Flupa UX Days 2025

Produit & UX22–23 mai 2025Paris, Cité des Sciences et de l'Industrie13e édition

Thème : UX & transmission : créer aujourd'hui, inspirer demain

13e édition, 22 & 23 mai 2025, Cité des Sciences et de l'Industrie : jeudi 22 ateliers (12 ateliers de 1h30, joués deux fois) et soirée communautaire au Boom Boom Villette ; vendredi 23 conférences (2 keynotes, conférences et REX). Bilan officiel : 35 intervenants, 15 conférences, 12 ateliers, 900 participants, 19 bénévoles.

Sous le thème de la transmission, l'édition 2025 a surtout parlé de responsabilité du designer (écologie, vivant, inclusion, accessibilité) et de l'IA comme amplificateur à cadrer, avec des REX concrets (PayFit, La Redoute, beta.gouv) mieux reçus que les grands discours.

28 sessions résumées · 14 vidéos · mise à jour le samedi 3 octobre 2026 · synthèse à compléter

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : Quatre comptes-rendus de blog (Akiani : matinée et après-midi par Arnaud Risi, ateliers par Lucas Charillat ; UX-Republic par Théo Merien ; Thiga par Antoine Voland-Logerais, lui-même speaker), publiés entre le 5 et le 26 juin 2025. Les 14 vidéos de conférences publiées par Flupa (novembre 2025 à janvier 2026) ont été transcrites, et les descriptifs officiels lus via les interviews vidéo des speakers et les archives du site uxdays.eu.

Limites : Aucun post LinkedIn ni sketchnote lu : le corpus participant se réduit à des agences et cabinets, et l'un des auteurs (Thiga) est speaker. Les ateliers ne reposent que sur le récit d'Akiani ; les talks de Michael Baeyens et Pierre Bonnier n'ont pas de vidéo. Le programme horaire complet du vendredi n'a pas été retrouvé.

Synthèse globale

1. La transmission, un thème vite élargi à la responsabilité

Le thème officiel (« UX & transmission ») a surtout servi de porte d'entrée vers la responsabilité du designer. UX-Republic (Théo Merien) voit trois axes communs aux conférences : intelligence collective, responsabilité environnementale et éthique, et l'humain comme centre de gravité. Thiga (Antoine Voland-Logerais) résume la question du jour : comment concevoir « un futur qui soit durable, inclusif, responsable ». Akiani note à l'inverse que le lien avec la transmission « n'a pas toujours été évident » côté ateliers. Les talks qui l'ont pris au pied de la lettre sont ceux de Jonathan Lalanne (maître et apprenti face au génératif), de Clémence Mayolle (transmettre le savoir médical au patient) et de Laura Almeida (l'héritage de Disney).

2. Écologie et vivant : le cadre des deux keynotes

Les deux keynotes et plusieurs talks partagent un même cadre. Thorsten Jonas parle d'empreinte carbone, d'exclusion et du prix caché de la commodité. Nicolas Roesch propose un design centré vivant. Apolline Rouzé et Clara Perrot défendent un UX writing sobre, et l'atelier de Laetitia Bornes porte sur les effets rebond. Le transcript montre que la salle a gardé ce fil toute la journée : en Q&A, on interpelle Laura Almeida sur les 400 paires d'oreilles de Mickey distribuées et les speakers de l'UX writing sur l'énergie consommée par l'IA. Pour Anne Asensio (Dassault Systèmes), la réponse passe par la donnée : traçabilité CO2 et passeport produit numérique inscrits dans le data model.

3. L'IA : amplificateur à cadrer plutôt que menace ou solution

L'IA est partout, mais rarement célébrée. Lalanne parle d'amplificateur et met en garde contre « l'apprentissage sans la compréhension ». Jonas y voit une « illusion de créativité » qui produit de la conformité. Marie-Valentine Gallon a conçu tout son atelier pour sortir de l'anxiété du remplacement. Les retours d'expérience donnent la version opérationnelle : PayFit (MVP jetable, principes d'expérience, content design au centre), le POC Accor raconté par Voland-Logerais, et des jumeaux numériques chez Dassault. Akiani juge cependant que la simulation généralisée d'Asensio peut amplifier les biais au lieu d'humaniser.

