Agile Grenoble 2025

Agile & Lean19–21 novembre 2025Grenoble, World Trade Center Grenoble18e édition

Thème : L'agilité et au-delà

Organisée par le CARA (Club Agile Rhône-Alpes) ; numéro d'édition déduit de la série annuelle (10e en 2017). Deux jours de conférences et ateliers (mercredi 19 et jeudi 20 novembre, 83 créneaux au programme Sessionize, 2 keynotes) puis une journée de forum ouvert le vendredi 21. Les sessions de l'auditorium et de la salle Makalu ont été filmées (19 vidéos publiées le 9 décembre 2025).

« L'agilité et au-delà » : une édition qui prend ses distances avec l'agilité de façade (frameworks plaqués, métriques détournées, rôles transformés en postes) pour revenir au vivant et au système — robustesse et polarités (Iordanoff), intelligence collective mesurée (Moussaïd), transformations centrées sur le sens et les humains — tandis que l'IA reste un outil au service du jugement humain, abordé avec prudence.

19 sessions résumées · 19 vidéos · mise à jour le lundi 5 octobre 2026 · synthèse à compléter

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : Programme officiel Sessionize (83 créneaux sur deux jours, avec descriptifs), 19 vidéos publiées le 9 décembre 2025 sur la chaîne YouTube Agile Grenoble (auditorium et salle Makalu), toutes lues via leurs transcripts complets (sous-titres automatiques), trois commentaires YouTube sous la keynote de Mehdi Moussaïd, deux posts du 20 novembre 2025 sur cette keynote (Franck Rageade, de l'équipe du CARA, sur Mastodon et Bluesky ; William Bartlett, speaker, sur Bluesky) et la page sponsor d'Open annonçant ses sessions. Recherches faites le 26/09/2026 puis le 05/10/2026, soit plus de dix mois après l'événement.

Limites : Presque aucun retour participant public n'a pu être lu (LinkedIn inaccessible, aucun article de blog ni sketchnote trouvés ; seuls deux posts courts, d'un organisateur et d'un speaker, sur la keynote du jeudi) : les résumés décrivent ce qui a été dit sur scène, pas ce qu'en a retenu le public, hormis les questions audibles dans les vidéos. Seules les deux salles filmées sont couvertes : 64 sessions sur 83, dont tous les ateliers et jeux, et le forum ouvert du vendredi restent non documentés. Les sous-titres automatiques déforment certains noms propres, corrigés seulement quand ils étaient sûrs.

Synthèse globale

1. Deux keynotes qui cherchent hors de l'agilité

Le thème « L'agilité et au-delà » est pris au mot par les deux plénières, qui ne parlent ni de Scrum ni de framework :

  • Aliocha Iordanoff (mercredi) conteste l'opposition agilité / robustesse : c'est une polarité, pas un choix. Le vivant fait les deux. L'hyper-adaptation rend fragile, la robustesse poussée à l'extrême fige, et l'équilibre ressemble à la mort. Il invite à se demander ce qu'on pourrait retrancher.
  • Mehdi Moussaïd (jeudi) apporte des résultats d'expériences sur l'intelligence collective. Un chef émerge toujours, mais d'autres modes d'organisation marchent aussi bien. Le vote bat le meilleur individu sur un problème de logique mais échoue quand les erreurs sont corrélées. La qualité d'un groupe tient à ses liens plus qu'à ses membres.

Ces idées circulent dans le programme : Jérôme Urvoas cite la keynote sur les polarités le soir même, et Brice Kieffer comme Mehdi Moussaïd parlent le jeudi d'équipes hybrides humains + IA.

2. Critique de l'agilité de façade : le cadre n'est pas la transformation

C'est le fil rouge le plus net des sessions filmées. Plusieurs speakers dénoncent, chacun à sa manière, une agilité réduite à ses rituels :

  • le « déploiement de l'agilité » qui tourne au théâtre et au cargo culte (Benjamin Cabanne et Laurent Cervilla : l'enjeu est la transformation, pas l'agilité) ;
  • le costume sans le fond, copié sur les licornes sans voir le biais du survivant (Rachel Dubois) ;
  • les cérémonies en pilote automatique, les proxy PO et le turn-over qui ruinent la gestion de risques pourtant intégrée « by design » aux pratiques (Anne Gabrillagues) ;
  • des transformations pilotées comme des projets, sans vision, avec des rôles agiles recrutés comme des postes (Pierre LeBlanc) ;
  • SAFe plaqué sur les anciennes BU, où le développeur disparaît de l'organigramme (Baptiste Macé) ;
  • des métriques détournées dès qu'elles deviennent des objectifs : lignes de code, mises en production, vélocité (Nicolas Tondeur) ;
  • un paradoxe : on lance des transformations pour le bien-être, et on récolte du contrôle et de la fatigue (Jérôme Urvoas).

La réponse commune n'est pas un nouveau framework mais un retour au sens (raison d'être, impact mesurable, vrai besoin utilisateur) et au système (organisation vivante, résistances, flux).

3. De l'output à l'impact et au vrai besoin

Côté produit, le message converge : produire efficacement ne suffit pas. Rachel Dubois décrit une boucle continue discovery-expérimentation (A/B tests, feature flags, décision kill or scale) et parle de « gâchis » quand on livre avec qualité des choses inutiles. Charline Rageade rappelle que le travail difficile est en amont de la user story (le besoin, pas la solution) et que la conversation vaut plus qu'un backlog bien rempli. Céline Swierkowski applique la même exigence aux problèmes : un problème n'existe qu'une fois mesuré comme un écart. Côté rôles, Maxime Bonnet rappelle qu'un produit est une chaîne de valeur, pas une application, et décrit trois caricatures de Product Manager : celui qui délègue tout, celui qui reste flou, celui qui fonce sans cap. Du côté de la qualité, Julien Lenormand et Eric Papazian veulent faire du test un besoin exprimé dès l'affinage (three amigos, example mapping, BDD) et non un rattrapage en fin de chaîne.

