Paris Web 2025

Produit & UX25–26 septembre 2025Paris, Institut Pasteur20e édition

Thème : 20 ans de Paris Web

20e édition (20 ans de Paris Web) : 18 créneaux de conférences sur deux jours à l'Institut Pasteur (25 et 26/09), dont une conférence anniversaire et le retour des lightning talks ; ateliers organisés dans plusieurs villes de France.

Pour ses 20 ans, Paris Web a fêté son ADN inclusif (LSF, vélotypie, salle calme) et martelé une idée : la conformité ne suffit pas, il faut tester avec les personnes concernées et s'attaquer aux causes systémiques de l'exclusion, sur fond de méfiance assumée envers l'IA.

18 sessions résumées · 18 vidéos · mise à jour le mercredi 30 septembre 2026

Sources lues et limites de cette synthèse

Corpus : Sept comptes-rendus de blog publiés du 1er au 27/10/2025 (Access42, SFEIR jour 1 et jour 2, Temesis, Nexton, Alsacréations, Eleven Labs), une centaine de messages Mastodon #ParisWeb (23/09 au 17/10/2025) et le programme officiel. Les 18 vidéos officielles (PeerTube, publiées le 14/01/2026) ont été rattachées et leurs sous-titres humains en français lus en entier.

Limites : Synthèse rétrospective à J+1 an : aucun post LinkedIn n'est remonté par la recherche web, et les blogs viennent surtout d'agences et d'ESN (Access42 et Temesis, spécialistes de l'accessibilité, orientent la sélection des sessions commentées). Le compte-rendu Nexton est signé par une oratrice des lightning talks. Les ateliers organisés hors de Paris ne sont documentés nulle part.

Synthèse globale

1. Vingt ans : l'inclusion montrée plutôt que proclamée

L'édition anniversaire s'est ouverte sur une conférence « surprise » de deux anciens présidents (Stéphane Deschamps, Corinne Durrmeyer) et s'est refermée, le premier soir, sur un lightning talk de Luc Poupard expliquant la longévité de l'association : refus des modes, volonté d'inclusion, bénévoles. Les retours convergent sur ce point : « alors que d'autres conférences parlent d'accessibilité, ici, on la fait » (SFEIR), avec interprètes LSF, vélotypie et, nouveauté saluée, une salle calme (Access42, joachim). La conférence de Cindy Quai, donnée en LSF et doublée à la voix, a fait éprouver aux entendants le décalage qu'elle décrivait (arkhi). Alsacréations parle d'une « bulle de fraîcheur et de bienveillance », SFEIR conclut : « C'est possible, ils l'ont démontré. »

2. Au-delà de la conformité : tester avec les personnes concernées

Fil rouge de la première journée, et thème le plus repris dans les blogs. Justine Nicol (tests avec des personnes handicapées), Anne Faubry et Chloé Corfmat (Portail de l'audiodescription) arrivent au même constat : un site conforme au RGAA peut rester inaccessible. Les participants en font la leçon principale : « 100 % conforme mais pas accessible » (Temesis), « Testez avec de vraies personnes » (SFEIR), biais des panels trop avertis (Alsacréations). Damien Collot prolonge l'idée côté typographie : aucune norme ne dit quelle police choisir, seule la recherche utilisateur peut trancher (Access42). arkhi y lit une maturité nouvelle : en vingt ans, on est passé de « pourquoi mettre des alt » à « comment faire mieux que les règlements ».

3. L'exclusion comme système

Le deuxième jour a pris de la hauteur avec Tamara Sredojevic, session la plus saluée de l'édition (Access42, Temesis, Nexton, Eleven Labs, erick). Son propos : le manque d'accessibilité est un symptôme du validisme, entretenu par le capitalisme, le perfectionnisme et le productivisme ; le vrai « 100 % accessible » est « conforme et antivalidiste ». Plusieurs lightning talks font écho : l'exclusion vécue au quotidien avec un TDAH et une dyspraxie (Luz Delgado Bautista), la binarité imposée par les formulaires (Sonia Prévost), un jeu pour apprendre le RGAA (Mewen Le Hô). Le message retenu par Access42 est aussi une manière de tenir dans la durée : patience avec ceux qui découvrent le sujet, amélioration plutôt que perfection.

