NewCrafts Paris 2025

Dev, cloud & sécu6–7 novembre 2025Paris, New Cap Event Center

Édition déplacée en novembre (6 et 7 novembre 2025, ateliers pré-conférence les 4 et 5), au New Cap Event Center (3 quai de Grenelle, Paris 15e), organisée par Aardling. Programme : 4 keynotes, une trentaine de talks et hands-on labs sur 4 salles, une session interactive en soirée. Dernière édition avant la pause de 2026 annoncée sur ncrafts.io (recettes 2025 sous le seuil de rentabilité). Playlist YouTube liée depuis le site : https://youtube.com/playlist?list=PLIYFkjdIWfVxEKvmXrh7f6mmBdbXp5NgO

Une édition resserrée sur le retour aux fondamentaux du craft (qualité interne, TDD, trunk-based development, décision et modélisation) face à l'IA présentée comme un amplificateur qui ne remplace pas la théorie du programme portée par l'équipe, et la dernière avant une pause de NewCrafts en 2026.

24 sessions résumées · 23 vidéos · mise à jour le vendredi 9 octobre 2026 · synthèse à compléter

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : Programme officiel (agenda ncrafts.io et 33 fiches de session archivées dans la Wayback Machine), 23 vidéos NewCrafts 2025 publiées par Aardling sur YouTube entre janvier et juin 2026, dont 8 transcripts lus en entier (les 4 keynotes, Kevlin Henney, Clare Sudbery, Romeu Moura, Pauline Jamin et Thomas Pierrain). Côté retours : le post LinkedIn de Tom Asel (speaker) avec ses commentaires et son thread Bluesky en 10 posts, une dizaine de posts Bluesky publiés pendant l'événement (Andrew Harmel-Law, Thomas Pierrain, Lutske De Leeuw, Daniel Raniz Raneland, Clare Sudbery, tous speakers, et l'annonce du remplacement de Barry O'Reilly par Romeu Moura), un post Mastodon de Steven Goodwin (speaker) et l'annonce de pause des organisateurs (janvier 2026).

Limites : Corpus lu près de onze mois après l'événement et presque sans voix de participants : l'essentiel repose sur ce qui a été dit sur scène (transcripts) et sur les descriptifs du programme ; les quelques réactions publiques viennent de speakers. Les hands-on labs (TDD, mocks, λ-calcul, Liberating Structures, Verbal Aikido…) n'ont pas été filmés et restent sans retour sur leur contenu. Six vidéos titrées « NewCrafts 2025 » publiées sur la chaîne Aardling en octobre 2026 (Sven Peters, Jérémie Grodziski et Thomas Pierrain, Quentin Adam, Stijn Volders, Laurent Bossavit, Yan Cui) ne sont pas rattachées : leur description et leur contenu les situent en 2015 ou 2016 et aucun de ces speakers ne figure au programme 2025 ; de même pour Sophie Küster (vidéo publiée en octobre 2025, avant l'événement).

Synthèse globale

1. Une édition qui se parle à elle-même

Particularité frappante à l'écoute des vidéos : les talks se répondent. Chris Simon ouvre le premier jour en renvoyant vers Beija Nigl (préparation des ateliers de modélisation), Daniel Raniz Raneland (TDD) et Nicole van der Hoeven (observabilité) ; Kevlin Henney s'appuie l'après-midi sur « le talk de Chris ce matin » ; Gien Verschatse cite Andrew Harmel-Law ; Clare Sudbery reprend le lendemain les propos d'Emily Bache sur les revues de code ; Pauline Jamin évoque Romeu Moura, qui parlait le matin. Shana Dacres-Lawrence relie aussi sa keynote à celle de Chris Simon (la livraison qui passe avant la qualité). Le programme se lit comme un fil unique sur l'excellence technique, plutôt que comme une juxtaposition de pistes.

