Forum InCyber Europe (FIC) 2026
Thème : Maîtriser nos dépendances numériques
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Lille Grand Palais, sous le haut patronage du Président de la République ; ~20 000 participants annoncés, 50+ pays ; bilans publiés : ~18 000 participants (Alliancy), 17 200 visiteurs et 730 organisations partenaires (Nuabee). Événements associés : CFI (cyber industrielle), ID Forum, OSINT Day, Secure AI, Trust & Safety Forum, CoRIIN, European Cyber Cup (25 équipes, 250 joueurs), Prix de la Startup.
Sous le thème « Maîtriser nos dépendances numériques », le FIC 2026 a acté un consensus (la souveraineté n'est pas l'autarcie mais la capacité de choisir ses dépendances) et un constat inquiet : face à un monde qui se durcit, l'Europe dépend à 70-80 % de clouds américains, perd « la bataille des vulnérabilités » et doit passer de la régulation à une politique industrielle (préférence européenne, commande publique) tout en se préparant à fonctionner sans SI.
16 sessions résumées · 12 vidéos · mise à jour le mercredi 30 septembre 2026
Sources lues et limites de cette synthèse
Corpus : Une quinzaine de sources écrites publiées entre le 31/03 et le 27/04/2026 : le compte-rendu étudiant du Portail de l'IE (AEGE), la presse (Le Monde Informatique, Journal du Net, AFP via Le Trois, Alliancy, la série en trois épisodes d'IT for Business, INCYBER News, Le Pandore, Clubic en avant-première), des bilans d'entreprises exposantes (OUTSCALE, Nuabee, ADACIS, B2C Engineering) et trois posts LinkedIn d'organisations (CEFCYS, Métropole Européenne de Lille, EDEN Cluster). S'y ajoutent les replays officiels, dont 12 transcripts lus (Virkkunen, Yen/Klaba, Strubel, Le Hénanff, IRN, table ronde sur les dépendances, Agora cloud, Retex de Lille, keynote Shrestha, ransomware, IA et pentest, prix de la Startup).
Limites : Aucun post LinkedIn de participant individuel n'a pu être lu (seulement des comptes d'organisations) ; les retours viennent surtout de la presse spécialisée et d'exposants qui parlent de leur propre présence, donc la plupart des résumés décrivent encore ce qui a été dit sur scène plus que sa réception. Le programme officiel, rendu en JavaScript, n'a pas été lu en entier : jours de certaines sessions inconnus. Certains noms d'intervenants, mal restitués par les sous-titres automatiques, sont remplacés par leur fonction. Sur un événement de cette taille (centaines de sessions), seuls les temps forts sont couverts.
Synthèse globale
1. « La souveraineté n'est pas l'autarcie » : un consensus de tribune
Le mot d'ordre est repris sur toutes les scènes. Henna Virkkunen (Commission européenne) parle de coopérer « avec confiance » sans se fermer ; la directrice du Campus Cyber de « choisir ses dépendances » plutôt que les subir ; Octave Klaba décrit trois niveaux de souveraineté (données, technologie, opérations). Le thème de l'édition, « Maîtriser nos dépendances numériques », a donc moins donné lieu à un débat sur le principe qu'à un débat sur les moyens. Clubic cite le directeur du Forum, Guillaume Tissier : l'interdépendance est un facteur de paix, elle ne devient dangereuse que lorsqu'elle est à sens unique.
2. Un diagnostic sévère sur la dépendance au cloud américain
Les chiffres convergent d'une scène à l'autre : au moins 70 % du marché cloud européen (Andy Yen), ~80 % des données des entreprises européennes dans des clouds américains (étude Asterès citée par Véronique Torner, Numeum). Andy Yen et Octave Klaba y voient une politique ancienne, bien antérieure à Trump, face à laquelle l'Europe a été « somnambule ». Joséphine Staron la relie à une construction européenne pensée pour la paix, pas pour créer des champions. Virginie Tournay (CNRS) ajoute la notion de dépendance cognitive : le numérique contraint moins l'action que la perception.
Le chiffre le plus repris est celui du Cigref : 264 Md€ par an d'achats de logiciel et de cloud auprès de l'industrie américaine, avec des hausses de prix d'environ 10 % par an qui pourraient le doubler d'ici 2031-2032 (Henri d'Agrain, Agora). Les promoteurs de l'Indice de résilience numérique y voient le passage d'un modèle propriétaire à un modèle « locatif », aggravé par la facturation au token de l'IA. IT for Business résume le déplacement du débat, de la souveraineté vers la mesure des dépendances : cartographier, mesurer, préparer la sortie (Guillaume Tissier, François Deruty, Arnaud Martin).
3. De la régulation à la politique industrielle
Réponse européenne affichée : un paquet « souveraineté technologique » (Chips Act 2.0, Cloud and AI Development Act, stratégie open source), la révision du Cybersecurity Act et son pilier « ICT supply chain security », les portefeuilles d'identité (Virkkunen). Mais les acteurs industriels veulent plus :
- une préférence européenne via la commande publique (Numeum, Campus Cyber) ;
- du « patriotisme » européen (Andy Yen) ;
- des commandes plutôt que des subventions (Octave Klaba, qui rappelle que le secteur public dépense ~10 Md€/an chez les hyperscalers américains).
Le goulot n'est pas l'absence d'alternatives européennes mais le passage à l'échelle. Deux freins reviennent : la fragmentation nationale (« chaque pays veut que le champion soit de sa nationalité ») et des institutions jugées trop lentes.
Côté gouvernement, Anne Le Hénanff défend la même préférence européenne et annonce une définition franco-allemande du « service numérique européen » (siège, hébergement, effectifs). À l'Agora, le Cigref dénonce la « fiction juridique » qui sépare risques techniques et non techniques dans la révision du Cybersecurity Act, et Philippe Miltin (OUTSCALE) prône une complémentarité avec les hyperscalers plutôt qu'un remplacement.
