Forum InCyber Europe (FIC) 2025

Dev, cloud & sécu1–3 avril 2025Lille, Lille Grand Palais17e édition

Thème : Au-delà du Zero Trust, la confiance pour tous

Lille Grand Palais, 1er au 3 avril 2025. Quatre plénières : P01 « Reconstruire la confiance » (sommet d'ouverture, 1er avril), P02 « Zero Trust, le nouveau paradigme » (2 avril matin), P03 « Le défi du passage à l'échelle » (2 avril après-midi), P04 « Quelle stratégie face à la cybercriminalité ? » (3 avril matin). Événements associés : European Cyber Cup (EC2), Cybersecurity For Industry (CFI), ID Forum, Journée OSINT, Trust & Safety Forum, Web3 Security Summit (W32S), Invest InCyber, Prix de la Startup. Bilan publié : 18 200 participants (+5 %), environ 700 organisations partenaires, 500 intervenants, 89 délégations étrangères, 20 % de visiteurs internationaux (ChannelBiz, SDBR News).

Sous le thème « Au-delà du Zero Trust, la confiance pour tous », le FIC 2025 s'est tenu en pleine rupture transatlantique (droits de douane annoncés le 2 avril) : la tribune a surtout parlé de dépendance au numérique américain et de souveraineté, l'ANSSI a mis en avant NIS 2 et la loi Résilience pour les petites structures, et le Zero Trust a été présenté comme une philosophie de « confiance contextuelle » plus que comme un produit.

22 sessions résumées · 22 vidéos · mise à jour le dimanche 4 octobre 2026 · synthèse à compléter

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : 22 replays officiels lus en transcript (sous-titres automatiques) : l'essentiel des quatre plénières, plus trois tables rondes ou conférences (Zero Trust chez Google, notation cyber, EUCS). Côté écrit, une dizaine de sources publiées entre le 1er et le 24 avril 2025 : Le Monde Informatique, Silicon, ChannelBiz, Régions Magazine, SDBR News, Zataz (Damien Bancal) et des bilans d'exposants (NumSpot, v6Protect, Avangarde Cyber).

Limites : Aucun retour de participant individuel n'a été lu : les résumés décrivent surtout ce qui a été dit sur scène (replays) et ce qu'en a repris la presse. Les sous-titres automatiques déforment certains noms (remplacés par la fonction quand ils étaient incertains) et coupent des passages de panels bilingues. Le programme détaillé (PDF) n'a pas pu être lu : jours de certaines tables rondes inconnus, et seule une petite partie des centaines de sessions (tables rondes, démos, CFI, ID Forum, Trust & Safety) est couverte.

Synthèse globale

1. Un forum sur la confiance, tenu en pleine rupture transatlantique

Le thème avait été choisi avant le retour de Donald Trump, reconnaît Guillaume Tissier. Il est pourtant devenu le fil rouge involontaire des trois jours. Le premier jour, le panel « l'Europe sous pression » débat d'un désengagement américain que Gérard Araud juge structurel et Jonathan Cohen conjoncturel. Le dernier jour, Clara Chappaz ouvre son discours sur les 20 % de droits de douane annoncés la veille, une « guerre idiote ». Entre les deux, Stéphane Richard parle de « haine » envers l'Europe dans les échanges de dirigeants américains, et le général Lecouffe (Europol) d'une ambiance « plutôt négative » malgré une coopération opérationnelle intacte. Cette édition est donc moins un débat technique sur le Zero Trust qu'une prise de conscience géopolitique, que la presse (ChannelBiz, Régions Magazine) résume par le mot d'ordre « reconstruire la confiance ».

2. Dépendance numérique : un diagnostic partagé, des remèdes concurrents

Les chiffres se répondent d'une scène à l'autre :

  • 75 % du cloud français contrôlé par des acteurs étrangers et 80 % des logiciels métiers américains (François-Noël Buffet) ;
  • 120 Md€ d'achats numériques partant chaque année aux États-Unis (Jean-Noël de Galzain, citant Bpifrance) ;
  • 300 Md€ d'épargne européenne investis outre-Atlantique (Augustin de Romanet, citant le rapport Draghi).

Mais les remèdes divergent. Patrick Pouyanné réclame un cloud européen et un régulateur unique, tout en jugeant que les clouds souverains nationaux « ne sont pas adoptés » et que Bleu, « à la fin, c'est du Microsoft ». Hexatrust appelle à flécher la commande publique vers les éditeurs français et européens, et cite le contrat Microsoft de l'Éducation nationale. Clara Chappaz assure que des solutions européennes compétitives existent. Tariq Krim, lui, ramène le problème à la capacité à construire des produits à l'échelle. La table ronde EUCS montre le même blocage au niveau européen : l'ENISA ne donne plus de date, alors que la demande SecNumCloud augmente de 70 % en un an (AFNOR Certification). Ce débat se poursuivra au FIC 2026, où Octave Klaba et Andy Yen contesteront l'argument de l'absence d'alternative.

3. Max Schrems et le « château de cartes » des transferts de données

L'intervention la plus concrète sur les risques juridiques vient de Max Schrems. Tout le cadre de transfert UE-États-Unis repose sur un seul décret présidentiel, révocable d'une signature, voire en secret. Les offres d'hébergement « en Europe » relèvent selon lui largement du coup de communication. Son conseil, préparer un plan de contingence, est repris deux jours plus tard par l'avocate Garance Mathias à la table ronde EUCS, qui rappelle qu'une clause contractuelle ne protège jamais d'une demande extraterritoriale.