4. Sobriété, résilience, souveraineté

Un second faisceau relie des sujets en apparence éloignés. L'audit RGESN collectif des Champs Libres (Damien Legendre) rappelle que 45 % des fonctionnalités ne sont jamais utilisées. Ignacio Rondini part d'un village chilien où l'on ne peut pas consulter l'horaire du bus pour plaider un web qui marche en réseau faible. François Daoust (W3C) parle de robustesse du web plutôt que d'optimisation. La souveraineté affleure chez Agnès Haasser (60 % des certificats délivrés par Let's Encrypt, organisme américain) et dans l'appel à quitter les GAFAM de Nathalie Rosenberg. Sa conférence de clôture sur le web des pages perso rappelle d'ailleurs que ce web-là disparaît si personne ne l'archive.

5. L'IA, tenue à distance

Paris Web a assumé une position à contre-courant. Luc Poupard rappelle que des propositions de talks sur l'IA ont été écartées pour ne pas céder à la mode. Raphaël Yharrassarry félicite l'édition de n'afficher presque aucune image générée, constat partagé par Marie et Julien. Sa conférence sur les risques psychosociaux (surconfiance, perte d'expertise des novices, IA imposée sans consentement, gains de productivité surestimés) est la seule consacrée au sujet ; Nexton et SFEIR en retiennent la recommandation d'un usage frugal et vérifiable, quand Marie et Julien y voit d'abord « l'outil parfait du manager ».

6. De la pédagogie technique, sans jargon

L'autre visage de l'édition, ce sont des sujets techniques rendus accessibles, que les blogs saluent pour leur clarté plus que pour leur nouveauté : la cryptographie de HTTPS racontée avec des forêts et des méchants de jeux vidéo (Agnès Haasser, citée par cinq comptes-rendus), une démo de passkeys qui fonctionne (Daniel Garnier-Moiroux), le shadow DOM qui casse les liens ARIA (MGDIS), Unicode comme objet culturel et politique (Loïc Marleix), Dependency Cruiser pour cartographier son code (Jérôme Guèrin), Baseline pour savoir quand une fonctionnalité est utilisable (Nicolas Arduin, François Daoust).

7. Tensions, critiques et biais du corpus

  • RGESN : Marie et Julien y voit « une usine à gaz » au critère 1.1 « hypocrite » ; les 80 heures d'audit annoncées « ont fait peur » (Temesis), même si Eleven Labs y lit l'intérêt d'une démarche collective.
  • « Au-delà du RGAA » : Access42 rappelle que le Portail de l'audiodescription n'est pas conforme et que certaines adaptations pour lecteurs d'écran peuvent gêner les utilisateurs de commande vocale. Pour Access42, les tests utilisateurs complètent la conformité, ils ne la remplacent pas.
  • IA : Marie et Julien juge risqué de brandir une seule étude sur la productivité et déplore qu'une partie de la salle soit satisfaite de l'IA ; le vrai problème serait managérial.
  • Accessibilité des talks : Access42 demande aux orateurs de décrire le contenu visuel de leurs slides, humour compris.
  • Biais : corpus fait de blogs d'agences et d'ESN, dont deux cabinets d'accessibilité qui ne commentent que les sessions de leur domaine, et de messages Mastodon souvent courts ; aucun retour LinkedIn trouvé. Deux sessions (code en ordre, Web Components) ne sont commentées que par SFEIR, et les ateliers décentralisés ne sont pas documentés.