4. L'ANSSI : « Winter is coming », version printemps
Le discours de Vincent Strubel est le plus sombre de l'édition. Le numérique, construit pendant la « parenthèse des dividendes de la paix », n'est pas à la hauteur d'un monde qui se durcit : on perd la bataille des vulnérabilités, les attaques passent par le cloud, et le sabotage (Pologne) ou le prépositionnement (y compris en France) deviennent réalité. Ses réponses sont surtout de gouvernance : ne pas attendre NIS 2, un référentiel national commun, le CRA et les SBOM, la préparation post-quantique. Il refuse le « techno-solutionnisme » et le paradoxe d'une IA déployée aussi vite que le cloud, « en coupant les virages ».
C'est aussi l'intervention la plus reprise par la presse. Le Monde Informatique en retient la formule de la saucisse (plus d'informations fiables sur une saucisse que sur une solution numérique), le Journal du Net le « Winter is coming » et le post-quantique comme « urgence de long terme ». Anne Le Hénanff reprend elle aussi la consigne de ne pas attendre NIS 2.
5. L'IA dans l'offensif : accélérateur ou remplaçant ?
L'IA traverse tout le programme : Secure AI, agents IA, SOC « agentiques », démos. La table ronde sur le pentest en montre la ligne de fracture. Pour un éditeur (Aikido), l'IA fait déjà mieux que « la boîte de pentest moyenne ». Pour des praticiens (Patrowl, un cabinet d'audit), c'est un outil puissant mais bruité et coûteux, dont l'intuition humaine reste le pilote. Tous s'accordent sur trois conséquences : moins de postes juniors, des garde-fous indispensables (périmètre, contexte qui « oublie » des consignes), et une question de souveraineté quand le code client part vers un LLM américain.
Côté défense, le Journal du Net rapporte le conseil de Raphaël Marichez (Palo Alto Networks) de « considérer tout agent IA comme une potentielle menace cyber » et un délai d'exploitation des vulnérabilités tombé à 1,6 jour. À la table ronde sur le ransomware, Europol note que le « vibe coding » accélère la création de kits de phishing, mais que ces outils mal codés offrent aussi des failles aux enquêteurs.
6. Continuité d'activité : le rappel du terrain
Le témoignage de la Ville de Lille (cyberattaque de 2023) est le seul REX de victime couvert ici, et le plus concret : décider à l'avance de tout couper, lister les services qui tournent sans SI, payer les agents à l'aveugle pendant six mois, rallumer 3 300 postes un par un. La table ronde « Combien coûte vraiment une cyberattaque ? », rapportée par le Portail de l'IE, complète ce tableau : 5 à 6 jours de paralysie en moyenne, des coûts cachés (réputation, sanctions, burn-out), la consigne de ne pas payer de rançon. Même conclusion des deux côtés : la préparation humaine et organisationnelle compte plus que l'outillage.
La keynote d'Ashish Shrestha, ex-CISO de Jaguar Land Rover, pousse l'argument jusqu'à la personne : l'organisation active son plan de reprise, « mais la personne qui la dirige n'en a pas » (journées de plus de 20 heures, harcèlement des attaquants). Dans la presse, IT for Business et Nuabee relaient le même écart entre discours et capacité : plus de 90 % des organisations disent avoir une stratégie de cyber-résilience, 45 % seulement se sentent capables de contenir vite une attaque et 8 % de confiner une charge compromise en temps réel.
7. Cybercrime : de la technique à la donnée
La table ronde sur l'industrialisation du cybercrime (Gendarmerie, OFAC, Europol, éditeurs) décrit un marché organique de services spécialisés et une triple hybridation entre groupes cyber, criminalité organisée et États hostiles. Les forces de l'ordre jugent les attaques contre les SI élevées mais stables ; ce qui change, c'est l'exploitation des données volées pour cibler des personnes, jusqu'aux enlèvements liés aux cryptoactifs. Comme la France ne paie pas les rançons, certains groupes passent du chiffrement à l'exfiltration pure. INCYBER News (média de l'organisateur) et Le Pandore relaient la même lecture et la réponse de l'État : judiciarisation systématique, coopération européenne (Europol), filtre anti-arnaque confié à l'OFAC.
8. La vie du salon : start-up, réseaux et exposants
- Prix de la Startup : premier prix du Président de la République pour VirtualBrowser ; Label4.AI cumule le prix de la recherche et le coup de cœur. IT for Business lit ces lauréats comme des entreprises qui « parlent exécution » plus que belles histoires.
- Réseaux : le CEFCYS revendique une quarantaine de membres présents, un événement 100 % féminin et une table ronde « privacy by design » ; la Métropole européenne de Lille met en avant 25 entreprises incubées par le Campus Cyber Hauts-de-France.
- Exposants : ADACIS a présenté son outil OSINT Basileak à l'OSINT Day ; B2C Engineering, venu avec des clients industriels, note l'écart entre démonstrations et contraintes réelles de l'OT.
- Fréquentation : environ 18 000 participants selon Alliancy (17 200 visiteurs et 730 partenaires selon Nuabee), pour 20 000 annoncés. Le thème 2027 annoncé est « le dilemme de l'autonomie ».
9. Tensions et critiques
- Discours contre réalité : le consensus sur la préférence européenne contraste avec l'aveu, sur plusieurs scènes, que « tout le monde n'est pas d'accord sur la manière de faire » et que les pays nordiques s'y opposent (Staron).
- Sovereign washing : Andy Yen met en garde contre des « clouds souverains » qui reposent sur des technologies américaines, « pire que l'insécurité : la perception de sécurité ».
- Élus peu mobilisés : à Lille, une trentaine de maires sur plus de 500 sont restés écouter le retour d'expérience de la cyberattaque.