4. Le Zero Trust ramené sur terre

Sur le thème officiel, la plénière du 2 avril est d'accord sur l'essentiel : le mot est mal choisi. Le CESIN propose de parler de « confiance contextuelle », le panel OTAN-Zalando-Eesti Energia de « pas de confiance par défaut », et Google rappelle que « la sécurité périmétrique n'est pas morte ». Tous décrivent un chemin progressif plutôt qu'un produit : l'identité d'abord, puis l'inventaire et l'automatisation. La salle de sport sert d'image : tout le monde sait qu'il faut y aller, peu y vont. Vincent Strubel ajoute une nuance : la complexité n'a de sens que si on la maîtrise, et beaucoup d'organisations en sont loin. Olivier Parent pousse la réflexion hors de l'informatique : appliqué aux relations humaines (crédit social, fin de l'anonymat), le Zero Trust devient toxique.

5. ANSSI : NIS 2 et Résilience pour ceux qui étaient hors du radar

Le discours de Vincent Strubel, le plus repris par la presse spécialisée (Le Monde Informatique, Zataz), porte sur deux menaces : les équipements de bordure, à l'origine de plus de la moitié des opérations de cyberdéfense de 2024, et la déstabilisation. Sa réponse s'adresse aux petites structures : la loi Résilience (NIS 2, REC, DORA), le portail MesServicesCyber, les CSIRT régionaux articulés avec le 17Cyber, l'exercice REMPAR25. Clara Chappaz et Xavier Bertrand reprennent ce thème de la cybersécurité « pas réservée aux grands » ; la région revendique plus de 1 000 audits financés et juge ce chiffre insuffisant. La table ronde sur la notation propose de faire de NIS 2 le référentiel maître pour évaluer les fournisseurs et mettre fin à la multiplication des questionnaires.

6. Cybercriminalité : industrialisation, IA et chiffrement

La plénière du 3 avril brosse un tableau cohérent : un écosystème criminel organisé en spécialités et vendu « clé en main », hybride avec le crime organisé et les États, accéléré par l'IA (escroqueries en 26 langues, contenus pédocriminels synthétiques). Les rançongiciels se déplacent vers les PME, les collectivités et la santé. Une bonne nouvelle est relevée : pour la première fois en quatre ans, Cybermalveillance.gouv.fr enregistre une baisse des demandes liées aux rançongiciels, attribuée en partie aux opérations Endgame et LockBit. Le point dur reste l'accès aux données chiffrées. François-Noël Buffet défend la loi narcotrafic, Catherine De Bolle et le général Lecouffe plaident pour un accès légal « ciblé » et tracé en refusant le mot de porte dérobée. Aucun intervenant de la société civile ne porte la position inverse sur ces scènes.

7. Le facteur humain : retours de terrain et responsabilité des RSSI

Deux témoignages tranchent avec les discours institutionnels. L'hôpital d'Armentières raconte une attaque découverte par des imprimantes qui crachent la note de rançon, 72 heures d'urgences fermées et des équipes qui ne savaient plus travailler sans informatique ; d'où la « crashbox » désormais généralisée et une convalescence de plus d'un an. Joe Sullivan raconte sa condamnation après l'affaire Uber. Selon lui, le métier de RSSI fait désormais peur, et la responsabilité doit remonter jusqu'au PDG. Côté IA, Google DeepMind et Giskard présentent le benchmark indépendant Phare. Ils montrent que des modèles bien notés peuvent halluciner, reproduire des stéréotypes ou valider des comportements dangereux, surtout les petits modèles.

8. La vie du salon

  • Fréquentation : 18 200 participants (+5 %), environ 700 organisations partenaires, 500 intervenants, 89 délégations étrangères, 20 % de visiteurs internationaux (ChannelBiz, SDBR News).
  • European Cyber Cup : 5e édition, 25 équipes et 250 joueurs, victoire de l'ESNA de Bruz devant l'École 2600 et Oteria (Zataz). Damien Bancal y relève aussi la visite d'élus nationaux et locaux.
  • International : le Forum annonce sa première édition américaine (San Antonio, juin) et japonaise (Tokyo, décembre), en plus de Montréal ; la délégation japonaise vient la présenter sur scène.
  • Exposants : NumSpot et Atempo présentent une sauvegarde « 100 % souveraine », v6Protect publie des interviews, Hexatrust lance l'Exadiag pour les PME (Le Monde Informatique).

9. Tensions et critiques

  • Souveraineté affichée, achats réels : la contradiction entre la promotion de SecNumCloud et les contrats Microsoft de l'Éducation nationale ou de Polytechnique revient chez Hexatrust, à la table ronde EUCS et dans les questions de la salle.
  • Régulation, frein ou capital ? Patrick Pouyanné juge le principe de précaution « le pire des principes » et la régulation de l'IA prématurée ; François-Noël Buffet parle d'une « frilosité » normative ; Guillaume Tissier et Clara Chappaz défendent au contraire un capital réglementaire « pas à vendre ».
  • Chiffrement : le discours des forces de l'ordre sur l'accès légal n'est contredit sur aucune des scènes plénières, alors que la loi narcotrafic faisait débat dans la filière (le ministre lui-même évoque l'inquiétude des acteurs de la cybersécurité).
  • Méfiance envers le salon lui-même : Damien Bancal (Zataz) relève le paradoxe d'un stand de sensibilisation qui demande d'installer une application, et s'interroge sur les chiens-robots et le filmage de l'événement.
  • Un Europe-centrisme assumé ? Un participant à la table ronde EUCS reproche au débat de ne regarder que le « péril » américain.

10. Biais du corpus

Aucun post LinkedIn ni billet de participant individuel n'a été trouvé. Cette synthèse repose sur les replays officiels (22 transcripts, sous-titres automatiques), une presse qui reprend surtout les discours officiels et quelques bilans d'exposants centrés sur leur propre présence. Elle décrit donc ce qui a été dit sur les grandes scènes plus que sa réception. Elle ignore aussi presque entièrement les dizaines de tables rondes, démos et événements associés (CFI, ID Forum, Trust & Safety, OSINT) dont les replays existent.