Actions concrètes citées

  1. Tester avec des personnes handicapées, dès le prototype et à chaque itération : un site conforme au RGAA peut rester inaccessible en pratique (Justine Nicol, Anne Faubry et Chloé Corfmat ; retenu par Access42, SFEIR, Temesis, Alsacréations).
  2. Recruter des testeurs au-delà des volontaires experts : le Portail de l'audiodescription avait été conçu pour les plus à l'aise avec le numérique et a dû être simplifié (Faubry et Corfmat).
  3. Viser l'amélioration, pas la perfection : « On s'en fiche de savoir par où on commence, tant qu'on commence quelque part » (Tamara Sredojevic, citée par Access42).
  4. Audit RGESN : le mener à plusieurs (client, agence, hébergeur), documenter aussi les critères invalides et publier sa déclaration même avec une mauvaise note (Damien Legendre).
  5. IA : usage frugal, réservé aux tâches chronophages, avec de petits modèles spécialisés et des résultats vérifiables ; ne pas déléguer les tâches de réflexion (Raphaël Yharrassarry, retenu par SFEIR et Nexton).
  6. Passkeys : ne pas implémenter WebAuthn soi-même, déléguer au fournisseur d'identité ou à une bibliothèque (Daniel Garnier-Moiroux).
  7. Web Components : le shadow DOM casse les liens ARIA par id et échappe à plusieurs outils d'audit ; privilégier les éléments natifs (Simon Duhem et Nicolas Jouanno Daniel).
  8. Typographie : il n'existe pas de police universellement « la plus lisible », mais des critères (formes ouvertes d'origine humane, espacement, distinction des lettres proches) (Damien Collot).
  9. Tester ses applications avec une bande passante bridée et prévoir un mode hors ligne : une partie du public vit en zone mal couverte (Ignacio Rondini).
  10. Décrire à l'oral le contenu visuel de ses diapositives, surtout l'humour, pour les personnes aveugles et malvoyantes (souhait d'Access42 aux futurs orateurs).

Session par session

Jeudi 25 septembre

Keynote▶ vidéo + transcript

Conférence anniversaire

Stéphane Deschamps, Corinne Durrmeyer — Ideance

Retours : Access42 (Magali Milbergue, Maïa Kopff), SFEIR (Ourska Weisenburger), Temesis (Jonathan Pansiot), arkhi, Marie et Julien, erick, sunny (Mastodon)

  • Ouverture annoncée comme « surprise », en deux parties : Stéphane Deschamps, cofondateur, retrace le web de 2005 (Flash partout, plugins, mise en page en tableaux, pas d'attribut alt) et la genèse de l'association ; Corinne Durrmeyer, ex-présidente, raconte ce qui rend Paris Web singulier (transcript).
  • Sur scène : 11 mains levées pour les présents de 2006 (« Il reste, avec moi, 12 survivants »), l'origine de la LSF (un auditeur sourd dont l'entreprise a financé l'interprétariat, puis intégrée au budget), la vélotypie assurée à distance depuis Caen, et une salve d'anecdotes d'organisation (transcript).
  • État des lieux 2025 : WCAG 2.2, ARIA 1.2, et WCAG 3 qui deviendra agnostique des technologies, l'acronyme passant à « W3C Accessibility Guidelines » (SFEIR).
  • Reçue comme émouvante : « beaucoup de nostalgie et d'émotion » qui a « requinqué » la salle (Temesis), rappel de moments marquants comme la conférence sur la LSF de 2015 ou le casse-briques accessible de 2014 (Access42) ; « Merci pour me mettre les larmes aux yeux » (arkhi).
  • Lecture a posteriori d'un participant (arkhi) : en 20 ans, on est passé de « pourquoi mettre des balises alt » à « comment faire mieux que les règlements d'accessibilité ». Petite pique de Marie et Julien sur la « ribambelle de questions qui sont en fait des remarques ».

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Pour une formation accessible du design

Cindy Quai — Académie des Sourdoués

Retours : Access42, SFEIR, Temesis (Caroline Pretot), Nexton (Luz Delgado Bautista), Eleven Labs, arkhi (Mastodon)

  • Formatrice sourde en design UI/UX, Cindy Quai part d'un constat : très peu de designers et de développeurs sourds, non par manque de talent mais parce que les formations ne sont pas pensées pour eux ; les sourds restent orientés vers les métiers manuels (transcript, programme).
  • Sur scène : sous-titres et supports écrits ne suffisent pas, la LSF a sa propre syntaxe et doit être présente à 100 % dans une formation qui se dit inclusive (transcript ; repris par Access42 et Eleven Labs).
  • Méthodes : pédagogie inversée (la pratique avant la théorie), corrections vidéo en LSF par QR code, documents en FALC, puis passage au blended learning par étayage (scaffolding) après avoir constaté que le « surconfort » nuisait à l'autonomie des apprenants (transcript).
  • Formules retenues : « Sans accessibilité, pas d'égalité » (Eleven Labs), « Une vraie égalité des chances dans le numérique n'est pas une option mais un engagement » (SFEIR).
  • Effet ressenti en salle : conférence donnée en LSF et doublée vocalement ; arkhi note que l'écoute lui est plus compliquée, « très bon exemple du sujet même de la conférence ». Nexton y voit une pédagogie « plus juste et plus efficace pour l'ensemble des apprenant·es ».