- Un salon très institutionnel : la plupart des prises de parole sont officielles (Commission, ANSSI, ministres) ou le fait de sponsors (démos, « IT » talks), ce qui rend la tonalité d'ensemble difficile à évaluer.
- Souveraineté contre innovation : à l'Agora, la Banque mondiale met en garde contre la fragmentation des certifications et un protectionnisme qui freinerait l'accès à l'innovation ; un député rappelle que SecNumCloud n'est « pas l'alpha et l'oméga » de la souveraineté.
- Récit de victime et chiffres : Ashish Shrestha parle d'un redémarrage « en quelques semaines », quand Nuabee rappelle une reprise de JLR à la mi-novembre et une chute des ventes de 43,3 %.
- PME oubliées : NIS 2 couvrira environ 15 000 entités pour 160 000 PME en France, s'inquiète un éditeur à la table ronde ransomware.
10. Biais du corpus
Aucun post LinkedIn de participant individuel n'a été trouvé : les retours viennent d'étudiants de l'École de Guerre Économique (Portail de l'IE, dont une intervenante), de la presse spécialisée, du média de l'organisateur (INCYBER News) et d'exposants qui racontent surtout leur propre présence (OUTSCALE sur sa table ronde, Nuabee, ADACIS). Cette synthèse décrit donc encore largement le discours porté sur scène (via les replays officiels) plus que sa réception, et ne couvre qu'une petite fraction de centaines de sessions.
Actions concrètes citées
- Cartographier ses dépendances numériques (cloud, logiciels, fournisseurs) et identifier les « leviers » qu'un tiers non européen pourrait actionner, sans raisonner en amis/ennemis (Strubel).
- Méfiance envers le « sovereign washing » : vérifier qui maintient, met à jour et contrôle réellement la solution, au-delà du lieu d'hébergement et du contrat (Andy Yen).
- Se préparer à NIS 2 sans attendre la loi, en s'appuyant sur le nouveau référentiel de l'ANSSI, même hors périmètre réglementaire.
- Préparer le post-quantique dès maintenant : identifier les données qui doivent rester secrètes longtemps et demander aux fournisseurs leur calendrier PQC (ANSSI).
- Exiger des SBOM et de la traçabilité des fournisseurs (CRA), et encadrer contractuellement la chaîne de sous-traitance (notification 24-72 h, audits, scoring).
- Écrire un plan de continuité qui liste les services pouvant fonctionner sans informatique, décider à l'avance du seuil de coupure, maintenir une astreinte et une sauvegarde déconnectée (Ville de Lille).
- Ne pas payer de rançon et anticiper les coûts cachés d'une attaque : réputation, sanctions, épuisement des équipes (table ronde « Combien coûte une cyberattaque ? »).
- Utiliser l'IA en pentest comme accélérateur (reconnaissance, bugs de logique, exploits à partir de correctifs), mais la borner techniquement et vérifier où partent le code et les données du client.
- Prévoir dans le plan de crise le soutien des personnes qui la pilotent (rotation, repos, protection face au harcèlement), pas seulement la reprise des systèmes (Ashish Shrestha, ex-CISO de JLR).
Session par session
Mardi 31 mars
Keynote▶ vidéo + transcript
Sommet d'ouverture — Keynote Henna Virkkunen
Henna Virkkunen — Vice-présidente exécutive de la Commission européenne (souveraineté technologique, sécurité et démocratie)
- Sur scène : « il n'y a pas de sécurité sans cybersécurité » ; le cyber est désormais une dimension de la compétition géopolitique et des menaces hybrides, avec l'exemple des tentatives d'attaque contre le secteur énergétique polonais fin décembre, attribuées à la Russie par la Pologne (transcript).
- La souveraineté n'est pas l'autarcie : il s'agit de pouvoir coopérer « avec confiance » tout en résistant aux rivaux. La panne AWS est citée comme illustration des dépendances ICT (transcript).
- Annonce du « tech sovereignty package » : Chips Act 2.0, Cloud and AI Development Act (adoption de clouds souverains européens, plus de capacités de calcul), stratégie open source, feuille de route IA/énergie, en synergie avec le Cybersecurity Act révisé (proposé en janvier, contre les fournisseurs à haut risque) et un futur Quantum Act (transcript).
- Également évoqués : le portefeuille d'identité numérique européen (« contrôle pour les gens, pas sur les gens ») et le business wallet dont les fournisseurs doivent être établis dans l'UE ; un guichet unique de notification d'incidents (« simplifier n'est pas déréglementer ») ; la recommandation de consacrer 10 % des investissements de défense aux technologies critiques ; la Cybersecurity Skills Academy (transcript).
- Aucun retour de participant trouvé sur cette intervention.
Table ronde▶ vidéo + transcript
Sommet d'ouverture — Andy Yen (Proton) & Octave Klaba (OVHcloud)
Andy Yen — Proton, Octave Klaba — OVHcloud
Retours : rappel du lendemain en table ronde P03 (animatrice)
- Sur scène (en anglais) : pour Andy Yen, la dépendance aux géants américains n'est pas née avec Trump, c'est une politique « de plus de 20 ans » : « nous étions somnambules ». Octave Klaba cite Broadcom/VMware et Trump comme les deux chocs qui ont montré aux entreprises qu'elles n'avaient plus toute leur liberté de choix (transcript).
- « Sovereign washing » : Andy Yen dénonce les offres qui revendent de la tech américaine sous une étiquette locale (exemple d'un « cloud souverain » allemand tournant sur Azure). « La seule chose pire que l'insécurité, c'est la perception de sécurité » (transcript).
- Trois niveaux de souveraineté selon Octave Klaba : données, technologie (maîtriser logiciel et matériel), opérationnelle (faire tourner le cloud où le client veut) (transcript).
