Paris Open Source AI Summit 2025

IA & data22 janvier 2025Paris, Institut de France, centre de conférences (3 rue Mazarine, Paris 6e)1re édition

Thème : IA open source : définition, modèles ouverts, souveraineté européenne, recommandations pour l'AI Action Summit

Organisé par LINAGORA ; événement labellisé « Road to the AI Action Summit ». La page /posais2025 du site actuel affiche « January 29th », qui semble être un gabarit de l'édition 2026 : date retenue d'après le site archivé en janvier 2025. Une journée à l'Institut de France, gratuite, en anglais, animée par Leila Morch : 4 tables rondes, 5 keynotes, 2 « cartes blanches » vidéo, une salle parallèle d'ateliers LUCIE et un hackathon (jeu d'instructions en français pour LUCIE). Environ 450 inscrits (Zapolsky à l'ouverture ; Luma affiche 452 participants) et quelques centaines de spectateurs en ligne annoncés.

Un sommet militant, à trois semaines de l'AI Action Summit, pour qui l'IA « vraiment » open source exige les données d'entraînement, porté par le lancement de LUCIE (OpenLLM France) et par la conviction qu'une troisième voie européenne passe par les communs, la mutualisation public-privé et la confiance plutôt que par des montants à la Stargate.

12 sessions résumées · 12 vidéos · mise à jour le lundi 5 octobre 2026 · synthèse à compléter

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : Programme archivé (Wayback Machine, 18/01/2025), playlist YouTube POSAIS de LINAGORA (12 vidéos 2025 publiées le 10/02/2025) dont 11 transcripts automatiques lus intégralement (toutes les sessions filmées sauf la démo LUCIE, sans sous-titres), page Luma, communiqué de l'Open Source Alliance sur l'Open Weight Definition (22/01/2025) et presse sur le lancement puis la suspension de lucie.chat (Le Monde Informatique, 27/01/2025, et titres de presse relevés en recherche).

Limites : Aucun post LinkedIn ni billet de participant n'a été trouvé (7 recherches web le 05/10/2026, plus de vingt mois après l'événement) : la synthèse repose sur ce qui a été dit sur scène, pas sur ce que le public en a retenu. LINAGORA organise, ouvre, présente LUCIE, participe à la dernière table ronde et conclut. Les vidéos ont très peu de vues (34 à 449) ; transcripts automatiques approximatifs sur les noms propres. La démo LUCIE n'est résumée que d'après le programme, les autres sessions et la presse.

Synthèse globale

1. Un sommet d'avant-sommet, sous le choc de Stargate

Le POSAIS se tient à l'Institut de France le 22 janvier 2025, au lendemain de l'annonce du programme Stargate à 500 milliards de dollars et trois semaines avant l'AI Action Summit. Presque tous les intervenants s'y réfèrent : Zapolsky y oppose une « troisième voie » européenne, Babinet y voit une bulle de data centers sur un réseau carboné, Latombe un projet de monopole. Guillaume Avrin (DGE) le relativise : c'est de l'argent américain pour des composants américains, sans effet sur la balance commerciale française. La journée se veut productrice de recommandations pour le sommet, mais Zapolsky reconnaît en clôture ne pas avoir encore de fenêtre officielle pour les y porter.

2. Consensus : pas d'IA open source sans données

Villani (« sinon on ne donne que la pointe de l'iceberg »), Sam Johnston (les données sont le « code source »), Axel Naumann (publier des poids seuls est « pointless ») et Zapolsky dès l'ouverture convergent : l'open weight n'est pas de l'open source. Le désaccord porte sur la manière de le formaliser. L'OSI défend l'OSAID 1.0 et ses exceptions comme le seul contrepoids crédible à Bruxelles face à l'approche de Meta (Jordan Maris). L'Open Source Alliance lance une Open Weight Definition pour nommer ce qui n'est pas open source. Amanda Brock préfère une évaluation par composants plutôt qu'une définition, et Yann Lechelle juge qu'il ne faut pas définir « l'IA » mais ouvrir chaque brique (données, logiciel, poids, infrastructure). La reproductibilité divise aussi : exigence de chercheur pour les uns, simple capacité d'inspection pour Cañigueral (BSC) et Naumann.

