RAISE Summit 2026
Thème : IA d'entreprise, infrastructure et souveraineté (piliers Foundation, Frontier, Friction, Future)
Site officiel (nouvel onglet) ↗Programme (nouvel onglet) ↗Chaîne YouTube (nouvel onglet) ↗Synthèse de juillet 2026 →
3ᵉ édition, 8 & 9 juillet 2026, Carrousel du Louvre : 9 000+ participants, 350 intervenants sur trois scènes (Master Stage, Grace Hopper, Ada Lovelace), hackathon, compétition de startups RAISE the STAKES, CxO Summit sur invitation, gala à Versailles ; précédé du MACHINA Summit (robotique). Rachat annoncé par Hyve le 20/07 ; édition 2027 du 6 au 8 juillet au Palais des Congrès.
Un sommet de décideurs où l'IA se discute en mégawatts, en tokens et en dépendances : infrastructure et énergie, open source comme levier de souveraineté après l'affaire Fable/Mythos, et passage de l'expérimentation à la rationalisation des coûts et à la sécurité des agents. Paris s'y vend comme capitale européenne de l'IA.
18 sessions résumées · 18 vidéos · mise à jour le dimanche 4 octobre 2026 · synthèse à compléter
Sources lues et limites de cette synthèse
Corpus : Chaîne YouTube officielle (plus de 140 vidéos de sessions 2026) dont 7 transcripts de sessions lus (ouverture ministérielle, Macron, Cuban × Osika, Mensch × Surman, Gelsinger × Raz, LeCun, Vahdat) ; trois vidéos de participants (Nicolas Martignole ×2, Connected Mate) ; quatre comptes-rendus de participants anglophones (Leonardo Boquillón/Leo in AI, R. Scott Raynovich/Futuriom, Alex Razvant/The AI Merge, blog de Navan) ; articles de presse (JDN, Alliancy, Maddyness, Journal du Web, Elektor). Lus entre le 8/07 et le 4/10/2026.
Limites : Aucun post LinkedIn individuel retrouvé par la recherche web (LinkedIn n'est pas indexé finement) ; les retours viennent de créateurs de contenu, d'analystes et de blogs, dont un ambassadeur invité (Razvant) et un sponsor-intervenant (Navan). Les nouvelles sessions documentées ne le sont que par un seul compte-rendu chacune, les transcripts n'ayant pas pu être téléchargés (YouTube 429). Une vingtaine de sessions sur plus de 140 vidéos est couverte, et beaucoup sont des interventions de sponsors.
Synthèse globale
1. Un sommet de décideurs, pas de praticiens
RAISE assume un positionnement B2B haut de gamme : 9 000+ participants, dont 80 % de dirigeants et de fondateurs selon l'organisateur, un billet autour de 2 000 €, un CxO Summit sur invitation et un gala à Versailles. Nicolas Martignole (organisateur de Devoxx France) décrit une conférence « franchement bien organisé[e] », « pour les gens qui sont vraiment dans le secteur ». Il n'y a presque pas de talks à slides : ce sont surtout des interviews et des panels de deux à six personnes. Il note aussi la forte présence américaine et asiatique, avec peu d'éditeurs connus de l'écosystème Devoxx. Le Journal du Web souligne l'orientation « deals » (délai moyen de 11 jours après un premier contact selon le JDN). Maddyness y voit un événement déjà assez mûr pour être racheté (Hyve, 20/07).
2. Souveraineté : un discours d'ouverture sous tension
Comme à VivaTech trois semaines plus tôt, l'arrière-plan est la coupure d'accès aux modèles Fable/Mythos pour les non-Américains, que Tom Mackenzie (Bloomberg), en interrogeant LeCun, qualifie de « gut punch » pour l'industrie européenne. Le discours officiel cherche l'équilibre. Anne Le Hénanff répète que la souveraineté n'est « ni isolationnisme ni protectionnisme » et appelle les capitaux étrangers à « choisir la France ». Alliancy parle d'un exercice d'équilibriste et relève le regret d'un représentant de Vultr face aux entreprises européennes qui coupent court en apprenant qu'il est américain. Côté terrain, le JDN cite Barak Kaufman (Wonderful) : « il n'y a pas une seule entreprise que j'aie rencontrée qui ne réfléchisse pas à l'indépendance de modèles ».