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Passkeys, en pratique

Daniel Garnier-Moiroux

Retours : SFEIR, Temesis (Christophe Clouzeau), Alsacréations (Raphael), mereteresa (Mastodon)

  • Thèse : le problème vient de nos pratiques autour des mots de passe (réutilisation, fuites), et le mot de passe est aussi un test cognitif, donc un sujet d'accessibilité (transcript).
  • Démo de connexion à GitHub par quatre voies (Touch ID, YubiKey, gestionnaire de mots de passe, téléphone via QR code). Une passkey est une clé privée liée à un domaine, donc résistante au phishing ; « les passkeys, ce n'est pas de la biométrie » : la biométrie ne sert qu'à déverrouiller l'authentificateur en local (transcript).
  • Démo de code avec Spring Security et la spec WebAuthn (« elle fait 288 pages »), supportée à 92 % selon Can I use (transcript).
  • Conseil final : « Si possible, ne faites pas ça vous-même », déléguer à Keycloak, Entra ou Okta via OpenID, sinon à une bibliothèque (transcript).
  • Retours : « très technique mais aussi très instructive » (Temesis) ; « les passkeys sont le futur » (SFEIR) ; Alsacréations n'a « pas tout compris au code développé en live » mais salue une démo qui a fonctionné. Un sujet backend et sécurité rare à Paris Web (mereteresa).

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Handicap et recherche utilisateurice : des normes à l'expérience réelle

Justine Nicol — LunaWeb

Retours : SFEIR, Temesis (Anna Oquidam), Nexton, Eleven Labs

  • Responsable de la recherche utilisateur dans une agence rennaise, Justine Nicol oppose la théorie (RGAA, WCAG) et la pratique : tests avec des personnes handicapées, verbatims et vidéos issus de dix ans de terrain (transcript).
  • Chiffres cités : 97 % des sites ont des défauts d'accessibilité dès la page d'accueil (source de 2022), 5 personnes sur 11 citent les Captcha comme première difficulté (transcript).
  • Vidéos de tests : pop-in inattendue, calendrier non annoncé, 10 minutes pour saisir une adresse, Captcha en anglais ; sur un site audité RGAA à chaque lot, le lecteur d'écran ne restituait ni les titres de cartes ni les menus (transcript).
  • Conseils : questionnaire de recrutement, tests en présentiel chez les personnes, mêmes scénarios que les tests UX, noter l'aide apportée ; les participants jugent souvent un site accessible par simple habitude des obstacles (transcript).
  • Ce que retiennent les participants : on peut être « 100 % conforme mais pas accessible » (Temesis) ; « Testez avec de vraies personnes. Les normes, c'est bien. L'expérience réelle, c'est mieux ! » (SFEIR).

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Mettez de l'ordre dans votre code

Jérôme Guèrin — MAIF

Retours : SFEIR

  • Conférence partenaire construite comme une randonnée : chemins boueux (code illisible), sentiers mal balisés (dépendances floues), sac trop lourd, pentes raides (onboarding difficile) (transcript).
  • Méthode en quatre étapes : cartographier, poser des balises (conventions, tests, documentation ciblée), voyager léger (supprimer le code mort), choisir son itinéraire (refactoring par petites itérations, à la Martin Fowler) (transcript).
  • Démo sur une todo-list legacy : Dependency Cruiser pour visualiser les dépendances et détecter une dépendance circulaire, Husky pour bloquer les commits non conformes (transcript ; retenu par SFEIR).
  • Beaucoup de mains levées dans la salle sur les problèmes décrits, « je ne m'imaginais pas autant » (speaker, transcript). Seul le blog SFEIR commente cette session.