4. Accessibilité et inclusion : passer de l'expert au collectif

Anne-Sophie Tranchet (beta.gouv) préfère faire monter tout le monde en compétence plutôt que placer un expert dans chaque équipe. Tamara Sredojevic outille les designers contre les 24 objections les plus courantes. Zalihata Ahamada Lafeuille pousse plus loin : l'inclusion suppose de mettre les rapports de pouvoir sur la table et de reconnaître que les designers ne sont pas représentatifs. Akiani apprécie ces sujets mais leur reproche, à chaque fois, de dépendre d'une personne pilote ou de manquer de solutions de déploiement.

5. Le métier de designer et sa place face au business

Plusieurs sessions s'adressent aux designers eux-mêmes. Il y a la feuille de route 2030 de Gallon, le syndrome de l'imposteur (Société Générale) et le design system qui doit apprendre à désobéir en sachant pourquoi (Sílvia Griso Sayas). Voland-Logerais prédit des équipes plus petites et des rôles plus flous. Il appelle les designers à raconter la valeur créée plutôt que les coûts réduits, une conclusion que reprend son billet Thiga (dépasser le faux choix entre éthique et performance). La Redoute montre le revers concret : la refonte se gagne dans le brief, l'alignement des parties prenantes et le handover, autant que dans le design.

6. Tensions et critiques

  • Discours contre outils : Akiani juge la keynote de Jonas « prévisible » et « moralisatrice », sans pistes opérationnelles, et reproche à l'UX writing sobre ses listes sans exemple d'interface. Les REX concrets (PayFit, La Redoute) sont les mieux notés.
  • Rapport à l'UX discuté : le talk Taylor Swift de Michael Baeyens est salué pour sa mise en scène mais son lien à l'UX paraît flou (Akiani), alors que Thiga le classe parmi les cinq talks à ne pas manquer. Le talk sur Disney est vu comme une compilation d'idées connues.
  • Ateliers trop courts : Akiani (Lucas Charillat) décrit une journée « très dense » et bien organisée, mais avec des phases trop courtes. On ressort « avec plus d'expériences vécues que de connaissances structurées » (NeuroDesign) ou en ayant « survolé une montagne d'outils » (questionnaires UX).
  • Tension IA et sobriété relevée en Q&A, sans être tranchée.
  • Biais du corpus : trois agences ou cabinets seulement (Akiani, UX-Republic, Thiga, ce dernier écrit par un speaker). Aucun post LinkedIn n'a été lu, et les ateliers ne sont documentés que par Akiani.

7. Vie de l'événement

L'édition se déroule en deux temps : une journée de 12 ateliers joués deux fois, une soirée communautaire au Boom Boom Villette, puis une journée de conférences et de REX courts. Flupa annonce 900 participants et 35 intervenants. Les Q&A ont été longues et engagées : plus de vingt minutes pour Anne Asensio, avec des questions venues d'autres speakers. Flupa a publié des interviews courtes des speakers durant l'été 2025, puis 14 conférences à partir de novembre 2025. Pour UX-Republic, c'était une première participation « vraiment enrichissante », vécue comme un moment où la communauté s'interroge collectivement sur le sens de ses pratiques.