3. L'open source comme levier plutôt que comme idéologie
Arthur Mensch et Mark Surman présentent l'open source comme un moyen de posséder sans tout construire : on forke, on adapte, et personne ne peut « éteindre la lumière ». LeCun constate que les meilleurs modèles ouverts sont aujourd'hui chinois et propose Tapestry, un entraînement fédéré entre pays. Les stands d'Alibaba (Qwen), MiniMax et Z.ai, que Martignole et le JDN ont remarqués (« la surprise de l'édition »), illustrent ce déplacement. Deux jours plus tard, au Paris Open Source AI Summit, un intervenant note que Qwen avait « pour la première fois » un stand à RAISE.
4. L'IA se compte en watts : infrastructure et énergie
La programmation fait une place écrasante au matériel et au datacenter : NVIDIA, AMD, Broadcom, Cerebras, Vertiv, Nscale, Crusoe, Lenovo… Amin Vahdat (Google) estime que la demande de calcul ML croît de ×10 par an et fait de la performance par watt la métrique reine. Pat Gelsinger veut une IA 10 000 fois plus efficace. Vertiv décrit le datacenter comme une « usine » dont le refroidissement est stratégique. La canicule parisienne de la semaine sert d'exemple à Vahdat pour parler d'effacement de consommation. Les participants anglophones confirment ce centre de gravité. Leonardo Boquillón (Leo in AI) retient que la contrainte est le manque de datacenters et de gigawatts, pas la demande ; un intervenant de CoreWeave prévient qu'un premier site, c'est « 1000 mistakes ». Alex Razvant (The AI Merge) rapporte que Gelsinger traite la HBM de « lousy memory », et Futuriom décrit des neoclouds qui deviennent des « mini hyperscalers ». Cette focalisation reflète aussi le poids des sponsors d'infrastructure dans le programme.
5. De la course aux tokens à leur rationalisation
C'est le retour participant le plus concret. Martignole retient un panel avec le patron de WEKA, pour qui l'on passe d'une ère où il fallait dépenser des tokens pour former les gens à une ère de rationalisation. Il retient surtout le talk d'OpenRouter : les modèles chinois ont dépassé les américains en volume en six mois, et les agents pèsent autant que les humains dans la consommation. Il en tire une vidéo d'analyse : le prix au token est faux, seul compte le coût réel par requête. Mark Cuban tient le même discours côté client : il cherche des outils qui le protègent des factures imprévisibles. Le JDN rejette le « tokenmaxxing » naïf, et R. Scott Raynovich (Futuriom) en fait le fil rouge de son compte-rendu : « Tokenmaxxing is dead ». Barak Kaufman (Wonderful) veut un ROI qui vienne du revenu autant que des économies, et Andrew Feldman (Cerebras) propose de « measure work » plutôt que de compter les tokens. Côté OpenAI, Sachin Katti décrit pourtant une consommation interne multipliée par ~50 en quelques mois (rapporté par Razvant) : la rationalisation reste un discours de clients, pas de fournisseurs.
6. Agents : de la promesse à la responsabilité
Les agents sont partout dans le programme (Lovable, Cognition, Factory, Replit, Sierra, Decagon…). Deux voix tempèrent l'enthousiasme. Manoj Nair (Snyk), lu par Connected Mate, montre qu'un agent choisit sans broncher une dépendance abandonnée depuis 10 ans : la sécurité doit remonter au moment où le code est écrit, avec l'AI Act en toile de fond. Razvant en retient la formule « too fast to write code, too slow to review it » et une hausse de plus de 108 % des vulnérabilités en un an chez les clients Snyk. Marco Argenti (Goldman Sachs), rapporté par Boquillón, insiste sur le préalable organisationnel : « you have to lay the groundwork first ». Olivier Laborde (JDN) avertit qu'appliquer l'IA à des processus non structurés donne des « résultats décevants » et que l'IA est désormais un sujet de transformation, pas de technologie.
7. Tensions, critiques et biais du corpus
- Tribune de vendeurs : une grande partie des sessions sont des keynotes et firesides de sponsors ; le dialogue d'ouverture réunit un fondateur (Osika) et l'un de ses investisseurs (Cuban).