4. L'IA en arrière-plan : outil pour l'humain, pas décideur

L'IA n'était pas le thème de l'édition (« L'agilité et au-delà ») mais elle traverse plusieurs sessions, avec une tonalité prudente :

  • l'IA libère du temps pour l'humain : Simon Jaillais (Scrum Master « augmenté » qui réinvestit dans l'accompagnement ; manager qui traite l'IA comme « agent de soutien et non décideur ») ;
  • l'IA comme coéquipière : Brice Kieffer présente M3K de Jurgen Appelo et les équipes hybrides humains + agents, une idée contestée dans la salle par un participant qui ne voit pas comment un agent pourrait être membre d'une équipe agile ;
  • l'IA qui court-circuite l'appropriation : chez Charline Rageade, les équipes qui avaient généré leurs user stories avec l'IA ne savaient plus défendre le besoin ; Emmanuel Etasse et Céline Swierkowski rappellent qu'elle ne remplace ni la structuration ni le feedback humain ;
  • l'IA comme partenaire aux erreurs différentes : pour Mehdi Moussaïd, les groupes hybrides médecins + IA battent les médecins seuls et les IA seules parce que leurs erreurs ne se recoupent pas ;
  • l'IA dans la préparation des talks : Nicolas Tondeur signale les « stats absurdes » générées avec ChatGPT, et Céline Swierkowski raconte une erreur factuelle introduite par l'IA dans un de ses schémas ;
  • des indicateurs sur l'IA elle-même, mis en cause : l'anecdote du manager sommé de suivre le « pourcentage d'utilisation de l'IA » sans savoir à quoi il servira.

5. Rythme soutenable, humain et collectif

Autre ligne transverse : ralentir et soigner le collectif. David Laizé chiffre le retour sur investissement d'une pause de trois semaines et appelle à distinguer deadlines et désirs ; Simon Jaillais insiste sur la sécurité psychologique (« on n'a jamais vu un fermier crier sur des tomates »). Aurélie Laforêt et Fabien Joseph donnent des outils de feedback fondés sur les faits (OSBD, COIN, OSCAR) et les font pratiquer en binômes. Chez Lectra, Jérôme Urvoas raconte une transformation culturelle qui a aussi passé par la célébration et la délégation de budget aux managers. Une large part du programme non filmé allait dans le même sens : conflits, désengagement, neurodiversité (TSA, atypies), régulation collective, management par les pairs, auto-organisation.

6. Tensions et critiques visibles dans les vidéos

  • Promesse vs contenu sur l'IA : pour le Scrum Master augmenté, un participant relève que l'IA annoncée dans le titre a été peu traitée ; chez Brice Kieffer, les questions sur le statut des agents et sur leur coût restent sans réponse, et l'orateur reconnaît ne pas avoir encore testé l'approche en équipe réelle.
  • Anecdotes plutôt que données : plusieurs talks reposent sur des REX personnels et des chiffres approximatifs ou non sourcés (80 % de fonctionnalités inutilisées chez Rachel Dubois, rapport Gallup cité de mémoire chez Simon Jaillais, mesures sur une seule équipe chez David Laizé), ce que les speakers reconnaissent souvent eux-mêmes.
  • Biais de terrain : Anne Gabrillagues précise n'intervenir que sur des projets en difficulté ; plusieurs talks généralisent à partir de quelques entreprises.
  • SAFe en débat : Baptiste Macé parle depuis la position du développeur qui « subit » le cadre sans l'avoir déployé, et des participants nuancent pendant les questions (outil de dépendances utile dans une deuxième étape, LeSS jugé plus léger).

7. Vie de l'événement et biais du corpus

  • Format : deux jours de conférences, ateliers et jeux au WTC (83 créneaux Sessionize, jusqu'à 9 salles en parallèle : Auditorium, Makalu, Kili, Mont Blanc, Everest, Cervin, Meije), puis un forum ouvert le vendredi, marque de fabrique de l'événement. Seuls l'Auditorium et la salle Makalu sont filmés : 19 vidéos publiées le 9 décembre 2025.
  • Circulation des speakers : la keynote d'Aliocha Iordanoff a été redonnée en 2026 à Agi'Lille et Agile Lyon, et plusieurs speakers (Maxime Bonnet, Nicolas Tondeur, Rachel Dubois, Brice Kieffer) sont repassés sur d'autres scènes agiles en 2026 (Agi'Lille, Agile Lyon, Agile en Seine).
  • Biais du corpus : cette synthèse repose presque entièrement sur les transcripts des 19 vidéos (ce qui a été dit sur scène) et sur le programme. Aucun post LinkedIn, blog ou sketchnote de participant n'a pu être lu ; les seuls échos du public sont les questions audibles dans les vidéos, trois commentaires YouTube (très positifs) et deux posts du jour même sur Mastodon et Bluesky (Franck Rageade, de l'équipe organisatrice, et William Bartlett, speaker), tous consacrés à la keynote de Mehdi Moussaïd, seule session qui a laissé une trace écrite publique. Les ateliers et jeux, nombreux au programme, ne sont pas filmés et restent entièrement non documentés.

Actions concrètes citées

  1. Choisir l'outil collectif selon le problème : faire voter pour les problèmes de logique (le groupe dépasse son meilleur membre), mais méfiance quand les erreurs sont corrélées, et faire parler le chef en dernier pour éviter l'ancrage (Mehdi Moussaïd).
  2. Penser en polarités plutôt qu'en « ou » (agilité et robustesse, vertical et horizontal) et fuir le juste milieu ; se demander aussi ce qu'on pourrait retrancher (Aliocha Iordanoff).
  3. Se méfier de toute métrique devenue objectif (lois de Goodhart et de Campbell) : avant de produire un reporting, demander à quoi il servira et montrer comment on pourrait le trafiquer (Nicolas Tondeur).
  4. Former et accompagner les dirigeants en premier, financer le changement comme de l'opérationnel et non comme un projet à date de fin, et ne pas recruter de PO externes sans pouvoir ni connaissance du produit (Pierre LeBlanc).
  5. Rendre les risques visibles dans les rituels existants (atelier « risk storming », matrice probabilité × gravité) plutôt que d'ajouter des comités (Anne Gabrillagues).
  6. Architecturer la testabilité dès le départ (journal de bord applicatif, environnements de test disponibles, suite fiable avant d'être volumineuse) et faire le lien PO-dev-QA par l'example mapping et le BDD (Julien Lenormand et Eric Papazian).
  7. Formuler un problème comme un écart mesuré et le traiter le jour même (Jidoka, bacs rouges, Gemba) plutôt qu'à la prochaine rétro (Céline Swierkowski).
  8. Traiter chaque livraison comme une hypothèse mesurée par des données comportementales, et décider kill or scale (Rachel Dubois).
  9. Ralentir pour tenir : distinguer deadline et désir, protéger la concentration (asynchrone réel), accepter une pause d'équipe comme un investissement (David Laizé).
  10. Structurer ses feedbacks à partir de faits (OSBD, COIN, OSCAR) et valoriser par « action + impact + émotion » (Aurélie Laforêt et Fabien Joseph).