Actions concrètes citées

  1. Se demander pour chaque produit qui ne peut pas l'utiliser et qui paie le prix de l'expérience (Thorsten Jonas), en ajoutant des couches sociales et écologiques au parcours utilisateur.
  2. Passer d'un design centré utilisateur à un design centré vivant, en acceptant des « coalitions inconfortables » (Nicolas Roesch).
  3. Ne pas mettre un expert accessibilité dans chaque équipe mais faire monter tout le monde en compétence avec des jalons, des checklists et des ateliers de test rapides (Anne-Sophie Tranchet, beta.gouv).
  4. Documenter un design system par les arguments et le contexte, sans « toujours » ni « jamais », pour que les designers sachent quand désobéir (Sílvia Griso Sayas).
  5. Pour un produit IA : maquette de vision en deux jours, MVP « jetable », principes d'expérience (transparence, IA d'abord puis humain) et content design au cœur de la qualité (Gwendoline Sonzogni, PayFit).
  6. Dans une refonte, investir dans le brief (2 mois au lieu de 2 semaines chez La Redoute), explorer sans contraintes puis planifier le handover comme une phase à part entière.
  7. Se méfier de l'apprentissage sans compréhension : l'IA accélère le débutant mais le plateau de remise en question reste à franchir (Jonathan Lalanne).
  8. Pour exister face au business, raconter la valeur créée plutôt que les coûts réduits (Antoine Voland-Logerais, Thiga).
  9. Transformer chaque alerte d'un logiciel de santé en occasion de transmettre du savoir au patient (Clémence Mayolle).

Session par session

Jeudi 22 mai

Atelier

Fresque de la connaissance client

Anaëlle Letrémy, Nabil Thalmann

Retours : Blog Akiani (Lucas Charillat)

  • Jeu de rôle en entreprises fictives (relation client, production, logistique, marketing) pour cartographier les données disponibles en cinq étapes, jusqu'à une matrice impact/faisabilité.
  • Akiani : on découvre que « parfois les solutions sont plus accessibles qu'il n'y paraît », mais l'accès aux données reste un défi et les métriques n'expliquent jamais complètement le comportement.

Atelier

Syndrome de l'imposteur : les clés d'une carrière sereine

Marine Aubert — Société Générale, Kamila Giedrojc — Société Générale

Retours : Blog Akiani

  • Atelier introspectif : auto-évaluation sur l'échelle de Clance, cinq profils d'imposteur, profils de designers (en T, licorne, en X…) et radar de compétences.
  • Akiani : « approche rafraîchissante, différente des formats habituels », avec le regret d'un temps trop court.

Atelier

Tout ce qu'on peut faire avec 6 pièces de LEGO

Mario Esposito

Retours : Blog Akiani

  • Construction d'un canard en LEGO en huit étapes (vision, contraintes, personas, convergence, pitch, test) qui simule un projet de conception.
  • Akiani retient la dérive progressive par rapport à l'objectif initial malgré une consigne claire : garder la vision cible, impliquer les parties prenantes tôt, tester avec les utilisateurs finaux.

Atelier

Modéliser le système avant de manipuler des pixels

Gladys Diandoki, Chrisz Glasz

Retours : Blog Akiani (positif)

  • Approche orientée objets en cinq étapes : contexte, cartographie des objets (test Structure/Instance/Purpose), relations entre objets, itérations avec les parties prenantes, documentation partagée.
  • Akiani : une pensée systémique qui crée un langage commun et garantit la cohérence avant de concevoir les interfaces.

Atelier

Futurs plausibles, interfaces durables : utiliser le design fiction pour anticiper l'UX de demain

Michaël Burow

Retours : Blog Akiani (mitigé)

  • Conception d'expériences pour des usages émergents (monde sans écran, commerce invisible, santé prédictive).
  • Akiani : supports excellents et livrables exploitables, mais phases trop courtes, d'où une certaine frustration.

Atelier

Profilez vos utilisateurs et mesurez l'UX de vos produits : les questionnaires UX

Guillaume Gronier

Retours : Blog Akiani (mitigé)

  • Questionnaires standardisés (fidélité, validité, sensibilité), distinction profilage et évaluation, exercice en binôme. Rappel : « on ne peut pas modifier les questionnaires à notre guise ! »
  • Akiani : « le sentiment d'avoir survolé une montagne d'outils sans forcément avoir les clés pour les exploiter ».

