus près du terrain

FlowCon garde son ADN lean (l'événement s'appelait Lean Kanban France, rappelle Laurent Morisseau sur scène). Le lean y est surtout présenté par ses gestes concrets :

  • Gemba : regarder la dernière pièce sortie, « seul le terrain dit vrai » (Ignace) ;
  • Kaizen par petits pas plutôt que par grands programmes (de Graeve) ;
  • standards de travail rédigés par l'expert et testés par un novice, comme réponse aux risques psychosociaux (Douet) ;
  • WIP limité jusqu'au sommet de l'organisation (Philip) et coût de transaction des revues de code (De Pauw).

Côté salle, ce sont ces sessions qui ont été le plus commentées : Gemba et Michelin chez Seillier, Douet chez Kakpeyen, qui y voit le talk qui « remet l'humain au centre ».

4. Organisations à l'échelle : moins de rôles, plus de structures nouvelles

Aucun intervenant ne défend un framework d'échelle lourd.

  • Esker pratique LeSS sans rôle ajouté et laisse les équipes recruter et se recomposer elles-mêmes.
  • Evaneos a supprimé backlog et tickets avec Shape Up.
  • Morisseau défend la coexistence de quatre archétypes plutôt qu'un modèle déployé partout.
  • Pezziardi et Nick Tune arrivent à une conclusion voisine : une équipe transformée réinjectée dans l'existant se fait « digérer » (Pezziardi), et une modernisation inachevée laisse plus de systèmes qu'au départ (Tune). Il faut donc créer de nouvelles structures, ou aller jusqu'au bout.

5. L'IA, présente mais disputée

L'IA n'est pas le thème de l'édition, mais elle traverse plusieurs talks, avec des positions opposées.

  • Enthousiasme : Didier Girard (SFEIR) annonce un SI conversationnel et plus de personas IA que de salariés en 2030, et assume la consommation de tokens. Aude Defretière tempère : la seule métrique est l'adoption, bien plus lente que le battage.
  • Scepticisme : Seb Rose cite des données qui montrent une baisse de la lisibilité et de la stabilité du code avec l'IA. Benjamin Seillier lui oppose son expérience positive sur de petits projets. Thierry De Pauw ne croit pas aux LLM pour la revue de code ; Harmel-Law y voit un risque de point de vue imposé.
  • Coût environnemental : Alice Drahon et Sarah Oury (Boavizta) rappellent qu'« une IA frugale, c'est avant tout une IA qui n'existe pas ».

6. Tensions et critiques

  • Mesure contre valeur : la critique la plus nette du corpus vise Cdiscount, dont les indicateurs sont rigoureux mais sans lien démontré avec la valeur (Seillier).
  • Formalisme lean : chez Michelin, la certification A3 pour tous a pu privilégier la forme sur l'action (Seillier).
  • BDD sans Gherkin : Seillier conteste l'abandon d'un langage lisible par les non-techniciens.
  • Politique sur scène : Bayart et Dufour abordent techno-fascisme, sexisme et privilèges. Kakpeyen salue des sujets trop peu traités ; aucun retour lu ne les conteste, mais en Q&R un participant reproche à Sara Dufour d'oublier l'âge et la mobilité sociale.

7. Vie de l'événement et limites du corpus

Deux jours au Beffroi de Montrouge, quatre salles, beaucoup de talks en anglais, et des speakers qui se répondent d'un créneau à l'autre (Hjorteland après Harmel-Law, Dubois après Sörgens, Girard après De Pauw). Benjamin Seillier salue un événement pragmatique, fait de retours concrets et sans « bullshit ». Matthew Philip la décrit sur scène comme « one of my favorite conferences in the whole world » ; Nick Tune rappelle qu'il y a donné l'un de ses premiers talks, il y a neuf ans, sous l'ancien nom et dans l'ancien lieu.

Le corpus participant reste mince : deux blogs (Seillier, Ippon) et une poignée de posts Mastodon, aucun post LinkedIn. L'essentiel des résumés vient des 22 transcripts automatiques. Les sessions non filmées (BDD, Seb Rose, Michelin, ateliers) ne sont connues que par un seul témoin.