Session par session

Mercredi 19 novembre

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Agilité ou robustesse ? Le vivant a déjà tranché

Aliocha Iordanoff — Sémawé

  • Keynote d'ouverture du mercredi. Thèse : le problème est dans la question ; opposer agilité et robustesse, c'est appliquer un raisonnement logico-déductif (chercher la cause, choisir la bonne option) à une problématique complexe qui n'a pas de solution, seulement des manifestations plus ou moins fonctionnelles (transcript).
  • Penser en polarités : deux forces opposées mais interdépendantes, dont on ne peut supprimer aucune (verticalité/horizontalité, individu/collectif, efficacité/robustesse). Pousser trop loin un pôle fait apparaître ses dysfonctionnements (l'adaptation poussée à l'extrême rend fragile au premier grand choc ; la robustesse poussée à l'extrême devient rigidité et empêche l'évolution).
  • Références : l'antifragilité de Nassim Nicholas Taleb, Olivier Hamant (plus un système est adapté, moins il est adaptable), la Spiral Dynamics ; image du « boring billion » — un milliard d'années de stabilité sans évolution majeure : l'évolution ne se passe que quand il y a des chocs.
  • « Le vivant, c'est les deux » : la robustesse d'un système suppose que certaines de ses parties soient fragiles et puissent mourir ; question lancée à la salle : qu'est-ce qu'on pourrait retrancher ? (échange de 3 minutes entre voisins).
  • Fuir le juste milieu : l'équilibre, c'est l'immobilité ; un système intégratif assume pleinement chaque pôle là où il est fonctionnel. Exemple donné : l'holacratie (subsidiarité, à la fois structure et horizontalité), présentée comme le seul système qu'il a vu tenir les deux bouts.
  • Partie plus personnelle sur l'ego comme polarité (nécessaire, mais rigide il empêche d'évoluer ; le burn-out comme rupture du récit de soi) et invitation à « faire le pas qui dépolarise » plutôt qu'à juger l'autre.
  • Keynote redonnée en 2026 à Agi'Lille et Agile Lyon.

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Le Manager, catalyseur d'agilité dans un monde en pleine accélération

Simon Jaillais

  • Le management défini par son étymologie (« accompagner ») contre la figure du contremaître industriel ; parcours de l'orateur, d'expert technique à manager à Singapour puis chef d'entreprise, et insistance sur la solitude du manager (transcript).
  • Quatre axes présentés comme des « epics » : stratégie (désengagement mesuré par Gallup, OKR au niveau des équipes), flux (parties prenantes, théorie des contraintes, délégation, cadre commun pour permettre l'autonomie), humain (sécurité psychologique, Team Canvas, feedback en trois temps), futur / IA (se forger un point de vue, shadow IA, souveraineté des données).
  • « On n'a jamais vu un fermier crier sur des tomates pour les faire pousser plus vite. »
  • Anecdote d'une réponse à appel d'offres où l'IA avait inventé des cas d'usage ; principe : « Nous traitons l'IA comme un agent de soutien et non comme un décideur. »
  • Conclusion en « manifeste du manager » : garant du cap collectif plutôt que du contrôle individuel, architecte des flux, accompagnateur de la croissance des personnes.
  • Lecture critique : un catalogue de références (RACI, OKR, Team Canvas) plus qu'une démonstration approfondie, avec des chiffres cités de mémoire.

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Les stats de merde

Nicolas Tondeur

  • Talk né d'un forum ouvert à Agi'Lille : partir de corrélations absurdes (Bono qui claque des doigts, OVNI du Kentucky, « un enfant sur cinq naît chinois ») pour traquer leurs équivalents dans nos métiers agiles et IT (transcript).
  • Le Chaos Report du Standish Group, qu'on fait « dire ce qu'on veut » : plus de succès (délais et budget) mais pas moins de galère, et rien sur la satisfaction utilisateur.
  • Vécu de coach : mesurer les lignes de code a produit du code mort et gonflé ; mesurer les mises en production a produit des « micro-MEP » ; mesurer la vélocité a fait doubler les estimations ; vélocité et temps de cycle poussés l'un contre l'autre ont fait délaisser soit les gros sujets, soit les petits. Les métriques DORA, lues isolément, peuvent aussi se contredire.
  • Exemples plus larges : la semaine de 4 jours (les études ne retiennent que les entreprises qui l'ont gardée ; ailleurs, 40 indicateurs de contrôle ou autonomie sans cadre ont augmenté le burn-out) et une culture de la performance individuelle chez Nike accusée d'avoir tué l'innovation et protégé des « top performers » toxiques.
  • Garde-fous : lois de Campbell et de Goodhart (« quand une mesure devient un objectif, elle cesse d'être une bonne mesure »), biais du survivant, ne pas confondre autonomie et abandon ; viser l'impact plutôt que le volume, en tenant compte de la latence (il faut au moins quatre cycles pour voir un effet) ; ne pas confondre « amélioration continue » et « amélioration tout le temps ».
  • Anecdote de la salle rapportée par l'orateur : un manager sommé de suivre le pourcentage d'utilisation de l'IA par ses équipes sans savoir à quoi cela servirait. Conseil final : semer le doute chez qui demande la donnée, voire montrer comment la trafiquer.
  • Transparence : certaines « stats absurdes » des slides ont été générées avec ChatGPT, utilisé en sparring partner et signalé comme tel.

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Votre backlog déborde d'User Stories... Mais sont-elles pertinentes ?

