Flupa UX Days 2024

Produit & UX20–21 juin 2024Paris, CENTQUATRE-Paris12e édition

Thème : Le design d'expérience comme moteur de changement

12e édition, 20 & 21 juin 2024, CENTQUATRE-Paris (Nef Curial et salle 400) : jeudi 20 conférences (2 keynotes en anglais, 14 conférences et REX sur deux salles) et soirée communautaire ; vendredi 21 ateliers (13 ateliers de 1h30, joués deux fois). Plus de 800 participants selon UX-Republic.

Au CENTQUATRE, l'édition 2024 a décliné son thème du changement en design responsable et ancré dans le réel (services publics à réparer, accessibilité vécue, éco-conception, agriculture, Afrique), les REX concrets (Renault, G7, YUX) étant nettement mieux reçus que la keynote inspirationnelle d'ouverture.

22 sessions résumées · 16 vidéos · mise à jour le lundi 5 octobre 2026 · synthèse à compléter

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : Six comptes-rendus de quatre participants publiés entre le 24 juin et le 11 septembre 2024 : Catherine Smet (Medium, conférences puis ateliers), Margaux Membré (blog Ippon, conférences puis ateliers), Fabien de Gezelle (UX-Republic) et Stefania Zeoli (Nexton). Les 16 conférences ont été filmées et publiées par Flupa le 3 septembre 2024 : toutes ont été transcrites et lues. Programme officiel lu via la Wayback Machine (pages jeudi et vendredi).

Limites : Aucun post LinkedIn ni sketchnote lu : le corpus participant se réduit à des blogs, dont trois d'agences ou d'ESN. Les ateliers ne sont documentés que par deux participantes (Smet, Membré) et sept ateliers sur treize n'ont aucun retour ; plusieurs conférences (Cohen, Cochet, Goris, Pons, Thibault, Faubry, Peng, réparation) ne reposent que sur leur transcript.

Synthèse globale

1. Un thème du changement décliné en design responsable

Le thème « le design d'expérience comme moteur de changement » a surtout pris la forme d'un design qui assume ses responsabilités. Écologie avec Thomas Thibault (alter design, Limites Numériques), Anne Faubry (RGESN appliqué à CartoBio) et Mickaël David (agriculture et sols). Services publics avec la Caisse des Dépôts (design de réparation) et Renaud Pons (sciences comportementales). Inclusion avec Fabernovel (accessibilité vécue) et YUX (recherche en Afrique). Le vendredi suivait la même pente : roue des futurs responsable, jeu sur le RGESN (Niji), ville pour tous les vivants (MAIF), transition énergétique (Aktan). Catherine Smet résume la journée d'ateliers comme un parcours dans le « design à impact ».

2. Partir de l'existant et du terrain plutôt que de la page blanche

Un fil traverse plusieurs talks sans avoir été concerté : faire avec ce qui existe. La Caisse des Dépôts répare des services publics au lieu de créer un énième guichet unique. Anne Faubry commence par demander si le service est utile, quitte à conclure qu'il ne faut pas le faire. Renault Digital rassemble dans un blueprint des savoirs déjà présents mais éparpillés. YUX forme des enquêteurs locaux faute de données disponibles. Ce que les participants valorisent, c'est cet ancrage : Smet voit dans le blueprint de Renault « la conférence la plus utile » pour son travail, Margaux Membré juge le talk agricole « très concret et actionnable ».

3. L'accessibilité, de la conformité à l'expérience vécue

Deux talks consécutifs, dans le même créneau, l'ont abordée sous des angles complémentaires. Fabernovel oppose le RGAA (« une liste ») à l'expérience réelle d'un utilisateur aveugle pour qui « internet, c'est du son ». Camille Kramer Courbariaux élargit la notion à la recherche elle-même : comment rendre la recherche utilisateur accessible quand les gens ne sont pas connectés, parlent douze langues et se méfient des enquêteurs. Membré en retient que lever ces blocages rend les personnes autonomes, Smet que les populations africaines restent absentes des conférences design.