Actions concrètes citées

  1. Créer une structure nouvelle et indépendante plutôt que réinjecter des équipes transformées dans l'organisation existante, qui les « digère » (Pezziardi, retenu par Seillier).
  2. Ne pas commencer une modernisation qu'on ne finira pas : la « legacy migration death valley » laisse plus de systèmes qu'au départ. Prévoir apprentissage continu (DDD open hours), décisions explicites et 30 minutes de mob refactoring par jour (Tune).
  3. Découpler revue de code et mise en production : revues non bloquantes sur trunk, une colonne « To review » à vider avant de commencer autre chose (De Pauw).
  4. Pour diagnostiquer, aller voir la dernière pièce sortie plutôt qu'écouter le récit du process : 6 mois pour ajouter 25 caractères à une requête (Ignace).
  5. Rédiger les standards de travail par l'expert de l'équipe, testés par un novice, et les mettre à jour à chaque résolution de problème : un lead time ramené de 6 jours à 1 (Douet).
  6. Garder les KPI DORA pour piloter localement et passer du push au pull : les équipes choisissent les capacités à acquérir (Cdiscount : une mise en production toutes les 7 minutes).
  7. Remonter d'un niveau : beaucoup de problèmes seraient résolus en limitant le WIP aux plus hauts niveaux de l'organisation (Philip).
  8. Protéger trois libertés dans le code : se réorganiser, bouger, désobéir, et décider par l'advice process (Harmel-Law).
  9. Mesurer les temps de parole, recourir à l'anonymat et aux Liberating Structures : pas de diversité sans inclusion (Dufour).
  10. Faire une analyse de dépendances (qui peut éteindre quoi) avant de confier son informatique à un hyperscaler (Bayart).

Session par session

Mardi 1 avril

Keynote▶ vidéo + transcript

Do you really need an Elon Musk to achieve debureaucratization in your organization?

Pierre Pezziardi — DINUM

Retours : Benjamin Seillier (blog Medium), Jonathan Kakpeyen (blog Ippon), Thomas Lissajoux (Mastodon)

  • Premier talk du programme, juste après l'ouverture. Sur scène, Pezziardi part de la débureaucratisation « à la tronçonneuse » pour rappeler que le secteur public n'a pas le monopole de la bureaucratie. Deux tragédies : celle de l'exécution (SIRH ratés comme Louvois) et celle de la finalité (son système Bâle 2 « vert » la veille de la faillite de 2008).
  • Diagnostic : silos et loi de Conway produisent une crise de responsabilité ; aucune organisation n'est structurée autour d'un impact. Le manifeste beta.gouv tient en trois mots : impact, incrémental, autonomie.
  • Une question guide chaque startup d'État : « comment prouver que le monde est meilleur avec votre produit ? ». Exemple du Pass Culture : la mesure n'est pas le nombre de transactions mais l'usage par les jeunes défavorisés, et l'équipe a découvert qu'il fallait un média plutôt qu'un moyen de paiement.
  • « Plus il y a d'incertitudes, plus il faut aller vite » : toute ambition peut tenir dans une itération de 6 mois.
  • Le transfert des startups vers l'administration a échoué : les équipes ont été « dévorées et digérées » par la culture dominante. D'où la création de nouvelles structures (opérateurs) pour pérenniser les produits.
  • Côté salle, c'est cette idée que retient Benjamin Seillier : « une équipe transformée réintégrée dans un système non transformé se fait phagocyter ». Thomas Lissajoux relaie en direct que le management est la contrainte du changement culturel. Jonathan Kakpeyen (Ippon) cite Nos Gestes Climat et Pass Culture.
  • Le transcript disponible est une traduction automatique : les chiffres cités sur scène sont peu fiables.

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Kaizen : gravir l'Everest

Bertrand de Graeve

Retours : aucun retour participant trouvé (d'après le transcript)

  • Fil rouge : l'ascension de l'Everest par Inoxtag, pour défendre l'amélioration par petits pas, d'autant plus utile dans un contexte instable.
  • Décréter le Kaizen ne suffit pas : il raconte les trois conseils reçus par un dirigeant d'un disciple d'Ohno (une heure par jour au bureau, se demander d'abord ce qu'on a fait ou pas fait, ne jamais partir sans une action d'amélioration en tête).
  • Exemples terrain : une préparatrice qui marche 15 à 16 km par jour passe à 10 km après réimplantation des meilleures ventes ; une équipe ERP qui arrête de développer tant que le stock en test ne redescend pas à 25 voit sa production multipliée par 2.
  • Il critique les rétros de 3 à 4 heures qui produisent des « stocks de problèmes », et leur oppose un tableau PDCA avec compteur de problèmes résolus.
  • Cinq principes : ceux qui produisent savent, pas de coupable, regarder le processus et pas les gens, poser des questions plutôt que donner des conseils, viser « même 1 % tout de suite ».
  • En Q&R : les primes à l'amélioration chez Jean-François Zobrist (Favi), choisies par un comité d'ouvriers, et le rôle du manager, qui rappelle le sens sans imposer le comment.