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Concevoir accessible pour les personnes déficientes visuelles, regards croisés design/dev

Anne Faubry — ministère de la Culture, Chloé Corfmat — ministère de la Culture

Retours : Access42, SFEIR, Alsacréations, Marc Bouvier (Mastodon)

  • Retour d'expérience sur le Portail de l'audiodescription (environ 2 600 films, 7 plateformes) : pas de données personnelles, prototype HTML testé très tôt, 38 tests individuels en six séries sur un an avec une communauté de 80 bêta-testeurs (transcript).
  • Constat central : « On avait a priori un site conforme aux RG2A, mais qui restait inaccessible pour les usagers » ; conçu pour les plus à l'aise avec le numérique, le site a été simplifié (bouton Retour au lieu du fil d'Ariane, filtres revus, contours plus épais) grâce à une échelle d'aisance numérique (transcript).
  • L'infolettre du lundi génère plus de clics que le portail ; faute d'outil d'envoi accessible, l'équipe a recodé les pages d'inscription (transcript ; retenu par SFEIR et Access42). « L'e-mail reste un des canaux de communication les plus accessibles » (Marc Bouvier).
  • Leçons retenues : les besoins des personnes aveugles et malvoyantes diffèrent (Access42) ; des éléments attendus par les experts gênaient les novices (SFEIR) ; biais d'un panel initial trop averti (Alsacréations).
  • Lecture critique d'Access42 : la mention « au-delà de la conformité » interroge alors que le portail n'est pas conforme ; certaines adaptations pour lecteurs d'écran (prononciation forcée des noms de marques) peuvent bloquer les utilisateurs de commande vocale.

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RGESN : la force du collectif pour viser la conformité

Damien Legendre — LunaWeb

Retours : SFEIR, Temesis (Christophe Clouzeau), Eleven Labs (Alice Fauquet), Nexton, Marie et Julien, Carine Sobisiak (Mastodon)

  • Retour d'expérience sur l'audit RGESN du site des Champs Libres (Rennes) : 8 personnes de 5 entités (client, métropole, agence, hébergeur), 78 critères revus un par un, environ 2 mois et 80 heures côté agence (transcript).
  • RGAA et RGESN diffèrent : le premier vise 100 % de conformité, le second fonctionne par score d'avancement et regarde gouvernance, hébergement, services tiers et IA (transcript ; retenu par SFEIR).
  • Chiffres cités : 45 % des fonctionnalités jamais utilisées, 70 % pas indispensables ; poids moyen d'une page multiplié par environ 183 depuis 1995 (transcript ; repris par Carine Sobisiak et SFEIR). Plusieurs critères RGESN servent aussi l'accessibilité (complexité réduite, pas de défilement infini).
  • Conseils : documenter simplement (pas dans le tableur Arcep), « Notez, documentez aussi quand c'est invalide », publier sa déclaration même avec une mauvaise note ; un consortium travaille à une v1.1 (transcript).
  • Réception : Eleven Labs y voit l'espoir d'une démarche collective plutôt que de champions isolés ; pour Temesis, les 80 heures « ont fait peur » mais montrent la complexité réelle du référentiel.
  • Critique en direct de Marie et Julien : le RGESN reste à ses yeux « une usine à gaz » et son critère 1.1 (utilité du service) « hypocrite », aucun projet n'ayant été arrêté sur cette base.

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À la découverte du monde au travers de l'Unicode

Loïc Marleix

Retours : Access42, SFEIR, Temesis (Jonathan Pansiot, Sébastien Rufer), Nicolas Hoizey, Natouille, Carine Sobisiak, joachim (Mastodon)

  • Designer indépendant venu à Unicode parce qu'il ne pouvait pas écrire le « ï » de son prénom dans les formulaires : histoire du standard (1991), de ses briques (UTC, CLDR, ICU) et de son financement surtout par les GAFAM (transcript).
  • Chiffres : de 7 000 à plus de 160 000 caractères, 62 % de caractères chinois contre 0,25 % pour le latin moderne, environ 4 800 emojis ; UTF-8 sert environ 95 % du web (transcript ; repris par SFEIR).
  • Unicode comme outil culturel et politique : langues en danger, néo-tifinagh, unification des caractères chinois, drapeaux calqués sur les listes ISO et ONU (d'où l'absence du drapeau breton, retenue par Temesis) (transcript).
  • Lien avec l'accessibilité : vérifier le sens premier d'un emoji, lu par les lecteurs d'écran ; le SignWriting de Valerie Sutton est encodé mais manque d'outils de saisie (transcript ; retenu par Access42 et SFEIR).
  • Accueil très favorable sur Mastodon (« super éclairant », joachim) ; Nicolas Hoizey y renvoie encore trois semaines plus tard. Appel à « adopter un caractère » pour soutenir le consortium.