- Chiffres et diagnostics : au moins ~70 % du cloud européen aux mains d'acteurs américains ; l'Europe voit la tech comme un coût, la Chine comme un investissement ; le secteur public européen dépenserait ~10 Md€/an chez AWS, Azure et Google, « de quoi construire plusieurs fournisseurs cloud » (Klaba) ; appel à un « patriotisme » européen distinct du nationalisme (Yen) (transcript).
- L'argument « pas d'alternative crédible » (rappel d'une déclaration du PDG de TotalEnergies l'année précédente) est contesté : pour Yen c'est aujourd'hui un problème de perception ; Klaba (1,2 Md€ de CA face à un concurrent proche de 100 Md€) répond qu'il manque surtout des commandes (transcript).
- Seule trace de réception trouvée : l'animatrice de la table ronde du lendemain en reprend l'idée d'une Europe qui a délégué son numérique comme sa défense.
Mercredi 1 avril
Table ronde▶ vidéo + transcript
Dépendances numériques : comment bâtir un écosystème de confiance ? — Table ronde « comprendre nos dépendances »
Véronique Torner — Numeum, Akim Oural — Arcep, Joséphine Staron — analyste géopolitique, Virginie Tournay — CNRS, Directrice générale du Campus Cyber (nom mal restitué par les sous-titres)
- Sur scène, un consensus d'emblée : « la souveraineté n'est pas l'autarcie, c'est la capacité de choisir ses dépendances » (DG du Campus Cyber) ; une dépendance devient problématique quand elle retire la capacité d'arbitrer (transcript).
- Des dépendances devenues asymétriques : Véronique Torner (Numeum) cite une étude Asterès menée avec le Cigref (d'après la transcription) (~80 % des données des entreprises européennes dans des clouds américains, « 70 à 85 % ») et plaide pour une préférence européenne via la commande publique, contre la fragmentation (« chaque pays veut que le champion soit de sa nationalité »). Elle signale aussi l'Indice de résilience numérique (Caisse des Dépôts) (transcript).
- Lecture historique (Joséphine Staron) : la construction européenne a été pensée pour la paix par l'interdépendance, pas pour créer des champions ; la préférence agricole a disparu avec le virage OMC ; « le réveil est extrêmement tardif » (transcript).
- Dépendance cognitive (Virginie Tournay) : les dépendances énergétiques sont visibles et négociables, les dépendances numériques « invisibles, structurelles et cognitives » ; « nos dépendances énergétiques contraignent l'action, nos dépendances numériques contraignent nos perceptions » (transcript).
- Alternatives aux hyperscalers ? « La réponse est un grand oui. Le problème n'est pas l'absence d'acteurs européens, c'est le passage à l'échelle » (DG du Campus Cyber). Akim Oural (Arcep) évoque le rôle du régulateur pour un marché loyal, un « small business act » à l'européenne et la vigilance sur le satellite direct-to-device (Starlink) (transcript).
- Mots de la fin : « le jeu collectif » (Torner), un choix politique de solidarité européenne (Staron), « dépêchons-nous » (Campus Cyber).
Keynote▶ vidéo + transcript
Dépendances numériques : comment bâtir un écosystème de confiance ? — Discours d'Anne Le Hénanff
Anne Le Hénanff — Ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique
- Sur scène : la ministre déroule la stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030, présentée deux mois plus tôt : une marque nationale de prévention, un portail de la « cybersécurité du quotidien » piloté par le GIP ACYMA, un Observatoire national de la résilience cyber censé produire l'état de la menace en temps réel (transcript).
- Même consigne que l'ANSSI : « N'attendez pas la transposition de NIS 2 pour vous mettre en conformité », en s'appuyant sur le référentiel de l'ANSSI. Elle annonce un label de confiance pour les PME valant présomption de conformité NIS 2 et la publication imminente du décret sur le cloud de confiance (article 31 de la loi SREN) (transcript).
- Talents : objectif de faire de la France « le plus grand vivier de talents cyber en Europe », avec un appel direct aux jeunes filles : « vous y avez toute votre place » (transcript).
- Préférence européenne : la France et l'Allemagne travaillent à une définition commune du « service numérique européen » (siège, hébergement des données, localisation des effectifs), avec une consultation annoncée pour avril, et la France défend la distinction des offres de haut niveau façon SecNumCloud dans la révision du Cybersecurity Act (transcript).
- Également annoncés : un filtre anti-arnaque grand public confié à l'OFAC, le renforcement du partage d'information entre État et privé (InterCERT France), l'évaluation de la sécurité de l'IA (INESIA) et le déploiement de la cryptographie post-quantique pour les données encore sensibles dans dix ans (transcript).
- Aucun retour de participant sur le discours lui-même ; sa visite des stands est relayée par le CEFCYS et par la presse gendarmerie (Le Pandore).
Conférence▶ vidéo + transcript
Dépendances numériques — Présentation de l'Indice de résilience numérique (IRN)
Arnaud — Digital New Deal / Digital Resilience Initiative, David — co-initiateur de l'IRN (noms de famille mal restitués par les sous-titres)
Retours : Alessandro Ciolek (IT for Business, écho de l'IRN via Arnaud Martin, Caisse des Dépôts)
- Sur scène : l'IRN, lancé un an plus tôt par le think tank Digital New Deal et porté par l'association Digital Resilience Initiative, se veut « le nouveau langage universel » des DSI et des boards pour quantifier la dépendance numérique. Chiffre d'appel : 265 Md€ par an dépensés par les entreprises européennes auprès d'acteurs extra-européens (transcript).
- Du propriétaire au « locatif » : le SaaS permet aux fournisseurs d'augmenter les prix à volonté (« un loyer qui augmente de 300 % »), et la facturation au token de l'IA est jugée volatile et inflationniste, car l'IA reste une industrie subventionnée (transcript).