- Europe spectatrice ? « Les Européens ne sont pas dans cette équation » (Martignole, à propos des volumes de tokens) ; LeCun juge la course aux LLM propriétaires perdue pour l'Europe, mais pas celle des world models.
- Paris capitale de l'IA, jusqu'à quand ? Le Journal du Web s'interroge sur la durabilité de cette position et sur l'arrivée de la robotique (MACHINA Summit) comme nouveau centre de gravité.
- Bulle ou pas bulle ? Boquillón constate que « no one there is talking about an AI bubble » : tout le monde voit des clients affamés. Mais les chiffres de ROI du panel « Cracking the ROI Code » (+300 % de productivité chez Writer, ~500 M$ chez ServiceNow) sont déclarés par les éditeurs eux-mêmes, alors que Navan cite une étude où 5 % seulement des organisations montrent un impact financier direct. Boquillón note aussi qu'un contrat sans datacenter livré n'est « qu'un bout de papier » (IREN).
- Biais du corpus : il repose surtout sur les transcripts de sessions filmées, c'est-à-dire sur ce qui a été dit sur scène. Les retours de participants viennent de deux créateurs de contenu francophones, de trois auteurs anglophones (dont un ambassadeur invité) et d'un blog de sponsor, plus quelques articles de presse souvent proches de l'organisation. Aucun post LinkedIn individuel n'a été retrouvé.
Actions concrètes citées
- Raisonner l'IA comme l'énergie : sécurité d'approvisionnement, coût abordable, soutenabilité ; importer une partie des modèles, mais pas au point d'en dépendre (Arthur Mensch).
- Utiliser l'open source comme levier de souveraineté sans tout refaire seul : on peut forker, adapter et posséder un modèle venu d'un partenaire de confiance (« sovereignty is not solitude », Mark Surman).
- Arrêter de raisonner au prix affiché du token : mesurer le coût réel par requête (retries, disponibilité des providers) et rationaliser l'usage (retours de Nicolas Martignole sur les talks OpenRouter et WEKA).
- Calculer le ROI de l'IA sur le revenu autant que sur les économies, avec une architecture agnostique du modèle pour éviter l'enfermement : le « tokenmaxxing » est une impasse (Barak Kaufman, rapporté par Futuriom).
- Préparer le terrain avant d'attendre des gains : sans transformation préalable de l'organisation, pas de productivité (Marco Argenti, Goldman Sachs, rapporté par Leonardo Boquillón).
- Donner aux agents qui codent le contexte de sécurité avant qu'ils choisissent leurs dépendances : ne pas corriger trop tard ce qu'on aurait pu empêcher (keynote Snyk, lue par Connected Mate).
- Anticiper l'AI Act : les obligations à venir imposent de savoir tracer, tester, auditer, documenter ; l'IA devient un sujet de direction générale (Connected Mate).
- Piloter l'infrastructure par la performance par watt et envisager des compromis de disponibilité ou de l'effacement de consommation pour doubler la capacité (Amin Vahdat).
- Rapprocher les outils de celui qui est le plus proche du problème, avec des connecteurs de données gouvernés (Anton Osika, Lovable).
- Partir de ses ambitions et de ses valeurs, puis mobiliser l'IA, jamais l'inverse ; ne pas appliquer l'IA à des processus non structurés (synthèse d'Olivier Laborde, JDN).
Session par session
Mercredi 8 juillet
Keynote▶ vidéo + transcript
Opening Address
Anne Le Hénanff — ministre déléguée chargée de l'IA et du numérique
Retours : Alliancy (Aude Brès)
- Discours d'attractivité : 3 Md€ investis par l'État depuis 2018 (dont les 655 M€ annoncés récemment), plan « Osez l'IA » avec 600 ambassadeurs IA pour les PME, 63 sites identifiés pour des datacenters dont six en procédure accélérée, investissement SoftBank « jusqu'à 75 Md€ ».
- Message aux acteurs étrangers : « Digital sovereignty doesn't mean isolationism nor protectionism » — être conscient de ses dépendances pour les réduire ; « fully open to foreign companies as long as you create value in Europe and respect our rules ».