2. La qualité interne n'est pas négociable

C'est le socle posé par la keynote d'ouverture et repris sous plusieurs angles. Chris Simon démonte le triangle de fer à coups de boucles causales : sacrifier la qualité interne pour aller vite finit par ralentir. Kevlin Henney défend la pratique délibérée des katas et rappelle qu'une couverture à 100 % peut ne rien tester. Clare Sudbery montre que la vraie intégration continue exige tests automatisés, code découplé et très petits pas. Nicholas Suter (mesure de la dette chez TheFork), Carola Lilienthal et Henning Schwentner (modernisation du legacy) ainsi que plusieurs hands-on labs (mocks remplacés par des simulateurs, test data builders, TDD pour tous) complètent ce volet d'après le programme.

3. L'IA, en contrepoint plutôt qu'en vedette

À rebours de la plupart des conférences de 2025, l'IA n'est pas le thème central mais un révélateur. Chris Simon et Kevlin Henney reprennent la même idée de DORA : l'IA amplifie les forces comme les dysfonctionnements. Pour Chris Simon, un LLM ne peut pas porter la théorie d'un programme, et il cite l'étude METR (développeurs plus lents avec l'IA tout en se croyant plus rapides). Kevlin Henney s'inquiète d'une déqualification quand disparaît la friction nécessaire pour apprendre. Clare Sudbery relie ses pratiques (petits pas, TDD) au bon usage des LLM. Le programme ajoute des approches plus outillées ou critiques : observabilité des applications d'IA (Nicole van der Hoeven), biais de genre (Julia Klinkert), introduction au machine learning (Lutske De Leeuw) et un duel humains contre machines sur un kata (Thomas Coopman). En janvier 2026, les organisateurs justifient d'ailleurs la pause par la nécessité de repenser ce que le craft veut dire à l'heure des agents IA.

4. Décider et modéliser, plutôt qu'appliquer une recette

Autre fil fort : se méfier des solutions toutes faites. Gien Verschatse consacre la keynote de clôture du jour 1 à la décision (cadrer le problème, trois options, ne pas juger une décision à son résultat) ; c'est la phrase sur le cadrage, « la partie à laquelle on consacre le moins de temps », que relaie en direct Andrew Harmel-Law sur Bluesky. Pauline Jamin et Thomas Pierrain racontent comment agrégats, événements et cohérence éventuelle deviennent des marteaux dorés, et prescrivent ADR, tech radar et « rendre l'implicite explicite ». Chris Simon présente la residuality theory de Barry O'Reilly, lui-même absent. Julien Topçu et Josian Chevalier (tensions de modèle), Luca Mezzalira (bonnes questions avant une architecture événementielle) et Cyrille Martraire (lire la recherche pour comprendre un domaine) s'inscrivent dans la même veine selon le programme.

5. Le facteur humain et politique

NewCrafts garde sa marque socio-technique. Romeu Moura part du dentifrice absent des hôtels pour critiquer les modèles de maturité et, via Nietzsche et Heidegger, l'usage des processus pour fuir la responsabilité de décider. Hadrien Mens-Pellen propose une « guérilla » face aux environnements toxiques, syndicats compris. Andrew Harmel-Law puise dans la pensée anarchiste des modèles d'auto-organisation. Emily Bache présente le métier de coach technique, et Nina Siessegger et Susanne Kaiser racontent une réorganisation participative (Team Topologies, Wardley, DDD). Sur les ateliers, Verbal Aikido et Liberating Structures travaillaient la communication. Tom Asel, speaker et participant, résume l'esprit ainsi (LinkedIn et Bluesky) : une conférence qui ne tourne pas autour d'une méthode ou d'une stack mais autour de la question « how do we want to build software today and tomorrow? ». Thomas Pierrain retient surtout les retrouvailles et les discussions de couloir sur les problèmes de chacun.

