La Product Conf 2026
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10ᵉ édition (les 10 ans de LPC Paris), 19 mai 2026 aux Folies Bergère. Environ 1 300 participants, trois scènes (Folies Bergère, Scène Parisienne 1 et 2), une trentaine de sessions réparties en trois thématiques : « Intelligence artificielle », « Business & produit », « Product & beyond ». Événement organisé par Thiga.
Pour ses 10 ans, LPC a parlé d'IA du matin au soir. Le fil rouge : l'IA ne tue pas le product management, elle en rend les fondamentaux plus nécessaires. Il faut prioriser, viser l'impact plutôt que le volume, et orchestrer l'adoption collectivement. Sinon on obtient une feature factory sous stéroïdes, des équipes en surchauffe (« AI Brain Fry ») et des goulots qui se déplacent, alors même que les agents deviennent des utilisateurs à part entière de nos produits.
12 sessions résumées · 11 vidéos · mise à jour le jeudi 1 octobre 2026 · synthèse à compléter
Sources lues et limites de cette synthèse
Corpus : Programme officiel ; deux comptes-rendus publiés : Le Ticket (Kevin Deniau, 25/05/2026, en partie réservé aux abonnés, et deux articles dérivés) et le blog Marmelab (Alexandra Martin, 22/06/2026, 5 sessions détaillées) ; le post LinkedIn récapitulatif de Le Ticket et ses commentaires. S'y ajoutent les 28 vidéos officielles mises en ligne le 03/06/2026, dont 8 sessions transcrites (sous-titres automatiques) : Gilad, « AI Brain Fry », Leboncoin/Skello, Le Bail, table ronde AI-native, Straschnov, TheFork, Club Med.
Limites : Très peu de retours de participants publics : l'essentiel des retours vient de deux médias ou blogs, dont Le Ticket, partenaire de l'événement et animateur d'une table ronde. Une nouvelle recherche de posts LinkedIn et de blogs (octobre 2026) n'a rien donné de plus. Plusieurs sessions ne sont documentées que par leur vidéo ou leur descriptif. Les transcripts automatiques contiennent des erreurs, notamment sur les noms propres. Les chiffres cités sur scène (études BCG, données Stripe, TrueUp) sont rapportés tels quels et n'ont pas été vérifiés.
Synthèse globale
1. Une édition « 100 % IA », avec en fond un retour aux fondamentaux
Presque toutes les sessions de cette 10ᵉ édition parlaient d'IA. L'animateur de la dernière table ronde, Timothé Frin, plaisantait sur le mot « IA » prononcé « 847 fois ». Pourtant, le message qui revient le plus souvent n'est pas technologique. Il faut prioriser, cadrer et mesurer l'impact. Gilad oppose time to outcome et time to output. Doucet voit dans la pensée magique « tout va vite, donc plus besoin de prioriser » la première tension avec le métier. Warembourg rappelle que « les choses qui m'ont coûté le plus cher, c'est celles que j'ai dû maintenir sans en avoir besoin ». Chez Weglot, Poggi reconnaît qu'« on a oublié les fondamentaux » à force de prototyper. Alexandra Martin (Marmelab) résume ainsi la journée : les intervenants sont allés « au-delà du discours sur la productivité ».
2. « Où sont les gains de productivité ? »
Le Ticket fait de cette question, qui renvoie au paradoxe de Solow, le fil transversal de la conférence. Les chiffres donnés sur scène se recoupent :
- 80 % du code écrit par des agents, mais 20 à 30 % de gain réel chez Yousign, parce que le temps libéré part ailleurs et que les goulots se déplacent ;
- un gain de vélocité pas encore démontré chez Weglot ;
- selon un propos du CEO de Mistral rapporté par Cordel (Cegid), des gains énormes pour l'individu, moindres pour l'équipe, marginaux au niveau de l'entreprise ;
- une accélération sur tout le cycle de vie que personne n'a mesurée (Gilad).
Les intervenants en tirent la même conclusion : sans déploiement organisé, les gains restent anecdotiques et produisent de l'« AI slop » (Le Ticket).
3. Les goulots se déplacent
Le constat revient sous plusieurs formes, un écho direct à ce qu'on a entendu à Agile en Seine :
- vers le PM, qui n'arrive plus à nourrir les devs : Weglot passe à des squads d'un PM pour trois devs ;
- vers la mise sur le marché : « Tu livres trop », a entendu Parola (Yousign) côté revenu ;
- vers la revue de code (Straschnov) ;
- vers le PM devenu autonome sur la donnée, et donc goulot à son tour (table ronde data, d'après Marmelab).