- Conclusion : « To the founders… choose France. For the investors, bet on France. »
- Lecture d'Alliancy : un exercice d'équilibriste entre attirer les capitaux étrangers et rassurer sur la souveraineté ; un représentant de Vultr regrette que certaines entreprises européennes coupent court en apprenant qu'il est américain, alors que la plupart des exposants disent ne pas voir d'impact business de ce débat.
Session▶ vidéo + transcript
Special address from the President of the French Republic
Emmanuel Macron (message vidéo)
Retours : Alliancy, Journal du Net (Olivier Laborde)
- Message vidéo de moins d'une minute : la France a bâti en dix ans « l'écosystème d'innovation le plus puissant d'Europe » ; salue les « 9 000 pionniers » et « 350 voix » réunis au Louvre.
- « Vive l'Europe de l'innovation et vive la France. » Pas de contenu de politique publique : le discours de fond revient à la ministre.
Keynote▶ vidéo + transcript
RAISE Summit Opening: A Fireside with Mark Cuban & Anton Osika
Mark Cuban — investisseur, Anton Osika — Lovable
Retours : Journal du Net (Olivier Laborde), Futuriom (R. Scott Raynovich)
- Chiffres Lovable annoncés sur scène : plus d'un million de nouveaux projets par semaine, 700 M de visites mensuelles sur les apps générées, seulement ~30 % d'usage aux États-Unis, ~20 % d'utilisateurs techniques.
- Thèse : une interface « pour les 99 % » ; la personne la plus proche du problème est la mieux placée pour le résoudre. Lovable veut devenir un « co-fondateur IA » (paiements, CRM, conseils de nuit), voire « your forward deployed engineer ».
- Cuban (investisseur dans Lovable) : si l'on a besoin d'ingénieurs forward deployed, c'est que l'implémentation est difficile ; il voit Lovable comme un rempart contre les factures de tokens imprévisibles (« I pay you what I pay you »).
- En entreprise, le vrai sujet est la gouvernance des connecteurs de données : savoir qui accède à quoi. La confiance est présentée comme le chantier principal, « most of it is not seen ».
- Retenu par le JDN et par Futuriom : la limite n'est plus technique mais le temps et l'imagination (« Your biggest limitation is your time and your imagination », Cuban). Il s'agit d'un dialogue entre un fondateur et l'un de ses investisseurs, donc sans contradiction.
Table ronde▶ vidéo + transcript
Who Controls AI? The Open Source Imperative
Arthur Mensch — Mistral AI, Mark Surman — Mozilla, Henri Delahaye — RAISE (modérateur)
- Seul un extrait de 6 minutes est publié. Mensch y avertit que si quelques acteurs captent la croissance pendant que « the rest of the economy is actually just paying rent », les inégalités montent jusqu'à des risques de révolution : l'acceptabilité de l'IA exige plus de partage de valeur et de propriété intellectuelle.
- L'IA pensée comme l'énergie : sécurité d'approvisionnement, prix abordable, soutenabilité. On en importe une partie mais pas trop, on l'exporte pour avoir du levier, on la construit soi-même ; d'où l'infrastructure de calcul de Mistral, « decoupled from foreign interest ».
- Surman (canadien) : « sovereignty is not solitude ». L'open source permet de forker et de posséder un modèle venu d'un pays de confiance (« They can't shut the lights off ») ; il salue la place de l'open source dans les nouveaux cadres européen et canadien.
- Pronostic commun à 5–10 ans : les briques dominantes de l'IA seront open source, à condition de financer ensemble des modèles de grande taille.
- À noter : Mensch était à RAISE, mais n'a pas donné suite à l'invitation du Paris Open Source AI Summit deux jours plus tard (reproche public d'Alexandre Zapolsky).
Table ronde▶ vidéo + transcript
Where Chips Go After the GPU Era
Pat Gelsinger — Playground Global, Elad Raz — NextSilicon
- Le CPU redevient « sexy » : avec les charges agentiques et multimodèles, le ratio CPU/GPU passe de 1:16 à 1:2 voire 1:1 dans certains cas (Gelsinger). « It's about the workload, not the architecture. »
- Contre les ASIC mono-usage (« une puce qui ne fait tourner que Llama ») : les architectures d'attention évoluent trop vite ; Raz défend un matériel piloté par le logiciel (dataflow + cœurs RISC-V). Selon Gelsinger, l'histoire montre que les puces spécialisées finissent absorbées.