Actions concrètes citées

  1. Préparer un plan de repli si le cadre de transfert de données UE-États-Unis tombe : il repose sur un seul décret présidentiel américain révocable du jour au lendemain (Max Schrems).
  2. Superviser et corriger en priorité les équipements de bordure (pare-feu, VPN) : plus de la moitié des opérations de cyberdéfense de l'ANSSI en 2024 sont parties d'une faille sur ces équipements (Vincent Strubel).
  3. S'appuyer sur le portail MesServicesCyber de l'ANSSI, les CSIRT régionaux et le 17Cyber pour les petites structures, et s'inscrire à l'exercice REMPAR25.
  4. Aborder le Zero Trust comme une « confiance contextuelle » à construire pas à pas : identité d'abord, inventaire des utilisateurs, machines et données, pas de « big bang » (CESIN, Clusif, Google, Zalando).
  5. Préparer une « trousse de secours informatique » et des fiches par service (premier quart d'heure, première heure, trois premiers jours) en cas de perte totale du SI (hôpital d'Armentières).
  6. Faire tester les modèles d'IA par un tiers avant de les déployer : hallucinations, biais et réponses complaisantes varient fortement d'un modèle à l'autre, surtout pour les petits modèles (benchmark Phare de Giskard).
  7. Signaler systématiquement les incidents, même mineurs, et associer les enquêteurs dès qu'un canal d'échange avec des rançonneurs est ouvert (panel cybercriminalité).
  8. Utiliser NIS 2 comme référentiel maître pour la notation et l'évaluation des fournisseurs plutôt que multiplier les questionnaires (table ronde ANSSI / Clusif / EDF).

Session par session

Mardi 1 avril

Keynote▶ vidéo + transcript

Sommet d'ouverture : discours de François-Noël Buffet

François-Noël Buffet — Ministre auprès du ministre de l'Intérieur

Retours : ChannelBiz, Régions Magazine (Philippe Martin)

  • Sur scène : le ministre ouvre sur le narcotrafic (110 morts en France en 2024 sur fond de trafic de drogue) et les réseaux sociaux et messageries chiffrées devenus outils de recrutement des criminels (transcript).
  • Il défend l'accès des services de renseignement aux messageries prévu par la loi narcotrafic, en assurant que la rédaction ne créait pas de porte dérobée ni de surveillance généralisée, et dit entendre l'inquiétude des acteurs de la cybersécurité (transcript).
  • Annonces et rappels : le COMCYBER-MI, l'Office anti-cybercriminalité (OFAC), le démantèlement de la messagerie Matrix, la libération du cofondateur de Ledger grâce au traçage des cryptoactifs ; stratégie ministérielle centrée sur sensibilisation, prévention, formation (opération Cactus dans les collèges, 17Cyber, centre de formation cyber de Lille) (transcript).
  • Sur la souveraineté : « Où sont l'Alphabet et le Nvidia européens ? » ; 75 % du cloud français contrôlé par des acteurs étrangers, 80 % des logiciels métiers américains ; la multiplication des normes est présentée comme un symptôme de « frilosité » (transcript).
  • La presse retient surtout la formule « il ne saurait y avoir d'endroits, autant physiques que numériques, qui échappent à la loi » (ChannelBiz, Régions Magazine).

Table ronde▶ vidéo + transcript

Sommet d'ouverture : interview croisée Guillaume Tissier et Jean-Noël de Galzain

Guillaume Tissier — Directeur général du Forum InCyber, Jean-Noël de Galzain — Président d'Hexatrust

Retours : Le Monde Informatique (article sur l'Exadiag d'Hexatrust)

  • Pourquoi « la confiance » (Tissier) : la cybersécurité est un moyen, la confiance l'objectif ; dans un monde devenu « transactionnel », il faut passer d'une confiance implicite à une confiance explicite, objectivée par l'analyse de contexte (le principe du Zero Trust) ; le contexte géopolitique fracture aussi le numérique (transcript).
  • Jean-Noël de Galzain répond au PDG de Bpifrance qui jugeait la bataille du cloud européen perdue : « la bataille commence ». Il chiffre à 120 Md€ par an les achats numériques partant aux États-Unis et cite le contrat Microsoft de l'Éducation nationale (152 M€) : l'« effort de guerre » doit être fléché vers des solutions françaises et européennes (transcript).
  • Annonce de l'Exadiag, un autodiagnostic cyber en ligne de moins de 30 minutes pour PME et collectivités (Hexatrust), repris par Le Monde Informatique (transcript, blog).
  • Sur la régulation, Tissier refuse de « jeter le bébé avec l'eau du bain » : simplifier et éviter les divergences de transposition de NIS 2, mais garder le capital réglementaire européen ; ce qui manque aux 800 éditeurs européens cartographiés, ce sont les marchés (export intra-européen, grand export, commande publique) (transcript).
  • Annonces du Forum : éditions à San Antonio (17-18 juin 2025) et, pour la première fois, à Tokyo (3-4 décembre 2025) (transcript).

Keynote▶ vidéo + transcript

Sommet d'ouverture : keynote de David van Weel

David van Weel — Ministre de la Justice et de la Sécurité des Pays-Bas, ex-secrétaire général adjoint de l'OTAN

Retours : ChannelBiz

  • Sur scène (en anglais) : partant des pigeons voyageurs que l'armée française garde « au cas où », le ministre appelle à se préparer à quelque chose de vraiment disruptif : attaques étatiques (Russie, Chine), rançongiciels à 2 M€ en moyenne, mais aussi incidents non malveillants comme la panne CrowdStrike (transcript).
  • Revenir à l'analogique serait « une énorme erreur » ; sa réponse tient en trois mots : awareness, plan, action. Aux Pays-Bas, on demande aux entreprises de savoir qui appeler en cas d'attaque, comme on demande aux citoyens de tenir 72 heures (transcript).
  • Il cite NIS 2, le Cyber Resilience Act et le partage d'expérience franco-néerlandais (sécurité des JO au profit du sommet de l'OTAN), et le lancement du programme Young Talent Cyber Security 2025 (transcript).
  • ChannelBiz en retient : « avec une plus grande dépendance à nos systèmes numériques, notre vulnérabilité a progressé d'autant ».