À l'inverse, Yousign n'a pas modifié son ratio PM/devs, parce que toutes les fonctions ont progressé en même temps.
4. Le coût humain : le « Brain Fry »
Les panélistes ont largement évoqué la surchauffe cognitive. Ils décrivent une machine qui ne s'arrête pas, des passations qui ne ménagent plus de respirations, et un effet grisant (Warembourg). Ils décrivent aussi la polarisation des équipes et le syndrome de l'imposteur (Silvart). Warembourg cite, sans source, un chiffre d'environ 70 % d'utilisateurs réguliers de l'IA qui disent travailler plus qu'avant. Les réponses restent organisationnelles plus qu'individuelles : cadre explicite, temps dédié, formation, orchestration, et collaboration plutôt que travail en silo. Point faible reconnu sur scène : aucune des entreprises présentes n'a organisé de temps de récupération en contrepartie des gains. Alexandra Martin en retient que « la collaboration et la priorisation n'ont jamais été aussi vitales ».
5. Le PM ne disparaît pas, il change de centre de gravité
Le clip d'ouverture « PM are here to stay » donnait le ton. Les intervenants dessinent quatre évolutions du rôle :
- Le poste le plus exposé est celui qui ne fait que traduire. Gilad vise le delivery Product Owner qui transforme une roadmap en backlog.
- Le PM gagne en importance là où il décide quoi construire. Straschnov parle d'une « renaissance » des PM et des designers, et de la spec comme source de vérité.
- De nouvelles compétences apparaissent : évaluation, arbitrage qualité / latence / coût, harness autour du modèle (Leboncoin, Skello), culture data (table ronde data).
- Le PM outille lui-même sa discovery. Il crée des tâches Claude hebdomadaires, des apps « vibe-codées » pour analyser les éditions des utilisateurs, et une discovery continue à partir des requêtes des clients.
Gilad reste réservé sur le « prototype comme PRD » et sur les PM qui poussent du code en production. Straschnov, à l'inverse, raconte un hackathon où tout le monde, ingénieurs ou non, a produit des pull requests.
6. Concevoir pour les agents : de l'UX à l'AX
Le Bail (Stripe) apportait l'idée la plus nouvelle. Les agents deviennent des utilisateurs : ils lisent la documentation de Stripe plus que les humains en 2026, découvrent les produits par le GEO et achètent via ACP. Il faut donc traiter la « friction tax » (captchas, formulaires, uploads) et définir un cadre de délégation et de traçabilité. D'autres sessions renforcent ce thème sans concertation. Cordel (Cegid) plaide pour un knowledge management lisible par des agents. La table ronde data (d'après Marmelab) insiste sur la fourniture d'un contexte propre et non ambigu aux agents. Mandyev (sans retour trouvé) consacrait un talk entier aux produits de données pensés pour des agents.
7. Tensions et points de débat
- Qualité du code. Straschnov affirme que « la qualité du code n'a plus la même importance » et que la duplication devient acceptable. D'autres intervenants appellent au contraire à la rigueur : Van de Voorde sur le passage du prototype au produit, Doucet sur la sécurité et le monitoring de l'industrialisation. La tension n'a pas été débattue sur scène.
- Prototypes partout. On y voit une opportunité (Straschnov, Skello), mais aussi un piège : coût en crédits (environ 500 € pour un prototype Figma Make non industrialisable chez Pennylane), dérive du périmètre (Weglot), promesse faite trop tôt aux clients (Van de Voorde).
- Coût variable de l'IA. Tokens et crédits ne sont pas encore facturés à leur vrai coût (Silvart). Les prix des fournisseurs de LLM devraient monter (Minary). Il faut donc intégrer le coût d'inférence au modèle économique.
- Poids des sponsors. Anthropic, OpenAI, Atlassian, Miro, Figma, Airtable et Vonage avaient des créneaux. Les deux principaux comptes-rendus proviennent d'un média partenaire (Le Ticket) et d'un blog d'ESN (Marmelab).