Conférence

Le BDD en 2025

Thomas Clavier — aqoba

Retours : Benjamin Seillier (blog Medium)

  • Session non filmée. Le programme annonce une réinvention du Behaviour Driven Development par une redistribution des rôles (développeur, PO, QA) inspirée de la pédagogie inversée, quinze ans après la naissance du BDD.
  • Benjamin Seillier y retrouve les pratiques de son équipe : explorer les besoins par des exemples et un dialogue actif entre PO et développeurs.
  • Point de désaccord : il conteste l'abandon de Gherkin au profit de langages dédiés au domaine, qui rendrait la logique moins accessible aux non-techniciens.

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A Systems Perspective toward Reliability Engineering at Zalando

Heinrich Hartmann — ex-Zalando

Retours : aucun retour participant trouvé (d'après le transcript)

  • Ancien responsable de la reliability engineering de Zalando (environ 3 000 ingénieurs, plus de 3 000 microservices). Thèse : la fiabilité consiste à mettre en place les bonnes boucles de contrôle, dans une lecture socio-technique (Donella Meadows, loi de Conway).
  • Les postmortems des 12 derniers mois sont « des rayons laser vers les parties les plus fragiles » du système. Le seuil d'incident a été relevé : on est passé de centaines d'alertes par semaine à une dizaine de postmortems.
  • Weekly Operational Review en cascade (équipe, département, BU) : un rapport généré par environ 500 lignes de Python, lu en silence puis commenté. Il y revoit incidents, SLO métier et santé de l'astreinte.
  • Gestion proactive des risques avant la Cyber Week : registre, propriétaire, SLA de triage, burndown (52 risques mitigés côté infrastructure).
  • Étude de cas : une faute de frappe dans un manifeste a effacé des dizaines de milliers d'entrées DNS internes et mis Zalando hors ligne en pleine Cyber Week. Remédiation via des fichiers hosts. Leçon : aucune boucle de feedback (ni validation de schéma ni preview) sur les changements de configuration.
  • Le talk est cité le soir même par Kai Hansen, et probablement par l'équipe d'Esker (« une conférence SRE ce matin »).

Atelier

From Wild Bets to Solid Forecasts: Mastering Predictability

Margaux Fiche — 55 Degrees

Retours : Jonathan Kakpeyen (blog Ippon)

  • Atelier non filmé sur la prévisibilité dans un système Kanban.
  • Jonathan Kakpeyen (Ippon) a apprécié qu'il démonte les « faux signaux encourageants » et apprenne à lire de vraies métriques de flux plutôt que des indicateurs trompeurs.

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Comment la méthodologie Shape Up permet de décliner la stratégie produit d'Evaneos ?

Chloé Lemarié — Evaneos

Retours : Jonathan Kakpeyen (blog Ippon)

  • « Pas de backlog, pas de sprint, pas de ticket, et pourtant les équipes avançaient » : chez Evaneos (170 personnes), Shape Up a été adopté après le Covid pour sortir de l'usine à fonctionnalités. C'est sa 4e année.
  • 7 Impact Teams, chacune avec un KPI, en « product orchestra ». Cycles de 6 semaines plus 2 semaines de cooldown, en double piste shape et build.
  • Betting table toutes les 8 semaines avec CPO, CTO et un sponsor du codir. On raisonne en appétit et non en estimation : « quel temps on a envie d'y passer ». Repère : 6 semaines d'équipe coûtent environ 100 000 €.
  • Ajustements maison : trois types de shape (exploratoire, test, technique), 15 % du cycle réservés à la dette technique, un « Captain Interrupt » par équipe, et une équipe IA sortie de Shape Up parce que 6 semaines sont trop longues pour ses POCs.
  • Prérequis : produit stable, confiance du leadership, PM autonomes. Inadapté avant le product-market fit ; « il y a quand même pas d'organisation parfaite ».
  • Côté salle, Jonathan Kakpeyen y voit « une bonne introduction » à la méthode de Basecamp.

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Le Cadre de Performance des Équipes Produits chez Cdiscount

Romain Quilici — Pixis (Cdiscount), Virginie Cador — Betclic, ex-Pixis

Retours : Benjamin Seillier (blog Medium)

  • Performance locale (Romain Quilici) : fin 2020, livraisons hebdomadaires pénibles et 96 % de disponibilité. Programme « Go to Product » fondé sur Accelerate : les capacités DORA sont redécoupées en une vingtaine de fiches actionnables (vidéo, KPI, critères de validation).
  • Bascule du push au pull : les équipes tirent elles-mêmes la transformation. Résultat annoncé : « on livre en production toutes les 7 minutes », une disponibilité supérieure à 99 % et la fin du gel avant le Black Friday. Le programme, prévu sur 2 ans, dure encore après 4 ans et prend un virage lean fin 2024.
  • Performance globale (Virginie Cador, B2B Octopia) : framework maison, workflows standardisés, six indicateurs (fiabilité de roadmap, prédictibilité, repriorisation, engagements clients, time to market). La fiabilité de roadmap passe de 40 % à la cible de 80 %, ce qui permet d'absorber un changement d'actionnaire en deux trimestres.
  • En Q&R, sur le lien avec le business : « je sais pas le dire » pour la corrélation entre vitesse et gain.
  • Côté salle, Benjamin Seillier salue la rigueur et l'adaptation concrète des capacités DORA, mais note que « le lien entre ces indicateurs et la création effective de valeur business n'est pas démontré ».