4. Le designer face aux organisations : légitimité, discipline, rapport au temps

Plusieurs talks parlent moins de méthodes que de posture. Morgane Peng propose d'emprunter au monde du business (cadre d'engagement, récaps, discours d'expert adapté) dans un contexte de budgets gelés. Aurélien Aries explique comment une évangélisation UX trop courte peut produire l'illusion de compétence chez les collègues. Jérémie Cohen raconte qu'on lui a contesté sa légitimité dans les hôpitaux et qu'il y est donc allé accompagné d'un expert en santé publique et d'un sociologue. Bertrand Cochet puis Indi Young et Maria Mishchenko, en fin de journée, plaident pour ralentir face à la culture de la productivité. Peng et David font écho à la fin d'un « âge d'or » de l'UX, celui des recrutements massifs de la fin des années 2010.

5. Ateliers : le jeu comme outil de prise de conscience

Les retours du vendredi (Smet, Membré) décrivent des formats très manipulatoires : cartes, plans, miniatures, fiches de poste imaginaires. Le jeu sert à ouvrir des sujets lourds (IA, éco-conception, transition énergétique, futur du métier) plutôt qu'à enseigner une technique. Smet parle d'une « belle oxygénation » et dit qu'il était « très difficile de choisir ». Membré est plus nuancée : un sujet énergétique exigeant à apprivoiser, et un doute sur l'application de la roue des futurs aux sujets techniques.

6. Tensions et critiques

  • La keynote d'ouverture divise : Aarron Walter a enthousiasmé une partie de la salle, mais Smet la juge « déjà vu », trop américano-centrée et sans aucune référence au design français ou européen, et Zeoli « pas révolutionnaire ». Les REX concrets de l'après-midi recueillent les éloges les plus nets.
  • Qualité inégale : Zeoli parle de sessions de niveau variable ; Membré dit être sortie de certaines présentations sans saisir leur objectif ni le lien entre le contenu et le titre.
  • Un corpus mince et biaisé : quatre auteurs seulement, dont trois écrivent pour une agence ou une ESN (Ippon, UX-Republic, Nexton), aucun post LinkedIn retrouvé. Neuf conférences sur seize, dont la keynote de clôture d'Indi Young et Maria Mishchenko, n'ont aucun retour de participant : on ne les connaît que par leur transcript. Sept ateliers sur treize restent sans trace.

Actions concrètes citées

  1. Tester l'accessibilité avec la synthèse vocale, les yeux fermés, puis avec des personnes malvoyantes sur leur propre téléphone : la plupart des points bloquants trouvés chez G7 coûtaient très peu à corriger (Le Gall, Ascione, Suzuki).
  2. Dans un service public, réparer plutôt que réinventer : cartographier l'héritage, prioriser ce qui dysfonctionne, puis aligner tous les acteurs sur un « axe de réparation » commun (Caisse des Dépôts).
  3. Rendre une transformation lisible par un blueprint partagé et vivant qui relie processus, données, applications et collaborateurs, porté avec les métiers et la gouvernance (Bastien et Mhira, Renault).
  4. Se servir du RGESN comme grille de travail du designer : utilité du service, personas incluant le matériel ancien et le bas débit, suppression des contenus obsolètes, parcours harmonisés (Anne Faubry).
  5. Quand on n'a pas accès aux données, former des enquêteurs locaux et outiller une collecte hors ligne plutôt que d'envoyer des formulaires en ligne (Camille Kramer Courbariaux, YUX).
  6. Poser un cadre d'engagement explicite (projet « design led » ou simple revue) et une cartographie des parties prenantes pour éviter de tout accepter et de s'épuiser (Morgane Peng).
  7. Se méfier des présentations courtes d'« évangélisation UX » : elles peuvent déclencher un effet Dunning-Kruger chez les collègues ; mieux vaut appuyer chaque décision sur des lois et heuristiques (Aurélien Aries).
  8. Pour un public peu à l'aise avec la donnée, viser minimalisme, lisibilité et mobile first, avec une recommandation actionnable sous chaque indicateur (Mickaël David, Agrolig).
  9. Appuyer la direction artistique sur des référentiels, critères et seuils définis avant l'étude, voire sur la biométrie, pour sortir du « j'aime, j'aime pas » (Manue Marévéry).