Atelier

Comprendre et combattre les effets rebond

Laetitia Bornes

Retours : Blog Akiani (positif)

  • Cartes Rebound Archetypes (ENAC) pour identifier les effets rebond d'un service, appliquées à BlaBlaCar.
  • Exemple retenu par Akiani : chez Vinted, 28 % des produits vendus sont neufs et les prix bas facilitent les achats compulsifs. Outil jugé gratuit, accessible et précieux pour élargir sa vision.

Atelier

Divination UX : le jeu de tarot scientifique pour prédire les usages

Justine Nicol — LunaWeb, Yohan Texier — LunaWeb

Retours : Blog Akiani

  • Jeu de cartes inspiré du tarot reposant sur le modèle d'acceptation UTAUT, testé sur un site de recettes ; jeu publié sous licence Creative Commons.
  • Akiani : la dimension ludique casse les codes de l'entretien, mais la projection symbolique peut induire des biais ; outil adapté aux juniors.

Atelier

Prototypage : arrêtez les prototypes spaghetti !

Iris Naudin, Marie Houssin

Retours : Blog Akiani (positif)

  • Atelier 100 % pratique sur les variables Figma (site de restaurant avec panier dynamique).
  • Akiani : fichiers plus légers et maquettes plus proches du comportement final, mais la création des variables prend du temps et « la moindre erreur peut faire perdre un temps fou ».

Atelier

Accessibilité, jouez la bonne carte

Tamara Sredojevic

Retours : Blog Akiani (positif)

  • Jeu de cartes pour répondre aux 24 objections les plus fréquentes contre l'accessibilité (coût, « pas d'utilisateurs concernés », dégradation du design).
  • Mise en garde retenue : l'argument « l'accessibilité améliore l'expérience pour tous » ne doit pas faire oublier qu'on le fait d'abord pour les personnes discriminées ; « 1 à 3 % des sites web seulement sont accessibles » (chiffre rapporté par Akiani).

Atelier

NeuroDesign : l'exploration des mystères du cerveau

Antoine Desprat, Mélissa Mangin

Retours : Blog Akiani (mitigé)

  • Sous-ateliers sur les sens, les émotions, la cognition et le mouvement : surcharge cognitive au restaurant, achat sous pression avec un prix qui monte toutes les 10 secondes.
  • Akiani : ludique et interactif, mais « on ressort avec plus d'expériences vécues que de connaissances structurées ».

Atelier

Audit écoconception 101 : analysez vos parcours pour réduire l'impact de vos produits

Jean Livera

Retours : Blog Akiani (mitigé)

  • Méthode en quatre étapes appliquée au site de La Redoute : unité fonctionnelle et parcours, mesure avec KPI, préconisations selon les référentiels (RGESN, GR491, Green IT), priorisation difficulté/gain.
  • Akiani : outils gratuits et accessibles, mais ne remplace pas un audit d'experts et manque de retours sur l'adoption réelle en entreprise.

Vendredi 23 mai

Keynote▶ vidéo + transcript

Design à l'ère de l'économie générative

Anne Asensio — Dassault Systèmes

Retours : Blog Akiani (Arnaud Risi, critique), Blog UX-Republic (Théo Merien), Blog Thiga (Antoine Voland-Logerais, speaker)

  • Sur scène : la directrice du Design Studio de Dassault Systèmes (ex-Renault et General Motors) décrit un monde entièrement « designé » et la stratégie d'économie générative de l'éditeur : univers virtuels et jumeaux numériques adossés à du réalisme physique, par opposition à la design fiction.
  • Exemples : Software République, unités médicales « Human First », optimisation gamifiée d'un pit stop aux 24h du Mans, partenariat annoncé avec Apple autour du Vision Pro, jumeaux numériques utilisés en classe.
  • Éthique et données : les règles se placent dans le data model (traçabilité CO2, passeport produit numérique) ; elle reconnaît que les simulations IA reproduisent des biais (un hub multimodal simulé ne montrait « que des voitures »).
  • Conseil final : rester une équipe physique, refuser l'hyperspécialisation et « garder le lien social » ; face aux outils IA, y aller en groupe.
  • Reçus côté participants : UX-Republic et Thiga retiennent les « synthetic users » et les environnements 3D qui simulent des scénarios ; Akiani juge la réflexion ambitieuse mais problématique : « En cherchant à humaniser le numérique, on peut aussi s'en éloigner dangereusement », la standardisation par simulation amplifiant les biais.