- Prospective de Gelsinger : modèles 3D/4D pour la science et un « moment physical AI », frontière qui s'efface entre entraînement et inférence, et surtout la nécessité de rendre l'IA 10 000 fois plus efficace (« much too energy inefficient, much too capital inefficient »).
- Raz : on n'est qu'au début, l'adoption agentique se limite pour l'instant aux développeurs ; la métrique clé reste la performance par watt.
Keynote▶ vidéo
Agentic Development Security: The Three Problems Nobody Was Solving
Manoj Nair — Snyk
Retours : Connected Mate (vidéo débrief), Alex Razvant (The AI Merge)
- Retenu par Connected Mate : le vrai changement commence au moment où le logiciel est écrit. Si des agents écrivent le code, le risque vient de ce qu'ils utilisent, comment ils se comportent et ce qu'ils livrent.
- Exemple montré sur scène : pour générer un QR code, un agent choisit un paquet non mis à jour depuis 10 ans. Un agent n'a pas de « jugement » spontané : sans contexte de sécurité, « il choisit comme il peut ».
- Retenu par Alex Razvant : « too fast to write code, too slow to review it » ; selon les données internes citées par Nair, les vulnérabilités ont augmenté de plus de 108 % en un an chez 4 800 clients Snyk.
- Principe : « ne pas corriger trop tard ce qu'on aurait pu empêcher plus tôt », comme en qualité.
- Sur l'AI Act (échéance 2027 évoquée) : la réglementation ne fait pas la stratégie mais débloque l'action, et oblige à prouver qu'on sait tracer, tester, auditer et documenter.
- Lecture du débriefeur : « on a passé la phase de l'émerveillement et on est entré dans une phase de responsabilité ».
Keynote▶ vidéo
Industrializing Intelligence: Building the AI Factory as a System
Giordano Albertazzi — Vertiv
Retours : Elektor (Nicolas Feste)
- Les datacenters deviennent des « usines » de calcul continu ; l'approche doit être systémique (énergie, refroidissement, exploitation) et standardisée pour passer à l'échelle.
- Le refroidissement est présenté comme un enjeu stratégique ; « l'avenir de l'intelligence artificielle dépend autant de l'innovation logicielle que de la capacité à construire des infrastructures » (Elektor). Contenu connu par un seul article.
Keynote▶ vidéo
Powering Europe's Industrial Renaissance
Paolo Guglielmini — NVIDIA
Retours : Leonardo Boquillón (Leo in AI)
- Retenu par Leonardo Boquillón : NVIDIA prévoit un déploiement de GPU multiplié par 10 en Europe en 2027.
- La contrainte n'est pas la demande mais l'énergie : « if there were 5X the amount of GWs ready to be used they would be able to sell all those chips with no problems » (paraphrase rapportée par Boquillón).
- Contenu connu par un seul compte-rendu ; vidéo non transcrite.
Table ronde▶ vidéo
Pilot to Production: The Valley of Death and How to Cross It
Euro Beinat — Prosus, Jonathan Corbin — Maven AGI, Ariel Shulman — Bright Data, Ivan Burazin — Daytona, Barak Kaufman — Wonderful, Venkat Pullela — Keysight
Retours : Futuriom (R. Scott Raynovich)
- Retenu par Futuriom : les entreprises commencent à calculer le ROI, qui « has to come from revenue as well as cost savings » (Barak Kaufman).
- « Tokenmaxxing is definitely the wrong approach » : Kaufman plaide pour des architectures agnostiques du modèle afin d'éviter l'enfermement, et pour des modèles open source sur certains cas d'usage.