Session par session

Jeudi 20 juin

Keynote▶ vidéo + transcript

Les secrets des personnes et entreprises les plus créatives

Aarron Walter — podcast Design Better

Retours : Catherine Smet (Medium), Fabien de Gezelle (UX-Republic), Stefania Zeoli (Nexton)

  • Sur scène (transcript, en anglais) : la créativité comme décision quotidienne, illustrée par des extraits d'interviews de son podcast (Ed Catmull, John Cleese, Lisa Demetrios, OK Go, Jiro Ono…).
  • Thèmes égrenés : le goût se cultive par l'exposition et la culture historique ; les contraintes stimulent (les sièges d'aéroport des Eames conçus avec les équipes de maintenance) ; protéger l'attention contre les interruptions et l'open space ; le jeu comme créativité sans jugement ; laisser son ego de côté en collaboration.
  • Retenu par UX-Republic : « contrainte et créativité forment un seul processus », faire ensemble pour bien faire, s'isoler pour créer.
  • Lecture critique la plus nette du corpus (Smet) : « plutôt bien mené, mais “déjà vu” », des références exclusivement américaines sans un mot pour Eileen Gray, Charlotte Perriand ou le Bauhaus, « assez décevant pour un designer » venant pitcher à Paris. Zeoli juge la keynote « pas révolutionnaire » mais portée par de bonnes qualités d'orateur.
  • La salle, elle, semble avoir adhéré : Smet note que beaucoup de personnes ont « adoré cette keynote ».

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Le Design de réparation au service des politiques publiques

Vincent Elmalih — Caisse des Dépôts, Lucie Chenais — Caisse des Dépôts, Nathalie Pezzoli — Caisse des Dépôts

  • Sur scène (transcript) : l'équipe design de la Caisse des Dépôts part d'un constat, le monde est fini, donc on répare plutôt qu'on ne remplace. Le design de réparation consiste à capitaliser sur l'existant pour concevoir sans rajouter ni réinventer.
  • Trois paradoxes des services publics : conçus pour le court terme mais faits pour durer, en silos alors qu'ils devraient être transversaux, figés alors qu'ils devraient évoluer. La demande arrive souvent d'un décideur pressé (« un one page présenté en 2 minutes 30 en Comex ») qui simplifie à l'excès.
  • Méthode : descendre dans toutes les couches du système pour révéler ce qui fonctionne et ce qui dysfonctionne, prioriser, puis définir un axe de réparation commun qui aligne acteurs et imaginaire.
  • Deux cas : l'aide sociale à l'enfance (axe « information utile », une quinzaine d'idées, quatre départements pilotes via France 2030) et France Services (axe « autonomie dans la démarche », démonstrateur par SMS et messages vocaux en expérimentation).
  • Aucun retour participant trouvé sur cette session.

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Anatomie d'une quête. À la recherche d'une véritable accessibilité

Édouard Le Gall — Fabernovel, Bastienne Ascione — Fabernovel, Julia Suzuki — Fabernovel

Retours : Margaux Membré (blog Ippon)