- Méthode : partir des processus métiers critiques, reconstituer les grappes d'actifs, puis les scorer sur huit zones de risque (géopolitique et juridiction, économique et juridique, sécurité et continuité, environnement, données et IA, supply chain, technologie auditable). Le référentiel est ouvert (auto-diagnostic possible), mais le scoring est réservé à des cabinets agréés, sur le modèle du label B Corp (transcript).
- Difficulté principale : reconstituer la cartographie réelle des actifs et de leurs interdépendances, CMDB rarement à jour et Shadow IT compris. Adoption attendue d'abord chez les banques, assureurs, énergéticiens et transports ; ambition de porter l'indice au G7 (transcript).
- Écho presse : IT for Business (épisode 1 de sa série FIC) rapporte la présentation de l'IRN par Arnaud Martin (Caisse des Dépôts) comme un moyen de créer un langage commun entre DSI, RSSI et direction générale ; les présentateurs y renvoient d'ailleurs sur scène.
Table ronde▶ vidéo + transcript
Agora — Cloud et données sensibles : allier conformité européenne, sécurité et agilité
Philippe Miltin — OUTSCALE, Henri d'Agrain — Cigref, Shanna Leduc Morin — Direction générale des entreprises, Ghislain De Salins — Banque mondiale, Ambassadeur des Pays-Bas, représentante du Département de sécurité nationale espagnol et un député français (noms mal restitués), Introduction : GA (2S) Marc Watin-Augouard ; animatrice : Sarah (nom non restitué)
Retours : Blog OUTSCALE (entreprise du panéliste)
- Sur scène : le général Watin-Augouard ouvre par un appel à ce que l'Europe « sorte du verbiage » et parle de « légitime défense numérique », jugeant qu'il faut « changer de braquet » après le discours de la Commission la veille (transcript).
- Le chiffre du Cigref (Henri d'Agrain, étude avec le cabinet Asterès) : 264 Md€ en 2025, soit ~83 % des achats B2B de logiciel et de cloud en Europe, vont à l'industrie américaine, dont 80 % de la valeur ajoutée est créée aux États-Unis. Avec des hausses de prix d'environ 10 % par an, la facture pourrait doubler vers 2031-2032 (transcript).
- « Fiction juridique » : pour d'Agrain, la distinction entre risques « techniques » et « non techniques » dans la révision du Cybersecurity Act est « totalement lunaire » vue d'une entreprise ; il rappelle le retrait des critères d'immunité aux lois extraterritoriales de l'EUCS après une note diplomatique américaine. Le Cigref propose un référentiel de cloud de confiance à quatre axes (sécurité, maîtrise de la dépendance, immunité extraterritoriale, empreinte environnementale) avec des clauses types d'appel d'offres (transcript).
- Stratégie de la complémentarité (Philippe Miltin, OUTSCALE) : on ne remplacera pas les hyperscalers du jour au lendemain, image de l'aïkido (se servir de la force adverse) ; mais interopérabilité, réversibilité, pas de frais de sortie des données et une IA avec Mistral opérée sous SecNumCloud (transcript).
- Voix discordantes : un député rappelle que SecNumCloud n'est pas « l'alpha et l'oméga » de la souveraineté (débat Bleu/S3ns) et plaide pour « un référentiel des référentiels » européen et une régulation plus souple de l'IA ; la Banque mondiale met en garde contre la fragmentation des certifications et un protectionnisme qui freinerait l'accès à l'innovation. L'ambassadeur néerlandais cite les sanctions américaines contre la Cour pénale internationale et le refus du Parlement de voir le registre .nl migrer sur AWS (transcript).
- Retour écrit : le blog d'OUTSCALE (27/04/2026) retient le consensus « la data, c'est la matière première du XXIe siècle » et l'appel de son CEO à ce que l'Europe « se réveille » ; c'est un compte-rendu d'entreprise sur sa propre table ronde.
Table ronde
Combien coûte vraiment une cyberattaque ?
Thomas Pagbe (animateur), Marc Vael — Esko, François Degez — ANSSI, Alexis Nardone — Forward Global, Arnaud Loubatière — SoSafe, Blanche Balian — Stephenson Harwood, Diego Sainz — Verspieren
Retours : Corentin Louchart et Mattias Allio (Portail de l'IE)
- Paralysie moyenne du SI : « 5 à 6 jours » ; coûts cachés majeurs : réputation, pénalités juridiques, burn-out et turnover.
- 5 préparations recommandées par Marc Vael : inventaire des contacts clients/fournisseurs accessibles sans SI, inventaire des activités qui tournent sans SI, scénarios de crise et plans de continuité, entraînement à établir la cause racine, documentation des responsabilités de crise.
- Volet juridique et assurantiel : responsabilité pénale des personnes morales et physiques ; ne pas payer de rançon (sauf autorisation de l'autorité publique) ; notification obligatoire en cas de fuite.
Conférence
OSINT Day — Enquête en sources ouvertes sur les relais médiatiques turcs en France
Étudiante de l'École de Guerre Économique (club OSINT & Veille de l'AEGE)
Retours : Portail de l'IE (compte-rendu de l'AEGE, donc proche de l'intervenante)
- Analyse de Nouvelle Aube, Anadolu Ajansı, TRT Français et Medyaturk Info.
- Conclusion présentée : un « contrôle systématique du pouvoir central sur les médias turcs actifs en France ».
Session▶ vidéo + transcript
Remise des prix de la Startup INCYBER 2026
François — directeur cybersécurité et risques informatiques, Crédit Agricole (nom mal restitué), GDI Patrick Touak — COMCYBER-MI, « Madame la ministre » (non nommée dans l'enregistrement)
Retours : Thierry Derouet (IT for Business)
- Sur scène : cinq prix, dont pour la première fois un prix du Président de la République, attribué à VirtualBrowser. Prix de la croissance : Qevlar AI ; impact opérationnel : Avanoo ; recherche et coup de cœur du jury : Label4.AI, première start-up à cumuler deux prix. Le Crédit Agricole, partenaire, invoque le besoin de « champions technologiques » européens pour l'autonomie stratégique (transcript).