8. Biais et trous du corpus
Le corpus repose surtout sur six transcripts de sessions et deux comptes-rendus. On a trouvé peu de retours de participants sur LinkedIn, et la recherche n'a pas été exhaustive. Près des deux tiers des sessions n'ont aucun retour public, même si toutes les vidéos sont en ligne depuis le 3 juin : Club Med, TheFork, Criteo, Anthropic, OpenAI, Williams F1, Coşkuner… La synthèse surpondère donc les tables rondes et les keynotes. Elle doit être complétée à partir des autres vidéos.
Actions concrètes citées
- Mesurer le temps jusqu'à l'impact (outcome), pas le temps jusqu'à la livraison (output). Livrer plus vite de mauvaises features ne sert à rien (Gilad).
- Limiter le travail en parallèle avec l'IA : pas plus de trois outils ou agents à la fois, des sessions timeboxées et le droit de renoncer (Warembourg, Renault). Ne pas valoriser ceux qui travaillent toute la nuit.
- Réinvestir les gains de productivité dans la qualité et la profondeur fonctionnelle, plutôt que produire plus (Pennylane).
- Sortir vite de la phase d'exploration libre : choisir quelques workflows, figer ses outils un temps, les inscrire dans les parcours de carrière et dans les objectifs (Yousign, Weglot, Meilleurtaux).
- Prévoir budget et temps de formation, y compris pour le top management, pour contrer la « pensée magique » (Meilleurtaux).
- Structurer le knowledge management pour qu'il soit lisible par des agents. Éviter l'« AI team » séparée qui ferait seule les features IA (Cegid).
- Sur un produit IA, faire de l'évaluation le réflexe central : un jeu d'environ 50 questions rejoué à chaque changement, une revue hebdomadaire de la production et un LLM-as-a-judge. Arbitrer qualité, latence et coût (Skello, Leboncoin).
- Auditer son « agent readiness » : les agents peuvent-ils trouver le produit (GEO), s'en servir sans friction, dans un cadre sécurisé et traçable (Stripe) ?
- Ne pas confondre prototype et produit industrialisable. Décider lesquels industrialiser et accepter de couper (Van de Voorde, Doucet).
- Face à une disruption, bouger vite et soi-même : le dirigeant qui code, un hackathon obligatoire, la remise en cause de toutes les hypothèses (Straschnov, Bubble).
Session par session
Mardi 19 mai
Session
Introduction et démarrage de la journée (clip « PM are here to stay »)
Hugo Geissmann — Thiga
Retours : Le Ticket (compte-rendu et post LinkedIn)
- Ouverture sur un clip humoristique « PM are here to stay » qui prend le contre-pied des prédictions LinkedIn sur la mort du product management (Le Ticket).
- Le Ticket en fait le premier des « 5 apprentissages » de la journée : le ton était donné, les PM ne disparaîtront pas, reste à savoir lesquels et comment.
Keynote▶ vidéo + transcript
The AI PM Disruption — Hype vs. Reality
Itamar Gilad — auteur d'Evidence-Guided, ex-Google
Retours : Le Ticket (Kevin Deniau), Alexandra Martin (Marmelab)
- Sur scène, Gilad part de la loi d'Amara (on surestime l'effet d'une technologie à court terme et on le sous-estime à long terme) et du cycle de hype de Gartner. Il fait le parallèle avec la bulle Internet : avec l'IA, on serait encore au début de la courbe.
- « Le coût du développement tombe à zéro » est une idée naïve. Le logiciel est un problème de contraintes, « comme construire une ville, pas une chaise ». Le « 10x » est vrai pour passer de 0 à 1, mais sur de grosses bases de code l'accélération serait plutôt de 3x, 1,5x, voire 0,5x selon le contexte. Aucune étude ne mesure l'accélération sur tout le cycle de vie.
- Le vrai sujet : la plupart des idées ne produisent pas d'impact. D'où sa question : optimisez-vous le time to outcome ou le time to output ? « Si vous avez une feature factory aujourd'hui, vous aurez une feature factory sous stéroïdes demain » (traduit).
- Trois archétypes passés au crible :
- l'AI PM spécialiste : une offre sur sept selon des données TrueUp relayées par Lenny, donc une spécialité, « surtout du hype » ;
- le developer PM : utiliser Claude Code ou Cursor comme outil de travail, ce n'est pas du hype ; pousser du code en production en amateur, en revanche, est jugé « bizarre » ;
- la fin des PM : un « non-sens », sauf pour le delivery Product Owner qui traduit une roadmap en backlog. Gilad le compare aux dessinateurs industriels remplacés par la CAO.