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LeSS chez Esker : retour d'expérience

Stéphane Lichtenberger — Esker, Samuel Chapal — Esker

Retours : Benjamin Seillier (blog Medium), Jonathan Kakpeyen (blog Ippon)

  • Esker : environ 200 personnes en R&D, une trentaine d'équipes Scrum, plus de 325 sprints depuis 2012. Ils se sont reconnus après coup dans LeSS : « du Scrum à plusieurs équipes, pas une collection de plusieurs équipes Scrum ».
  • Un seul PO et un seul backlog pour 3 à 5 équipes, aucun rôle ajouté, seule l'Overall Retrospective en plus. Le PO est un goulet « hard codé dans le framework », compensé par un affinage (PBR) en binômes inter-équipes.
  • Autonomie concrète : recrutement décidé par l'équipe, libre choix des outils, et une équipe passée de 16 à 24 ingénieurs qui recompose elle-même ses 4 équipes en une journée d'atelier.
  • Polyvalence ou spécialisation : un dilemme permanent. Ils assument de déroger au framework « si on sait l'expliquer ».
  • Côté salle, Benjamin Seillier salue une démarche « très empirique, très Scrum, fondée sur l'action avant la perfection ». Il note que, interrogés sur la productivité, les speakers ont peiné à répondre parce qu'ils raisonnent en impact produit. Jonathan Kakpeyen retient une présentation drôle sur un Scrum à l'échelle sans inflation de rôles.

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Non-Blocking Continuous Code Reviews, a Case Study

Thierry De Pauw

Retours : Thierry De Pauw (speaker, Mastodon)

  • Cas d'une équipe novice dans une grande organisation financière, en 2012 : Subversion sans branches, CI dès le départ, pair programming refusé. Chaque commit est donc relu, sans bloquer la mise en production.
  • Mécanique : une colonne « To review » sur le tableau Kanban, à regarder avant de démarrer quoi que ce soit, et une seule règle (ne pas relire une feature à laquelle on a contribué). Les juniors relisent aussi les seniors.
  • Argument lean : 10 minutes de changement pour 2 heures d'attente de revue, c'est 92 % du lead time en attente, donc de gros lots, moins de refactoring et plus de WIP.
  • Il critique le « four eyes principle » comme « killer excuse to slow everything down ». Le pair programming et le software teaming restent supérieurs ; le non-bloquant est l'alternative quand la culture ne s'y prête pas.
  • Selon lui, la qualité du code influe sur la vitesse de changement, pas sur les bugs : « I don't care about bugs in production. They will happen anyway ».
  • Le speaker publie ses slides le lendemain et retient : « features arrive in production even before a review started » (speaker). Didier Girard y fait référence dans le talk suivant, en prédisant que la revue de code deviendra le goulot des développeurs augmentés par l'IA.

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Level Collapse (and How to Rise Out of It)

Matthew Philip

Retours : Jonathan Kakpeyen (blog Ippon)

  • Le level collapse, c'est quand les managers travaillent sous leur niveau organisationnel et délaissent stratégie et coordination pour l'opérationnel. Il le distingue du micromanagement : c'est systémique, pas un défaut personnel.
  • Cadre : les Flight Levels de Klaus Leopold (opérationnel, coordination, stratégie). « Having agile teams doesn't make you an agile organization ».
  • Symptômes : un directeur seul autorisé à clôturer un sprint dans Jira, des managers qui débarquent en rétro, du travail sans contexte.
  • Remèdes : visualiser le flux de bout en bout, X-matrix, A3 de back briefing, intent-based leadership, « 50 % club » de réunions. Et surtout : « most problems would be solved if we just limited work in progress at the highest levels of the organization ».
  • En one-to-one, c'est le collaborateur qui donne des devoirs au manager.
  • Côté salle, Jonathan Kakpeyen le relie au principe de Peter et retient la responsabilité mutuelle entre manager et collaborateur.