- Lecture d'IT for Business (épisode 3, T. Derouet) : ces lauréats « parlent exécution, traction, partenaires, certification, cash » plus que belles histoires. VirtualBrowser : « la meilleure sécurité consiste à déporter le risque » (navigation isolée à distance) ; Avanoo : l'IA a rendu le Shadow IT et le Shadow AI impossibles à nier ; Label4.AI : traçabilité des contenus générés par IA, rendue nécessaire par l'AI Act ; Qevlar AI : une IA de SOC doit garantir la répétabilité, pas seulement la vitesse.
- Le même article associe HarfangLab, pour qui l'« autonomie stratégique » devient un critère d'achat européen.
Date non précisée
Keynote▶ vidéo + transcript
No Country for Old Boards : pourquoi la gouvernance doit s'adapter au risque cyber ? — Discours de Vincent Strubel
Vincent Strubel — Directeur général de l'ANSSI
Retours : Jacques Cheminat (Le Monde Informatique), Pascal Coillet-Matillon (Journal du Net), AFP (repris par Le Trois)
- Sur scène : l'inquiétude principale du DG de l'ANSSI est le décalage entre un monde géopolitique qui se durcit et un numérique construit pendant « la parenthèse des dividendes de la paix », peu sécurisé, de moins en moins maîtrisé et peu traçable (clin d'œil au paquet npm Axios qui occupait beaucoup de monde « ces dernières 24 heures ») (transcript).
- « La bataille des vulnérabilités, on est en train de la perdre » : leur nombre croît de deux chiffres par an et la fenêtre de correction se réduit ; mise en garde contre le « techno-solutionnisme » qui parie sur l'IA pour tout régler. Il réaffirme son « Winter is coming » de l'automne : sabotage en Pologne, prépositionnement jusqu'en France, attaques via le cloud (transcript).
- Stratégie nationale de cybersécurité : rehausser le niveau de base (enjeu de gouvernance, pas seulement technique). N'attendre ni la transposition de NIS 2, qui a pris du retard, ni de s'y limiter : elle touchera ~20 000 entités. Nouveau référentiel de cybersécurité français présenté comme sa « colonne vertébrale », dispositif 17Cyber (transcript).
- Garder la maîtrise : l'évaluation de l'IA est aujourd'hui « déficiente » ; post-quantique à préparer dès maintenant (deux questions : quelles données doivent rester secrètes longtemps, quand mes fournisseurs auront-ils du PQC ?) ; CRA et SBOM, car « on a plus d'informations fiables quand on achète une saucisse que quand on achète une solution numérique » (transcript).
- Risques « non techniques » liés au droit extraterritorial : « le sujet ce n'est pas amis ou ennemis, c'est d'identifier les leviers » ; la révision du Cybersecurity Act a un pilier entier « ICT supply chain security », « une porte qui s'ouvre, pas qui se ferme » (transcript).
- Réception presse : c'est le discours le plus repris. Le Monde Informatique (J. Cheminat) le présente comme le discours inaugural, devant environ 7 000 personnes, et retient trois axes : rehausser le niveau avec NIS 2 (transposition attendue en juillet), reprendre la main sur IA et quantique, exiger de la transparence via le CRA, avec la formule de la saucisse. Le Journal du Net (P. Coillet-Matillon) retient le « Winter is coming » et le post-quantique comme « urgence de long terme », en le reliant au délai d'exploitation des failles tombé de deux ans à 1,6 jour. En interview AFP, Strubel résume : « la cybersécurité, c'est une condition de la souveraineté », et refuse l'idée que des solutions françaises suffiraient à régler la question des dépendances.
Conférence▶ vidéo + transcript
A Fistful of Data — Retex de la cyberattaque de la Ville de Lille
Laurent — direction du numérique, Ville de Lille, Patrick — direction générale, Ville de Lille (prénoms seuls dans l'enregistrement)
- Sur scène : retour sur la nuit du 28 février au 1er mars 2023. L'alerte vient de l'ANSSI ; une astreinte existait (« c'est tout bête ») ; la décision de tout couper électriquement (150 bâtiments) avait été prise à l'avance en cas de 3-4 éléments compromis (transcript).
- Continuité sans informatique : cellule de crise à 3h30, flyers pour que personne n'allume son poste ; paie de mars reproduite sur celle de février pendant 6 mois avec régularisations ; comptables réaffectés à l'état civil en 24 h (registres papier) ; musées et piscines gratuits ; 3 mois sans émettre ni payer de factures, puis des « doubles mois » pour les familles (transcript).
- Reconstruction = marathon : 3 300 postes et 300 serveurs rallumés un par un dans une « zone de détonation » ; 50-60 % des fonctions essentielles en 3 mois ; l'obsolescence acceptée avant l'attaque ne peut plus l'être après. Protéger les équipes techniques, la direction du numérique prenant la main sur la communication (transcript).
- Conseils : c'est « quand », pas « si » ; acculturer les élus (une trentaine de maires restés sur plus de 500 pour écouter ce retour) ; PCA listant les services qui tournent sans SI ; flotte de mobiles ; sauvegarde déconnectée. Conclusion de l'animatrice : la différence vient des capacités de leadership et humaines (transcript).
Keynote▶ vidéo + transcript
A Fistful of Data — Keynote Ashish Shrestha : le CISO face à la crise
Ashish Shrestha — ex-CISO groupe de Jaguar Land Rover, CEO de Zyn Global
Retours : Nuabee (chiffres JLR, hors session)
- Sur scène (en anglais) : récit à la première personne de la cyberattaque de Jaguar Land Rover, dont l'alerte le réveille aux premières heures du 31 août, au retour d'un concert. « Mon but n'est pas d'impressionner mais d'exprimer la réalité » (transcript).