- Son quatrième archétype, l'« AI-empowered PM » : un PM qui utilise l'IA pour rendre son entreprise plus « moderne » (stratégie, recherche, objectifs, discovery…), par exemple pour produire de bons OKR.
- Ce qu'en a retenu Le Ticket : quatre trajectoires, et une nuance importante sur le risque de « productivité de façade » (construire plus vite de mauvaises solutions).
Table ronde▶ vidéo + transcript
Product Conversation : « AI Brain Fry », comment gérer la surchauffe ?
Amandine Raoul — POINT.P (animation), Marion Doucet — Meilleurtaux, Sébastien Warembourg — Renault Group, Catalina Silvart — Pennylane
Retours : Alexandra Martin (Marmelab)
Sur scène : le « Brain Fry » est défini comme une surcharge cognitive intense liée à l'usage intensif de l'IA. Ce n'est pas un burn-out : c'est plus aigu, mais ça passe plus vite. Une étude du BCG (environ 1 500 salariés américains) est citée : 39 % de ceux qui en souffrent disent faire davantage d'erreurs majeures.
Warembourg (Renault) parle de « la machine qui ne s'arrête pas » : les respirations naturelles des passations entre équipes disparaissent, et c'est « grisant », donc dangereux. Il l'a vécu lui-même. Ses règles :
- pas plus de trois outils ou agents en parallèle (étude BCG) ;
- timeboxer ;
- savoir renoncer ;
- garder un rythme humain : « trouvez la personne qui vous fait lever la tête du Mac ».
Doucet (Meilleurtaux) décrit quatre tensions avec le métier et le comex :
- la pensée magique (« tout va vite, donc plus besoin de prioriser ») ;
- la confusion entre prototype et produit industrialisable ;
- l'IA comme prétexte au débat sur la productivité : « mettre de l'IA sur une équipe qui a un défaut dans son modèle opératoire, ça ne fera que l'accentuer » ;
- la pression à raconter une histoire IA.
Ses réponses : l'IA dans les objectifs individuels pour dégager du temps, des guildes puis des « champions » qui écrivent des skills, et de la formation jusqu'au top management.
Silvart (Pennylane) constate une polarisation des équipes et un syndrome de l'imposteur, symptômes d'un manque d'orchestration. Un prototype Figma Make de 3 h a consommé quatre fois les crédits mensuels d'un contributeur (environ 500 €). Pennylane distingue trois postures (adopteur, explorateur, pionnier) et réinvestit les gains dans la qualité : les objectifs de recrutement n'ont pas été revus à la baisse.
Dans la salle, une psychologue insiste sur le coût des changements de tâche. Les panélistes admettent ne pas avoir organisé de temps de récupération.
Lecture d'Alexandra Martin (Marmelab) : la session est classée 3ᵉ de ses cinq préférées. Elle retient quatre causes (travail solo avec une IA qui ne s'arrête pas, réseaux sociaux, confusion prototype/produit, dysfonctionnements organisationnels amplifiés) et conclut que « la collaboration et la priorisation n'ont jamais été aussi vitales ».
Table ronde▶ vidéo + transcript
Comment Leboncoin et Skello intègrent l'IA dans leur produit
Kévin Deniau — Le Ticket (animation), Pauline Minary — Leboncoin, Aude Clerc — Skello
Retours : aucun retour participant trouvé (résumé d'après la vidéo)
- Deux démos concrètes :
- le nouveau dépôt d'annonce Leboncoin, qui combine un ML maison (catégories, attributs) et un LLM (description générée, prix suggéré) ;
- l'assistant Skello d'aide à la préparation de la paie, qui interroge les données RH du compte.
- Skello a construit son assistant en quatre itérations : un POC, puis un agent superviseur avec agents spécialisés, garde-fous et contexte métier, puis un agent principal avec outils et observabilité, puis un agent de routing « videur ». Notion clé, le harness : le produit, c'est tout ce qui entoure le modèle.
- Leboncoin a gardé une architecture volontairement simple (prompt, LLM, entrées). Les itérations ont porté sur le ton, jugé trop « marketing », l'ajout des attributs au contexte et un changement de modèle.