3. Les communs plutôt que la course aux milliards

Le fil rouge de la journée est la mutualisation. Bloom sert de modèle et de mise en garde (pas de « ChatBloom » faute de cloud européen pour le servir, selon Stéphane Requena). Common Corpus montre la voie des données sans droits et outillées, CroissantLLM celle de la transparence totale, réutilisée par EuroLLM et LUCIE. LUCIE est présentée comme la fille de l'appel à projets France 2030 « Communs numériques pour l'IA », et Zapolsky demande à l'Europe d'en reproduire le modèle. Les infrastructures publiques (Jean Zay, EuroHPC, futur exascale) sont citées comme un atout, accessibles aux entreprises selon Avrin. Le manque principal, pour Zapolsky, Üstün et Cañigueral, reste la mise en commun des données, publiques comme multilingues.

4. L'ouvert comme stratégie économique, pas comme religion

Plusieurs intervenants refusent de faire de l'open source une posture morale. Pour Quentin Adam, « on n'a pas à être open source de façon religieuse » : il s'agit de bâtir des communs autour desquels chacun fait des affaires. Pour Lechelle, l'ouverture est l'arme des challengers (Huawei, Google avec Kubernetes, DeepSeek). Crédit Mutuel Arkéa ouvre sa chaîne par besoin de conformité à l'AI Act, et l'industrie critique (ANITI, IRT SystemX) partage ses outils de confiance pour qu'ils servent de moyens de conformité communs. Avrin résume l'enjeu en « business avec l'IA » plutôt que « business de l'IA ». Charleyne Biondi rappelle la limite : l'open source sait faire des modèles efficaces, moins les interfaces qui portent l'adoption.

5. Tensions, critiques et biais du corpus

  • Une Europe qui échoue ? Bruno Maisonnier ouvre le débat le plus vif de la journée en évoquant un schéma d'échec européen récurrent. Zapolsky rejette le modèle des licornes, Avrin dénonce des indicateurs importés des États-Unis, Amanda Brock répond que l'Europe innove mais n'a pas su protéger ses innovations.
  • Régulation : Biondi craint un AI Act coûteux en compétitivité, un autre panéliste souligne la mosaïque des lois des États américains, et O'Riordan alerte sur l'empilement des obligations nationales. Stasenko accuse les lenteurs d'attribution des subventions de menacer les équipes open source.
  • LUCIE, vitrine puis revers : présentée comme la grande annonce de la journée, lucie.chat est suspendue quelques jours plus tard après des réponses erronées devenues virales. LINAGORA admet avoir mal présenté ses limites (Le Monde Informatique).
  • Poids de l'organisateur : LINAGORA ouvre, fait la démo, participe à la table ronde finale et conclut, et la traduction affichée en direct dans la salle repose sur sa solution LinTO (Zapolsky).
  • Biais du corpus : synthèse fondée sur les transcripts des sessions (vidéos très peu vues) et sur la presse ; aucun retour de participant n'a pu être lu.

Actions concrètes citées

  1. Qualifier un modèle avant de l'adopter : open source (données, code, poids) ou simplement open weight ; l'Open Weight Definition et l'OSAID 1.0 de l'OSI servent de grilles (Sam Johnston, Jordan Maris).
  2. Publier les données avec leurs outils : OCR corrigé, filtrage de toxicité, détection de données personnelles, sans contenu sous droits pour éviter les retraits de corpus à la The Pile (Anastasia Stasenko, Common Corpus).
  3. Dans un secteur régulé, choisir des modèles ouverts et explicables pour les cas à haut risque (scoring, recrutement, fraude) afin de répondre à l'AI Act (Enguerrand Leclerc, Crédit Mutuel Arkéa).
  4. Publier aussi les checkpoints intermédiaires, qui rendent possibles des travaux sur la mémorisation et la confidentialité (Manuel Faysse, CroissantLLM).
  5. Utiliser les supercalculateurs publics (GENCI, BSC, EuroHPC) et préparer dès le départ l'inférence et le service : l'absence d'un « ChatBloom » est la grande leçon de Bloom (Stéphane Requena).
  6. Financer la couche basse ouverte (pilotes, compilateurs, bibliothèques pour accélérateurs) pour sortir de la dépendance aux fournisseurs (Axel Naumann, CERN).
  7. Raisonner en « business avec l'IA » plutôt qu'en « business de l'IA » et utiliser la commande publique pour soutenir l'innovation européenne (Guillaume Avrin, DGE).
  8. Construire l'adhésion par des réponses sourcées sur des documents validés : l'assistant RH de l'Éducation nationale a fait baisser les litiges (Anastasia Stasenko).