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Lightning talks

Stéphane Deschamps (animation), François Nonnenmacher (animation), Delphine Malassingne, Nathalie Rosenberg, Mewen Le Hô, Sonia Prévost, Anne-Sophie Tranchet, Nicolas Arduin, Luz Delgado Bautista, Luc Poupard

Retours : SFEIR, Marie et Julien, mereteresa, DelphineM (speaker), Nicolas Arduin (speaker) (Mastodon)

  • Retour du format après dix ans d'absence : huit présentations de 4 minutes chrono, closes par une alarme (SFEIR, transcript).
  • Au programme : calligraphie en direct sur des mots du public (Delphine Malassingne, œuvre vendue aux enchères pour un demi-ticket diversité, speaker) ; plaidoyer pour quitter les GAFAM face au « technofascisme » (Nathalie Rosenberg) ; A11y Quest, jeu dont vous êtes le héros pour découvrir le RGAA (Mewen Le Hô) ; pourquoi demander le sexe dans les formulaires (Sonia Prévost) ; tour des design systems d'États, presque tous bleus (Anne-Sophie Tranchet) (transcript, SFEIR).
  • Suite : Baseline et Web Features pour savoir quand une fonctionnalité est largement disponible, avec un outil et des slides publiés (Nicolas Arduin, speaker) ; l'exclusion racontée depuis un TDAH et une dyspraxie, « pour qui est-ce que ça ne marche pas ? » (Luz Delgado Bautista) ; comment Paris Web a survécu 20 ans : refus des modes, volonté d'inclusion et bénévoles (Luc Poupard) (transcript, SFEIR).
  • Ambiance : le nuage de tags dessiné à la main, « un bel hommage au web d'avant » (Marie et Julien) ; des absents réclamant un stream pirate.

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Vendredi 26 septembre

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Design validiste : comment rompre les normes systémiques

Tamara Sredojevic — MAIF

Retours : Access42, SFEIR, Temesis (Anna Oquidam), Nexton, Eleven Labs (Stéphane Einhorn), erick, Nicolas Hoffmann, Marie et Julien (Mastodon)

  • Session la plus saluée de l'édition : « Si vous devez voir une seule conférence de cette édition de Paris Web, c'est celle-ci » (Access42) ; « Meilleure conf depuis longtemps » (erick).
  • Thèse (transcript) : le manque d'accessibilité est un symptôme du validisme, renforcé par le capitalisme, le perfectionnisme et le productivisme ; une carte systémique construite en cinq chapitres. Temesis retient qu'elle relie ces trois systèmes « en 50 minutes ».
  • Exemples de design validiste : environ 200 erreurs WCAG sur la page d'accueil d'un site fait avec Figma Sites (relevées par Adrian Roselli), une grille des Awwwards sans critère d'accessibilité (transcript).
  • Pistes : distinguer productivité et productivisme (repris par Nicolas Hoffmann), règle des 3U (utile, utilisé, utilisable), poser des questions plutôt qu'affirmer, tester avec de vrais utilisateurs, être patient avec ceux qui découvrent le sujet ; « ne visez pas la perfection, cherchez l'amélioration » (transcript, SFEIR, Access42).
  • Définition retenue : « Il est là le 100 % accessible. C'est quand c'est conforme et antivalidiste » (transcript). Nexton : l'inclusion est « un projet collectif de société », pas un geste individuel.
  • Défi lancé à la communauté : publier une liste de sites à la fois beaux, accessibles et écoconçus pour les 21 ans de Paris Web (transcript). Une transcription de la speaker a circulé sur Notion avant la vidéo (Access42).

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Logiciel libre : participer, partager et créer

Lucie Anglade — AFPy

Retours : SFEIR, Temesis (Caroline Pretot)

  • Présidente de l'AFPy, Lucie Anglade rappelle les quatre libertés (utiliser, étudier, redistribuer, modifier) et les raisons de contribuer : améliorer ses outils, apprendre, communiquer, rencontrer des gens (transcript).
  • Contribuer sans coder : documentation (« aucun risque de casser »), traduction, entraide, événements ; côté code, commencer par des tests ou la reproduction de bugs (transcript).
  • Pour se lancer : lire le guide de contribution, chercher les tickets « good first issue », prévenir les mainteneurs ; « Vous pouvez contribuer en supprimant des lignes » (transcript). Agenda du libre de l'April pour trouver des rencontres (SFEIR).
  • Réception : une introduction pédagogique appréciée pour montrer la variété des contributions possibles (Temesis).