- Nouvelle compétence n°1, l'évaluation, « le nerf de la guerre » :
- un golden set d'environ 50 questions rejoué à chaque modification ;
- une revue hebdomadaire d'un échantillon de questions posées en production ;
- un LLM-as-a-judge.
- Nouvelle compétence n°2, le triptyque qualité / latence / coût :
- chez Leboncoin, environ 1 M d'annonces par jour et un coût absorbé (le dépôt est gratuit) : petits modèles, ML maison, modèles open source auto-hébergés à l'étude, une seule génération possible ;
- chez Skello, des limites d'usage par offre et un garde-fou anti-abus.
- Le rôle de PM change :
- discovery continue à partir de ce que tapent les clients (tâche Claude hebdomadaire) ;
- app « vibe-codée » qui compare descriptions générées et descriptions publiées. Elle a montré qu'un tiers des vendeurs suppriment la phrase de contact, et elle pousse désormais un prompt corrigé en production.
- Viser une « minimum viable quality » (80 à 90 % de bonnes réponses) et savoir arrêter : la recherche conversationnelle de Leboncoin a été mise de côté faute d'adoption.
Conférence▶ vidéo + transcript
De l'UX à l'AX : repenser son produit à l'ère des agents
Arielle Le Bail — Stripe
Retours : Alexandra Martin (Marmelab), Le Ticket, speaker (remerciement en commentaire du post Le Ticket)
- Signaux Stripe présentés sur scène :
- une cassure de la courbe des nouvelles entreprises créées sur Stripe depuis janvier 2026 ;
- 1 900 Md$ traités en 2025, soit 1,6 % du PIB mondial ;
- Patrick Collison qualifie le T1 2026 de possible « premier trimestre de la singularité ».
- Elle ajoute que 31 % des acheteurs en ligne en France utilisent l'IA générative pour trouver un produit. Le commerce agentique progresse par niveaux : checkout dans l'interface de l'agent, recherche descriptive, mémoire, délégation, anticipation.
- Trois questions pour passer de l'UX à l'AX :
- Les agents peuvent-ils vous trouver ? C'est le GEO (Generative Engine Optimization). Le trafic LLM vers la documentation Stripe a été multiplié par 10 en 2025, et les agents la liront plus que les humains en 2026 : la doc est en cours de réécriture.
- Peuvent-ils interagir ? Captchas, vérifications par email, uploads de photos et listes déroulantes forment une « friction tax ». Stripe repense son dashboard et a créé des « Claimable Sandboxes » accessibles par API.
- Ont-ils un cadre clair et sécurisé ? Il faut savoir qui est le merchant of record, qui a délégué quoi et pouvoir tracer. Les standards MCP et ACP (ce dernier co-écrit par OpenAI et Stripe) et des jetons de paiement bornés, sur le modèle des cartes virtuelles, y répondent.
- Conclusion : les produits qui réussiront la prochaine décennie seront conçus à la fois pour les humains et pour les agents. Elle invite à mesurer l'« agent readiness » de son site (Stripe obtient 76 %).
- Réception : Alexandra Martin (Marmelab) la classe 2ᵉ et retient surtout la perspective d'une communication directe d'agent à agent. Le Ticket la cite parmi ses cinq apprentissages clés.
Table ronde▶ vidéo + transcript
Comment on devient une orga produit AI-native, et par où on commence vraiment
Timothé Frin — Stellar / Clef de Voûte (animation), Christopher Parola — Yousign, Justine Poggi — Weglot, Florian Cordel — Cegid
Retours : Le Ticket (post et article « 4 conseils pour déployer l'IA à l'échelle »)
- Yousign (Parola), en transition depuis environ 18 mois :
- 80 % des employés utilisent l'IA chaque jour, avec Claude Code côté devs et Dust pour le reste ;
- l'IA est inscrite dans les parcours de carrière, avec date butoir ;
- 80 % du code est écrit par des agents, mais le gain réel tourne autour de 20 à 30 % : le temps libéré part ailleurs et les goulots se déplacent ;
- le ratio PM/devs n'a pas bougé ;
- le goulot s'est déplacé vers la mise sur le marché : « Pour la première fois de ma vie, quelqu'un côté revenu m'a dit : tu livres trop ».