Charline Rageade

  • Thèse : écrire des user stories n'est plus le problème (une IA peut en générer des centaines) ; la difficulté est le travail invisible en amont — comprendre le vrai besoin plutôt que la solution (transcript).
  • Rappels : origine XP (Kent Beck) et les 3 C (Card, Conversation, Confirmation), gabarit de Mike Cohn ; un product backlog item n'est pas forcément une user story.
  • Jeu « Dessine-moi une prairie » : un cahier des charges ultra-détaillé fait perdre l'essentiel, une consigne courte orientée besoin donne un résultat plus cohérent.
  • Outils passés en revue : personas (à tenir à jour, sans sur-détail), INVEST illustré par de vraies mauvaises stories Jira (« interrogation capteur »), critères d'acceptation en Gherkin, DoR / DoD, priorisation par la valeur, nettoyage régulier du backlog.
  • REX de formation : les équipes qui avaient généré leurs stories avec l'IA n'arrivaient pas à défendre le besoin, contrairement à celles qui les avaient rédigées. « Mieux vaut une user story un peu imparfaite mais discutée avec l'équipe. »

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Le test, grand oublié de l'Agilité ?

Julien Lenormand, Eric Papazian — Kaizen Solutions

  • Duo développeur / testeur : en cycle en V on sait où placer les tests, en agile on en parle trop peu. Format « top 10 des concepts oubliés du test », illustré par leurs missions (transcript).
  • La testabilité s'architecture : un système microservices si verrouillé (cybersécurité, peu de logs) que le testeur ne voyait rien ; une IHM conçue « pour des humains, pas pour des ordinateurs », impossible à automatiser ; à l'inverse, un journal de bord applicatif utile pour tester et pour déboguer en production. Repérer les « coutures » (Michael Feathers) entre contextes.
  • Les moyens de test sont un besoin : sur des bornes de recharge de véhicules électriques (mission chez Schneider Electric), passer de moins d'une borne par personne à plusieurs pour paralléliser ; Jira/Xray, CI GitHub Actions, tests de non-régression à chaque feature et chaque nuit.
  • Fiabilité avant volume : 50 à 100 tests en échec chaque nuit sur 500 rendaient la suite inutile ; après fiabilisation, analyse en 5 minutes le matin et régression corrigée en 30 minutes au lieu d'attendre la QA de fin de sprint. Historique visuel pour repérer les tests flaky.
  • Penser le test en amont : three amigos (PO, dev, QA), example mapping puis BDD (scénarios Given/When/Then versionnés comme du code et lisibles par le métier).

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La gestion des risques vue par une agiliste

Anne Gabrillagues

  • Thèse : la gestion des risques n'est pas absente de l'agilité, elle y est intégrée « by design » ; greffer des pratiques classiques (type PMBOK) sur un cadre agile crée un « Frankenstein » (transcript).
  • Point de départ : les projets agiles réussissent mieux que les projets en V, mais restent sous 50 % de succès ; le mot « risque » n'apparaît que trois fois dans le Scrum Guide.
  • Cartographie : à chaque cause classique d'échec (dérive de périmètre, besoins mal compris, dette technique, dépendances, excès de confiance…) correspond une pratique agile qui la mitige (priorisation par la valeur, démo, DoD, event storming, daily, tableau des dépendances, burn-up).
  • Pourquoi ça échoue quand même : équipes juniors mal formées, proxy PO sans formation produit, instabilité des équipes (turn-over en ESN), cargo cult des cérémonies. « Ce n'est pas parce que vous mettez des gens dans une équipe étiquetée Scrum que vous avez une équipe d'agilistes. »
  • Proposition : rendre les risques visibles (management visuel) plutôt qu'ajouter des comités, et son atelier « risk storming » (brainstorming en équipe puis matrice probabilité × gravité).
  • Biais assumé : l'oratrice n'intervient que sur des projets en difficulté ; certains jugements (ESN, certifications rapides) relèvent de l'opinion.

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Gandalf, L'oracle (Matrix), James Bond et le vrai PM : les mythes à l'échelle du PM

Maxime Bonnet — CGI

  • Suite d'un ancien talk sur « les mythes du PO », transposée au Product Manager de l'agilité à l'échelle : la théorie, ce que dit le coach… et ce qui se fait vraiment (transcript).
  • Point de départ : un produit n'est pas une application mais une chaîne de valeur (exemple SNCF Transilien : le produit, ce sont des conducteurs, des trains et un réseau disponibles ; le vrai client est la Région). Le PM porte cette chaîne, transverse aux applications — à ne pas confondre avec un program manager.
  • Gandalf, le PM puissant qui délègue tout (aux PO, au PMO), s'enferme en réunion et arrive en sauveur au dernier moment — ou le « PM de Schrödinger » désavoué par son manager. Remède : clarifier le mandat et la relation PM/PO (délégation poker), porter une vraie stratégie produit (pas une liste de versions), rester opérationnel.
  • L'Oracle, le PM « stratosphérique » au discours incompréhensible, qui cache parfois un flou volontaire ou une peur de l'engagement. Remède : devenir référent du produit, rendre visibles les interdépendances (sans les déléguer à l'architecte), affiner et découper les features avec les PO.
  • James Bond, le PM qui fonce, change de cap à chaque PI et laisse des « victimes » (les meilleurs partent en premier).
  • Ton : humour cinéma et exemples vécus plus que cadre théorique ; le talk renvoie à celui de Simon Jaillais sur la délégation.

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Pourquoi les transformations agiles échouent ?