- Les faits revendiqués : attaque contenue en moins de 4 heures, charge neutralisée en moins de 6 heures, board réuni dès le deuxième jour. La coupure des systèmes était « ma décision », pas l'œuvre des attaquants, contrairement à ce qu'a écrit la presse ; redémarrage mondial « en quelques semaines, pas en mois » (transcript).
- Le coût humain, cœur du talk : postes de plus de 20 heures, cinq jours dans les mêmes vêtements, harcèlement et menaces des attaquants, briefings au gouvernement britannique (JLR pesant « près de 1 % du PIB »), critiques sur LinkedIn. « L'organisation active son plan de reprise, mais la personne qui la dirige n'en a pas » (transcript).
- Message : « La technologie détecte le problème, le leadership détermine l'issue » ; malgré cinq prix de sécurité, « j'ai saigné dans cette guerre » : accepter que l'attaque est inévitable pour « tomber vers l'avant ». Le rôle de CISO exige désormais communication, influence et décision autant que technique (transcript).
- Lecture critique : aucun retour de participant trouvé. Le récit est celui de l'ex-CISO lui-même ; Nuabee, dans son bilan du FIC, rappelle une reprise de JLR à la mi-novembre et une chute des ventes de 43,3 %, bilan plus lourd que le « quelques semaines » avancé sur scène.
Table ronde▶ vidéo + transcript
L'IA est-elle déjà un meilleur pentester qu'un humain ?
Pentest lead d'Aikido Security (champion WorldSkills 2024), Directeur des opérations d'un cabinet d'audit lyonnais qualifié ANSSI, Cofondateur de Patrowl, Animatrice du podcast « Le monde de la cyber »
- Sur scène, deux camps : pour le représentant d'Aikido, l'IA a rattrapé les pentesteurs en ~2 ans. Selon leurs benchmarks, Claude Code trouve seul « la moitié des vulnérabilités » d'une grosse application (~3 faux positifs pour 40 vrais problèmes), et l'orchestration de centaines d'agents fait « 90 % » de la performance. Environ 2/3 des failles trouvées sont des bugs de logique métier (montants négatifs, contrôle de permissions oublié, signature forgée) (transcript).
- Pour Patrowl et le cabinet d'audit, l'IA est un outil de plus, avec hallucinations, faux positifs et coût : gain énorme sur la reconnaissance et la génération d'exploits à partir de diffs de correctifs (5-10 jours ramenés à une demi-journée), mais l'intuition, le contexte métier et l'enchaînement de failles mineures restent humains ; image de « l'alternant à la connaissance infinie qu'il faut diriger » (transcript).
- Risques : taille de contexte et compression qui font « oublier » une consigne (« ne clique pas sur Effacer »), d'où des garde-fous d'architecture (périmètre réseau, non-exposition du code client). Débat sur la souveraineté : envoyer le code client à un LLM américain, ou héberger des modèles ouverts (écart estimé à ~4 mois avec les modèles propriétaires) (transcript).
- Métier : moins de recrutements de juniors et exigence de « la crème de la crème » ; crainte que les jeunes « promptent sans comprendre », et CTF qui tournent au concours de prompting. Le panel juge disproportionnée la réaction des marchés à la sortie de Claude Code Security en février (transcript).
Table ronde▶ vidéo + transcript
L'industrialisation du cybercrime : le ransomware nouvelle génération
Stéphane Darget — Cyberun / 42K.io (animateur), Général Hervé Petry — Unité nationale cyber, Gendarmerie nationale, Christophe Cencig — OFAC, Police nationale, Michaël de Laet — Centre européen de lutte contre la cybercriminalité, Europol, Pierre Meganck — Linkt, Pascal Le Digol — WatchGuard Technologies, Marc — société néerlandaise de lutte contre la cybercriminalité (nom mal restitué)
Retours : Fabrice Deblock (INCYBER News, média de l'organisateur)
- Sur scène : le cybercrime se décrit en quatre mots, massification, industrialisation, prolifération des outils, et surtout « triple hybridation » entre groupes cyber, criminalité organisée classique et États hostiles, ces derniers recrutant via des proxys des exécutants en France (transcript).
- Un marché organique : accès initial, élévation de privilèges, location de rançongiciels (Akira cité), négociateurs sans compétence technique, blanchiment. Conti fonctionnait comme une entreprise (tour à Moscou, cuisinier, « employé du mois ») ; Europol cible des verticales entières (Operation Endgame) car abattre un acteur ne suffit pas (transcript).
- De la technique à la donnée : côté forces de l'ordre, le nombre d'attaques contre les SI est jugé élevé mais stagnant ; la France ne payant pas, des groupes passent du chiffrement à l'exfiltration pure. L'enjeu devient l'agrégation des fuites pour cibler des personnes, jusqu'aux enlèvements liés aux cryptoactifs (transcript).
- Pistes : rendre les données volées inutilisables pour « casser l'économie » (intervenant néerlandais, cas de l'opérateur Odido) ; porter plainte et partager les indicateurs de compromission ; coopération public-privé et européenne (Europol, J-CAT où quatre agences américaines coopèrent toujours). Pascal Le Digol s'inquiète des PME : NIS 2 couvrira ~15 000 entités sur 160 000 PME (transcript).
- Compte-rendu : INCYBER News retient l'industrialisation en chaîne de valeur, la donnée comme cible principale (« ce qui est maintenant en jeu, c'est l'exploitation des données elles-mêmes »), l'extension de la surface d'attaque aux sous-traitants et l'accélération par l'IA ; Pierre Meganck y souligne une barrière technique d'entrée en forte baisse.