6. Tensions et critiques

Les talks assument leurs partis pris, ce qui laisse des points de débat. Clare Sudbery sait que le trunk-based development agace et précise qu'elle n'est « pas la patronne » de la salle. En questions, des participants lui opposent la sécurité (qui justifierait les PR) et le fonctionnement en monorepo multi-équipes ; un autre objecte à Pauline Jamin et Thomas Pierrain que la capture de données (CDC) entre équipes contourne tout contrat. Chris Simon annonce ne pas avoir le temps de dire tout le mal qu'il pense de la commercialisation actuelle des LLM, et reconnaît que l'étude METR contredit d'autres témoignages. Romeu Moura revendique ne proposer aucune solution. Côté événement, deux speakers annoncés manquaient à l'agenda final (Barry O'Reilly, remplacé au pied levé par Romeu Moura, et Oskar Dudycz) et, selon les organisateurs, les recettes de sponsoring et de billetterie n'ont pas couvert les coûts, d'où la pause de 2026.

7. Biais du corpus

Cette synthèse repose presque entièrement sur ce qui a été dit sur scène (8 transcripts sur 23 vidéos) et sur le programme officiel. Les seules voix extérieures sont celles de speakers (Tom Asel sur LinkedIn et Bluesky, Andrew Harmel-Law, Thomas Pierrain et Lutske De Leeuw sur Bluesky, Steven Goodwin sur Mastodon) : aucun participant « simple » n'a été lu, aucun hands-on lab n'est documenté, et les ateliers pré-conférence (Barry O'Reilly, Kevlin Henney, Mark Richards, Neal Ford, Emily Bache, Maxime Sanglan-Charlier, Cyrille Martraire) ne sont connus que par leur annonce. Attention enfin aux vidéos titrées « NewCrafts 2025 » publiées en octobre 2026 (Sven Peters, Quentin Adam, Jérémie Grodziski et Thomas Pierrain…) : ce sont des archives de 2015 et 2016, écartées ici.

Actions concrètes citées

  1. Sortir la qualité interne du triangle coût, délai, périmètre : la laisser se dégrader enclenche une boucle de renforcement qui ralentit tout (Chris Simon, keynote).
  2. Considérer l'excellence technique comme toute pratique qui protège la théorie du programme portée par l'équipe : modélisation collaborative, TDD, documentation légère, observabilité (Chris Simon, d'après Peter Naur).
  3. Face à du code généré, se poser quatre questions : ça marche ? je le comprends ? en quoi diffère-t-il de ce que j'aurais écrit ? comment l'améliorer ? (Kevlin Henney).
  4. Faire le test de Jez Humble : tout le monde pousse au moins une fois par jour sur la branche principale, chaque commit déclenche build et tests, un build rouge repasse au vert en 10 minutes (Clare Sudbery).
  5. Remplacer la relecture asynchrone de pull requests par du pair ou ensemble programming et des revues collectives régulières, et avancer en très petits pas pour pouvoir jeter deux heures de travail sans regret (Clare Sudbery).
  6. Avant de trancher, reformuler le problème (« pourquoi ? »), générer au moins trois options et ne pas juger une décision à son résultat, le biais dit resulting (Gien Verschatse, keynote).
  7. Se méfier des obsessions DDD (agrégats partout, chorégraphie d'événements par défaut, contexte « vampire » qui copie les données des autres) et rendre l'implicite explicite avec ADR, tech radar et trois options minimum (Pauline Jamin et Thomas Pierrain).
  8. Traiter sécurité et architecture comme un couple : « shift left, shield right », tester la reprise après incident, et ne pas héberger ses runbooks sur la plateforme qu'ils doivent réparer (Shana Dacres-Lawrence, keynote).
  9. Ne pas prendre une description pour une prescription : un modèle de maturité bâti en observant des équipes devient vite une norme qui bloque l'innovation (Romeu Moura).