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IA Générative : passer du wow à la création de valeur

Didier Girard — SFEIR, Aude Defretière — WEnvision

Retours : aucun retour participant trouvé (d'après le transcript)

  • Didier Girard projette un SI conversationnel en 2030, manipulé par des personas humaines et des personas IA : « l'innovation dans ChatGPT, c'est pas GPT mais c'est chat ». Il faut penser le SI par ses API plutôt que par ses écrans.
  • « Les assistants assistent et les agents agissent » ; une IA n'est jamais accountable. Prérequis : données gouvernées, plateforme IA à ne pas sous-traiter, culture de l'expérimentation.
  • Passé de sceptique à convaincu sur le vibe coding en 6 mois, il cite environ 75 % d'usage quotidien chez SFEIR et un argument assumé : « un mot généré, c'est un mot qui n'est pas écrit ».
  • Aude Defretière nuance : l'usage réel est bien plus faible que le battage, il faut abandonner la course aux cas d'usage et au ROI. La seule métrique est l'adoption. Exemple d'échec : un assistant pour communiqués de presse jamais ouvert par son utilisatrice.
  • Elle insiste sur l'inclusion (33 % des Français utilisent l'IA générative, 77 % des 18-24 ans) et sur les biais.
  • Lecture critique : c'est le talk le plus enthousiaste sur l'IA de l'édition, à contre-courant du talk IA & Green du lendemain sur les impacts environnementaux.

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Les standards de travail Lean/TWI pour développer l'autonomie et l'apprentissage

Jean-Philippe Douet — Adeo Services

Retours : Jonathan Kakpeyen (blog Ippon)

  • Thèse : le « bon lean », celui de Toyota qui développe les personnes, est une réponse aux risques psychosociaux. Il part de son propre burnout et cite le rapport Gollac et la « qualité empêchée ».
  • Histoire des standards : Training Within Industry (1940), repris chez Toyota. « Un standard, c'est la meilleure pratique d'une équipe ou d'une personne à un moment donné ».
  • Format en trois colonnes (quoi, comment, pourquoi). Rédigé par l'expert de l'équipe, testé par un novice jusqu'à exécution sans erreur, mis à jour à chaque PDCA.
  • Cas client : une demande soumise à un CAB avec plus de 30 % de refus devient un « standard change », et le lead time passe de 6 jours minimum à 1 jour maximum.
  • « Qualité et vitesse », dans cet ordre, et surtout pas les standards lean utilisés comme des procédures ISO 9001.
  • Côté salle, c'est le talk préféré de Jonathan Kakpeyen (Ippon), qui retient qu'il « remet l'humain au centre ».

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Myths and Legends About Big Tech

Kai Hansen — ex-Google

Retours : aucun retour participant trouvé (d'après le transcript)

  • Dernier talk du jour 1, par un ancien PM de Google (2005-2018), en mode « Mythbusters ». « Big tech » n'existe pas au singulier : Apple est une entreprise produit, Microsoft une entreprise business, Google une entreprise d'ingénieurs.
  • Mythes démontés : l'argent illimité (Street View est parti d'une camionnette), la « machine bien huilée » (logs Android analysés à la main en 2013).
  • Secrets : un plan communiqué puis des équipes autonomes à mission claire (« Asking means waiting »), la confiance et l'interaction plutôt que l'écrit (« I could not care less if a ticket is in a Jira backlog »), les outcomes, le droit à l'erreur (« kill the app »).
  • « I hate 12 month road maps » : il recommande Now/Next/Later et « don't ship the org chart ».

Mercredi 2 avril

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Gemba : 5 variantes à explorer

Marie-Pia Ignace — Operae Partners

Retours : Benjamin Seillier (blog Medium), Jonathan Kakpeyen (blog Ippon)

  • « Le Gemba, c'est l'éruption de la réalité dans l'imaginaire ». Cas d'ouverture : une équipe CRM d'un groupe du CAC 40. En regardant la dernière pièce sortie, on découvre 6 mois pour ajouter 25 caractères à une requête, et un chiffrage qui coûte plus que le travail.
  • Quatre gestes : partir de ce qu'on veut réussir, ignorer le récit du manager, regarder la dernière pièce, regarder la nature du travail.
  • Cinq variantes : ce qui sort, les conditions de travail (on a perdu les grands panneaux visuels au profit de Jira), le produit (« ouvrir le capot » : une fonction de 7 000 lignes), le client (« vis ma vie », exemple de Sarenza et de SNCF Connect) et le Gemba du dirigeant.
  • « Seul le terrain dit vrai. Donc les reportings sont faux ». Et « Gemba, c'est voir, et voir c'est pas papoter ».
  • Fréquence conseillée : une fois par mois par équipe pour un manager.
  • Côté salle, Benjamin Seillier retient l'invitation à « sortir de nos bulles, aller observer, écouter » et l'accent sur les micro-irritants plutôt que les grands problèmes. Il juge que ce n'est pas révolutionnaire en théorie, mais que cela structure une pratique trop rare.

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You've built it, now support it!