- Weglot (Poggi) en est au début :
- le CEO a légitimé l'usage de l'IA, puis l'accès libre aux outils a fait émerger des power users et une journée IA ;
- les 2 h hebdomadaires bloquées ont été abandonnées au profit de sprints dédiés ;
- le gain de vélocité n'est pas encore démontré ;
- le goulot est côté PM, d'où des squads à 1 PM pour 3 devs ;
- « à force de prototyper dans tous les sens, on a oublié les fondamentaux ».
- Cegid (Cordel) compte 6 000 personnes dont 2 000 en R&D :
- il faut dépasser « l'enthousiasme volontaire » et bâtir le nouvel operating system produit ;
- selon des audits de Stanford, 50 à 70 % du code est généré par IA dans certaines équipes ;
- la discovery multi-agents s'est révélée décevante une fois examinée en détail.
- Conseils et erreurs :
- être « intentionnaliste », un workflow à la fois ;
- figer ses outils un temps ;
- ne pas attendre trop longtemps pour passer à l'échelle (Parola) ;
- anti-conseil de Cordel : une « AI team » séparée qui fait les features IA ne marche pas, contrairement à une équipe d'enablement ;
- investir dans un knowledge management lisible par des agents.
- Ce qu'en a retenu Le Ticket : les gains individuels restent anecdotiques sans déploiement systématique, et l'hétérogénéité de maturité produit de l'« AI slop ». D'où l'idée de canaliser les enthousiastes et de faire monter le reste en compétences (parcours de carrière avec échéances, formation, outils communs).
Keynote▶ vidéo + transcript
Une histoire de disruption (keynote de clôture)
Emmanuel Straschnov — Bubble
Retours : Alexandra Martin (Marmelab)
- Straschnov rappelle la disruption « par le bas » de Christensen : un produit moins bon mais bien moins cher devient un jour « good enough ». Bubble (no-code, lancé en 2012) en est un exemple : les startups Bubble ont généré plus d'un milliard de revenus l'an dernier.
- Puis Bubble s'est fait disrupter par les LLM : « on s'est dit : c'est un gadget… exactement ce que nous, on a fait aux autres ». Il décrit une courbe du deuil où le déni est contagieux, puis la peur et la dépression, puis l'acceptation. Le choc est venu de Claude Code et d'Opus 4.6.
- Réaction drastique :
- le CEO pousse lui-même des pull requests ;
- un hackathon d'une journée, obligatoire pour les ~150 personnes (ingénieurs ou non), a produit 30 à 40 PR, dont une dizaine partiront en production ;
- remise en cause de toutes les hypothèses du produit.
- Ce qui change selon lui :
- le code a beaucoup moins d'importance : la duplication est tolérée, et le goulot devient la revue de PR, à traiter par des tests automatiques et un changement culturel ;
- la triade s'inverse : peu d'ingénieurs avec des agents, et une renaissance des PM et des designers ;
- la spec devient la source de vérité (spec-driven development) ;
- la confiance des utilisateurs et la distribution deviennent les actifs clés.
- Il maintient toutefois que le code n'est pas le bon médium pour la plupart des applications métier, car peu de gens savent le lire. Le pari de Bubble est d'allier conversation et interface visuelle.
- Réception : Alexandra Martin (Marmelab) la classe 1re de ses cinq sessions pour son cadre concret. Elle retient la formule « Il faut commencer par bouger soi-même ». La thèse « la qualité du code n'a plus la même importance » tranche avec les appels à la rigueur d'autres sessions.
Conférence▶ vidéo + transcript
Du POC à l'intégration : comment TheFork a réussi son IA
Simran Singh — Senior Product Designer, Thiga, Capucine Tiberghien — Senior Product Manager, TheFork
Retours : aucun retour participant trouvé (résumé d'après la vidéo)
- Point de départ : une recherche par mots-clés qui ne comprend pas l'intention (l'exemple du butter chicken introuvable), alors que TheFork dispose de 52 000 restaurants, d'avis vérifiés, de photos et de menus. Le projet de recherche sémantique naît d'un hackathon interne (Innovation Week 2024).
- Premier mur, l'interface : le prototype était un chatbot. L'équipe y renonce, car trouver un restaurant est « une tâche de 10 secondes » et un chatbot mettrait TheFork en concurrence avec ChatGPT ou Perplexity. Questions à se poser : quel est le job to be done, et que sait faire l'entreprise mieux que personne (ici, ses données).