Session par session

Jeudi 6 novembre

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A Defense of Technical Excellence

Chris Simon

Retours : Tom Asel (speaker, post LinkedIn)

  • Keynote d'ouverture. Chris Simon part de trois scènes que toute la salle reconnaît à main levée (« on corrigera le bug plus tard », « pas de design, on est agiles », la résignation) et les présente comme un intuition pump au sens de Daniel Dennett.
  • Cible : le triangle de fer. Dans sa première version (Martin Barnes, 1968), la qualité était la constante au centre ; elle est devenue négociable dès 1969.
  • Démonstration en direct de diagrammes de boucles causales (outil Loopy) : bugs non corrigés et « crust » (il préfère ce mot à dette technique pour les raccourcis délibérés) nourrissent la confusion, qui produit davantage de bugs et de crust. Une boucle de renforcement qui écrase la valeur livrée.
  • Distinction clé : la qualité externe peut se négocier, pas la qualité interne, invisible aux parties prenantes mais qui ralentit tout.
  • Définition proposée : l'excellence technique, c'est toute pratique qui protège la théorie du programme (Peter Naur, Programming as Theory Building) : modélisation collaborative, residuality theory de Barry O'Reilly, documentation légère, bite-sized architecture, TDD, observabilité.
  • Sur l'IA : un LLM « ne peut pas détenir la théorie d'un programme » ; il cite DORA (l'IA amplifie forces et dysfonctionnements) et l'étude METR (développeurs 19 % plus lents avec l'IA alors qu'ils se croyaient 20 % plus rapides).
  • Retour participant : Tom Asel retient les boucles causales reliant TDD, DDD et collaboration.

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Get Kata

Kevlin Henney

  • Le kata comme pratique délibérée : on le répète pour maîtriser la tâche, pas pour la terminer. Pour Kevlin Henney, l'enjeu est la reconnaissance de formes (« j'ai déjà vu ce problème »), plus que la vitesse au clavier.
  • Lien explicite avec la keynote de Chris Simon : l'IA est un amplificateur, elle n'amplifie que ce qu'on maîtrise. Il pointe le risque de déqualification quand on supprime la friction nécessaire à l'apprentissage.
  • Quatre questions à poser à du code généré (ou simplement existant) : ça marche ? est-ce que je le comprends ? quelle différence avec ce que j'aurais fait ? comment l'améliorer ?
  • FizzBuzz disséqué : couverture d'instructions, de branches et de chemins, et piège du 100 % (« il n'y a pas de couverture de test, seulement de la couverture » : des tests sans assertion couvrent aussi). Rappel de la loi de Goodhart.
  • Plusieurs paradigmes pour un même problème : tests par propriétés, listes infinies en Haskell, chiffres romains réécrits comme données plus requête puis comme réécriture de termes par expressions régulières (« la représentation est l'essence de la programmation », Fred Brooks).
  • Exercice proposé : écrire la version « legacy » de son propre kata pour comprendre que le mauvais code est systématique, pas arbitraire.

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Slow down to speed up your decision-making

Gien Verschatse — Aardling

Retours : Andrew Harmel-Law (speaker d'une autre session, Bluesky)

  • Keynote de clôture du premier jour, construite autour d'un cas récurrent : le client qui veut « passer aux microservices » sans avoir cadré le problème.
  • Une décision est un choix entre alternatives qui mène à des futurs différents et engage des ressources de façon irrévocable. Il faut un décideur doté d'autorité, d'engagement et de la permission du groupe (rang implicite : accent, genre, couleur de peau…).
  • Outils de cadrage : distinguer problème et polarité (local et global, équipe et individu se gèrent, ne se tranchent pas), rendre un problème non pertinent (les miroirs dans l'ascenseur trop lent), reframing canvas, et la question « pourquoi ? » répétée : « passer aux microservices » devient « retrouver la connaissance de notre monolithe ».
  • Toujours au moins deux options (le statu quo en est une) ; elle en conçoit trois pour éviter le « eux contre nous », et utilise une liste pour, contre, correctifs.
  • Une bonne décision ne garantit pas un bon résultat : confondre les deux, c'est le resulting (terme issu du poker).
  • Message final : repérer si l'entreprise décide surtout en réaction (quand tout brûle) et chercher à passer en mode proactif.
  • Côté public, Andrew Harmel-Law (speaker la même journée) retient la phrase sur le cadrage : « the hardest part (of deciding) is framing the problem. It is also the part we spend the least amount of time on », avec un « so true » ; c'est le plus aimé des posts Bluesky lus sur l'édition (25 j'aime).