Session par session

Mercredi 22 janvier

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Opening

Alexandre Zapolsky — LINAGORA

  • Cadre posé : un événement de la route vers l'AI Action Summit (10 et 11 février) pour aborder l'IA open source « sans tabou », à commencer par sa définition.
  • Charge contre l'open washing : beaucoup de modèles, chinois notamment, se disent open source alors qu'ils ne sont que open weight, sans rien dire de leurs données ; ils méritent « beaucoup de méfiance ».
  • Annonce de la journée : première présentation publique de LUCIE, premier modèle de la communauté OpenLLM France (lancée par Michel-Marie Maudet sur la base d'un manifeste), déjà publiée sur Hugging Face, avec un lucie.chat gratuit financé grâce à OVHcloud.
  • Réponse au Stargate à 500 milliards annoncé la veille : entre l'IA commerciale américaine et celle des « pays impérialistes », l'Europe doit tracer une troisième voie, en faisant ensemble public et privé et à l'échelle européenne (OpenLLM Europe, homologues espagnols invités).
  • Environ 450 inscrits sur place, quelques centaines en ligne annoncés ; partenaires OVHcloud, Clever Cloud et Cap Digital.

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Paving the Way to the AI Action Summit

Cédric Villani — mathématicien, ancien député

  • Retour sur le rapport Villani de 2018 et ses trois mots-clés : expérimentation, partage, souveraineté. Selon lui, ceux qui émergent aujourd'hui aux États-Unis sont plutôt « bluff, power, concentration ».
  • Le bluff est aussi vieux que l'IA (le Turc mécanique, Kasparov contre IBM) ; la puissance vient de ce que la taille prime sur l'astuce algorithmique, ce qui pousse à la concentration et aux inégalités.
  • L'open source est la forme la plus pure de ses trois principes, et une manière de garder la souveraineté dans le débat de société plutôt que de la laisser à des intérêts privés.
  • Trois points pour la journée : une définition qui inclut les données (« sinon on ne donne que la pointe de l'iceberg »), une Europe politique et industrielle unie (le matériel étant peut-être plus dur que le logiciel), et l'écologie : quelques grands projets ouverts mutualisés réduiraient l'empreinte face à la multiplication des modèles privés.

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Open Source AI and the Digital Compact

Amanda Brock — OpenUK

  • Pour l'avocate devenue CEO d'OpenUK, le cœur de l'open source tient aux critères 5 et 6 de l'Open Source Definition : n'importe qui, pour n'importe quel usage. Ce libre flux explique l'adoption, mais il a un prix commercial (on aide aussi ses concurrents).
  • Récit de l'open washing depuis Llama : soutien d'OpenUK à la sortie de Llama 2 au nom de l'« open innovation », puis présentation du modèle comme open source par Meta alors que sa licence contient des restrictions (seuil de 700 millions d'utilisateurs, usages interdits).
  • Doute sur la course aux définitions (OSI en octobre 2024, FSF à venir) : elle préfère l'approche par composants de Stanford et de l'université Radboud (ouvert, partiellement ouvert, fermé), plus utile pour évaluer risque et responsabilité.
  • Tour d'horizon réglementaire (AI Act, abrogation du décret Biden, Stargate, AI Action Plan britannique) et éloge de la France, numéro un européen de l'IA open source selon l'index Tortoise, grâce à ses politiques publiques.

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Defining Open Source AI: Opportunities, Challenges, and Success Stories

Sam Johnston — Open Source Alliance, Jordan Maris — Open Source Initiative, Jamal (prénom seul dans le transcript) — Université Paris Dauphine-PSL, Stéphane Requena — GENCI, Albert Cañigueral — Barcelona Supercomputing Center, Gilles Closset — OVHcloud, Leila Morch — modération