Conférence▶ vidéo + transcript

Design pour un monde vivant

Nicolas Roesch — Zoepolis

Retours : Blog Akiani (positif), Blog UX-Republic

  • Sur scène : sortir de l'humain-centré pour intégrer les autres vivants. Point de départ : l'extinction de l'expérience de nature (on protège moins ce qu'on ne côtoie plus), chiffres WWF et IPBES à l'appui (80 % des insectes perdus en Europe depuis les années 90).
  • Cinq axes de recherche de Zoepolis, dont le design biophilique (règle « 3-30-300 »), le design désanthropocentré (récifs artificiels) et le design relationnel (écoducs, compost de quartier), plus deux axes transversaux : rendre visible l'invisible et repeupler les imaginaires.
  • Exemple marquant : les levures du vin passent l'hiver dans le ventre des guêpes, d'où des « coalitions inconfortables » avec des espèces qu'on n'aime pas.
  • UX-Republic retient : « Si vous connaissez plus de logos que de feuilles d'arbre, alors vous comprenez pourquoi il faut repeupler nos imaginaires » et la volonté de concevoir « non pas seulement pour le vivant, mais avec lui ».
  • Akiani salue une intervention bien documentée qui repositionne le rôle du designer au-delà des seuls besoins humains.

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AccessibilityOps : passer l'accessibilité à l'échelle

Anne-Sophie Tranchet — beta.gouv.fr (DINUM)

Retours : Blog Akiani (nuancé), Blog Thiga

  • REX sur scène : à beta.gouv (environ 200 équipes autonomes, 1 500 personnes), elle pilote le pôle numérique inclusif et part d'une recherche utilisateur auprès des équipes pour lever les idées reçues (« le Lean est incompatible avec l'accessibilité », « on le fera demain »).
  • Méthode : checklists accrochées aux jalons de vie d'un produit, équipes pilotes, ateliers de test rapides inspirés du W3C, catalogue d'accompagnement, champions et sponsors ; la sensibilisation est glissée dans des supports concrets plutôt que dans des formations peu suivies.
  • Choix assumé : pas d'expert dans chaque équipe (ça entretient le « ce n'est pas mon job » et l'expertise part avec l'expert) mais une montée en compétence de tous. Formule : « Là où il y a du design, il y a de l'accessibilité. »
  • Thiga retient que l'accessibilité concerne tout le monde (marketing, produit, contenu, support) ; Akiani salue une approche culturelle pragmatique (« Ne pas viser la perfection, mais l'utilisabilité ») mais note qu'elle reste tributaire d'une personne pilote.

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Comment documenter des Design System qui encouragent la pensée critique

Sílvia Griso Sayas — consultante (Qonto)

Retours : Blog Akiani (critique), Blog Thiga

  • REX sur scène : constat que les designers justifient leurs choix par « c'est conforme au design system » ; le DS bloque la réflexion au lieu de la nourrir. Objectif : en faire un outil d'apprentissage qui provoque des moments de « système 2 » (Kahneman).
  • Trois principes : approche systémique (chaque composant documenté avec son contexte et ses dépendances), langage non dogmatique (pas d'impératif, ni « toujours » ni « jamais » : « Le langage ne décrit pas la réalité, le langage la crée »), argumentation explicite à la place des do/don't (exemple de la modale destructive formulée en question).
  • Conclusion : désobéir un peu plus, en sachant pourquoi.
  • Thiga retient : « si on impose des règles sans les expliquer, on forme des exécutants ». Akiani trouve l'intention louable mais la proposition peu robuste méthodologiquement : si les règles ne sont plus normatives, que reste-t-il du design system dans une organisation complexe ?