Pierre LeBlanc — Kanban Québec

  • Session longue (près de 2 h, auditorium) d'un coach et formateur Kanban québécois, donnée pour la première fois ; six raisons d'échec observées depuis 2015 (transcript).
  • Principe : l'agilité n'est pas à propos de l'agilité — le but n'est pas d'installer Scrum, Kanban ou SAFe mais de mieux servir les clients ; d'où la question clé « au service de qui ? ».
    1. Pas de pourquoi : sans vision engageante (Simon Sinek, Start with why), les salariés n'achètent pas un framework ; sondage en salle : quasiment personne ne voit sa direction porter une vision de la transformation. 2) Manque de leadership et d'alignement : quatre formes de leadership (exemple, inspiration, signalement, direction) ; les dirigeants doivent être formés et accompagnés en premier, pas seulement les équipes.
    1. La transformation gérée comme un projet (budget projet, dates butoirs « à telle date on est agile ») : un virage agile ressemble à un virage santé, non linéaire et sans fin ; l'approche « en parallèle » double les réunions. 4) Tout miser sur la création d'équipes agiles plutôt que sur la découverte des flux de valeur et la gestion du flux (pratiques Kanban).
    1. Confondre produit et service. 6) Transformer les rôles agiles en postes recrutés à l'extérieur : un PO externe sans pouvoir de décision ni connaissance du produit (« effet Armageddon » : former des foreurs à être astronautes) ; décryptage d'annonces de PO réelles qui demandent de « définir la vision produit » et d'« animer les rituels ».
  • Nombreux sondages à main levée ; ton humoristique (le conférencier « déguisé en conférencier » plutôt qu'en pirate de son podcast).

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L'intelligence émotionnelle : la clé pour des équipes agiles plus humaines et efficaces

Aurélie Laforêt, Fabien Joseph — Open

  • Conférence-atelier d'une product manager et d'un coach agile (Open) : les frameworks sont appliqués « parfaitement », mais quelque chose cloche au niveau humain (dailys de 45 minutes, rétros où parlent toujours les mêmes, feedback évité) (transcript).
  • Thèse : plus l'IA automatise les tâches, plus l'intelligence émotionnelle devient essentielle — ChatGPT rédige des user stories mais ne détecte pas l'ennui en rétro. Appui sur le projet Aristote de Google (la sécurité psychologique comme premier facteur de performance).
  • Bases théoriques : Daniel Goleman (conscience de soi, maîtrise de soi, empathie, gestion des relations), les six émotions primaires de Paul Ekman, le circuit déclencheur → émotion → sensation / sentiment → action ; les « sentiments parasites » qui explosent pour un détail.
  • Boîte à outils : écoute active et reformulation empathique (« votre super pouvoir »), valorisation authentique (action + impact + émotion plutôt que « bon travail » ou le compliment sandwich), feedback de recadrage structuré (méthode COIN), coaching OSCAR, et OSBD (observation, sentiment, besoin, demande) pratiquée en binômes par la salle.
  • Fil conducteur : partir de faits irréfutables pour sortir du jugement (« la deadline est dans 3 jours et il reste 15 user stories » plutôt que « on est en retard à cause de toi »).

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Cultiver des Écosystèmes Humains Durables : de la Systémie à l'Agilité Régénérative

Jérôme Urvoas — Lectra

  • Dernière session du mercredi. Paradoxe des transformations agiles : lancées pour gagner en efficacité et en bien-être, elles apportent souvent plans, process et contrôle, et produisent perte de sens, fatigue, désengagement. « Ce n'est pas en tirant sur les fanes de carottes qu'elles poussent plus vite » ; les organisations meurent de manque de vitalité (lien, sens), jamais de manque de process (transcript).
  • Références : Edgar Morin, Donella Meadows, Peter Senge, Taleb, Olivier Hamant, la permaculture humaine ; clin d'œil à la keynote du matin sur les polarités.
  • REX d'une transformation culturelle menée depuis 3 ans par l'équipe interne de quatre coachs de Lectra (croissance externe, rachat du concurrent américain, passage au SaaS, un tiers seulement de salariés français) : refus de piloter seuls, équipe cœur multiculturelle, sponsors au Comex, ambassadeurs volontaires, retour des RH autour de la table.
  • Leviers illustrés : observer avant d'agir (Gemba plutôt qu'interviews, repérer les « plantes pionnières » qui incarnent déjà la culture cible) ; créer les conditions de vie (nourrir le sol, Otto Scharmer) — six comportements clés co-écrits avec les salariés, formation managers déployée dans tout le groupe, rituel de célébration avec budget délégué aux managers ; puis favoriser les synergies.
  • Définition proposée de l'agilité régénérative : une approche du changement fondée sur les principes systémiques et écologiques du vivant, qui régénère sens (co-construit, jamais « donné »), relations et vitalité.
  • Honnêteté affichée : « ce que je montre, c'est les 10 % qui marchent ».

Jeudi 20 novembre

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Un guide scientifique d'intelligence collective

Mehdi Moussaïd — Institut Max Planck (Berlin)

Retours : Franck Rageade (équipe CARA, Mastodon et Bluesky), William Bartlett (speaker d'une autre session, Bluesky), 3 commentaires YouTube

  • Keynote d'ouverture du jeudi par un chercheur en intelligence collective, qui mène des expériences de groupe en laboratoire (transcript).
  • Coordination : 100 personnes doivent reproduire une image avec des panneaux de couleur ; après une phase chaotique, un chef émerge toujours et centralise le problème — si on le retire, un autre prend sa place. En coupant la parole, le groupe s'organise par stigmergie (comme les fourmis ou Wikipédia : chacun agit selon l'état d'avancement de l'ouvrage) et atteint les mêmes performances, sans phase de structuration. Leçon : il existe d'autres façons de faire.
  • La boîte à outils : aucune méthode collective n'est universelle, il faut choisir l'outil selon le problème. Sur un test de logique (Raven), le grand débat filtre par la confiance en soi, l'auto-évaluation est trompeuse (Dunning-Kruger), mais le vote majoritaire fait passer le groupe de 61 % (moyenne individuelle) et 87 % (meilleur du groupe) à 100 % de bonnes réponses.
  • Mais le vote échoue quand les erreurs sont corrélées (culture générale, « capitales pièges », 40 dermatologues : 63 % individuellement, 65 % au vote). Outil proposé : la méta-majorité de Drazen Prelec — demander aussi « que vont répondre les autres ? » pour repérer les questions pièges où la minorité a raison.
  • Discussions : la performance d'un groupe dépend moins de ses membres que de la qualité de leurs liens ; l'inégalité du temps de parole coûterait environ 17 % de performance ; effet d'ancrage d'où la règle de son institut : « le chef parle en dernier ». Faire taire le bavard est facile, faire parler le timide demande un cadre rassurant.
  • Questions de la salle : la diversité cognitive est « la règle numéro 1 » ; une étude récente montre que des groupes hybrides médecins + IA battent médecins seuls et IA seules, parce que leurs erreurs sont décorrélées.
  • Échos du public : c'est la seule session pour laquelle des réactions écrites ont été trouvées. Le matin même, Franck Rageade (équipe du CARA, qui organise l'événement) salue « une keynote décoiffante » qui « nous transporte avec humour et enthousiasme dans le monde de l'intelligence collective » (Mastodon et Bluesky, avec les mots-clés stigmergie et test de Raven) ; William Bartlett, speaker d'une autre session, écrit « Trop cool d'assister à la keynote » (Bluesky, avec deux photos).
  • S'y ajoutent trois commentaires YouTube enthousiastes (« Brillant, instructif, drôle », « D'utilité publique ! ») ; c'est la vidéo la plus vue de l'édition (près de 700 vues au 26/09/2026).