  • Bloom en exemple et en leçon (Stéphane Requena) : né d'un café en 2021, 1 400 contributeurs, environ 170 milliards de paramètres entraînés sur Jean Zay. Il reste l'un des modèles les plus transparents, mais « we missed the ChatBloom story » faute de cloud européen prêt à le servir au public.
  • Pas d'open source sans données pour Sam Johnston : les données sont le « code source » d'un modèle. Il annonce l'Open Weight Definition pour ceux qui ne publient pas leurs données, et le lancement d'une Open Source Alliance de porte-drapeaux nationaux.
  • Jordan Maris défend l'OSAID 1.0 et ses exceptions (données non conservées, médicales, personnelles, sous droits), nécessaires pour une définition juridiquement applicable. Il en fait un point de départ : « à Bruxelles, il n'y a que deux visions, l'OSAID et le tout-se-vaut de Meta ». Il fait son mea culpa sur l'exception open source de l'AI Act, devenue une incitation à l'open washing.
  • Le débat porte sur la reproductibilité : critère clé pour le chercheur de Dauphine-PSL, inutile en soi pour Maris, remplacée par l'inspection pour Albert Cañigueral (BSC). Ce dernier ajoute l'incertitude juridique sur les licences de données et la soutenabilité économique.
  • Souveraineté : selon Requena, la bataille des infrastructures est perdue, celle des compétences et des modèles ouverts ne l'est pas, comme le montre le rapport technique de DeepSeek (environ 2 000 GPU bridés). Gilles Closset (OVHcloud) rappelle qu'un fine-tuning chez un fournisseur propriétaire laisse le modèle affiné à ce fournisseur.
  • Questions du public : Amanda Brock reproche à l'OSAID de faire de la réglementation. Johnston relie, par boutade, « 11 des 10 » risques du top 10 OWASP pour les LLM à l'opacité des données.

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Demo LUCIE

Michel-Marie Maudet — LINAGORA / OpenLLM France

Retours : Le Monde Informatique (27/01/2025)

  • Présentée au programme comme « the first truly Open Source with training data 100% transparent » ; la vidéo existe mais n'a pas de sous-titres, le contenu de la démo n'a donc pas pu être résumé.
  • Ce qu'on en sait par les autres sessions : LUCIE est issue de la communauté OpenLLM France (près de 1 000 membres en 18 mois selon Maudet en clôture, plus de 900 chercheurs selon Zapolsky). Une vingtaine de personnes de LINAGORA l'ont entraînée avec l'appui de laboratoires publics, dans le cadre de l'appel à projets France 2030 « Communs numériques pour l'IA générative ». Une « salle LUCIE » parallèle était ouverte l'après-midi.
  • Zapolsky revendique en table ronde plus de 500 testeurs de lucie.chat le jour même et une première startup déjà dérivée du modèle.
  • Suite critique : selon Le Monde Informatique, lucie.chat est suspendu le week-end suivant après des réponses erronées devenues virales (calculs incohérents, « œufs de vache »). LINAGORA reconnaît des capacités de raisonnement et de code insatisfaisantes et regrette de ne pas avoir prévenu les utilisateurs. Quentin Adam (Clever Cloud) défend un modèle de fondation encore à développer.

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The Great Shift: Has Open Source AI Surpassed Proprietary AI?

Anastasia Stasenko — Pleias (Common Corpus), Enguerrand Leclerc — Crédit Mutuel Arkéa, Manuel Faysse — Illuin Technology / CentraleSupélec (CroissantLLM), Jonathan Sprauel — IRT Saint Exupéry (programme FOR), Quentin Adam — Clever Cloud, Victor Storchan — ex-Mozilla Foundation, Leila Morch — modération

  • Pas de match, deux marchés (Jonathan Sprauel, Enguerrand Leclerc) : les cas souverains ou à haut risque (défense, satellites, scoring, recrutement) imposent l'ouvert. Le propriétaire garde l'avantage quand il faut de l'outillage à grande échelle. L'open source gagne déjà sur les petits modèles spécialisés.
  • Common Corpus (Anastasia Stasenko) : plus de 2 000 milliards de tokens multilingues, dont plus de 20 % de français, sans contenu sous droits pour ne pas subir le sort de The Pile. Pleias publie aussi ses outils (OCR, toxicité, données personnelles, mise en page).
  • Crédit Mutuel Arkéa a ouvert toute une chaîne à partir de Bloomz : jeu de données PDF, détection de mise en page, légendes, retriever, reranker, QA, serveur d'inférence, plus TOCK. Motif : « pas une philosophie, un besoin » de conformité à l'AI Act.
  • CroissantLLM (Manuel Faysse) : petit modèle à moitié français, entièrement documenté, checkpoints compris, réutilisé par EuroLLM et LUCIE. La transparence a permis d'étudier la mémorisation de fausses données personnelles.
  • Quentin Adam (Clever Cloud) annonce 2025 comme l'année du « design to cost » de l'inférence (coprocesseurs IA, consortium autour de Clever Cloud). Il plaide pour faire du numérique une priorité politique : « open source always wins ».
  • Ton offensif de Stasenko : DeepSeek R1 vient de répondre à la question du panel, « et c'est Alibaba, pas Mistral » (sic, R1 vient de DeepSeek). Elle dénonce aussi les délais d'attribution des subventions, qui menacent son équipe de R&D open source dans les six mois. Storchan propose de raisonner en risque marginal de l'ouvert par rapport au fermé.