  • Sur scène (transcript) : point de départ, une anecdote vécue par un utilisateur aveugle pour montrer qu'un petit aléa devient un parcours du combattant et rappelle la personne à son handicap. Pour un aveugle, « internet, c'est du son ».
  • Chiffres posés : 12 % de la population concernée par un handicap reconnu, 80 % de handicaps invisibles.
  • REX G7 : un client qui voulait l'accessibilité « pour ses utilisateurs, pas pour la conformité ». Tests de VoiceOver et TalkBack, d'abord les yeux fermés par l'équipe, puis avec six personnes malvoyantes, en présentiel et sur leur propre téléphone. Une carte interactive annonçait « ajustable » une quarantaine de fois.
  • Résultat marquant : la plupart des points bloquants avaient un coût d'implémentation très faible (mauvaises retranscriptions audio).
  • Conclusion des speakers : le RGAA reste une liste ; il faut équilibrer voix de l'utilisateur, du marché et du client, et inclure les personnes handicapées dès la conception.
  • Membré a apprécié le storytelling et retient qu'en levant ces irritants, les designers rendent les personnes autonomes plutôt que d'améliorer un simple confort.

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Rendre la recherche utilisateurs accessible et itérative en Afrique

Camille Kramer Courbariaux — YUX

Retours : Catherine Smet (Medium)

  • Sur scène (transcript) : YUX, agence panafricaine basée à Dakar, part d'un constat, beaucoup de produits africains sont des copier-coller de produits occidentaux qui ne fonctionnent pas pour leurs utilisateurs.
  • Obstacles à la recherche : données seulement macro, population peu connectée malgré un taux d'équipement mobile élevé, 12 langues officielles au Sénégal, illettrisme partiel, écarts de niveau de vie et méfiance héritée de la colonisation qui biaise les réponses.
  • Réponse décrite par Smet : LOOKA, plateforme de collecte de données panafricaine fonctionnant hors ligne, et la formation d'enquêteurs locaux qui diffusent des questionnaires courts, avec des vérifications pour qualifier la donnée.
  • Citation retenue par Smet : « En Afrique, les produits numériques sont des copies conformes des produits numériques occidentaux. »
  • Avis de Smet : « Très bon REX », qui montre qu'un dispositif de recherche solide reste possible « même quand les moyens semblent ridicules » ; elle regrette que si peu de conférences design parlent de ces populations.

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Pistes et inspirations pour un alter design écologique

Thomas Thibault — Designers Éthiques, Limites Numériques

  • Sur scène (transcript) : rappel de la matérialité du numérique (mines, câbles, data centers, 4 % des gaz à effet de serre mondiaux, empreinte française qui triplerait d'ici 2050 sans action) et du « paradigme de la corne d'abondance » où chaque gain d'efficacité est gommé par des usages plus lourds.
  • Présentation du projet de recherche Limites Numériques et de son « inspirothèque » de leviers, puis quatre pistes pour designers :
    • des interfaces qui montrent leur empreinte (icône de téléchargement à la place du bouton lecture, poids visible des contenus) ;
    • saisonnaliser le numérique (sites qui se dégradent selon le mix électrique, hébergement solaire) ;
    • réduire flux et contenus (dates de péremption, suppression automatique des vieux posts, réseau social limité à 100 posts) ;
    • accompagner des usages low-tech (services par SMS, permacomputing).
  • Talk couplé à celui d'Anne Faubry dans le même créneau REX. Aucun retour participant détaillé trouvé (UX-Republic cite seulement l'éco-conception parmi les sujets suivis).

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Eco-concevoir un outil métier, bonnes pratiques illustrées

Anne Faubry — Designers Éthiques

  • Sur scène (transcript) : REX sur CartoBio, outil devenu obligatoire pour la certification des parcelles en agriculture biologique (environ 60 000 utilisateurs), pour contrer l'idée que l'éco-conception ne concerne pas le design.
  • Fil conducteur : le RGESN (78 critères, version officielle Arcep publiée un mois plus tôt) lu comme une grille pour designers, à chaque étape du projet.
  • Bonnes pratiques citées : évaluer l'utilité du service (critère 1.1, jusqu'à recommander de ne pas faire un projet), recherche utilisateur qui conclut parfois à ne pas développer une fonctionnalité, personas incluant le matériel ancien et le bas débit (40 % des connexions filaires encore en DSL selon la speaker), suppression automatique des brouillons obsolètes, parcours harmonisés et raccourcis.
  • Aucun retour participant détaillé trouvé.