Steve Janaway — Bloom & Wild

Retours : Seb Rose (speaker FlowCon, Mastodon)

  • VP Engineering de Bloom & Wild (fleurs, dont la marque française Bergamotte), il retrace l'évolution du support de la startup à 65 ingénieurs, sur le fil rouge du jardinage.
  • Scale-up : fin du back-channeling grâce à « Supporty », un bot Slack écrit en deux après-midi (formulaire, priorités P1 à P3, triage par squad, statistiques).
  • « If you observe and measure systems you should observe and measure support » : ratio incidents / changements de code, coût en salaires, CFR et temps de rétablissement.
  • Payer l'astreinte, et plus tôt qu'on ne le pense : c'est une question d'équité. Modèle « urgences » : mitiger la nuit, corriger le jour.
  • « Don't build a team of gardeners » : la maintenance devient la responsabilité de chaque squad, avec un head gardener.
  • Côté salle, Seb Rose (speaker d'un autre talk) relaie en direct une de ses blagues sur le nommage des équipes.

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L'Organisation en Flux : explorer un des 4 archétypes d'Agile4Enterprise

Laurent Morisseau

Retours : Jonathan Kakpeyen (blog Ippon)

  • Présenté sur scène comme l'initiateur de l'association Lean Kanban France, à l'origine de FlowCon il y a 13 ans. « L'agilité d'équipe, c'est pas l'agilité d'entreprise ».
  • Modèle en étoile de Galbraith : la culture est un résultat, on ne la change pas directement, et « il y a pas une réponse unique » à déployer partout.
  • Quatre archétypes organisationnels : flux, produit, projet, réseau. Chacun se pilote différemment : par le flux, la valeur, les objectifs ou la mission. Le modèle « 4E » (exploration, expansion, exploitation, exclusion) les fait cohabiter.
  • L'organisation en flux repose sur la prédictibilité, les classes de service et un réseau de systèmes Kanban (Enterprise Services Planning).
  • Agile4Enterprise est annoncé en open source sur GitHub le jour même. Maxime : « optimiser globalement et s'adapter localement ».
  • Côté salle, Jonathan Kakpeyen retient les quatre archétypes qui coexistent dans une même organisation.

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Power Structures and their Impact on Software

Andrew Harmel-Law — Thoughtworks

Retours : aucun retour participant trouvé (d'après le transcript)

  • Trois faits : le code est de la connaissance, une mémoire de la connaissance, et du pouvoir. « Code is solidified knowledge and power », y compris un pouvoir sociétal (étude GitHub de 2016 sur les pull requests de femmes).
  • Le big ball of mud fabrique des « swamp guides » qui deviennent gatekeepers. Il cite « The Tyranny of Structurelessness » de Jo Freeman : sans structure formelle, des élites informelles émergent.
  • Grille de Graeber et Wengrow : contrôle de la punition, de l'information, charisme.
  • Remède : protéger trois libertés, se réorganiser, bouger, désobéir. Et l'advice process : « anyone can make any decision », à condition de demander conseil et non la permission.
  • En Q&R, sur les LLM : à la fois une démocratisation et un risque, parce qu'ils portent un point de vue. Trond Hjorteland prolonge le talk dans le créneau suivant.

Conférence

AI and developer obsolescence: is this the beginning of the end?

Seb Rose

Retours : Benjamin Seillier (blog Medium)

  • Session non filmée. Le programme annonce une critique du low code / no code (« la complexité essentielle ne se simplifie pas ») et des observations « peu enthousiastes » sur l'IA.
  • Benjamin Seillier retient des données de GitClear et du rapport DORA 2024 : « l'augmentation de l'IA s'accompagne d'une baisse de la lisibilité, du refacto, et de la stabilité du code ». Conclusion du speaker selon lui : pas de magie, « pour mieux collaborer : collaborer ».
  • Contrepoint du blogueur : des outils comme Lovable ou Bolt produisent un code maintenable pour de petits projets et des cas standards ; les limites apparaissent sur du legacy personnalisé.

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Seeing the world through a different lens

Trond Hjorteland

Retours : aucun retour participant trouvé (d'après le transcript)

  • Nos « lentilles » philosophiques inconscientes déterminent comment on s'organise. Vouloir « implémenter » le modèle Spotify relève d'une vision mécaniste.
  • Il présente les quatre World Hypotheses de Stephen Pepper : formisme (modèle de données canonique, personnes réduites à des ETP), mécanisme (waterfall, mini-waterfalls en Scrum), organicisme (pensée systémique) et contextualisme (DDD et bounded contexts). « You never recreate what happened at Spotify because that was contextual ».
  • Théorie des systèmes ouverts (Emery) : « the team must design themselves ». Retirer la structure ne suffit pas, c'est sa réponse à la question posée à Andrew Harmel-Law.
  • Danger du mode mixte : des équipes agiles dans une organisation mécaniste. « That's why I hate the word empowerment », parce qu'un pouvoir donné peut être repris.
  • En Q&R : changer une organisation top-down exige un leader visionnaire au sommet ; les expérimentations norvégiennes ont reflué au départ des chercheurs.