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Building a Strong Open Source Ecosystem for European Independence

Axel Naumann — CERN (OSPO)

  • Le CERN « convertit de l'argent en connaissance » et a besoin de solutions durables sur 30 ans qu'il possède et comprend. L'open source y est une tradition antérieure à l'OSI, comme en témoigne une lettre de 1978.
  • Au CERN, l'IA, qu'on y appelle machine learning, est un outil parmi d'autres : sélection des collisions, pilotage de l'accélérateur, données synthétiques, et un modèle météo de fondation avec le CEPMMT.
  • Publier des poids seuls est « pointless ». Il défend trois exigences : données d'entraînement documentées et dignes de confiance, modèles construits en communauté comme les logiciels libres, accès au fine-tuning et au RAG plutôt qu'un réentraînement par chacun.
  • Faire soi-même vaut le coup quand on répond à un vrai problème, avec un périmètre assez large. Exemple : le format de données réécrit en quatre ans par une petite équipe.
  • Une seule demande aux décideurs : un financement durable de l'outillage IA open source de base (pilotes, compilateurs, bibliothèques pour accélérateurs). Selon lui, c'est la clé contre une recherche « qui souffre du verrouillage fournisseur ».

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Embracing the challenges of the Universal Open Source AI

Ciarán O'Riordan — OpenForum Europe, David Manset — ITU (Open Source Ecosystem Enabler), Max Kendrick — UNESCO, Philippe Latombe — député, Yann Lechelle — Probabl, Ahmet Üstün — Cohere For AI, Leila Morch — modération

  • 7 000 langues, une poignée couvertes (Ahmet Üstün) : biais culturels, jailbreak facile par une autre langue, et un problème de données « ×10 » et d'évaluation « ×100 ». Selon lui, seule une approche de science ouverte avec les locuteurs peut y répondre.
  • Max Kendrick (UNESCO, à titre personnel) estime qu'un avenir ouvert est plus sûr, mais qu'il faut reconnaître les risques de la période intermédiaire. Il demande aux institutions internationales d'accepter plus de risque et suggère des incitations (responsabilité, droits) plutôt que de nouvelles règles.
  • Philippe Latombe s'inquiète d'un monopole américain (Stargate, fin de la régulation fédérale) et d'une Commission « figée ». Pour lui, le message du sommet doit être la confiance.
  • Ciarán O'Riordan (OpenForum Europe) : la communauté du libre découvre le droit de la régulation de marché (AI Act, CRA), questionne les licences RAIL et alerte sur l'empilement d'obligations nationales divergentes.
  • David Manset (ITU) détaille des OSPO nationaux au Kenya et à Trinité-et-Tobago, une IA générative de référence open source (données comprises) basée sur le RAG pour les pays du Sud, et la première politique open source commune du système ONU.
  • Yann Lechelle (Probabl, scikit-learn) juge que le problème n'est pas l'IA mais le SaaS, qui concentre le pouvoir et fait de nous des « locataires perpétuels ». L'Europe fait partie de la « majorité globale » et doit « armer » l'ouverture de toute la pile. Il se dit insatisfait de l'OSAID.

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Intermède : pourquoi l'ONU prend position sur l'IA open source

Alexandre Zapolsky — LINAGORA, Leila Morch — modération

  • Après la carte blanche vidéo de Mehdi Snene (ONU), Zapolsky invite à lire le Pacte numérique mondial adopté à l'été 2024, où l'open source et les biens publics numériques apparaissent « dans presque chaque section ».
  • Pour lui, la reconnaissance par l'ONU que les infrastructures publiques numériques doivent reposer sur l'open source aura de grandes conséquences sur les politiques publiques des États, ce qu'il attendait depuis 25 ans.
  • La présence de l'ITU et de l'UNESCO sur la table ronde précédente en serait la preuve.