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Design et fiction : comment la fiction représente les interfaces

Guillaume Goris

  • Sur scène (transcript) : un parcours personnel dans les interfaces de films et séries (2001, Minority Report, Star Wars, Andor, Terminator…), avec des designers réels derrière (Syd Mead, John Underkoffler).
  • Exemple Star Wars : presque aucun texte, des boutons et diodes analogiques, des hologrammes subis sans contrôle, et des machines qu'on ne peut interroger qu'via un droïde.
  • Exemple Terminator : la vision « réalité augmentée » du robot n'a aucun sens pour une machine ; ce sont des fausses interfaces pensées pour le spectateur.
  • Message final : garder sa curiosité et se demander, même devant une interface de fiction, pour qui, pourquoi et dans quel contexte elle a été conçue. Le speaker prévient qu'il n'a « aucune réponse » aux questions qu'il pose.
  • Aucun retour participant trouvé.

Conférence▶ vidéo + transcript

Design Leadership en eaux troubles

Morgane Peng — Société Générale

  • Sur scène (transcript) : sondage debout en ouverture, une bonne partie de la salle a connu gels d'embauche, coupes budgétaires ou dépriorisations ; « la hype, c'est fini », l'attention est passée à l'IA.
  • Partant de son expérience en banque de financement et d'investissement (de 1 à plus de 200 produits depuis 2012, avec une équipe qui n'a pas suivi la même croissance), elle propose d'emprunter au monde du business trois postures :
    • ambition avec « cost of doing business » : un cadre explicite (projet « design led » ou simple « light review », plus des sessions de co-design time-boxées) et une cartographie des parties prenantes pour éviter le surmenage ;
    • discipline : documenter les décisions (« project flow »), envoyer les récaps, car « l'histoire est écrite par ceux qui envoient les recaps » ;
    • posture d'expert : adapter son discours à l'interlocuteur plutôt que lui faire un cours de design.
  • Talk cité dans la liste des sessions suivies par UX-Republic, sans commentaire. Aucun retour participant détaillé trouvé.

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La Belle et la Bête : quand la science vient au secours de la Direction Artistique

Manue Marévéry

Retours : Catherine Smet (Medium), Margaux Membré (blog Ippon)

  • Problème posé : des briefs flous (« un logo violet moderne, dynamique, d'inspiration vintage », rapporte Membré) et des débats de goût entre direction artistique et recherche utilisateur.
  • Méthode (blogs et transcript) : partir de normes et référentiels (couleur, typographie), documenter la co-création en guides et checklists, définir critères et seuils d'acceptabilité avant l'étude, impliquer équipes et utilisateurs.
  • Niveau « hard » (transcript) : un cas Decathlon sur le fitness, avec des profils de motivation corrélés à la personnalité et des planches testées en biométrie (eye tracking, caméra thermique, conductance électrodermale) ; « le déclaratif des fois ça ne suffit pas ».
  • Citation retenue par Smet : « L'UX research, c'est la cohérence entre l'intention de la marque et les besoins utilisateurs. » Le résultat : désamorcer les « je pense que… ».
  • Membré la trouve « extrêmement pertinente » et conseille le replay ; Smet la classe parmi ses trois conférences préférées.