Keynote▶ vidéo + transcript

Sommet d'ouverture : la saga des transferts de données (Max Schrems)

Max Schrems — Président de noyb

Retours : rappel le 3 avril en table ronde EUCS (Garance Mathias)

  • Sur scène (en anglais) : le cadre de transfert UE-États-Unis est un « château de cartes » ; tout repose sur le décret présidentiel 14086 de Joe Biden, qu'« une seule signature » de Donald Trump peut révoquer, éventuellement en secret. Le lendemain, l'usage des clouds américains deviendrait illégal en Europe (transcript).
  • Le « tour de magie » de l'accord : Européens et Américains se sont entendus sur le mot « proportionné » sans s'entendre sur son sens ; le décret Biden reprend largement celui d'Obama déjà jugé insuffisant par la CJUE, et ajoute même des motifs de surveillance (crise sanitaire, climat) (transcript).
  • Scénarios évoqués : guerre commerciale, voire embargo numérique contre un État membre comme le Danemark (affaire du Groenland), « impensable il y a deux mois, pensable aujourd'hui » (transcript).
  • Les offres « EU boundary » d'hébergement en Europe sont pour lui « largement un coup de com' » tant qu'il n'y a pas d'impossibilité factuelle d'accès ; à long terme, il plaide pour un accord de non-espionnage entre démocraties (transcript).
  • Conseil aux entreprises : faire dès maintenant un plan de contingence, surtout pour les nouveaux projets ; un Schrems III est possible mais il juge plus probable que Trump « tue l'accord lui-même » (transcript).
  • Reprise : l'avocate Garance Mathias y renvoie lors de la table ronde EUCS du 3 avril.

Keynote▶ vidéo + transcript

Sommet d'ouverture : entretien avec Catherine De Bolle (Europol)

Catherine De Bolle — Directrice exécutive d'Europol

  • Sur scène (en anglais) : le rapport SOCTA d'Europol s'intitule cette année « l'ADN changeant du crime organisé » ; elle décrit une double déstabilisation (violence classique et alliance avec des acteurs de menace hybride) et une accélération par l'IA de tous les domaines criminels (transcript).
  • Exemple de l'affaire Cumberland : des contenus pédocriminels générés par IA posent un dilemme aux enquêteurs, faute d'outils pour distinguer un enfant réel d'un enfant synthétique (transcript).
  • Elle juge l'AI Act trop contraignant pour les forces de l'ordre (même un outil de traduction serait « à haut risque ») et plaide pour un accès légal ciblé aux communications chiffrées, sous mandat judiciaire et journalisé (jusqu'à l'idée d'une trace sur blockchain) : « Il ne s'agit pas d'affaiblir le chiffrement » (transcript).
  • Ce qui l'empêche de dormir : « nos maisons deviennent plus dangereuses que nos rues » (transcript).
  • Aucun retour de participant trouvé ; le sujet de l'accès aux données est repris le 3 avril par le général Lecouffe.

Table ronde▶ vidéo + transcript

Sommet d'ouverture : l'Europe sous pression

Yves Leterme — Ancien Premier ministre belge, Augustin de Romanet — Président de Paris Europlace, Tariq Krim — Entrepreneur, fondateur de Netvibes et Jolicloud, Gérard Araud — Ancien ambassadeur de France aux États-Unis et à l'ONU, Jonathan R. Cohen — Ancien représentant adjoint des États-Unis à l'ONU

  • Sur scène : Jonathan Cohen décrit une administration américaine qui voit l'Europe comme ayant profité de la « générosité américaine », avec trois camps (faucons, néo-isolationnistes, « dealmakers disruptifs ») ; Gérard Araud y voit une tendance de long terme : Trump « nous claque la porte sur les doigts » quand un démocrate l'aurait fermée poliment (transcript).
  • Araud, provocateur : les Européens « ne voulaient surtout pas d'autonomie stratégique » ; à la question finale, il répond non, l'Europe ne peut pas être une puissance géopolitique. Augustin de Romanet répond l'inverse (450 millions de consommateurs, 300 Md€ d'épargne partant chaque année aux États-Unis à réorienter) (transcript).
  • Tariq Krim date le décrochage numérique européen de 1993 (autoroutes de l'information contre « diesel propre »), 2007 (iPhone et cloud) et 2019-2022 ; le problème est d'abord technologique : « il faut remettre les ingénieurs au cœur du projet » et construire des produits à l'échelle, pas seulement réguler (transcript).
  • Yves Leterme : l'Europe sait accélérer dans les crises, mais le temps militaire est un temps long ; il appelle à ne pas « brûler les ponts » avec les Américains (transcript).
  • Point de débat : souveraineté par la défense et la finance (Romanet, Araud) contre souveraineté par la technologie et les produits (Krim).

Table ronde▶ vidéo + transcript

Sommet d'ouverture : interview croisée Patrick Pouyanné et Gérard Araud

Patrick Pouyanné — PDG de TotalEnergies, Gérard Araud — Ancien ambassadeur de France aux États-Unis et à l'ONU

Retours : ChannelBiz, Régions Magazine (Philippe Martin), Silicon (annonce du programme)

  • Sur scène : Patrick Pouyanné ne comprend pas « l'algorithme » des politiques commerciales de Trump et conseille de garder son cap plutôt que de réagir à chaque annonce ; Gérard Araud ajoute que c'est la Bourse qui fera changer Trump d'avis (transcript).
  • Phrase la plus reprise par la presse : « Mon vrai problème aujourd'hui, c'est qu'on n'a pas de champion européen. Il faut un cloud européen ». Choisir entre Amazon, Microsoft et Google le met mal à l'aise ; TotalEnergies garde à part ses données sismiques (un milliard de dollars d'achats par an) : « il n'est pas question que je mette ces données dans un cloud américain » (transcript, ChannelBiz, Régions Magazine).
  • Sa solution : un seul régulateur européen du numérique plutôt que 27 transpositions (exemple de NIS 2 face au NERC américain) ; selon lui le cloud souverain national ne prend pas, et l'offre Bleu « à la fin, c'est du Microsoft » (transcript).
  • Contre la réglementation précoce de l'IA : « le principe de précaution est le pire des principes » ; Copilot déployé à 30 000 cadres, 61 % l'ont adopté après un an ; il regrette le départ des start-up d'IA vers les États-Unis (transcript).
  • Lecture critique : un appel au cloud européen qui coexiste avec le constat que les solutions existantes ne sont « pas adoptées » ; l'année suivante, Octave Klaba et Andy Yen contesteront ce type de diagnostic sur la même scène (voir FIC 2026).