- Raynovich fait de « tokenmaxxing is dead » le fil rouge de son compte-rendu ; Andrew Feldman (Cerebras) va plus loin en interview : « We should measure work. Tokens are a very rough measure. »
Table ronde▶ vidéo
AI Has a Memory Problem
Pat Gelsinger — Playground Global, Hoshik Kim — SK hynix, Andrew Homan — Maverick Silicon, Vijay Shilpiekandula — Dilation Capital, Louis Delahaye — Katko Capital
Retours : Alex Razvant (The AI Merge)
- Retenu par Alex Razvant : Gelsinger qualifie la HBM de « lousy memory », un « thermal sandwich » peu efficace énergétiquement et difficile à refroidir.
- Sa fabrication est lourde : une usine produit 3 à 4 fois moins de HBM que de DRAM standard.
- Pistes évoquées : interconnexions optiques et hybrid bonding plutôt que l'empilement de mémoire. Contenu connu par un seul compte-rendu.
Jeudi 9 juillet
Keynote▶ vidéo + transcript
Fireside Chat with Yann LeCun
Yann LeCun — AMI Labs, Tom Mackenzie — Bloomberg (modérateur)
Retours : Alex Razvant (The AI Merge)
- Vidéo la plus vue de l'édition sur la chaîne officielle (14 000+ vues). Pour LeCun, les LLM sont excellents sur des symboles discrets mais « completely useless » sur les signaux réels (vidéo, capteurs), d'où l'absence de voitures de niveau 5 et de robots domestiques.
- JEPA : prédire dans un espace de représentation abstrait plutôt qu'au pixel, car l'essentiel d'une vidéo est imprévisible ; les modèles V-JEPA 2 / 2.1 détectent déjà l'« impossible » dans une vidéo. Comparaison marquante : un enfant de 4 ans a reçu autant d'octets visuels (~10¹⁴) que tout le texte public d'Internet.
- Départ de Meta : le projet avait le soutien de Zuckerberg, mais l'organisation s'est focalisée en 2025 sur le rattrapage LLM, et les applications (contrôle de procédés industriels) relèvent du B2B.
- Souveraineté : la course aux LLM propriétaires est perdue par l'Europe (« that ship has sailed »), et les meilleurs modèles ouverts sont chinois ; Project Tapestry propose un entraînement distribué où chaque pays garde ses données, faute de quoi ce serait « the end of local culture ».
- AMI Labs est basée à Paris, avec « zero presence on the west coast of the US, zero presence in China… by design ». Pour lui, l'Europe n'a pas perdu la course des world models : « Silicon Valley is… in a trench that everybody is digging ».
- Côté public, Alex Razvant (ambassadeur invité) retient les rendements décroissants des LLM pour le monde physique, I-JEPA/V-JEPA et Tapestry comme entraînement souverain sans partage des données brutes. Dans le même article, il retient du MACHINA Summit (robotique, 7 juillet) que les LLM sont « completely useless for perception ».
Keynote▶ vidéo + transcript
The Physics of Thought & Architecture of Intelligence
Amin Vahdat — Google
Retours : Leonardo Boquillón (Leo in AI)
- Parallèle filé avec la révolution industrielle (Newcomen → Watt, ×5 d'efficacité) et le paradoxe de Jevons : baisser le coût de l'intelligence en fera exploser la demande. Il dénonce le « fallacy of finite work » : l'ambition humaine n'a pas de limite.
- La demande de calcul ML croît de ×10 par an (×1 000 en trois ans, contre ×1 000 en dix ans à l'ère Internet) ; le Transformer a été un gain d'efficacité de ×4–5 comparable à celui de Watt.
- Exemples : un OS fonctionnel construit par 93 sous-agents en 12 h pour moins de 1 000 $ (Antigravity, qui fait tourner Doom) ; partenariat avec l'Institut Curie sur les biomarqueurs.
- Infrastructure : TPU 8 scindé en 8i (inférence) / 8T (entraînement), métrique reine = performance par watt ; idées d'énergie : proposer 99,9 % de disponibilité contre deux fois plus de capacité, 1 GW d'accords d'effacement pendant les pics (comme la canicule parisienne de la semaine).
- Prochaine inflexion : l'informatique agentique, des essaims d'agents qui appellent les modèles sans fatigue. Il appelle les technologues à gérer de façon responsable le « messy middle » de la transition.
- Retenu par Leonardo Boquillón (présent sur place) : une demande « unbound and unprecedented » dont la contrainte principale est le manque de datacenters, avec l'énergie et le réseau comme goulets d'étranglement.