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L'intelligence collective au service de l'expérience en établissements de santé : enjeux et défis liés au changement

Jérémie Cohen — CIUS (Centre d'innovation et d'usage en santé)

  • Sur scène (transcript) : premier défi, la légitimité face à des directeurs d'hôpitaux qui demandent ce qu'un designer connaît à la santé. Un sondage LinkedIn du speaker (près de 300 réponses) montre que 90 % jugent l'expertise métier non indispensable, mais ce sont presque tous des designers.
  • Parade : aller sur le terrain en binôme ou trinôme avec un expert santé publique et un sociologue.
  • Contexte : soignants épuisés qui disent eux-mêmes que leurs outils ne fonctionnent plus, donc prêts à essayer autre chose.
  • Dispositif « Appui terrain » : 5 jours de formation étalés sur 6 mois avec coaching à distance ; trois facteurs de succès, sélection sur projet, contractualisation du temps avec la direction, engagement des participants.
  • Cas du CHU de Nice : un jeu de photolangage utilisé en brise-glace devient la solution prototypée par l'équipe pour mieux se connaître et déléguer ; dispositif en test dans un autre CHU auprès des services techniques.
  • Aucun retour participant trouvé.

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Concevoir pour le Présent, incarnation d'un nouveau paradigme de modélisation des expériences oublié des organisations

Bertrand Cochet

  • Sur scène (transcript) : partant de Hartmut Rosa (l'impératif d'aller vite nous fait passer à côté de l'essentiel), une réflexion sur le rapport au temps des designers, toujours projetés vers le futur des produits.
  • Exercice collectif en salle : yeux fermés, penser à quelqu'un qu'on aime, puis sourire à son voisin, pour faire sentir une légère modification de l'état de présence.
  • Thèse : il est possible de contrôler durablement son attention et de rechercher des états de flow au travail, en s'appuyant sur les neurosciences et sur Damasio (L'Erreur de Descartes).
  • Le speaker reconnaît que peu de mains se lèvent quand il demande qui ferait cet exercice avec des clients : la dimension psycho-affective reste peu pratiquée.
  • Aucun retour participant trouvé.

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Le Blueprint dynamique : catalyseur de la transformation chez Renault

Aurélie Bastien — Renault Digital, Adil Mhira — Renault Digital

Retours : Catherine Smet (Medium)

  • Sur scène (transcript) : contexte de complexité (100 000 collaborateurs, 12 métiers, 600 lignes de processus, 2 500 applications, 15 000 objets data) et changement de gouvernance en 2022, où l'IT passe de fournisseur à partenaire des métiers et où les designers remontent au niveau stratégique.
  • Cas du programme Master Data véhicule : un blueprint qui suit tout le cycle de vie du véhicule (conception, industrialisation, usage, recyclage) en croisant processus, collaborateurs, données et systèmes, pour fédérer des « sachants » qui ne voyaient chacun qu'un morceau.
  • Prérequis répété par Aurélie Bastien : un designer de service ne travaille jamais seul, il faut le métier, un architecte d'entreprise et un responsable de gouvernance pour que le travail serve aux décisions.
  • Smet en fait « la conférence la plus utile dans mon travail et la plus poussée » : casser les silos par un document multi-dimensions et un langage commun, devenu un modèle dans l'IT de Renault. Citation retenue : « Il s'agissait de relier le client à la marque et le collaborateur à son organisation. »

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Le design au service de l'agriculture

Mickaël David — Agrolig

Retours : Margaux Membré (blog Ippon), Fabien de Gezelle (UX-Republic, mention)

  • Sur scène (transcript) : ancien designer en hypercroissance, le speaker raconte son éco-anxiété et sa « dissonance cognitive », puis son passage chez Agrolig, conseil agronomique qui aide les agriculteurs à sortir de l'intensif (déforestation, pesticides, engrais).
  • Persona décrit (Membré) : agriculteur isolé, dispersé, dépendant de la météo, mal connecté, sur mobile au champ et sur un vieil ordinateur le soir, avec un vocabulaire spécialisé.
  • Le produit : transformer des analyses de sol livrées en documents papier de chimiste en un tableau de bord avec jauges et une recommandation lisible sous chaque indicateur. Principes : minimalisme, typographie lisible, parcours courts, mobile first.
  • Membré l'a trouvée « très concrète et actionnable », exemple d'un design qui contribue à un changement utile.