Mercredi 2 avril

Keynote▶ vidéo + transcript

Zero Trust, le nouveau paradigme : discours de Vincent Strubel

Vincent Strubel — Directeur général de l'ANSSI

Retours : Jacques Cheminat (Le Monde Informatique), Damien Bancal (Zataz)

  • Sur scène : deux menaces l'inquiètent le plus. D'abord les équipements de sécurité de bordure (pare-feu, VPN) : plus de la moitié des opérations de cyberdéfense de l'ANSSI en 2024 sont parties d'une faille sur ces équipements, ce qu'il juge « moralement inacceptable ». Ensuite la menace de déstabilisation (prépositionnement, sabotage, hacktivistes qui s'en prennent à des installations industrielles) (transcript).
  • Sur le thème de la plénière : « la complexité n'a de sens que quand on est en mesure de la maîtriser », et tout le monde ne peut pas maîtriser une architecture Zero Trust ; une fonction de sécurité doit rester simple (transcript).
  • NIS 2 et le projet de loi Résilience (transposition de NIS 2, REC et DORA, voté au Sénat) : une nécessité et une opportunité, car « aujourd'hui c'est la loi de la jungle » pour ces entités ; lancement de MesServicesCyber, articulation du 17Cyber avec les CSIRT territoriaux, exercice REMPAR25 (transcript).
  • Europe : premiers certificats EUCC signés par l'ANSSI, mise en œuvre du CRA, révision du Cybersecurity Act au second semestre 2025, et souhait d'une certification européenne des prestataires de sécurité (transcript).
  • Réception presse : Le Monde Informatique (J. Cheminat, 2 avril) retient « 2025 commence comme 2024, peut-être en pire » et la mobilisation pour les petites structures ; Zataz (D. Bancal) note l'aggravation de la menace et l'appel à l'exercice REMPAR25.

Table ronde▶ vidéo + transcript

Zero Trust, le nouveau paradigme : table ronde CESIN, Hexatrust, Clusif

Éric Singer — CESIN, responsable du cursus cybersécurité de l'ESIEE, Jean-Noël de Galzain — Président d'Hexatrust, Benoît Fuzeau — Président du Clusif

  • Sur scène : trois livres blancs présentés. Le CESIN propose de parler de « confiance contextuelle » plutôt que de « zéro confiance », terme jugé anxiogène ; selon son enquête (plus de 200 répondants), 60 % disent avoir déployé des briques de Zero Trust, 20 % rien (transcript).
  • Freins cités : le poids du legacy, la conduite du changement (jusqu'à la réticence à utiliser le MFA sur son téléphone), et le passage « du château fort à l'aéroport » (transcript).
  • Benoît Fuzeau (Clusif) : le pilier principal est l'identité et la gouvernance ; difficile de demander « 3 millions de budget » pour du Zero Trust sans un argumentaire de ROI ; 272 millions de données d'entreprises françaises ont fuité en 2024 selon le panorama du Clusif (transcript).
  • Jean-Noël de Galzain : Zero Trust n'est « pas une stratégie absolue » ; le « tout cloud » enferme chez un seul fournisseur, d'où une approche par écosystème de 35 à 40 éditeurs souverains (transcript).
  • Aucun retour de participant trouvé.

Keynote▶ vidéo + transcript

Zero Trust, le nouveau paradigme : keynote de Joe Sullivan

Joe Sullivan — Ancien CSO de Facebook, Uber et Cloudflare

  • Sur scène (en anglais) : récit à la première personne de l'affaire Uber. Un incident de 2016 traité comme un bug bounty (30 personnes impliquées, juristes et communication compris) est réécrit un an plus tard par une nouvelle direction ; licencié, puis poursuivi par le gouvernement américain, il est reconnu coupable sans que le jury ait eu à prouver son intention de tromper (transcript).
  • Conséquence pour la profession : ses mentorés ne demandent plus « comment réussir l'entretien de RSSI » mais « est-ce que je veux même faire ce métier ? » (transcript).
  • Le juge lui accorde la probation, estime que ce n'était pas une dissimulation et demande pourquoi le PDG n'est pas là : la responsabilité doit remonter à toute la direction (transcript).
  • Leçons : privilégier la transparence, intégrer l'intégrité aux processus, escalader quand « ça ne sent pas bon », mieux investir dans la réponse à incident, car « on est jugé quand on n'a pas empêché » ; et en finir avec le « zero trust » entre public et privé (transcript).
  • Sur l'IA et la robotique, il prévoit des data centers remplis de données « 3D » à sécuriser (transcript).
  • Aucun retour de participant trouvé, bien que ce soit l'un des intervenants les plus mis en avant par l'organisation.