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L'UX writing au service d'une conception numérique plus sobre

Apolline Rouzé, Clara Perrot

Retours : Blog Akiani (mitigé)

  • Sur scène : les cofondatrices d'un studio d'UX writing défendent que « la sobriété, c'est dans notre ADN » et proposent un « green UX writing » minimaliste et militant (chiffres ADEME/Arcep : 4,4 % de l'empreinte carbone française pour le numérique).
  • Grille des « 6 E » (Easy, Enjoyable, Engaging, plus Elementary, Efficient, Educational) et bonnes pratiques selon les 3 R : réduire (content first, concision), réutiliser (content design system), recycler (mettre à jour plutôt que recréer).
  • IA : ne pas l'abandonner mais cadrer l'usage par phase, en critiquant le réflexe de générer 10 à 20 variantes ; question à se poser : « est-ce que j'ai juste la flemme ? ».
  • En Q&A, un participant leur reproche de promouvoir l'IA, très énergivore, dans un talk sur la sobriété ; elles répondent par le réalisme face aux injonctions du management.
  • Akiani : message responsable mais empilement de listes sans exemple d'interface.

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UX en santé, transmettre pour mieux alerter le médecin et mieux éduquer le patient

Clémence Mayolle — Posos

Retours : Blog Akiani, Blog UX-Republic

  • REX sur scène : designer de logiciels pour médecins et pharmaciens, elle travaille sur la triade patient, soignant, médicament sous contrainte réglementaire (dispositif médical).
  • Alertes : la surcharge les fait fermer par fatigue, trop peu fragilise la sécurité ; il faut des alertes pertinentes et actionnables, filtrées par le contexte du patient, visibles d'emblée avec le détail au survol (les médecins disaient « j'en ai marre de cliquer »).
  • Côté patient : 50 % des malades chroniques ne prennent pas correctement leur traitement ; le logiciel génère des plans de prise adaptés aux personnes âgées. Vision : « transformer chaque alerte en une opportunité de transmission du savoir ».
  • UX-Republic retient : « Trop d'alertes tuent l'alerte, mais trop peu fragilisent la sécurité ». Akiani juge le travail bien pensé mais pointe une tension : suivre la demande des utilisateurs ou apporter une recommandation UX experte.

Conférenced'après le programme

Glitch in the Matrix : voir le numérique à travers ses défaillances

Pierre Bonnier — UX researcher freelance

  • REX programmé à 11h35 (descriptif officiel uniquement, aucun retour ni vidéo trouvés).
  • Propos annoncé : une exploration poétique des écrans en panne dans l'espace public, qui révèlent les couches techniques, historiques et humaines que le design lisse au nom de la fluidité.
  • Cadre annoncé : la distinction de Heidegger entre « ready-to-hand » et « present-at-hand » ; la panne rend visible l'infrastructure et le travail de maintenance invisible.

Conférence▶ vidéo + transcript

Designer en 2030 : un atelier prospectif pour prendre en main son évolution

Marie-Valentine Gallon — Design Ops

Retours : Blog Akiani (positif), Blog UX-Republic

  • REX sur scène (11h55) : une journée d'atelier pour une dizaine de designers, pensée pour sortir de la vision anxiogène du remplacement par l'IA.
  • Déroulé : voyage dans le temps (2005, 2016, 2024) pour montrer que le métier a toujours changé ; challenge produit en 2030 avec des cartes « boosters » (data, stratégie, tech, société) ; table ronde ; manifeste collectif ; feuille de route personnelle jusqu'en 2030 (deux compétences, mentorat, shadowing). Supports en libre accès.
  • Message : « Qui c'est qui va décider ce que nos rôles vont devenir demain ? Tant qu'on peut, décidons-le nous et prenons le volant. »
  • UX-Republic retient que le futur du design repose sur une posture et une éthique, pas sur la maîtrise technologique. Akiani salue un format inspirant qui donne confiance, tout en notant que le marché ne pourra pas accueillir tous les designers dans cette transformation.