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Design et sciences comportementales, le combo ultime pour faire performer l'action publique

Renaud Pons

  • Sur scène (transcript) : aller au-delà de « l'humain au centre » pour comprendre pourquoi les gens font tel choix, en coopérant avec des psychologues sociaux.
  • Les sciences comportementales (neurosciences, psychologie sociale, sciences cognitives, économie et design comportementaux) apportent une approche académique des leviers de décision ; le design apporte la traduction concrète en interactions.
  • Verbatim recueilli auprès de psychologues : « les sciences comportementales sans le design ne servent à rien hors champ de la recherche », et inversement le design a besoin d'elles pour choisir des leviers durables et éviter des effets pervers.
  • Exemples : réaménagement d'un espace délaissé près de la gare des Mureaux, campagne sur le moustique tigre en Isère, REX dans le parc naturel régional des Baronnies provençales (binôme designer et psychologue social).
  • Cité parmi les sujets suivis par UX-Republic, sans commentaire. Aucun retour participant détaillé trouvé.

Conférence▶ vidéo + transcript

L'effet Dunning-Kruger

Aurélien Aries

Retours : Fabien de Gezelle (UX-Republic), Stefania Zeoli (Nexton)

  • Sur scène (transcript) : un biais inconscient qui mesure l'écart entre compétence réelle et compétence perçue, sans juger l'intelligence. Exemples : le tweet sur les bombardiers d'eau pour Notre-Dame, les conducteurs qui se jugent meilleurs que la moyenne, et le braqueur au jus de citron de 1995 qui a inspiré l'étude de Dunning et Kruger.
  • Application au métier : les présentations courtes d'évangélisation UX peuvent donner aux collègues l'illusion d'avoir tout compris ; à l'inverse, ses apprenants des Gobelins finissaient neuf mois de formation avec plus de doutes, signe positif.
  • Parade : valoriser son expertise en appuyant les décisions sur des lois et heuristiques (loi de Hick), sans excès de modestie ni de prétention.
  • Retenu par les participants : citations de Darwin et de Hawking (« le plus grand ennemi de la connaissance n'est pas l'ignorance mais l'illusion de la connaissance »), application au recrutement (UX-Republic) ; remèdes listés par Zeoli, métacognition, curiosité continue, feedback régulier.
  • Zeoli y reconnaît une dynamique vécue : des collaborateurs qui contestent systématiquement l'expertise de collègues expérimentés.

Keynote▶ vidéo + transcript

Concevoir un rythme humain dans une culture de croissance et de productivité infinies

Indi Young, Maria Mishchenko

  • Sur scène (transcript, en anglais, Indi Young à distance) : critique du paradigme moderniste et du « capitalisme intériorisé » (trois Red Bull avant midi pour tenir un OKR), qui réduit les gens à des « users » ou des « ressources ».
  • Proposition d'Indi Young : remplacer les personas démographiques par des « thinking styles », archétypes fondés sur la cognition (pensées, émotions, règles personnelles) tournée vers un but ; exemple d'abonnements de streaming conçus selon le rapport à l'argent plutôt que par des publicités imposées.
  • Méthode en deux temps pour résister aux biais cognitifs : résumer chaque concept des transcripts d'écoute (verbe, point clé, détail), puis regrouper par affinités de bas en haut, jusqu'à la « mental model skyline ».
  • Maria Mishchenko plaide pour embrasser la complexité et prendre le temps (une marque ukrainienne d'alimentation animale : 22 sessions d'écoute, trois ans de travail) et cite la culture régénérative.
  • Aucun retour participant trouvé sur cette keynote de clôture.