Table ronde▶ vidéo + transcript

Zero Trust, le nouveau paradigme : panel NATO, Zalando, Eesti Energia

Manfred Boudreaux-Dehmer — DSI de l'OTAN, Florence Mottay — RSSI de Zalando, Uko Valtenberg — RSSI d'Eesti Energia, Michel Dubois

  • Sur scène (surtout en anglais) : consensus sur un mot mal choisi : « no trust by default », la confiance se gagne ; c'est une philosophie et une architecture, pas un produit (transcript).
  • Zalando (cloud first, 3 000 ingénieurs) : authentification sans mot de passe, autorisation contextuelle « as a service », micro-segmentation « comme les compartiments d'un sous-marin » ; le Zero Trust doit simplifier, pas ajouter une couche (transcript).
  • Eesti Energia : des systèmes industriels conçus pour 40 à 50 ans, encore en « château fort » ; redémarrer une production prend parfois des semaines, d'où l'intérêt du confinement ; principal frein : « on fait comme ça depuis 25 ans » (transcript).
  • OTAN : identité et classification des données sont le cœur du chantier, avec 32 nations à des niveaux différents ; formule retenue : « le Zero Trust, c'est comme aller à la salle de sport » (transcript).
  • L'exemple estonien de l'identité numérique (depuis 2002) est opposé à la méfiance française envers une identité numérique « Big Brother » (transcript).
  • Limite : les interventions en français de Michel Dubois sont absentes des sous-titres automatiques.

Conférence▶ vidéo + transcript

Zero Trust, le nouveau paradigme : séquence science-fiction et éthique (Olivier Parent)

Olivier Parent — Prospectiviste, contributeur d'INCYBER News

  • Sur scène : quatre thèmes illustrés par des œuvres, avec vote du public par QR code : l'anonymat (Ready Player One), le crédit social (Black Mirror, « Chute libre »), l'IA et les données (Elysium), les armes autonomes (Total Recall) (transcript).
  • Fil rouge : le Zero Trust a du sens pour les machines mais, transposé aux relations humaines, il devient toxique ; risque de remplacer la présomption d'innocence par une « présomption de fraude » (transcript).
  • Votes rapportés sur scène : plus de 50 % pour un passeport numérique délivré par les États ; rejet net du crédit social ; salle partagée entre interdire les armes autonomes et en faire une arme de dissuasion (transcript).
  • Format atypique et interactif dans une plénière institutionnelle ; aucun retour de participant trouvé.

Keynote▶ vidéo + transcript

Le défi du passage à l'échelle : entretien avec Stéphane Richard

Stéphane Richard — Ancien PDG d'Orange (2010-2022)

  • Sur scène : l'histoire d'Orange Cyberdéfense, de l'acquisition d'Atheos en 2014 aux deux rachats européens de 2019, jusqu'à environ 1,2 Md€ de chiffre d'affaires (transcript).
  • Le marché de la cyber reste très fragmenté (les plus gros pèsent 10 à 15 % de parts de marché) et le private equity paie des multiples « agressifs » (15 à 20 fois l'Ebitda) : il anticipe une consolidation et souhaiterait quelques acteurs paneuropéens, les opérateurs télécoms étant souvent les références nationales (transcript).
  • L'IA est « à double tranchant » : plus d'efficacité pour les défenseurs dans un marché en pénurie de talents, plus de surface d'attaque (transcript).
  • Sur la géopolitique, ton très dur : les échanges de dirigeants américains sur l'Europe relèvent selon lui « même plus du mépris, c'est de la haine » ; l'Europe a été « suiviste », la méfiance doit être « à 360° » (transcript).
  • Aucun retour de participant trouvé.

Conférence▶ vidéo + transcript

Le défi du passage à l'échelle : retour d'expérience de la cyberattaque de l'hôpital d'Armentières

Nathalie Borgne — Directrice du centre hospitalier d'Armentières, Thomas Aubin — Responsable informatique du centre hospitalier d'Armentières

  • Sur scène : l'attaque de février 2024 commence par un compte VPN compromis ; l'alerte arrive à 2 h du matin, un week-end, quand toutes les imprimantes se mettent à imprimer la note de rançon (transcript).
  • Gestion : cellule de crise, plan blanc, fermeture des urgences pendant 72 heures, CERT Santé contacté dès 2 h 30, appui de l'ANSSI sur la communication, plainte sous 72 heures et renfort du C3N (gendarmerie) ; 95 % du réseau impacté (transcript).
  • Mode dégradé « à pied d'homme » (tubes de biologie portés à la main, prescriptions papier) ; constat marquant : des équipes si assistées par l'informatique qu'elles en ont perdu l'usage manuel, surtout chez les plus jeunes (transcript).
  • Leçons : une « crashbox » par service (que faire le premier quart d'heure, la première heure, les trois premiers jours), désormais généralisée par région ; reconstruire « à l'état de l'art » (modèle en tiers pour l'Active Directory) plutôt que vite ; et ne pas sous-estimer la durée : « plus d'un an après, on est encore convalescent » (transcript).
  • Seul retour de victime de la plénière ; aucun retour de participant trouvé.

Conférence▶ vidéo + transcript

Le défi du passage à l'échelle : un benchmark indépendant de sécurité des LLM (Google DeepMind et Giskard)

Elie Bursztein — Google DeepMind, Matteo Dora — CTO de Giskard

  • Sur scène (en anglais) : présentation du benchmark Phare, indépendant (Google n'a pas vu les questions) et multilingue (français, anglais, espagnol), avec un jeu public et un jeu privé pour éviter la sur-optimisation ; Google publie en open source (Apache 2) son outil d'évaluation LMEval (transcript).
  • Résultats sur 14 modèles : les hallucinations varient fortement, les petits modèles inventent davantage ; une réponse bien tournée et sourcée n'est pas une réponse exacte ; l'appel d'outils avec des paramètres faux (coordonnées, numéro de compte) est un risque concret (transcript).
  • Biais : en génération d'histoires, 100 % des personnages travaillant dans les métiers manuels sont des hommes pour un modèle testé ; tous les fournisseurs reproduisent des stéréotypes (transcript).
  • Contenus nocifs : les grands modèles répondent bien aux situations de vulnérabilité (exemple d'un régime à 1 000 calories), les petits moins bien ; module jailbreak annoncé (transcript).
  • Message : les scores académiques et de préférence humaine ne garantissent pas la sûreté ; tester les usages sensibles avant déploiement.