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Maintenance du web : des données de référence, des boucles et du lien humain

François Daoust — W3C

Retours : SFEIR, Eleven Labs, Marie et Julien (Mastodon)

  • Le web comme infrastructure à maintenir : de 10 pages en 1989 à environ 650 spécifications et 80 000 concepts implémentés dans les navigateurs (transcript ; repris par SFEIR et Eleven Labs).
  • Thèse : la robustesse (préférée à la résilience, en référence à Olivier Hamant) passe par des boucles de rétroaction autour des specs ; « En pratique, les specs ne sont jamais correctes » ; « plus on optimise et plus on a la chance de se prendre un mur » (transcript).
  • Exemples concrets : Reffy et Webref pour extraire des données des specs (des centaines de tickets ouverts), Web Features et Baseline (affichés sur MDN et Can I use), un parseur CDDL qui a révélé des erreurs dans WebAuthn (transcript). Limite reconnue : il manque des données d'accessibilité.
  • Moment remarqué : la révélation du nouveau logo du W3C en avant-première (Marie et Julien, transcript). Clin d'œil à Tamara Sredojevic : « Moi aussi, je suis un bisounours ».

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L'impact psychosocial de l'IA sur le futur de nos métiers du numérique

Raphaël Yharrassarry

Retours : SFEIR, Nexton, Eleven Labs, Marie et Julien (Mastodon)

  • Psychologue social et ergonome de formation, le speaker félicite d'abord Paris Web pour l'absence quasi totale d'illustrations générées par IA dans les slides (transcript ; constat partagé par Marie et Julien).
  • Études citées : en radiologie, la transcription vocale fait gagner du temps mais la détection de fractures crée un risque de surconfiance et freine l'apprentissage des internes ; chez des développeurs open source expérimentés, l'impression de gagner 20 % de temps pour 20 % de temps perdu en réalité (transcript ; repris par SFEIR et Eleven Labs).
  • Risques psychosociaux : IA imposée sans consentement dans les outils, concurrence entre collègues, discriminations au recrutement, et perte d'expertise : si les novices s'appuient sur l'IA, comment acquièrent-ils les métaconnaissances qui font l'expert ? (transcript, SFEIR, Nexton).
  • Recommandation : usage frugal, limité aux tâches chronophages (transcription d'entretiens, lecture de Post-it), avec de petits modèles spécialisés, locaux et vérifiables comme Whisper ; éviter les résumés qui effacent les signaux faibles (transcript).
  • Débat en direct : Marie et Julien déplore qu'une part non négligeable de la salle utilise l'IA « et en soit contente », juge dangereux de brandir « UNE étude » sur la productivité, et voit surtout dans l'IA « l'outil parfait du manager », donc un problème de management.

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Identifier et choisir une typographie lisible

Damien Collot

Retours : Access42, SFEIR, Temesis (Caroline Pretot), lamecarlate (Mastodon)

  • Conférence partenaire. Trois faits posés d'emblée : il n'existe pas de typographie « la plus lisible », un mauvais espacement peut être pire que des lettres mal dessinées, et le contexte compte (interlignage, contraste) (transcript).
  • Familiarité : « Les gens lisent le mieux ce qu'ils lisent le plus » ; on s'adapte à une police nouvelle en moins de 20 minutes sans forcément l'apprécier (transcript ; retenu par SFEIR).
  • Recommandation : des formes simples et ouvertes, d'origine humane (Frutiger, Luciole, Gill Sans) ; les géométriques type Futura ou Montserrat sont « tout sauf adaptés à la lecture », les grotesques sont des couteaux suisses (transcript ; « Helvetica est un couteau suisse typographique », lamecarlate). Atkinson est qualifiée de « coup marketing ».
  • Réception : moins liée à l'accessibilité mais une bonne porte d'entrée (Access42), qui rappelle que le RGAA ne recommande aucune police (critères 10.4 et 10.12) et suggère des tests avec des personnes handicapées pour trancher ; connaître les critères permet des choix éclairés (Temesis).