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How to become a Technical Coach

Emily Bache

Retours : Tom Asel (speaker, post LinkedIn), Clare Sudbery (speaker, citée sur scène)

  • D'après le programme : les chemins pour devenir coach technique (TDD, refactoring, design), un rôle qui facilite, mentore et enseigne sans écrire le code de production.
  • Tom Asel dit y avoir découvert le Samman Coaching.
  • Clare Sudbery en reprend le lendemain deux idées : n'avoir que la relecture asynchrone de code comme contrôle qualité pose problème, et l'ensemble programming a des modes d'échec qui peuvent dégoûter une équipe si on ne sait pas l'animer.

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Team Topologies in Practice: A Journey of Re-Teaming Using Architecture for Flow

Nina Siessegger, Susanne Kaiser

Retours : Tom Asel (speaker, post LinkedIn)

  • D'après le programme : retour d'expérience de réorganisation chez Pirate Ship combinant Wardley Mapping, DDD et Team Topologies (« Architecture for Flow »), avec auto-sélection des équipes, décision par consentement et passage de composants partagés à une équipe plateforme.
  • Tom Asel salue la profondeur de ce cas concret.

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Machine learning 101: Where to begin?

Lutske De Leeuw — Craftsmen

Retours : Tom Asel (speaker, posts LinkedIn et Bluesky), Lutske De Leeuw (speaker, Bluesky)

  • D'après le programme : introduction aux types d'algorithmes et aux étapes de construction d'un modèle (problème, données, prétraitement, choix d'algorithme, entraînement).
  • La speaker présente elle-même le talk le matin comme un retour aux bases : « AI and GenAI are cool, but today I'm taking it back to basics ».
  • Tom Asel parle d'un panorama du machine learning « crisp » et dit avoir été impressionné par l'outillage présenté.

Atelier

Wardley Map Your Context – A Guided, Interactive Session

Tom Asel

Retours : Tom Asel (speaker, post LinkedIn)

  • Session spéciale en soirée, sans slides ni scénario imposé : chacun apporte son contexte (architecture, équipes, stratégie produit) et repart avec une première carte Wardley.
  • Le speaker décrit un format intense et amusant, avec une participation énergique malgré l'heure tardive.

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Everything you ever wanted to know about anarchy (but were afraid to ask)

Andrew Harmel-Law — Thoughtworks

  • D'après le programme : lecture de Patterns of Anarchy (1966), cité par Christopher Alexander, pour en tirer des modèles d'auto-organisation utiles à la conception socio-technique, en alternative aux approches hiérarchiques.
  • Gien Verschatse y fait allusion dans sa keynote (loi de Conway évoquée dans le talk d'Andrew).

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Surviving Complexity Through Software Design

Jacqui Read

  • D'après le programme : comment des équipes sous pression (multiples stacks, pipelines, observabilité) peuvent s'approprier progressivement leur design et leur architecture pour garder un logiciel évolutif, à partir des travaux de The Ministry of Software Design.

Conférence▶ vidéod'après le programme

Digging deep into a domain by digging scientific papers

Cyrille Martraire

  • D'après le programme : apprendre un domaine métier en lisant la littérature scientifique plutôt que des opinions, avec une méthode pour s'y retrouver ; « même avec l'IA, lire des papiers reste un ingrédient clé ».