Jeudi 3 avril

Keynote▶ vidéo + transcript

Quelle stratégie face à la cybercriminalité ? Entretien avec le général Jean-Philippe Lecouffe (Europol)

Jean-Philippe Lecouffe — Directeur exécutif adjoint des opérations d'Europol

  • Sur scène : deux évolutions majeures selon le SOCTA : l'usage massif de l'IA, qui abaisse le seuil de compétence (une escroquerie en 26 langues envoyée à des milliers de personnes), et l'extension en ligne de tous les types de crimes (transcript).
  • Stratégie d'Europol en triangle : les personnes (sanctions, arrestations quand ils voyagent), les infrastructures (VPN illégaux, botnets, LockBit) et l'argent (cryptoactifs, traçables sur la blockchain) ; recrutement de data scientists (transcript).
  • Opération Endgame et vidéos destinées à décourager les jeunes attaquants : « vous gagnerez peut-être, mais pas toujours » (transcript).
  • Coopération avec les Américains : ambiance « plutôt négative » au lendemain des annonces douanières, mais le travail opérationnel continue (transcript).
  • Sur la loi narcotrafic et le chiffrement : il refuse le mot « porte dérobée » (« quand on dit le mot, on ferme le débat ») et demande un accès légal, surveillé et tracé, à construire avec les acteurs de la cybersécurité (transcript).

Table ronde▶ vidéo + transcript

Quelle stratégie face à la cybercriminalité ? Panel forces de l'ordre, justice et Cybermalveillance

Christophe Husson — Général, chef du COMCYBER-MI, Directeur cybercriminalité de la police néerlandaise, Carsten Meywirth — Chef de la division cybercriminalité du BKA (Allemagne), Alexandra Davin — Magistrate, mission cybercriminalité du ministère de la Justice, Jérôme Notin — Directeur général de Cybermalveillance.gouv.fr

  • Sur scène : +40 % d'infractions cyber en cinq ans ; les rançongiciels se sont déplacés des grands groupes, désormais mieux protégés, vers PME, ETI, collectivités et santé (transcript).
  • Un écosystème criminel professionnalisé par spécialités (courtiers d'accès, « droppers », opérateurs de rançongiciel), de plus en plus hybride avec les acteurs étatiques et le crime organisé ; les fuites massives (Free, France Travail) servent à des attaques ciblées (transcript).
  • Cybermalveillance : 420 000 parcours d'assistance en 2024 (contre 280 000) et, pour la première fois en quatre ans, une baisse des demandes liées aux rançongiciels, attribuée en partie aux opérations policières ; risque de bascule vers l'extorsion sans chiffrement (transcript).
  • Méthodes : viser les « boulettes du plat de spaghetti » (les phases clés de la chaîne d'attaque), comme Endgame l'a fait sur l'accès initial ; le BKA observe un creux d'attaques de juin à octobre 2024 après l'opération (transcript).
  • Messages finaux : intégrer le widget 17Cyber sur les sites, signaler même les incidents mineurs, appeler les enquêteurs dès qu'un canal avec les attaquants est ouvert (transcript).
  • Limite : une partie des échanges en anglais est mal restituée par les sous-titres automatiques.

Keynote▶ vidéo + transcript

Discours de clôture de Clara Chappaz

Clara Chappaz — Ministre déléguée chargée de l'IA et du Numérique

Retours : Régions Magazine (Philippe Martin), Le Monde Informatique (article sur la relance du cloud de confiance)

  • Sur scène : discours prononcé au lendemain de l'annonce par Donald Trump de 20 % de droits de douane sur les biens européens, qualifiée de « guerre idiote » ; l'agenda numérique européen (DMA, DSA) « n'est pas à vendre » et ne doit pas faire l'objet d'un marchandage (transcript).
  • Trois conditions de l'autonomie stratégique : connaître ses dépendances (cartes graphiques, cloud en position oligopolistique), se protéger (projet de loi Résilience porté devant l'Assemblée, MesServicesCyber, CyberPME, SecNumCloud), innover à l'échelle (France 2030, rapport Draghi) (transcript).
  • Aux grands patrons qui hésitent : « des solutions européennes innovantes et compétitives existent, y compris dans le cloud » ; elle annonce une visite chez OVHcloud le jour même (transcript).
  • La presse relie ce discours à la relance par le gouvernement de l'appel à projets sur le cloud de confiance (Le Monde Informatique, Acteurs Publics) ; Régions Magazine retient l'appel à « soutenir notre écosystème d'innovation ».

Session▶ vidéo + transcript

Entretien avec Xavier Bertrand

Xavier Bertrand — Président de la région Hauts-de-France

  • Sur scène : plus de 1 000 audits cyber financés par la région pour les entreprises, chiffre qu'il juge insuffisant car beaucoup pensent encore que « ce n'est pas pour nous » (transcript).
  • Un « cybertour » auprès des élus locaux : 300 communes, environ 700 personnes, une vingtaine de réunions en 2024 ; rappel des attaques de l'hôpital d'Armentières et de la mairie de Lille (transcript).
  • Écosystème régional (IBM, Orange, Campus Cyber, CSIRT régional) et ambition de prendre le virage IA-cyber ; l'organisation annonce en clôture les éditions de San Antonio, Montréal et Tokyo, et le FIC 2026 du 31 mars au 2 avril (transcript).