Conférence
Cybersécurité sur la chaîne de valeur
Jérôme Deroulez — AUMANS Avocats
Retours : Corentin Louchart et Mattias Allio (Portail de l'IE)
- Cas d'école : Kaseya (2021), où REvil a touché plus de 1 000 clients via un seul outil.
- Leviers de maîtrise des prestataires : certifications (ISO 27001, SecNumCloud), scoring cyber (BitSight, SecurityScorecard), audits réguliers, clauses contractuelles (chiffrement, authentification forte, notification d'incident sous 24-72 h).
- Cadre cité : NIS 2, DORA, RGPD, CRA, LPM ; sanctions CNIL jusqu'à 20 M€ ou 4 % du CA mondial.
Conférence
Afrique, IA et cybersécurité
Retours : Corentin Louchart et Mattias Allio (Portail de l'IE)
- Capital humain : âge médian de 19 ans, ~70 000 professionnels qualifiés qui partent chaque année, 3 % des talents IA mondiaux pour 19 % de la population ; 38 % des développeurs africains travaillent pour des entreprises étrangères.
- Investissement IA 2025 : 2-3 Md$ (~1-1,5 % du mondial), 83 % des financements de startups concentrés dans 4 pays.
- Leviers : passer de la « fuite » à la « circulation des cerveaux », infrastructures (calcul, énergie, connectivité). Au moins 23 stratégies nationales IA, mais pas de coordination régionale effective malgré la stratégie continentale de l'UA (juillet 2024). Intervenants non nommés dans le compte-rendu.
Sessions sans retour trouvé (10)
- Sommet d'ouverture : keynote Neal Jetton (Interpol), panel sur le marché européen de la cybersécurité, interview Bruno Le Maire, discours Philippe Vallée (Thales) (vidéos disponibles)
- No Country for Old Boards : keynote Franck Le Moal, panel gouvernance, rapport CIGREF (vidéos disponibles)
- Dépendances numériques : keynote Martin Kuppinger, livre blanc CESIN, « Gérer la dépendance sur le terrain » (vidéos disponibles)
- A Fistful of Data : keynote Social Engineering, fireside chat, panels « Recruiting Outlaws » et « Hybrid Alliances » (vidéos disponibles)
- Table ronde « Cloud, OS, logiciels : l'Europe est-elle réduite à louer la technologie ? » (TR13, vidéo disponible)
- Tables rondes crypto-agilité / post-quantique, SBOM, réponse autonome, Shadow AI, assurance cyber, PME, « Pentesting, redteaming » (TR10)
- Table ronde « Quantifier le risque cyber » (TR07, vidéo disponible)
- Événements associés CFI, ID Forum, Secure AI (lancé avec Datacraft), Trust & Safety Forum, CoRIIN (des dizaines de replays)
- European Cyber Cup (marraine : Youna Bentabed, The Human Factor)
- Événement 100 % féminin et table ronde « privacy by design » du CEFCYS (seulement mentionnés dans leur post LinkedIn)
Sources
- Programme officiel 2026 (nouvel onglet) ↗
- Chaîne YouTube officielle du Forum INCYBER (nouvel onglet) ↗
- Playlist « Temps forts • Forum INCYBER Europe 2026 » (nouvel onglet) ↗
- Playlist « Tables rondes • Forum INCYBER Europe 2026 » (nouvel onglet) ↗
- Portail de l'IE — [Retour sur] Le Forum INCYBER 2026 à Lille (C. Louchart, M. Allio) (nouvel onglet) ↗
- Clubic — Forum INCYBER 2026 : Lille devient la capitale européenne de la cybersécurité (avant-événement) (nouvel onglet) ↗
- Le Monde Informatique — FIC 2026 : L'Anssi réclame moins de dépendance numérique (J. Cheminat, 01/04/2026) (nouvel onglet) ↗
- Journal du Net — Forum InCyber 2026 : attaques par IA, post-quantique, vulnérabilités croissantes… (P. Coillet-Matillon, 02/04/2026) (nouvel onglet) ↗
- Le Trois (AFP) — Vincent Strubel : « La cybersécurité est une condition de la souveraineté » (02/04/2026) (nouvel onglet) ↗
- Alliancy — Forum InCyber : bilan de l'édition 2026 (F. Slous, 02/04/2026) (nouvel onglet) ↗
- IT for Business — Épisode 1 : « le vrai sujet, c'est l'excès de dépendance » (A. Ciolek, 31/03/2026) (nouvel onglet) ↗
- IT for Business — Épisode 2 : cyber-résilience (A. Ciolek, 01/04/2026) (nouvel onglet) ↗
- IT for Business — Épisode 3 : les start-up cyber à l'épreuve du réel (T. Derouet, 01/04/2026) (nouvel onglet) ↗
- INCYBER News — Ransomware: An Economy Scaling Up (F. Deblock, 18/04/2026) (nouvel onglet) ↗
- Le Pandore et la Gendarmerie — Forum INCYBER 2026 : la Gendarmerie et l'État structurent leur réponse (J. Armante, 18/04/2026) (nouvel onglet) ↗
- Blog OUTSCALE — Forum InCyber Europe 2026 : souveraineté numérique, de l'urgence stratégique à l'action (27/04/2026) (nouvel onglet) ↗
- Nuabee — InCyber 2026 : la cyber-résilience n'est plus optionnelle (nouvel onglet) ↗
- ADACIS — Retour sur notre présence au Forum INCYBER Europe 2026 (nouvel onglet) ↗
- B2C Engineering — Forum INCYBER 2026 : une immersion au cœur des enjeux cybersécurité industrielle (03/04/2026) (nouvel onglet) ↗
- Posts LinkedIn lus (comptes d'organisations) : CEFCYS (bilan), Métropole Européenne de Lille, EDEN Cluster (nouvel onglet) ↗