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Each design is a manifesto for the future

Thorsten Jonas — Sustainable UX Network

Retours : Blog Akiani (critique), Blog UX-Republic, Blog Thiga

  • Sur scène (en anglais) : « Each design is a statement » ; chaque décision de design façonne le monde. Exemples chiffrés d'empreinte carbone (site des impôts danois, vidéo décorative de l'université de Copenhague, économies de trafic chez Otto).
  • Design comportemental au service de la durabilité (point relais par défaut, filtres produits durables) et critique de la commodité : qui paie le prix de l'expérience ? (Flink, Airbnb, Amazon).
  • Outils du Sustainable UX Network : réfléchir à qui ne peut pas utiliser mon produit, cartographie des conséquences, parcours utilisateur avec couches de durabilité ; passer du human-centered au humanity-centered (Don Norman).
  • IA : coût en CO2 et en eau, droits d'auteur, et « AI creates the illusion of creativity but in the end it sets conformity ».
  • UX-Republic et Thiga retiennent l'inversion de perspective (pour qui on ne conçoit pas) et le triple impact business, utilisateur, environnement. Akiani trouve la conférence engageante mais prévisible et moralisatrice, sans pistes opérationnelles précises.

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L'héritage de Walt Disney : le design au service de l'expérience

Laura Almeida

Retours : Blog Akiani (critique)

  • Sur scène : Walt Disney aurait posé sans le savoir les bases du design d'expérience. Parallèles : storyboards verrouillés comme wireframes, 12 principes d'animation appliqués à l'onboarding et à la hiérarchie d'information, réutilisation des animations comme un design system.
  • Échecs de Fantasia, Pinocchio et Bambi : l'échec fait partie de l'ADN du designer ; avertissements Disney+ sur les stéréotypes comme rappel de la responsabilité ; parcs pensés avec des repères visuels, modèle de Kano.
  • En Q&A, la salle interroge les dark patterns de Disney (files payantes, hausses de tarifs) et la sobriété, en écho à la keynote du matin.
  • Akiani : compilation d'idées connues, sans angle personnel ni questionnement suffisant sur les impacts écologiques et la standardisation culturelle.

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Le génératif va-t-il remplacer le maître d'apprentissage ?

Jonathan Lalanne

Retours : Blog Akiani

  • Sur scène : la transmission maître-apprenti (observer, pratiquer, échouer) est bousculée par la boucle prompter, générer, évaluer. Repères historiques : Frieder Nake, John Maeda.
  • Courbe d'apprentissage en trois temps : zone d'accélération (résultats d'expert sans les fondements), plateau de remise en question (le plus critique), puis expertise profonde.
  • Risques : « Une illusion dangereuse, c'est celle de l'apprentissage sans la compréhension », perte du rapport au terrain, homogénéisation des résultats.
  • Rôle proposé : le « métadesigner » qui formule des intentions, structure des contraintes et évalue ; le génératif comme amplificateur plutôt que substitut.
  • Akiani juge les études intéressantes mais sans validation scientifique rigoureuse.

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Se rencontrer au milieu du pont : et si le design s'appliquait à repenser l'inclusion en entreprise

Zalihata Ahamada Lafeuille

Retours : Blog Akiani

  • Sur scène : talk très personnel (neurodiversité, origine sociale) sur la sur-adaptation et le coût du masquage, chiffres sur la pauvreté, la mobilité sociale et les écarts de salaire à l'appui.
  • Critique des dispositifs d'inclusion qui ne parlent pas de revenus et se font hors de l'entreprise ; les designers eux-mêmes ne sont pas représentatifs.
  • Recommandations : impliquer les personnes concernées dans les décisions ; le co-design ne marche que si les rapports de pouvoir sont mis sur la table. Conclusion : « Changer le monde au lieu de laisser le monde nous changer. »
  • Akiani retient le lien entre diversité des profils et réduction des biais produit (exemple des biais de Midjourney), mais regrette le manque de solutions concrètes de déploiement.