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AI and the Environment: Advocating for Sustainable Models

Gilles Babinet — Conseil national du numérique

  • Lecture du jour : Stargate s'implante sur un réseau électrique très carboné, signe du peu de cas fait des engagements net zero. Selon les acteurs qu'il interroge, il y a une bulle des annonces de data centers.
  • Trois raisons de penser que la demande sera moindre que prévu : surinvestissement, gains d'efficacité matériels et logiciels (Blackwell, le dernier modèle chinois entraîné pour environ 5,5 M$), et des architectures hybrides où une partie des traitements passe sur le smartphone (contrainte de 3 W, vertueuse pour la frugalité).
  • Volet « IA pour le vert » : taux d'usage des voitures (7 %) et de remplissage des camions (23 %) que l'IA pourrait améliorer.
  • Propositions pour l'Europe : une « plateformisation » de la CSRD (conformité exigée de quiconque vend en Europe), une « régulation par le code » plutôt que le code par la régulation (exemple des bandeaux cookies), et la fin de l'aversion au risque des administrations. Il évoque aussi les Cafés IA pour regagner la confiance des citoyens.

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From Vision to Action: takeaways for the AI Action Summit

Guillaume Avrin — DGE, coordinateur national pour l'IA, Paul Labrogère — IRT SystemX, Romaric Redon — ANITI, Alexandre Zapolsky — LINAGORA, Charleyne Biondi — Moody's, Leila Morch — modération

  • Guillaume Avrin présente les cinq axes de l'AI Action Summit (IA d'intérêt général et fondation, confiance, innovation et culture, gouvernance, travail) et annonce la troisième phase de la stratégie nationale. Il pose que l'open source est indispensable à la diffusion de l'IA dans les entreprises.
  • Charleyne Biondi (Moody's) : la Chine et les États-Unis ont une vision, l'Europe doit s'en donner une, avec un récit qui donne envie et des choix économiques sur toute la chaîne de valeur. Elle relève que l'open source a des modèles efficaces mais pas l'ergonomie qui facilite l'adoption.
  • Zapolsky demande un sommet qui ne soit pas qu'une rencontre avec les géants américains. Selon lui, il ne faut pas 500 milliards : LUCIE, c'est environ 25 personnes en deux ans. Le vrai manque est la mise en commun des données publiques.
  • Romaric Redon (ANITI) et Paul Labrogère (IRT SystemX) défendent la confiance pour l'industrie critique (détection de piste chez Airbus, obstacles chez Valeo) : une quinzaine de briques open source communes (Confiance.ai, DEEL), une fondation en préparation, et l'IA générative pour les processus critiques comme prochaine étape.
  • Débat sur l'« échec européen » lancé par Bruno Maisonnier : Zapolsky répond que l'Europe n'a pas besoin de licornes ni de « Musk ». Avrin plaide pour le « business avec l'IA » plutôt que de l'IA, pour la commande publique et pour les partenariats intra-européens (SAP et Mistral). Amanda Brock, dans la salle, recadre : « nous sommes de bons innovateurs ».

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Closure

Charles Huot — Cap Digital, Alexandre Zapolsky — LINAGORA, Michel-Marie Maudet — LINAGORA

  • Charles Huot (Cap Digital) salue le lancement de LUCIE, projet que le pôle avait labellisé dans l'appel à projets France 2030 « Communs numériques pour l'IA ». Il retient de la journée la collaboration avec les universités, la confiance et l'IA durable.
  • Zapolsky formule une demande pour l'AI Action Summit : reproduire à l'échelle européenne ce type d'appel à projets pour financer des communs numériques. Si une fondation dotée de gros moyens est annoncée, « une petite tranche » devrait y aller.
  • Il reconnaît ne pas encore avoir de fenêtre officielle pour présenter les recommandations au sommet et sollicite l'aide de Guillaume Avrin.
  • Michel-Marie Maudet évoque près de 1 000 membres OpenLLM depuis juin 2023 et une « première itération » ; la seconde sera plus rapide. Une deuxième édition est annoncée.

Sessions sans retour trouvé (4)

  • Carte blanche vidéo (Dr Mehdi Snene, ONU)
  • Carte blanche vidéo (Camille François)
  • Ateliers LUCIE (salle parallèle)
  • Hackathon Instruction Dataset for LUCIE

Sources