Conférence▶ vidéo
Keeping AI Honest: The AI Wave Seen From the Inside
Olivier Pomel — Datadog, Karim Jalbout — Konstellation Advisory (modérateur)
Retours : Nicolas Martignole (vidéo)
- Conversation sur ce qui est réel et ce qui relève du battage dans la vague IA, vue depuis la plateforme d'observabilité de Datadog (descriptif officiel).
- Martignole retient surtout le format (des interviews, pas de slides ni de pupitre) et l'évocation du rachat parisien d'une société de machine learning par Datadog le 30 juin. Contenu détaillé non lu (pas de transcript).
Conférence▶ vidéo
Benchmarks vs. Reality: Lessons from 750 Trillion Tokens
Chris Clark — OpenRouter
Retours : Nicolas Martignole (deux vidéos, dont une analyse de 13 000 mots)
- Talk qui a le plus marqué Martignole (« super boîte », une soixantaine de personnes) et qui lui a inspiré une vidéo entière sur le coût réel de l'IA.
- Ce qu'il en rapporte : une consommation de tokens en hausse quasi exponentielle, tirée autant par les agents (OpenClaw, Hermes…) que par les humains ; en six mois, les modèles chinois ont dépassé les modèles américains en volume sur OpenRouter. Arrivée remarquée de GLM 5.2 le 10 juin (~7 % du trafic), tandis que DeepSeek recule. Et une conclusion : « Les Européens ne sont pas dans cette équation ».
- Leçon qu'il en tire : le prix affiché au token ne veut pas dire grand-chose. Le coût réel par requête inclut les retries et la disponibilité des providers (mesure attribuée à Artificial Analysis, vue dans une autre conférence du sommet).
Keynote▶ vidéo
The Mindset Shift Needed to Thrive Alongside AI
Marco Argenti — Goldman Sachs, Tom Mackenzie — Bloomberg (modérateur)
Retours : Leonardo Boquillón (Leo in AI)
- Chiffres rapportés par Boquillón : 20 à 30 % de gains d'efficacité en M&A et en recherche actions en deux trimestres ; le prototypage passe de plusieurs mois à quelques heures.
- Plus de 40 000 salariés utilisent la plateforme IA interne, avec des millions de prompts par semaine.
- Message clé : « you have to lay the groundwork first ». Sans transformation préalable de l'entreprise en « AI first », pas de gains (lecture de Boquillón).
Table ronde▶ vidéo
Cracking the ROI Code: Is Intelligence Meeting the Income Statement?
May Habib — Writer, Rick McConnell — Dynatrace, Vishal Talwar — FedEx, Amit Zavery — ServiceNow, Stevie Case — Vanta, Karen Kwok — Reuters Breakingviews (modératrice)
Retours : Leonardo Boquillón (Leo in AI)
- Chiffres de ROI annoncés sur scène, rapportés par Boquillón : environ 500 M$ de gains de productivité estimés chez ServiceNow, +300 % de productivité par employé revendiqués par Writer, +25 % de productivité commerciale chez Vanta.
- FedEx décrit l'IA comme un moyen d'ouvrir de nouvelles lignes de revenus dans la supply chain, pas seulement de réduire les coûts.
- Lecture critique : ce sont des chiffres déclarés par les éditeurs eux-mêmes, sans méthode détaillée dans le compte-rendu. Le contraste est fort avec le chiffre cité par Navan (88 % des organisations expérimentent, 5 % montrent un impact financier direct).
Keynote▶ vidéo
Agents are Here. Compute has to Change
Sachin Katti — OpenAI
Retours : Alex Razvant (The AI Merge)
- Retenu par Alex Razvant : chez OpenAI, la consommation de tokens des chercheurs a été multipliée par ~50 en quelques mois, et Codex est devenu l'outil par défaut.
- Le calcul agentique ne se juge pas comme l'interactif : le temps de complétion d'une tâche et le taux de succès comptent davantage que le time to first token.
- Contenu connu par un seul compte-rendu ; vidéo non transcrite.