Conférence▶ vidéo + transcript

L'enjeu majeur d'une transformation agile, c'est la transformation pas l'agilité

Benjamin Cabanne, Laurent Cervilla

  • Constat de deux coachs agiles : ils ont trop souvent accompagné un simple « déploiement de l'agilité » (rituels, post-its, rôles PO/SM) qui tourne au théâtre ou au cargo culte, sans bénéfice réel. L'agilité est un outil ; l'enjeu est la capacité de l'organisation à se transformer en profondeur (transcript).
  • Passer d'une pensée linéaire (plan pluriannuel, cahier des charges figé, réestimations permanentes) à une pensée cyclique ; l'organisation est un organisme vivant doté d'un système immunitaire qui réagit dès qu'on la bouscule. « Notre job, c'est d'organiser l'organique. »
  • Changement ≠ transformation : phases de transition (inspirées de William Bridges) comparées aux saisons ; exemple d'une PME d'une soixantaine de personnes restée des années en « boucles d'ajustement » avant de vraiment se transformer, une fois le sujet porté au niveau des associés et du business model.
  • Métaphore de l'arbre : racines = raison d'être, soleil = vision inatteignable mais motivante, tronc = ambition à 2-5 ans, branches et fruits = stratégie, organisation, projets.
  • Résistance au changement : les pertes perçues (immédiates, certaines) l'emportent sur les gains perçus (différés, incertains) ; plus on pousse, plus ça résiste. D'où les quick wins et l'appui sur les équipes déjà en énergie positive pour « tirer » les autres. Objectifs « biodégradables et adaptables », vision cascadée et écoutée en retour.
  • Lecture critique : un REX de coachs riche en métaphores (jardinage, saisons) et en anecdotes, que les orateurs présentent eux-mêmes comme non universel (« ça vaut ce que ça vaut ») ; pas de données chiffrées.

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Leadership augmenté à l'ère de l'IA : découvrez M3K, le nouveau pivot de Management 3.0

Brice Kieffer

  • Présentation de M3K (Management 3000), cadre de Jurgen Appelo (livre Human Robot Agent, 2025) qui combine Management 3.0 (leadership) et unFIX (design d'organisation), augmentés de l'IA. Boîte à outils de boussoles et d'ateliers, pas un framework technique (pas de prompt engineering) (transcript).
  • Profils en « M » : après les profils en I (spécialistes) et en T, l'IA permettrait de devenir des « généralistes spécialisés » ; exemple personnel : ChatGPT comme assistant RH pour recruter sans compétence RH préalable.
  • Décision augmentée : l'IA excelle à collecter, filtrer et synthétiser ; générer des idées et surtout décider restent humains (human in the loop).
  • Équipes hybrides : patterns unFIX avec des « coéquipiers IA » (challenger créatif, agent data, agent code) ; question ouverte de la taille des équipes (Henrik Kniberg : « deux personnes et une IA »). « Le management va consister à concevoir des systèmes associant des personnes et des IA. »
  • Débat dans la salle : un participant conteste frontalement l'idée de traiter des agents IA comme membres d'une équipe agile ; une question sur le coût croissant des agents reste sans réponse ; l'orateur reconnaît ne pas avoir encore testé l'intégration d'IA dans une équipe réelle.

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Ralentir pour aller plus loin (plus vite ?)

David Laizé

  • Thèse : le rythme soutenable du manifeste agile est rarement respecté ; la course à la vitesse permanente finit par ralentir les organisations (transcript).
  • Multitâche et interruptions : le cerveau ne fait pas de multitâche, le changement de contexte détruit la concentration ; téléphone en silencieux, traiter Slack/Teams en asynchrone.
  • Deadlines : « une deadline, c'est un désir » — la distinguer d'une vraie contrainte externe (un salon professionnel) ; « Si vous la ratez, personne ne meurt. »
  • REX chiffré : une pause de 3 semaines imposée à une équipe en difficulté (environ 75 jours-hommes) a été rentabilisée en 18 semaines (6 sprints) sur un projet de 5 ans. « Ralentir, je le vois comme un investissement. »
  • Ralentir aussi dans la conversation pour mieux écouter ; remplacer « je n'ai pas le temps » par « je n'ai pas pris le temps ».
  • Limite reconnue par l'orateur : mesures maison sur une seule équipe.

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Cauchemar en agile : c'est quoi ton (bon) problème ?

Céline Swierkowski

  • Fil rouge Cauchemar en cuisine pour parler de résolution de problèmes à la Toyota ; ouverture participative où la salle cite ses « problèmes » (priorisation, Jira mal configuré…) (transcript).
  • Définition Lean : « Un problème, c'est un écart entre une situation attendue et la réalité, dans un contexte donné » ; sans mesure, c'est un souci ou un irritant. Reformuler « problèmes de communication » en « les parties prenantes nous contactent par 7 canaux ».
  • Outils de détection : Jidoka (arrêter la machine au premier défaut), Andon, bacs rouges traités le jour même (pas à la rétro dans 3 semaines), Gemba walk.
  • Choisir les bons problèmes (enjeux stratégiques, satisfaction client, sécurité) ; éviter de découper un problème en tranches interdépendantes ; tester les hypothèses une à une (exemple de cartes électroniques défectueuses : soudure périmée).
  • Résolution causale, contre-mesures plutôt qu'« actions », PDCA, A3, 5 pourquoi. « On s'attaque avec dureté aux problèmes, pas aux personnes » ; « ne pas avoir de problème, c'est le plus gros problème ».
  • Clin d'œil entre sessions : David Laizé fait référence au talk dans le sien.