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Dynamiques de pouvoir : comment vos biais sabotent l'intelligence collective

Sara Dufour

Retours : Benjamin Seillier (blog Medium), Jonathan Kakpeyen (blog Ippon)

  • « L'intelligence collective, c'est d'abord des individus et des interactions ». Elle s'appuie sur le « facteur C » du MIT (sensibilité sociale, temps de parole équilibré, présence de femmes) et sur le projet Aristote de Google (la sécurité psychologique en premier).
  • Exercice les yeux fermés sur les biais, puis la roue du pouvoir et des privilèges : « pas coupables mais responsables ». « Diversité, oui, mais pas sans inclusion ».
  • Pistes concrètes : mesurer les temps de parole pendant deux semaines, anonymat, asynchrone, Liberating Structures (1-2-4-All), non-mixité ponctuelle, afterworks repensés pour les parents et non-buveurs. Elle demande où est la sociologie dans la carte des compétences du coach agile.
  • En Q&R, un participant objecte que l'âge et la mobilité sociale manquent à la roue des privilèges ; elle en convient.
  • Côté salle, Jonathan Kakpeyen la juge « l'une des présentations les plus piquantes », sur des sujets trop peu traités dans la tech. Benjamin Seillier retient le lien entre équilibre du temps de parole, proportion de femmes et performance collective.

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The Long Journey of Legacy Modernization

Nick Tune — PayFit

Retours : Benjamin Seillier (blog Medium), Jonathan Kakpeyen (blog Ippon), Pierrick Blons (collègue et speaker d'atelier, Mastodon)

  • Keynote du 2e jour, introduite par un pitch du sponsor Theodo. Fil rouge : l'émission Pékin Express, la modernisation est un long voyage où il faut se présenter chaque jour.
  • Premier piège, la « legacy migration death valley » : une modernisation commencée et pas finie laisse plus de systèmes qu'au départ (« we had two tools, now we have three »).
  • Quatre avertissements : le manque de compétences (chez PayFit, des DDD open hours chaque lundi depuis deux ans plutôt qu'une formation de deux jours), l'incapacité à décider (RFC et ADR), la « gravité anti-modernisation » (son framework « anti-FAFO » : framing, alignment on trade-offs, fear and hope, ongoing vigilance) et la charge cognitive.
  • Contre la charge cognitive : des plateformes « opinionated » et 30 minutes de mob refactoring par jour sur le cœur du domaine.
  • Côté salle, Benjamin Seillier retient de ne pas maintenir de systèmes parallèles, de s'aligner sur un objectif unique et surtout ces 30 minutes de mob quotidiennes, une « gymnastique mentale » qui construit une culture de code partagée. Jonathan Kakpeyen retient la mise en garde contre les legacy maintenus en parallèle.

Conférence

Michelin, et le passage de la qualité de service à l'expérience client, grâce au Lean management

Adil Ksiksen — CGI, Frédéric Mersch — Euromaster (Michelin)

Retours : Benjamin Seillier (blog Medium)

  • Session non filmée : retour sur une transformation lean d'un an dans le support Supply Chain de Michelin, environ 100 personnes.
  • Selon Benjamin Seillier : journées structurées, implication des managers, Kaizen, Obeya, Gemba et une Lean Academy, avec une certification A3 pour tous.
  • Il juge a posteriori que cette certification a pu trop insister sur la formalisation au détriment de l'action quotidienne.
  • Michelin suit les métriques DORA en regardant leur évolution plutôt que leur niveau absolu.

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You don't hate OKRs! You hate the System!

Cansel Sörgens

Retours : Jonathan Kakpeyen (blog Ippon)

  • Les OKR font le pont entre stratégie et backlog, sur des cycles de 3 à 4 mois, pour valider des hypothèses stratégiques. Elle cite Christina Wodtke : « if you hate OKRs, someone is doing them wrong ».
  • Anti-pattern principal : la cascade top-down. « Cascading is actually a compensation of lack of strategy ». Il faut d'abord une stratégie (les trois kernels de Rumelt).
  • Modèle « OKR solar system » : la stratégie au centre, les équipes en planètes, les équipes d'enablement en satellites, chacune avec sa cadence.
  • Cas d'un industriel turc de l'électronique : des équipes dynamiques, transverses et multi-niveaux, dont l'une crée un programme radio pour les techniciens. « Dynamic markets need dynamic organizations ».
  • « 10 minutes strategy a day keeps the trouble away ».
  • Côté salle, Jonathan Kakpeyen retient un modèle non hiérarchique centré sur les outcomes. Rachel Dubois y fait référence dans le talk suivant.