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Preparation - The underrated potential for CoMo workshops

Beija Nigl — Comsysto Reply

  • D'après le programme : la modélisation collaborative paraît simple et adaptable à la volée, mais les grands groupes, la politique et les résistances exigent une préparation minutieuse ; présentation du CoMo Prep Canvas, conçu avec Michael Plöd.
  • Chris Simon la recommandait le matin même comme prolongement pratique de sa keynote.

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Event-Driven Architecture: asking the right questions

Luca Mezzalira — AWS

  • D'après le programme : un modèle mental pour migrer vers une architecture orientée événements, illustré par une étude de cas, et les points critiques à surveiller pendant la conception.
  • Le sujet fait écho au talk de Pauline Jamin et Thomas Pierrain le lendemain, qui met en garde contre la chorégraphie d'événements adoptée par défaut.

Conférence▶ vidéod'après le programme

Asimov's Zeroth Law of Robotics: Observability for AI

Nicole van der Hoeven — Grafana Labs

  • D'après le programme : la « loi zéro » d'un robot serait d'être observable. Ce qui distingue l'observation d'une application d'IA (dérive des modèles, coûts des LLM, grands jeux de données), démonstration avec OpenTelemetry, Prometheus et OpenLit.

Vendredi 7 novembre

Keynote▶ vidéo + transcript

Security and Architecture: To Betray One Is To Destroy Both

Shana Dacres-Lawrence — Accenture

  • Keynote d'ouverture du second jour, sur le ton d'une histoire de couple entre architecture et sécurité.
  • Trois types de trahison : physique (faiblesses structurelles, livraison qui passe avant la sécurité, mauvaises configurations), émotionnelle (loyauté supposée, accords jamais formalisés) et de confiance (confiance implicite envers un tiers ou un système).
  • Exemples vécus : un MFA par SMS imposé pour tenir un jalon ; un comité de gouvernance où l'équipe sécurité conteste un design qu'elle avait discuté ; un fournisseur qui annonce une suppression définitive mais fait une suppression logique purgée quatre mois plus tard.
  • Cas publics : panne AWS us-east-1 d'octobre 2025 (un enregistrement DNS manquant, effets en cascade), attaque de Marks & Spencer via le service desk, Change Healthcare (réseau non segmenté après une acquisition).
  • Cinq défenses : communication ouverte, outils, automatisation, validation concrète, culture collaborative. Formules : « shift left, shield right », « consistency builds trust », « security should guide architecture, but architecture should also shape security ».
  • Conseil pratique : ne pas héberger ses runbooks sur la plateforme qu'ils doivent aider à restaurer.

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Ada Lovelace and The Very First Computer Program

Steven Goodwin

Retours : Tom Asel (speaker, post LinkedIn), Steven Goodwin (speaker, Mastodon)

  • Keynote de clôture de l'édition. Steven Goodwin décortique la note G d'Ada Lovelace (calcul des nombres de Bernoulli pour la machine analytique de Babbage, jamais construite).
  • Lecture du tableau comme un programme : numéros de ligne, quatre opérations, variables, compteur d'écritures pour faire une exécution à blanc, colonne d'explications qu'il assimile à des commentaires.
  • Il y trouve un bug à l'opération 4 (division inversée alors que le commentaire est juste) et une boucle qu'il faut en pratique copier-coller en renumérotant les variables ; il transpose ensuite le programme en JavaScript et retrouve les bonnes valeurs.
  • Défense de la thèse « Ada, première programmeuse » : il retourne la critique de Stephen Wolfram (elle aurait seulement clarifié les idées de Babbage) en définition même du métier de développeur, et rappelle qu'elle imaginait des nombres représentant mots, notes ou couleurs.
  • Retours : Tom Asel retient un mélange de comédie, d'histoire et d'informatique ; Steven Goodwin rapporte sur Mastodon qu'un participant a qualifié le talk d'« absolute gold ».