- Deuxième mur, l'industrialisation : passer du POC Streamlit à un service temps réel pour des millions d'utilisateurs a demandé un nouveau microservice, et 27 personnes à 100 % pendant 6 mois. Réponse : plus de ressources, priorisation des features et beta progressive (interne avec un canal Slack de feedback, puis 5 %, 10 %, 20 % en Italie, France, Espagne, avant un lancement dans cinq pays en septembre 2025).
- Trois apprentissages :
- l'explicabilité crée la confiance : en 12 entretiens, les utilisateurs doutaient du raisonnement, pas des résultats, d'où une evidence layer (citations d'avis, extraits de menus, photos) qui a aussi aidé à repérer des bugs ;
- écouter de cinq façons (Amplitude, observabilité IA, sondage interne, canal Slack qui a permis de corriger 72 bugs, tests utilisateurs), en surveillant la perception du temps de réponse ;
- prouver la valeur et faciliter l'adoption sont deux problèmes différents : 17 % de conversion et 91 % de recherches réussies, mais 3,7 % d'adoption (cible 5 %), car la fonctionnalité était isolée dans l'app.
- Suite : une vision de barre de recherche unique mêlant mots-clés et langage naturel. Une V1 n'a pas atteint ses objectifs et une V2 est en cours. Conclusion : « Il n'y a pas de happy ending en produit, il n'y a que les prochaines itérations. »
Table ronde▶ vidéo + transcript
Club Med : retour sur deux ans de transformation IA
Amina — VP Expérience client digitale, Club Med, Jérémy — Principal Engineer, Club Med
Retours : aucun retour participant trouvé (résumé d'après la vidéo)
- Changement de dernière minute : l'intervenant prévu (Quentin) étant absent, deux membres de son équipe le remplacent ; l'animateur n'est pas nommé dans le transcript automatique.
- Point de bascule : Club Med, longtemps « smart adopter », était technologiquement prêt grâce à une data factory montée après le Covid. Le comex est acculturé depuis 2023, et la filière marketing, digital et tech a déplacé 3 M€ à budget constant vers l'équipe data et IA, en ralentissant d'autres projets.
- Software factory (Jérémy) : une centaine de développeurs, une marketplace interne d'agents et de skills (surtout Claude, un peu Codex), et trois artefacts en amont du code, PRD, DRD (design) et data contract, pour générer des epics consommables par des agents. « On veut délivrer vite mais bien » : le vibe coding donnait du code jugé peu propre. Un glossaire métier partagé entre humains et IA a été « game changer ».
- Cas d'usage produit (Amina) : indexation automatique des reportages photo (8 h de travail auparavant), agents qui « club-médisent » les textes et traduisent ; un chatbot WhatsApp (canal passé de 0 à 30 % des 1,4 M de contacts entrants annuels) qui traite 50 % des conversations, avec 80 % visés d'ici la fin de l'année.
- Citizen devs : beaucoup de prototypes « sur étagère » (outils de resort, réservation de courts de tennis), encouragés mais sans mode opératoire encore pour les industrialiser (RGPD, sécurité).
- Éthique : un comité trimestriel revoit les cas d'usage. Pour l'algorithme de préaffectation des 18 000 mouvements annuels de GO, l'historique a été retiré pour ne pas reproduire les biais (que des hommes aux postes de management).
- Coûts : environ 20 000 € de tokens par mois sur la seule partie Bedrock, et des modèles open source auto-hébergés à l'étude.
Conférence▶ vidéo
From Lovable to Runnable : du prototype au produit scalable
Claire Van de Voorde — CPO et coach produit
Retours : Alexandra Martin (Marmelab)
- REX d'une scale-up portée par des prototypes IA et low-code : un prototype qui marche trop bien peut être plus dangereux qu'un échec. Il crée de la dette, des coûts qui explosent, et des clients qui croient déjà avoir un produit (programme).
- Deux rôles complémentaires : le Creator, qui explore vite avec peu de contraintes, et l'Exploiter, qui apporte robustesse et sécurité. Elle l'illustre par Coca-Cola, où l'inventeur John Pemberton a eu besoin de l'homme d'affaires Asa Griggs Candler pour industrialiser (Marmelab).
- Le vrai problème est un problème de décision : cartographier ses prototypes, choisir ceux qui méritent d'être industrialisés, accepter de couper même quand ça marche (programme).
- Réception : Alexandra Martin la classe 4ᵉ et apprécie ce recadrage du passage du prototype à la production. Le thème fait écho à la tension « prototype ≠ produit » soulevée par Marion Doucet le matin.