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IA & Green : il existe des méthodes pour faire cohabiter IA et frugalité

Alice Drahon — Boavizta, Sarah Oury — Sopra Steria, Boavizta

Retours : aucun retour participant trouvé (d'après le transcript)

  • Impacts de l'IA : électricité, minerais (plus de 80 métaux dans une puce GPU), eau. Un mois d'inférence de ChatGPT pèse déjà 18 fois l'entraînement de GPT-3, selon les chiffres cités.
  • Critique de la comptabilité carbone « market-based » sur laquelle reposent les annonces « net zéro » des hyperscalers.
  • Outils de mesure : CodeCarbon, Green Algorithms, EcoLogits, AI Energy Score, API Boavizta, et un format ouvert pour partager les mesures de consommation des tâches IA (appel à contributions).
  • « Une IA frugale, c'est avant tout une IA qui n'existe pas » : référentiel AFNOR, modèles spécialisés plus petits, sobriété comme seul levier à fort effet.
  • « FinOps, GreenOps, même combat » : le DAF est le meilleur allié. Exemple GitHub Copilot : environ 9 requêtes non sollicitées par minute, une petite part des suggestions conservées, d'où le conseil de couper l'autocomplétion.

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Beyond agile: Product Innovation at Google, Airbnb, Spotify, Vinted & Amazon

Rachel Dubois

Retours : Jonathan Kakpeyen (blog Ippon)

  • Dernier créneau en auditorium, talk tout neuf. Des entreprises « parfaitement agiles » peuvent n'avoir aucun impact : « nous confondons mouvement et progrès » et « l'efficacité sans apprentissage n'est que du gaspillage ».
  • Persona d'une PM de Spotify qui commence sa semaine dans les dashboards et non dans Jira : « un produit n'est pas une liste de tickets dans Jira ».
  • Le produit comme organisme vivant : système nerveux (observabilité), immunitaire (feature flags, CI/CD, suppression des features qui font baisser un KPI chez Amazon), circulatoire (information partagée).
  • Trois illusions : « nous faisons de la discovery », « nous excellons en delivery », « nous avons des OKR ». Elle renie le dual-track qu'elle défendait il y a 10 ans et propose un « kill the roadmap » trimestriel.
  • Côté salle, Jonathan Kakpeyen (qui la classe parmi les keynotes) retient qu'il ne faut pas copier les licornes mais construire sa propre identité.
  • Le transcript lu est une traduction française du talk donné en anglais.

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Techno-fascisme et souveraineté technologique

Benjamin Bayart — La Quadrature du Net (cofondateur)

Retours : aucun retour participant trouvé (d'après le transcript)

  • Sans slides. « Le numérique, c'est pas une commodité, c'est pas comme d'acheter des trombones » : les sanctions contre la Russie ont montré qu'on peut éteindre le SI d'une entreprise en coupant AWS.
  • Le problème n'est pas d'utiliser une techno américaine mais de sous-traiter l'opération de son informatique. La souveraineté, c'est une analyse de dépendances : qui peut éteindre quoi, et est-ce acceptable ?
  • Le RGPD appliqué serait un protectionnisme réglementaire efficace. Quitter Twitter pour Bluesky, c'est « changer de milliardaire » : il faut des systèmes ouverts (normes, interopérabilité, communs comme Python ou OpenTofu).
  • Trois freins : refus de l'analyse structurelle, facilité, refus de la compétence. Avec La Boétie : « Cessez d'être à genou et ils cesseront d'être puissants ».
  • « Le responsable n'est pas directeur et le directeur n'est pas responsable ».

Sessions sans retour trouvé (11)

  • Painting the software green: A GreenOps approach! (Liya Mathew)
  • Impact Mapping Workshop — atelier (Krisztina Hirth)
  • La gestion des risques vue par une Agiliste (Anne Gabrillague)
  • Dompter la dette technique : de fardeau à atout stratégique (Nicholas Suter)
  • Kanban basics — atelier (Fabrice Aimetti & Mathilde Gautier)
  • Systèmes legacy : pourquoi continuons-nous à les créer ? (Kevin Platel)
  • Les dangers de l'intuition dans le Product Management (Clément Caillol)
  • Collaborative Domain Discovery Workshop — atelier (Maxime Sanglan-Charlier, Nick Tune, Pierrick Blons, Krisztina Hirth)
  • Comment France Travail réinvente ses pratiques d'archi (David Berthier, François Bivaud, Célia Carceller-Kemiche)
  • Domain Storytelling workshop — atelier (Pierrick Blons)
  • Lead IT at Scale: There is Another Way (Guillaume Anciaux)

Sources