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Continuous Integration – That's not what they meant

Clare Sudbery

Retours : Tom Asel (speaker, post LinkedIn)

  • Ouverture par le test de Jez Humble en faisant lever la salle : intégration au moins quotidienne sur la branche principale, build et tests automatiques à chaque commit, build rouge corrigé en 10 minutes. Beaucoup se rassoient.
  • Retour à la définition de Kent Beck (XP, 1999) : aucun code non intégré plus de quelques heures. Elle préfère parler de trunk-based development pour contourner la dilution du terme CI.
  • Récit d'une équipe fictive qui passe par tous les écueils : branches et merge hell, pull requests géantes imposées au nom de la conformité, « big bang » sans tests automatisés, build lent, tests ignorés, branches cachées en local.
  • Contre la relecture asynchrone des PR (citations de Kief Morris, Dragan Stepanović, Dave Farley sur les régulateurs) : pair et ensemble programming, revues collectives, TDD, refactoring et « many more much smaller steps » (GeePaw Hill).
  • Réservée sur les feature flags : si le code est caché derrière un flag, autant qu'il soit dans une branche ; les combinaisons de flags font exploser la complexité.
  • En questions, face aux contraintes de sécurité : modéliser les menaces et automatiser les contrôles dans le pipeline. Tom Asel dit en être reparti avec une idée plus claire des principes de la CI et du trunk-based development.

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Rinse-less brushing: a tale of practices

Romeu Moura

Retours : Thomas Pierrain (speaker d'une autre session, Bluesky)

  • Session de remplacement : NewCrafts annonce le 4 novembre 2025 sur Bluesky que Romeu Moura remplace Barry O'Reilly, avec ce pitch : « every adoption of every practice runs in similar patterns of problems of fetichisation, dogmatism, mechanical application, silver bullets and nihilism ». Absente de l'agenda en ligne, elle a été filmée et publiée comme NewCrafts 2025 ; Pauline Jamin y fait référence sur scène l'après-midi du second jour.
  • Point de départ : pourquoi les hôtels ne fournissent-ils pas de dentifrice ? Parce que la grille des étoiles a été écrite en observant des hôtels, puis appliquée comme une norme : le descriptif devenu prescriptif s'auto-entretient. Même mécanisme pour les modèles de maturité en entreprise.
  • Métaphore du brossage de dents : les débats d'experts sur la meilleure technique (ne pas se rincer la bouche) servent peu aux équipes qui ne se brossent pas du tout ; pour « élever le niveau », il faut d'autres pratiques, souvent mal vues par la communauté d'origine.
  • Lecture du nihilisme selon Nietzsche : s'éviter soi-même, par auto-hypnose, orgie d'émotions, petits plaisirs, activité mécanique ou fusion dans le groupe ; Heidegger prolonge l'activité mécanique en usage de processus et de machines pour fuir la responsabilité de décider.
  • Pas de solution revendiquée : demander un processus pour sortir de ce piège serait encore de l'activité mécanique.
  • Dans la salle, Thomas Pierrain (lui-même speaker) décrit en direct un talk « really entertaining and interactive » sur le prescriptivisme, le dentifrice et surtout le nihilisme.

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The DDD Horror Picture Show

Pauline Jamin — Agicap, Thomas Pierrain

  • Talk à deux voix fait d'histoires d'horreur vécues, présenté comme destiné aux praticiens DDD avancés.
  • Obsession des agrégats : un bug de fuseau horaire qui, parce que toute une liste était modélisée comme un agrégat, décale toutes les dates de deux heures à chaque sauvegarde.
  • Obsession des événements : chorégraphie par défaut, bus en mémoire perdu sur des instances préemptibles, cascades d'événements, événements privés publiés à tous. Rappel : l'orchestration reste préférable pour suivre un processus pas à pas.
  • Bounded context vampire : copier toutes les données des autres contextes au nom de l'autonomie ; l'appel d'API avec couche anti-corruption ou les événements légers suffisent souvent. Biais de l'horizon de cohérence éventuelle : pas de transaction distribuée en deux phases, plutôt outbox, inbox et sagas.
  • Diagnostic : le problème vient moins du DDD que de biais humains (marteau doré, culte du cargo, biais du survivant, de confirmation) et du manque d'accès au métier.
  • Contre-mesures : ADR, trois options minimum, tech radar (la chorégraphie par défaut y est classée « hold »), budget de complexité, « validation Feynman », et le mot d'ordre DDD « rendre l'implicite explicite ».