Table ronde▶ vidéo
L'agentique accélère : Vis ma vie de Head of Data & IA
Robin Conquet — DataGen (animation), Juliette Duizabo — Photoroom, Edouard Flouriot — Sorare, Virginie Cornu — ex-Jellysmack
Retours : Alexandra Martin (Marmelab)
- L'IA automatise le rôle traditionnel de l'analyste, qui traduisait une question métier en requête SQL : l'intermédiaire disparaît et les PM gagnent en autonomie analytique.
- Les équipes data se repositionnent sur la fourniture d'un contexte propre et non ambigu à l'IA.
- Tension relevée : des PM capables de prototyper, implémenter et interpréter seuls deviennent eux-mêmes des goulots.
- Consensus : le meilleur investissement de carrière d'un PM aujourd'hui, c'est la culture data et métriques (adoption, churn…). Il faut aussi garder un regard critique, car l'IA confirme les biais de celui qui l'interroge.
- Classée 5ᵉ par Alexandra Martin (Marmelab), qui la juge riche en questions sur l'évolution des compétences PM.
Conférence▶ vidéo
Clarity for Product People
Arne Kittler — Contextual Product Leader
Retours : Le Ticket (article dédié, réservé aux abonnés)
- Thèse du programme : la clarté est la compétence n°1 des leaders produit. Sans vision partagée des rôles, de la direction et des façons de travailler, la collaboration s'essouffle, et c'est d'autant plus vrai à l'heure de l'IA.
- Modèle en 4 couches : clarté directionnelle, situationnelle, de rôles et de communication. Il s'accompagne d'un diagnostic des signaux faibles de manque de clarté et de stratégies pour instaurer une culture de la clarté.
- Le Ticket l'a retenue parmi les cinq apprentissages clés de la journée et lui consacre un article (« le framework d'Arne Kittler pour augmenter la clarté »), dont le contenu est réservé aux abonnés.
Sessions sans retour trouvé (12)
- Service-as-a-Software (Lucien Bredin, Naboo) — vidéo en ligne
- Lean Tech Engineering (Fabrice Bernhard, Theodo) — vidéo en ligne
- Scale: How Anthropic is helping start-ups grow globally (Aiden Blake, Anthropic & Amandine Durr, Back Market) — vidéo en ligne
- Orchestrer une transformation IA multi-métiers sans créer le chaos (Sarah Lacroix & Claire Dhoosche, Criteo) — vidéo en ligne
- What does it take to align 1,200 people across almost thirty disciplines? (Richard Sworder, Atlassian Williams Racing & Axel Sooriah, Atlassian) — vidéo en ligne
- Why your team is hitting targets by building the wrong thing (Büşra Coşkuner) — vidéo en ligne
- From analytics to action: evolving data products for agents (Andriy Mandyev) — vidéo en ligne
- Codex for the future of work (Katia Gil Guzman, OpenAI) — vidéo en ligne
- Malleable Software (Dave Killeen, Pendo) — vidéo en ligne
- Keynote surprise « Quand le code rencontre la musique » (DJ Dave, live coding) — vidéo en ligne
- Discovery from 0 to 1 : REX RATP Smart Systems (BilendiUX) — vidéo en ligne
- Talks sponsors de 15 min : Vonage & Bouygues Telecom (RCS), Figma & BNP Paribas, Atlassian (Kevin Tassi), Airtable (David Benoish), Miro (Floriane Garde) — vidéos en ligne
Sources
- Programme officiel (nouvel onglet) ↗
- Playlist YouTube « La Product Conf Paris 2026 » (28 vidéos) (nouvel onglet) ↗
- Le Ticket — La Product Conf 2026 : ce qu'il fallait retenir en 5 apprentissages clés (Kevin Deniau, 25/05/2026) (nouvel onglet) ↗
- Le Ticket — 4 conseils pour déployer l'IA à l'échelle de son organisation (nouvel onglet) ↗
- Marmelab — La Product Conf 2026 : l'IA sous un autre prisme (Alexandra Martin, 22/06/2026) (nouvel onglet) ↗
- Post LinkedIn de Le Ticket (récapitulatif, commentaires de Timothé Frin et Arielle Le Bail) (nouvel onglet) ↗
- Vidéo « Retour en images sur La Product Conf Paris 2026 » (nouvel onglet) ↗