Conférence▶ vidéo + transcript

Des nains sur les épaules des géants : comprendre hier pour designer notre métier demain

Antoine Voland-Logerais — Thiga

Retours : Blog Akiani

  • Sur scène : « L'IA n'est pas un outil » (McLuhan) ; quatre voyages dans le temps (internet, moteur, métier Jacquard et canuts, écriture) pour éclairer l'avenir du métier dans un contexte économique morose.
  • Exemple de designer augmenté : POC chez Accor, un GPT interne qui interroge les outils analytics et propose des optimisations conformes au design system ; gain personnel estimé à 20 à 40 % de productivité.
  • Analogie de 1940 : la technologie seule ne suffit pas sans l'organisation ; à prévoir, des équipes plus petites, des rôles plus flous, le retour du généraliste (Don Norman).
  • Bataille du narratif : « Il n'y a que deux manières de raconter l'argent : soit vous produisez de la valeur, soit vous réduisez les coûts » ; le design doit se placer sur la valeur.
  • Akiani : approche historique séduisante et pragmatique, mais des liens parfois très rapides.

Conférence

FAMOUS : lessons learned from the most iconic (and maybe the most underrated) product of our time

Michael Baeyens

Retours : Blog Thiga, Blog Akiani (mitigé)

  • La carrière de Taylor Swift lue comme un produit (pas de vidéo publiée ; retours de blogs uniquement).
  • Leçons retenues par Thiga : authenticité, maîtrise complète de la création et de l'image, Easter Eggs pour engager la communauté, vulnérabilité comme levier émotionnel ; « ce qui fait la différence entre un produit fonctionnel et culte, ce sont des éléments moins mesurables ».
  • Akiani salue une excellente forme (storytelling, mise en scène) mais juge le rapport à l'UX flou.

Conférence▶ vidéo + transcript

De la stratégie à l'exécution : découvrez les coulisses de la refonte du site de La Redoute

Justine Grave — La Redoute, Renaud Dorizon — La Redoute

Retours : Blog Akiani (positif)

  • REX sur scène : refonte complète du site (démarrée en avril 2024 avec BETC Fullsix) liée au repositionnement « Maison » de la marque, découpée en quatre étapes de parcours.
  • Le brief est passé de 2 semaines prévues à environ 2 mois (10 à 15 ateliers par équipe) et sert ensuite de contrat ; core team restreinte et décisionnaire après des réunions à 15 ou 20 sans consensus.
  • Explorer d'abord sans les contraintes, « sinon à la fin vous allez retrouver exactement la même page que ce que vous avez aujourd'hui avec quelques espacements et radius différents ».
  • Handover aussi long que la phase de design, plan d'implémentation commun, priorisation MoSCoW, A/B tests et PoC pour dé-risquer.
  • Akiani : présentation solide et structurée, qui montre bien les « briques invisibles » d'un tel projet.

Conférence▶ vidéo + transcript

Du concept à l'impact : comment le design infuse l'IA dans le produit

Gwendoline Sonzogni — PayFit

Retours : Blog Akiani (positif)

  • REX sur scène : le Copilot de PayFit (assistant IA de support paie et RH pour PME). Résultats annoncés : 70 % des utilisateurs s'en servent chaque mois, 20 % seulement des conversations escaladent au support, tickets en baisse de 35 % en un an (effet multifactoriel).
  • Démarche en cinq étapes : maquette de vision en un ou deux jours, POC interne avec le support, MVP volontairement « jetable », widget maison testé avec les utilisateurs, puis priorisation de nouveaux cas d'usage.
  • Principes d'expérience : transparence, « IA d'abord, humain ensuite », compagnonnage ; consigne de prompt de la content designer : « Si tu ne sais pas, dis-le, n'invente pas ».
  • Effets sur l'équipe : vitesse, évaluation manuelle des réponses à chaque changement de modèle, content design devenu stratégique. « On aurait pu chercher la perfection, mais nos utilisateurs, eux, cherchaient des réponses. »
  • Akiani : intervention pédagogique et vivante, riche en visualisations concrètes et en enseignements actionnables.

Sources