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Guerilla Programming: Survive and Thrive in Hostile Tech Environments

Hadrien Mens-Pellen

Retours : Tom Asel (speaker, post LinkedIn)

  • D'après le programme : douze tactiques éprouvées pour tenir dans un environnement hostile (crunch, estimations transformées en engagements, micro-management), reprendre la main sur son temps, créer des alliances et s'appuyer sur les syndicats et collectifs tech.
  • Tom Asel en retient des conseils pour préserver sa santé de développeur.

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Domain-Driven Transformation: Modularizing and Modernizing Legacy Software

Carola Lilienthal — WPS, Henning Schwentner — WPS

  • D'après le programme : évaluer un système « big ball of mud », y réintroduire de la structure par la modélisation collaborative, et un catalogue de refactorings et d'heuristiques contre les modèles anémiques et les équipes désorganisées.

Conférence▶ vidéod'après le programme

Model Tension Heuristics: Preventing Accidental Design Debt

Julien Topçu — Shodo, Josian Chevalier — Shodo

  • D'après le programme : repérer quand un modèle devient faux ou obsolète. Les tensions de modèle non résolues produisent de la dette de design (effet « spork », fragmentation, sclérose du modèle) ; les speakers proposent des heuristiques pour les détecter et les traiter.

Conférence▶ vidéod'après le programme

GENdered AI: Addressing Gender Bias in Generative AI

Julia Klinkert — Info Support

  • D'après le programme : apports de l'IA générative au travail, manifestations des biais de genre dans ces outils et stratégies pour en limiter l'impact, voire en faire un levier d'inclusion.

Conférence▶ vidéod'après le programme

Continuous experimentation, when software engineers are invested in product and business

Marjorie Aubert — Comet Meetings

  • D'après le programme : retour d'expérience d'ingénieurs qui couvrent tout le cycle, du recueil du besoin au suivi des utilisateurs, en s'appuyant sur XP, DDD et continuous discovery ; ce qui a été testé, abandonné et adopté.

Conférence▶ vidéod'après le programme

Taming technical debt: from burden to strategic advantage

Nicholas Suter — Believe

  • D'après le programme : caractériser la dette technique, la mesurer à l'échelle d'un système opéré par de nombreuses équipes, et l'outillage construit chez TheFork pour déclencher l'action après la mesure.

Sessions sans retour trouvé (11)

  • Typed λ-calculus for Dummies (hands-on, Arnaud Bailly et Emmanuel Gaillot)
  • Test Driven Development for Everyone (hands-on, Daniel Raniz Raneland ; tenu le 6 novembre au matin selon son post Bluesky, sans retour sur le contenu)
  • Liberating Structures 101 (hands-on, Nicole Rauch et Martin Günther)
  • Human vs Machine (hands-on, Thomas Coopman)
  • Serverless Patterns Workshop (hands-on, Patrick Meiler, AWS)
  • We don't need no (more) mock trouble (hands-on, Johan Martinsson et Mathieu Cans)
  • Applying refactoring techniques to improve environmental impact of a software application (Bjorna Kalaja)
  • Developer under attack! Verbal Aikido (hands-on, Philippe Bourgau et Mirna Mahfoud)
  • Increase your confidence with tests data builders and efficient test doubles strategy (hands-on, Pierrick Blons)
  • Complexity in the Real World (Barry O'Reilly, absent : remplacé par Romeu Moura selon l'annonce NewCrafts du 4 novembre 2025)
  • Pragmatic Event Sourcing (Oskar Dudycz, annoncé en août mais absent de l'agenda final)

Sources