Table ronde▶ vidéo + transcript

EUCS : le déclin d'une ambition européenne ? (TR17)

Éric Vétillard — Lead certification expert, ENISA, Garance Mathias — Avocate (Clusif), Responsable développement certification cybersécurité — AFNOR Certification

  • Sur scène : cinq ans après le début des travaux, le schéma européen de certification cloud EUCS reste bloqué sur le niveau « High+ » (protection contre les lois extraterritoriales), retiré en 2023 ; l'ENISA ne donne plus de date : « j'ai donné tellement de dates qui ne se sont pas produites » (transcript).
  • Pour l'ENISA, le désaccord porte sur la manière, pas l'objectif ; piste d'un consensus au niveau « substantiel », complété par des exigences de transparence sur l'exposition aux lois non européennes, utilisables dans les appels d'offres (transcript).
  • AFNOR Certification : 15 offres qualifiées SecNumCloud, 11 dossiers en cours, demande en hausse de 70 % en un an, malgré un surcoût de 20 à 30 % ; les Pays-Bas ont réagi vite après un rapport de leur cour des comptes sur l'absence d'analyse de risque de souveraineté (transcript).
  • L'avocate rappelle que les clauses contractuelles aident à gérer une demande extraterritoriale mais ne l'écartent jamais (transcript).
  • Point de tension : la contradiction française entre promotion de SecNumCloud et contrats Microsoft (Éducation nationale, Polytechnique), relevée par les intervenants et la salle ; un participant interroge aussi le risque d'un « péril » venu d'autres puissances que les États-Unis (transcript).

Date non précisée

Conférence▶ vidéo + transcript

2010-2025 : retour d'expérience du Zero Trust chez Google (C01)

Deux membres de l'Office of the CISO de Google Cloud

  • Sur scène : le programme démarre après l'opération Aurora (2009-2010), alors que Google « cochait toutes les cases » de conformité ; principes : pas de confiance implicite, présomption de compromission, moindre privilège, réévaluation continue (transcript).
  • Concrètement : puce Titan pour le démarrage sécurisé des serveurs et les clés FIDO des 180 000 employés, pipeline de build signé (framework SLSA), Binary Authorization for Borg, protocole ALTS entre microservices, ticket utilisateur propagé jusqu'à la donnée (BeyondProd) (transcript).
  • BeyondCorp : pas de VPN, applications internes exposées sur Internet derrière un proxy d'accès, le réseau du bureau n'est pas plus « de confiance » qu'un aéroport, niveau d'accès selon l'appareil et le contexte (transcript).
  • Nuances : « la sécurité périmétrique n'est pas morte » ; le Zero Trust n'est pas réservé aux organisations matures, il se mène à petits pas et repose sur l'automatisation et la détection (« detect everything ») (transcript).
  • Conférence de fournisseur, présentée comme un retour d'expérience ; aucun retour de participant trouvé.

Table ronde▶ vidéo + transcript

Notation : comment mesurer la cybersécurité ? (TR07)

Mathieu Couturier — ANSSI, division management de la sécurité numérique, Olivier Ligneul — Directeur cybersécurité du groupe EDF, Pilote du groupe de travail Clusif sur le scoring cyber, Baptiste David — Tenacy, Fondateur du média Cyberun et du référentiel 42K, Fondateur(rice) d'un cabinet de conseil en gestion du risque cyber pour les conseils d'administration

  • Sur scène : la menace se déplace vers la supply chain et les sous-traitants ; la notation est utile, voire « indispensable », à condition de connaître le barème (ANSSI) (transcript).
  • Deux irritants pour les RSSI : l'avalanche de questionnaires différents des clients, assureurs et acheteurs, qui « cascade » sur des structures de plus en plus petites, et les notes externes par scan d'agences parfois liées à la finance, difficiles à contester ; le Clusif a publié en 2024 une charte de bonne conduite signée par des acteurs français et un grand acteur américain (transcript).
  • EDF : utiliser NIS 2 comme référentiel maître ; mais partager des éléments intimes de sécurité avec un noteur lié à des acteurs étrangers pose problème dans le contexte géopolitique : le RSSI doit garder la main (transcript).
  • Autres pistes : multiconformité à rationaliser (Tenacy), simulations et jumeaux numériques pour anticiper (un intervenant néerlandais), référentiel 42K pour évaluer les solutions cyber, y compris dépendance et risque extraterritorial (transcript).
  • Transcript lu en partie seulement (première moitié de la table ronde).

Sessions sans retour trouvé (8)

  • Sommet d'ouverture : discours du général Watin-Augouard (fondateur du Forum), table ronde « cyber-solidarité » de l'Agora (non retrouvées en vidéo séparée, incluses dans le live P01)
  • Intervention de Shigeru Kitamura (délégation japonaise, annonce de l'édition de Tokyo) (vidéo disponible)
  • Tables rondes INCYBER : coopération internationale (TR01), assurance cyber (TR02), risque d'escalade (TR04), classification des données par l'IA (TR05), localisation des données (TR06), traité de l'ONU sur la cybercriminalité (TR08), résilience humaine (TR09), RGPD et IA (TR10), talents (TR12), sécurisation des IA génératives (TR14), fraude en ligne (TR15), IAM et Zero Trust (TR16), DDoS (TR18), legacy IT/OT (TR19), analyse comportementale (TR20), « RSSI, faites plus avec moins » (TR21), cyberterritoires (TR22) (vidéos disponibles)
  • Conférences techniques (TL) : BlackBasta, sécurité des GitHub Actions, reconstruction d'Active Directory après attaque, LLM en SOC, satellites, « Ce que le Top 20 du CAC 40 a à cacher » (vidéos disponibles)
  • Conférences recherche (PR), démos (DT) et « FIC Talks » (FT) des partenaires (vidéos disponibles)
  • Événements associés : Cybersecurity For Industry (NIS 2 pour les PME industrielles), ID Forum (portefeuille d'identité numérique européen), Trust & Safety Forum, Web3 Security Summit, Journée OSINT, Invest InCyber (replays disponibles)
  • European Cyber Cup (5e édition, 25 équipes, 250 joueurs ; victoire de l'ESNA de Bruz devant l'École 2600 et Oteria selon Zataz)
  • Prix de la Startup 2025 (finalistes : Enclaive, Cybi, Naaia, Iliadata, Patrowl, CyferAll, Cyberzen, Oversoc, Keyless, Zygon, Hadrian)

Sources