Table ronde▶ vidéo
Powering AI Infrastructure: Solving the 21st Century Manhattan Project
Ben Richardson — CoreWeave, Alex Saroyan — Netris, Vik Malyala — Super Micro, Shaun O'Meara — Mirantis, June Paik — FuriosaAI, Jeremie Eliahou Ontiveros — SemiAnalysis
Retours : Leonardo Boquillón (Leo in AI)
- Consensus rapporté par Boquillón : construire des datacenters à cette échelle est extrêmement difficile, comparé à la complexité de la Formule 1.
- CoreWeave : au premier site, « you will have made 1000 mistakes and once you build the second probably 1000 more ».
- FuriosaAI, présente au panel, fait partie des puces d'inférence que Boquillón passe en revue (sans préciser dans quelle session) : la RNGD (180 W) revendiquerait environ 4 fois plus d'inférence par rack que des GPU, et l'entreprise aurait refusé un rachat par Meta (~800 M$).
Sessions sans retour trouvé (12)
- ALL-IN Podcast Live : Mark Cuban, Pat Gelsinger, Mati Staniszewski (ElevenLabs), Max Junestrand (Legora) — vidéos sans retour
- AI and Open Source: Shaping Each Other's Future (Grafana, Mozilla, Aiven, Comet, Together AI, commit)
- From Research to Reality: Why Open Source Is the Engine of AI (I. Stoica, T. Wolf, E. Kant, R. Rombach…)
- Opening Fireside : Ramin Hasani (Liquid AI) & Ion Stoica (Arena)
- OpenAI × Cerebras: Sachin Katti & Andrew Feldman in Conversation
- Sovereign AI: Piece by Piece ; Sovereign Stacks: Building Trusted AI on National Terms
- The Pilot Trap: Why Enterprise AI Stalls and How to Break Through
- AI Compute: Rebuilt for the Agentic Era (Mark Papermaster, AMD)
- AI, Security & Economic Power (Sebastian Kurz)
- 2035 Decoded (Dust, Glean & more) ; Scaling Taste, Craft & Quality in the AI Era (Figma × Mistral)
- Compute as Capital (WEKA, Akamai, TensorWave…) — panel cité par Martignole sans détail
- Startup Competition Final: RAISE the STAKES
Sources
- Programme officiel RAISE Summit 2026 (nouvel onglet) ↗
- Site RAISE Summit (chiffres de l'édition, 2027) (nouvel onglet) ↗
- Chaîne YouTube RAISE Summit (sessions 2026 par scène) (nouvel onglet) ↗
- Playlist RAISE Summit 2026 — Master Stage (nouvel onglet) ↗
- Journal du Net — RAISE Summit 2026 : Paris au cœur de la ruée vers l'or de l'IA (Olivier Laborde, 13/07/2026) (nouvel onglet) ↗
- Alliancy — Entre attractivité et souveraineté, l'exercice d'équilibriste de la France au RAISE Summit (Aude Brès, 08/07/2026) (nouvel onglet) ↗
- Maddyness — IA : c'est déjà l'heure du rachat pour le Raise Summit (Maxence Fabrion, 20/07/2026) (nouvel onglet) ↗
- Le Journal du Web — RAISE Summit 2026 : Paris veut coiffer Londres et Berlin sur l'IA (Robin Prigent, 08/07/2026) (nouvel onglet) ↗
- Elektor — Construire une usine d'IA : le défi que Vertiv a mis en lumière au RAISE Summit 2026 (24/07/2026) (nouvel onglet) ↗
- Nicolas Martignole — RAISE Summit 2026 - Paris - Visite rapide et impressions (vidéo, 09/07/2026) (nouvel onglet) ↗
- Nicolas Martignole — Le vrai coût de l'IA : pourquoi le prix au token est faux (vidéo, 11/07/2026) (nouvel onglet) ↗
- Connected Mate — RAISE Summit : Le vrai risque des agents IA (vidéo, 25/07/2026) (nouvel onglet) ↗
- Leo in AI — RAISE Summit 2026 Recap: Inside the AI Infrastructure Buildout (Leonardo Boquillón, 11/07/2026) (nouvel onglet) ↗
- Futuriom — Neocloud Infrastructure Trends from the RAISE Summit (R. Scott Raynovich, 16/07/2026) (nouvel onglet) ↗
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