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Documentation et agilité : trouver son chemin au-delà des clivages et des lieux communs !

Emmanuel Etasse

  • Contre le cliché « l'agilité, c'est pas de doc » : quatre critères pour juger une documentation — pertinence, maintenabilité, accessibilité, fiabilité (transcript).
  • Notion d'entropie (empruntée à unFIX / Jurgen Appelo) : plus l'organisation grossit, plus l'implicite augmente et justifie d'expliciter ; mais trop documenter augmente aussi l'entropie — paradoxe que l'orateur laisse ouvert.
  • Living documentation : traiter la doc comme du code (co-construction, revues, génération automatique) ; REX dans une banque réglementée avec un tech writer dédié, Confluence versionné, PDF générés, revues croisées avec les développeurs.
  • Diátaxis pour structurer selon l'intention du lecteur (tutoriels, guides pratiques, référence, explications) ; choisir l'outil selon l'intention et limiter leur nombre.
  • Gérer documenter / ne pas documenter comme une polarité (bénéfices, risques, signaux d'alerte), à revisiter tous les 3 à 12 mois ; l'IA aide (RAG, challenge), mais ne remplace ni la structuration préalable ni le feedback humain.
  • Exercice en binômes en fin de session.

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Beyond agile : Dans les coulisses des licornes géantes de la Tech !

Rachel Dubois

  • Thèse : ce qui distingue Spotify, Airbnb, Amazon, Google ou Vinted n'est ni leur agilité formelle ni leur vocabulaire (squads, tribes), mais leur capacité à produire un impact business mesurable. L'agilité bien exécutée est un prérequis, pas un différenciateur (transcript). L'oratrice se présente comme ex-PM chez Spotify (3 ans), passée par Vinted.
  • Mise en garde contre le biais du survivant : on copie les pratiques visibles sans voir ceux qui ont échoué avec les mêmes recettes. « Fabriquer avec beaucoup d'efficacité et beaucoup de qualité des choses qui ne servent strictement à rien, c'est la définition du gâchis. »
  • Boucle produit d'une PM type chez Spotify : monitoring quotidien, détection d'anomalie, interviews jobs to be done, opportunity solution tree (Teresa Torres), cadre DIBB (data-insight-belief-bet), prototypage, A/B tests massifs via feature flags, déploiement progressif, décision kill or scale.
  • L'entreprise comme organisme : système nerveux (capteurs), immunitaire (tests, feature flags, CI/CD), circulatoire (information) ; « Arrêtez de combattre les silos mais soyez sans pitié contre les royaumes. »
  • Trois illusions : copier le costume sans le fond ; prendre des interviews ou un NPS pour de la donnée comportementale (« les utilisateurs vous mentiront toujours ») ; confondre vélocité et impact. Conseils : simplifier, traiter chaque livraison comme une hypothèse, ne pas scaler sans preuve, remettre les développeurs dans la discovery.
  • Limites : le chiffre de 80 % de fonctionnalités inutilisées est reconnu non sourcé par l'oratrice ; le propos généralise à partir de quelques entreprises.

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Pourquoi SAFe c'est pas safe !!

Baptiste Macé

  • Regard d'un développeur et coach craft/agile qui a « subi » SAFe sans l'avoir mis en place, mis en scène en dialogue avec « Jean-Michel », son double qui déteste SAFe (transcript).
  • Constats de terrain : interdiction de parler aux utilisateurs (le prestataire passe par le PM), 150 pages et une douzaine de rôles où le développeur n'apparaît presque pas (nuage de mots dominé par « solution architect »), équipes « sécurisées » par un périmètre gelé pendant un PI de 3 mois… puis 30 % de l'équipe sortie trois mois plus tard.
  • Les trains calqués sur les anciennes BU gardent les silos : exemple d'une même application découpée en un train front et un train data, qu'il doit faire se parler. La gestion des dépendances sert souvent à éviter de concevoir des interfaces produit claires.
  • Revue des 10 principes SAFe, dont beaucoup paraissent agiles sur le papier (vision économique, variabilité, options ouvertes) mais dérivent en pratique : quick and dirty, architecture décidée au « sprint zéro » par des architectes qui ne codent pas, standards imposés sans gain de vitesse ni de sécurité, Inspect & Adapt qui remplace la rétrospective.
  • Ce qu'il garde : visibilité sur les « gros cailloux » pour le métier en laissant de la marge, et surtout la colocation des PI planning pour le sentiment d'appartenance.
  • Débat avec la salle : plusieurs participants témoignent (SAFe calqué sur l'organisation existante mais outil de dépendances utile pour une deuxième étape de transformation ; LeSS jugé plus léger ; PI planning en remote entre continents qui demande beaucoup de préparation). L'orateur remercie l'organisation (« la nourriture était bonne, l'accueil était sympa »).

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Le Scrum Master augmenté : de l'Intelligence Humaine et de l'Intelligence Artificielle

Simon Jaillais

  • Avertissement d'entrée : pas de prompts ni d'agents clés en main, mais une réflexion sur la posture du Scrum Master face à l'IA (transcript).
  • Thèse : ce n'est pas le rôle qui meurt, c'est « le Scrum Master sans impact » — celui dont le cœur de métier était devenu l'administratif (notes, reporting) que l'IA automatise.
  • Sortir des deux réactions extrêmes décrites par Yann Ferguson (LaborIA) : « l'effet wahou » et « l'effet ouf ».
  • Réinvestir le temps gagné dans trois axes : développement individuel des membres de l'équipe, collectif (charte d'équipe intégrant l'usage de l'IA), impact organisationnel (parler aux décideurs sans jargon agile). Exemple : un « leadership challenge » construit lors d'une transformation dans une grande banque à Singapour, diffusé en Creative Commons.
  • « L'agilité, à la fin, c'est quand même des êtres humains ensemble. »
  • Échange final nourri : un participant propose de « tuer l'étiquette » Scrum Master ; un autre note que l'IA promise par le titre a été peu traitée, ce que l'orateur reconnaît (retours d'expérience encore « menus »).