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Le S de HTTPS

Agnès Haasser — hashbang.coop

Retours : Access42, SFEIR, Temesis (Christophe Clouzeau), Alsacréations, Eleven Labs (Stéphane Einhorn), julienw, DelphineM, Marie et Julien (Mastodon)

  • Vulgarisation cryptographique saluée partout : « Le seul moment où on parle de sécurité, c'est quand ce n'est pas sécurisé » (transcript).
  • Contenu : HTTPS = HTTP + TLS (seules les versions 1.2 et 1.3 sont acceptables), chiffrement symétrique (AES, ChaCha20) et asymétrique (Diffie-Hellman sur courbes elliptiques), certificats contre l'attaque de l'homme du milieu, outils Mozilla Observatory et cryptcheck.fr (transcript, SFEIR).
  • Point souveraineté : Let's Encrypt a porté le web à environ 90 % de trafic HTTPS et délivre 60 % des certificats, mais c'est un organisme américain ; alternatives européennes citées (transcript ; retenu par SFEIR).
  • Réception : métaphores « un peu tordues » avec forêts et méchants de jeux vidéo (Alsacréations), « humour » et « pédagogie qui capte l'attention » (Temesis), des maths rendues amusantes (Access42) ; « la queen de la vulgarisation tech » (julienw).

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Les Web Components et l'accessibilité

Simon Duhem — MGDIS, Nicolas Jouanno Daniel — MGDIS

Retours : SFEIR

  • REX d'un éditeur pour le secteur public qui maintient un design system en Web Components (Stencil) depuis 2021, pour échapper aux réécritures d'un framework à l'autre (transcript).
  • Piège principal : le shadow DOM casse les liens ARIA par id ; un aria-describedby posé sur le custom element n'est pas restitué car le focus est sur le bouton natif interne (transcript ; retenu par SFEIR).
  • Deux solutions testées (tout encapsuler, ou réimplémenter le pattern ARIA sur l'hôte), conclusion hybride : privilégier les éléments natifs (transcript).
  • Audit RGAA : plusieurs outils (Nu HTML Checker, Assistant RGAA, Web Developer) ignorent le shadow DOM, d'où de fausses alertes ; l'équipe a candidaté pour contribuer aux prochaines versions du RGAA. « Le shadow DOM, ce n'est pas l'ennemi de l'accessibilité. Il nous force juste à être plus rigoureux » (transcript).

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Un web disponible, même sans Internet ?

Ignacio Rondini

Retours : SFEIR, Temesis (Jonathan Pansiot), Nexton, Nicolas Hoffmann (Mastodon)

  • Point de départ : chez sa tante au sud du Chili, le téléphone collé à la fenêtre ; le streaming finit par passer mais impossible de consulter les horaires de bus du village, une « sélection naturelle » des sites trop lourds (transcript, SFEIR).
  • Chiffres : environ 1 foyer rural sur 10 sans accès, y compris en France ; en Amérique latine, 40 % de connexion en zone rurale contre 77 % en ville ; coût d'infrastructure par habitant plus élevé à la campagne (transcript).
  • Pistes : garder une alternative non numérique aux services publics, réseaux communautaires (Mankosi, HERMES, Tegola), et côté dev écoconception, mode hors ligne, service workers, tests en bande passante bridée (transcript).
  • « La technologie n'est pas neutre » ; « ce n'est pas parce qu'il y a l'IA que maintenant je peux regarder l'horaire des bus dans le village » (transcript).
  • Réception : une conférence qui interroge « l'ensemble du web dans une communauté donnée » (Temesis) ; « allez dans un bled du Massif Central ou dans le train » pour tester vos apps (Nicolas Hoffmann).

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Paillettes, Netscape et GIFs animés

Nathalie Rosenberg

Retours : SFEIR, Natouille (Mastodon)

  • Clôture nostalgique : archéologie du web des pages perso (GeoCities, Multimania, pages perso Wanadoo, Skyblog), des livres d'or, des webrings et de la balise <marquee>, à partir d'une collection d'environ 300 sites commencée en 2012 (transcript).
  • Ces pages étaient « Facebook et Instagram avant l'heure » et disparaissent ; outils de préservation montrés en direct : Wayback Machine, GifCities, Flashpoint Archive (transcript).
  • Avertissement d'accessibilité en ouverture (contenus clignotants) ; SFEIR note qu'il « valait mieux ne pas souffrir de cybercinétose » et retient l'hommage à Flash.
  • Clin d'œil de l'organisation : un faux livre d'or glissé dans la présentation (« Ils ont saboté ma conf », transcript).

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Sources