Vendredi 21 juin

Atelier

Venez pratiquer la Roue des futurs version Responsable

Jonathan Litty

Retours : Catherine Smet (Medium), Margaux Membré (blog Ippon)

  • Méthode empruntée au design systémique, appliquée aux Jeux olympiques de Paris 2024 : identifier impacts directs et indirects (« et si… ») autour de trois valeurs, l'argent, l'humain, la planète, puis prioriser des actions avec des matrices d'impact.
  • Smet : « Très bon atelier », qui donne envie d'intégrer la roue des futurs en discovery.
  • Membré apprécie le questionnement structuré sur les conséquences d'un produit, mais doute de son application à des sujets techniques.

Atelier

Co-design de la transition énergétique des territoires avec la méthode des scénarios

Domitille Placzek — Aktan, Lise Cognard — Aktan

Retours : Margaux Membré (blog Ippon)

  • Atelier tiré d'un cas client réel : transformer les déchets d'un territoire en ressource (biométhane) en imaginant une zone industrielle en 2030, avec cartes et outils physiques.
  • Membré salue la boîte à outils complète mais trouve le sujet exigeant ; elle retient que « devoir se familiariser avec un sujet qu'on ne connaît pas du tout » fait partie du métier.

Atelier

Le jeu où la planète gagne à tous les coups !

Amélie Poirier — Niji, Cristella Henriques — Niji

Retours : Margaux Membré (blog Ippon)

  • Jeu de cartes pour apprendre l'éco-conception à partir du RGESN : classer les cartes, évaluer leurs impacts (accessibilité, empreinte, performance, communication), puis arbitrer de façon stratégique sous contrainte de budget.
  • Membré juge l'apprentissage par le jeu efficace et salue la qualité graphique du matériel.

Atelier

Métier(s) du designer : rétrospective et prospective

Marion Desclaux — Objets du Travail

Retours : Catherine Smet (Medium)

  • Atelier des studios Circa·2040 et Objets du Travail : rappel des évolutions passées du métier, puis exercice prospectif de recrutement de designers du futur, une fiche de poste par table.
  • Profils imaginés : designer-saboteur (la table de Smet, « Génial ! »), designer du vivant, designer augmenté.

Atelier

Une ville pour tous les vivants : design fiction et prototypage

Goulven Baron — MAIF, Sébastien Corre — MAIF

Retours : Catherine Smet (Medium)

  • Prototyper la ville de Niort sur une carte avec objets miniatures et personas de tous les habitants, de la chauve-souris à l'humain, pour concevoir dans le respect du vivant.
  • Récit de Smet : arbres partout, écoles près des Ehpad, réserves animalières, potagers, « et la suppression du golf ! » ; l'atelier avait déjà été mené avec le conseil municipal niortais.
  • Bilan de Smet : un atelier ludique qui développe l'intelligence collective, « un succès ».

Atelier

La bataille de l'IA

Valentin Hacault — Latitudes, Florian Faribault

Retours : Catherine Smet (Medium)

  • Jeu de cartes (porté par Latitudes et Data For Good, destiné aux écoles et entreprises) pour débattre des enjeux de l'IA : créativité, société, biais, environnement.
  • Smet dit avoir « beaucoup appris » et pris la mesure de l'accélération de l'IA générative depuis quatre ans.

Sessions sans retour trouvé (7)

  • Atelier : Affirmer la personnalité de son produit pour se différencier (Chantal Khin & Yohan Nicolleau)
  • Atelier : Biais cognitif, vivez une expérience ludique et apprenante (Ronan Désérable & Jean-Sébastien Glé)
  • Atelier sponsorisé : Introduction pratique aux Design Tokens (Estelle Pelleterat de Borde & Edgar Lechaudel)
  • Atelier sponsorisé : Legal design, moteur de changement au Crédit Agricole (Émilie Lorblanchet Ongaro & Lisa-Marie Babin)
  • Atelier : Crée ton jeu de design responsable ! (Carole Laimay)
  • Atelier : L'atelier conversationnel (Ophélie Lamarque & Éloïse Marcé)
  • Atelier : Data Thinking (Audrey Cheyroud & Éléonore Mandonnet)

Sources