Sessions sans retour trouvé (63)

  • Au-delà du backlog : vers un produit qui fait vraiment sens (Lilian Roche, Rébecca Carlier)
  • Jeu : Feedback en milieu sauvage (Grégory Alexandre, Isabelle Gauthier)
  • Le code est une Res Publica (Guillaume Saint-Etienne)
  • Le conflit, comment le dépasser et rétablir le dialogue ? (Christophe Maldivi)
  • Au-delà des méthodologies : des concepts puissants pour transformer durablement (Vincent Jobard)
  • Au-delà du serious game existant (Sylvia Cohen, Benjamin Richy)
  • Construire une équipe produit dès le jour 1 (Alain Delachaux, Mario Esposito)
  • Management par les pairs : et si votre collègue était votre manager ? (Marie Gigon, Nicolas Leport)
  • Le daily ? le daily ! (Vincent Martin)
  • R.O.T.I : le feedback qui nous ment gentiment (Julie Demanze)
  • Agilité : mal pour un bien ? L'impact qu'on ne voit pas toujours venir (Maxime Bonnin)
  • Mario Odyssey, Switch vers la plateforme pour levelup l'orga (Frédéric André)
  • Planification et prévisions, les métriques Kanban à la rescousse ! (Sébastien Goodwin)
  • L'émotion au cœur des dynamiques collectives (Frédéric Drogo, Saïbatou Diallo)
  • Double impact : sprint foiré & public chamboulé ! (Kervin Kueny, Gwendoline Cartier)
  • SCRUM comme pédagogie : retours d'expérience et perspectives (Julien Reichel)
  • Optimisez vos rétrospectives pour inspirer l'action ! (Elise Vanholsbeeck, Antoine Matuchniak)
  • Houston, Scrum ne répond plus ! (Yves Saintillan)
  • Au-delà du pair programming : la communauté de pairs autoportée (Elise Moussy, Aude Michel)
  • Anarchitecture (Bastien David)
  • Vers la vision et au-delà ! (Guillaume Bonnet)
  • Agilité : Game Over or Game Reset ? (Olga Auzillaud)
  • Et si l'agilité laissait exprimer nos atypies… (Elsa Iguedjtal)
  • Green Agile 2 : carnet de voyage au cœur des réalités du Numérique Responsable (Gwénaëlle Hirrien)
  • Pour parler vrai — petit protocole de régulation collective (Nathalie Chastan Olive)
  • La recette secrète des équipes produit heureuses (Safia Zouaoui, Marine Marguerite)
  • Scramble Squad : l'agilité en action (Johnny Blondel, Yves Saintillan)
  • Augmentez l'agilité de votre Git grâce au Trunk Based Development (Raphaël Decouchant, joué deux fois)
  • Au-delà de l'Agilité, quel est l'essentiel pour travailler ensemble ? (Frédéric Drogo, Raphaël Ramallo)
  • Propulsez votre organisation vers l'excellence en expérimentant… et en échouant souvent ! (Gérard Borreill)
  • One Hour Learning : développez des équipes multitalentueuses (Anthony Cassaigne)
  • Faire équipe avec un manager ayant un TSA (Sarah Dantz)
  • Ça se mesure comment, le RoI du coach et du Scrum Master ? (Maxime Bonnin)
  • Décidons ensemble ! Oui, mais comment ? (Youssef Chraibi)
  • AgilOcube : le serious game apéritif sur l'estimation (Frédéric André, Régis Schneider)
  • L'agilité, c'est bien… l'équilibre, c'est mieux ! (Emmanuel Hervé)
  • Déjouer et prévenir le désengagement (Albane Fagot-Veyron)
  • Au-delà du conflit : un voyage dont vous n'êtes pas le héros (Florence Rutschi, Delphine Folliet)
  • Post-moderniser ces tête-à-têtes qui amènent à changer (Pierre Fauvel)
  • Quand tout le monde ne voit pas la même montagne… dessinons-la ! (Laurent Laslaz)
  • Coach Agile vs Coach Produit : au-delà des différences (Rémi Sarraillon, Rachel Dubois)
  • Et si l'agilité, la vraie, c'était tout simplement… l'auto-organisation ? (Alioune Schurz)
  • Les bonnes questions font les bons produits (Joanne Gouaillier)
  • CyberSécurité industrielle : et si on hackait le système avec l'agilité ? (Stephanie Gilles)
  • Team building intérieur : comment mes parts sabotent (ou boostent) l'agilité (Emmanuel Hervé)
  • Passez d'une organisation dysfonctionnelle à une entreprise transcendante (Rafik Mekki)
  • Nom d'un flux (extended version) (Haja Rambelontsalama, Dimitri Baeli)
  • L'art subtil de transformer mon pire « défaut » en super pouvoir (Hervé Tran)
  • Comment aligner une organisation sur ses priorités business et sa déclinaison stratégique ? (Laurence Hanot, Brice Kieffer)
  • Faraway : Déclin fonctionnel - Le Jeu (Nicolas Tondeur)
  • Les Tests : ces saboteurs de l'Agilité (Natacha Fourmy)
  • Par Toutatis ! Arrêtez avec vos story points… (José Coignard)
  • L'agilité dont personne n'est le héros (Patrick Roux)
  • Raconter une belle histoire pour trouver le besoin de vos utilisateurs grâce au story mapping (Maxime Bonnet)
  • Et si vous n'étiez pas le bon messager ? (Caro L.)
  • Panorama des méthodes pour mieux gérer son temps (Yves Saintillan)
  • Agilité et au-delà… du raisonnable (Johnny Blondel, Rébecca Carlier)
  • Agilité ou imitation ? Atteindre son objectif sans copier un modèle (Laurent Laslaz)
  • Cartographier pour mieux naviguer (William Bartlett, Irène Doan)
  • Transformer un héritage technologique en pivot stratégique (Claire Van de Voorde)
  • 2075 : Mission Agile – Et si on devait tout reconstruire ? (Camille Oswald)
  • Est-ce que la taille (des éléments de travail) ça compte ? (Sébastien Goodwin)
  • Agilistes, et si vous créiez votre propre rétrospective ? (Ganna Domnina)

Sources